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Hillary Clinton en croisade contre la Chine ?

Samedi 6 août 2011 // Le Monde

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est venue dire aux Africains que les Etats-Unis veulent davantage commercer avec eux. Son déplacement, cette fois, en Afrique, donne beaucoup d’importance aux discussions commerciales. A Lusaka, en Zambie, où elle est arrivée vendredi 10 juin pour 48 heures, elle a tenu une réunion avec quelque 1.600 officiels, chefs d’entreprise de 31 pays d’Afrique.

Sa visite montre aussi l’intérêt croissant que les Etats-Unis ont pour les économies africaines, dont le Fonds monétaire international (FMI) dit qu’elles croîtront plus vite que celles du reste du monde ces prochaines années. La réunion de Lusaka a fait le point sur l’Agoa (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), la législation américaine permettant à 37 pays africains d’exporter sans droits de douane aux Etats-Unis, depuis 2000 et jusqu’en 2015, si les bénéficiaires respectent les normes fondamentales de la démocratie et le libre marché. Dans un discours, Hillary Clinton a appelé ses partenaires à faire un meilleur usage de cet accorddouanier, s’ils veulent être sûrs que le Congrès américain le renouvelle en 2015.

Malgré une augmentation importante des échanges, « nous ne pouvons pas de ignorer les signes qui montrent que tous les pays n’ont pas tiré le meilleur parti de l’Agoa », a-t-elle cependant déclaré à ses partenaires. Les pays africains exportent seulement une poignée des 6.500 produits qui peuvent être expédiés en franchise vers les Etats-Unis. « L’exportation la plus commune est encore le baril de pétrole », a-t-elle regretté.

Hillary Clinton a également encouragé les pays africains à lever les barrières douanières qui les séparent, à réduire les formalités administratives, à lutter contre la corruption, et à investir davantage dans les infrastructures, routes, ports et réseaux électriques. « L’expansion du commerce en Afrique est l’un des meilleurs moyens de promouvoir la croissance », a souligné la secrétaire d’Etat américaine. Les exportations africaines vers les Etats-Unis ont plus que décuplé depuis que l’Agoa est entrée en vigueur, à 44 milliards de dollars l’an dernier, mais les produits pétroliers représentent plus de 90% du total. Quant aux exportations de produits manufacturés, elles ont été multipliées par quatre, mais viennent principalement d’Afrique du Sud. Et, paradoxalement, une disposition de la loi permettant à de nombreux pays d’exporter des vêtements fabriqués à partir des tissus importés, a contribué à la croissance d’usines chinoises situées dans des pays tels que le Swaziland. La Chine, en effet, est aujourd’hui le partenaire commercial e plus important et le plus grand investisseur en Afrique : le commerce du continent avec le géant asiatique a bondi de plus de 40% l’an dernier, à savoir pour atteindre127 milliards de dollars.

Cela dit, Hillary Clinton a pris ses disinces avec la Chine. Répondant à une interview réalisée par la télévision sud-africaine, elle n’a pas mâché ses mots : « Nous pensons qu’à long terme, les investissements en Afrique doivent être durables et pour le bénéfice du peuple africain. C’est facile, et nous avons vu cela à l’époque coloniale, c’est facile de venir, sortir les ressources naturelles, payer les dirigeants et partir. Et quand vous partez, vous ne laissez pas grand-chose derrière pour les peuples qui restent », a-t-elle insisté. « Lorsque les gens viennent en Afrique pour réaliser des investissements, nous voulons qu’ils le fassent bien mais nous voulons également qu’ils le fassent efficacement. Nous ne voulons pas qu’ils mettent mal la bonne gouvernance. Nous ne voulons pas voir un nouveau colonialisme en Afrique », a soutenu la secrétaire d’Etat américaine.

Elle a pris la Zambie comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire avec la Chine : « Les Etats-Unis investissent dans le peuple de Zambie, pas uniquement dans les élites », affirmant que l’économie administrée chinoise n’est pas un modèle pour d’autres nations en développement. « Sur le long terme, le moyen terme et même sur le court terme », elle ne l’est pas, a-t-elle soutenu. Elle a aussi dit que « la bonne gouvernance (le modèle occidental) libère le potentiel des peuples », alors que « les régimes ._ autoritaires mettent tout le monde dans le même moule », et d’ajouter : « Les jeunes ne vont pas accepter qu’on leur dise quoi faire », faisant allusion à la vague de révoltes dans les pays arabes.

Les investissements chinois en Zambie en 2010 ont été estimés à un milliard de dollars et ont permis de créer 15.000 emplois. Un accord avec la compagnie minière chinoise Zhougui Mining annoncé en janvier a promis des investissements supplémentaires de cinq milliards de dollars dans les années à venir. Mais les pra-tiques chinoises en matière de tions sociales ont déclenché des testations lorsque deux dirigez chinois d’une mine ont été acm. d’avoir ouvert le feu et blessé c mineurs qui protestaient contre les mauvaises conditions de travail de la mine de charbon de collum.

Voilà les deux modèles où la Chine a réussi en deux décennies à remplacer valablement l’ex-Union soviétique et les démocraties populaires. Aujourd’hui, le choix s’offre à nouveau à l’Afrique. Et cette fois, ce choix s’ajoute à l’Inde, au Brésil e à d’autres pays émergents comme la Corée du Sud, L’Indonésie, Taïwan, la Malaisie, Hongkong, etc.

Les Etats-Unis seraient les principaux donateurs de l’Afrique, ayant fourni près de 7,6 milliards de dollars, mais les comparaisons sont diffciles car la Chine ne donne pas d’informations détaillées sur ses programmes d’aides qui sont également nombreux.

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