Hermès / L V M H rififi dans le secteur du luxe.

Mercredi 27 avril 2011 // La France

Comme souvent en France, les ambitions personnelles bousculent le bien commun. En octobre dernier, Bernard Arnault (61 ans), le patron du conglomérat de luxe LVMH, annonçait avoir acquis près de 20% du capital de la maison familiale Hermès, après avoir accumulé en secret des options sur actions pendant des mois. Aussitôt, les héritiers actifs d’Émile Hermès (1871-1951) dénonçaient cette entrée au capital du fabricant de sacs, de prêt-à-porter et de parfums, et décidaient de rallier le plus d’héritiers possibles (environ 70) afin d’éviter une prise de contrôle.

Perte de temps, guéguerre entre chefs d’une même tribu nationale dans un secteur, le luxe, qui est l’un des vecteurs d’influence et de respect de la France dans le monde entier. Bernard Arnault n’en est pas à son coup d’essai. S’il aime les beaux produits et respecte en général la culture des sociétés qu’il rachète, il est néanmoins un financier redoutable, un oligarque qui a besoin de faire grossir son empire et de contrôler toujours davantage. Repreneur des textiles Boussac et de Christian Dior en 1984, il s’arroge à la hussarde la présidence de Louis Vuitton — Moët Hennessy quelques années plus tard, puis rachète Givencby, Tag Heur, Veuve Cliquot et une dizaine d’autres sociétés, souvent par le biais de l’endettement. Symbole de la concentration de richesse, l’acquisition récente du joaillier italien Bulgari à un prix défiant toute concurrence (plus de 20 fois le résultat d’exploitation anticipé pour 2011). Une opération menée en accord avec la famille, a contrario de l’affaire Hermès. Désormais, LVMH produit un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros et son président est la quatrième fortune mondiale, selon le magazine américain Forbes.

Est-ce là toute l’ambition du chef de conglomérat ? Qu’adviendra-t-il quand Bernard Arnault ne sera plus de ce monde ? Certains joyaux de l’empire vont-ils être dispersés aux quatre vents de la finance mondiale ?

S’il y a bien un secteur qui, jusqu’ici, y échappe, c’est celui du luxe. Son caractère essentiellement européen, sa recherche du beau n’y sont sans doute pas étrangers. Il est remarquable que beaucoup des sociétés qui ont échappé aux griffes des holdings LVMH et PPR soient encore détenues par des familles et ne soient pas même cotées en Bourse. C’est le cas de la majorité des grands vignobles, mais aussi de sociétés plus importantes, comme Armani, estimée à 5 milliards d’euros et toujours détenue à 100 % par son fondateur Giorgio Armani. Idem pour Prada (du nom du propriétaire), Chanel (détenu par la famille Wertheimer), ou Rolex (propriété de la fondation suisse Hans Wilsdorfj. Hermès est à placer dans cette catégorie. La famille, désormais dispersée en trois branches, détient plus de 70 % du capital, et fait régner un esprit français sur la marque. Sa conception du luxe réside dans la qualité : pas de rachat d’autres entreprises, mais un effort constant sur les produits et la marque. Mieux, une savante politique de rareté et une limitation volontaire de la production, en contradiction totale avec le culte de l’abondance dans souffrent nos sociétés.

La concentration a parfois du bon, notamment dans les moments de crise. Mais la création et la marque culturelle propres à chaque société ne s’th accomodent guère. De plus, le secteur du luxe a connu en 2010 une année faste, nombre d’entreprises ayant battu des records d’activité, à commencer par Hermès (chiffre d’affaires en hausse de 25 % à 2,4 milliards d’euros). C’est que les riches des pays émergents, dont le nombre explose, prennent le relais des acheteurs dans les pays développés. Dans la seule Chine, les ventes pourraient augmenter de 25% par an, selon les experts. Mieux, si une crise financière pénaliserait immanquablement les ventes de luxe dans leur ensemble, sans compter les évènements récents au Japon (pays qui représente par exemple 20% des ventes d’Hermès), certains produits pourraient servir de valeurs refuges, à l’image des montres Rolex qui — avec l’or — sont l’un des rares actifs à n’avoir pas baissé en Europe durant la crise de 2008-2009.

Conseil : après la remontée des deux dernières années, les valeurs du luxe sont devenues chères en Bourse. Achetez Hermès sur repli vers 110 euros et LVMH vers 80 euros.

AREVA a connu deux coups durs ces dernières semaines. Premier en date, l’annonce par l’exécutif d’une prochaine refonte de la filière nucléaire nationale nettement favorable à EDF. Deuxièmement, les immenses difficultés au Japon, qui ont poussé nombre de pays - Chine en tête - à remettre en cause leurs programmes de construction de fuhixes cenimles.Toute la filière nucléaire est touchée Les constructeurs bien-sûr, mais aussi les opérateurs comme EDF qui pourraient réduire la durée de vie des centrales, et les producteurs qui pâtissent d’une accélération à la baisse du cours de l’uranium. Néanmoins, plus de quatre-cents réacteurs sont encore en activité dans le monde, et les dizaines de centrales en construction ne sont pas remises en cause. Deux scénarios désormais sur un plan boursier : la situation au Japon s’aggrave, causant un traumatisme durable ; vendez alors vos titres Areva en perte. Le scénario catastrophe est évité ; cédez Areva sur rebond vers 35 euros, et achetez le producteur canadien Laramide Resources (code LMRXF sur le Toronto s.e.) vers 1,80 $ canadien.

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