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Guerre de tranchées à l’UMP.

Mardi 17 mai 2011 // La France

A qui le tour ? Après que Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo et Rama Yade aient quitté le navire UMP après que Philippe de Villiers (MPF) ait menacé d’en faire autant, se pose la question de savoir quel poids lourd de la majorité présidentielle va (re)prendre sa liberté et s’affranchir du parti
du chef de l’État. L’UMP va-t-elle exploser ?

UN VENT DE FRONDE souffle à l’UMP. Le climat s’est brusquement détérioré après les élections cantonales du mois de mars dernier qui ont vu la victoire attendue du Parti socialiste (PS). Ce dernier a certes gagné deux départements au détriment de la droite. Mais les socialistes savent qu’ils doivent leur victoire à l’abstention et au vote Front national (FN) qui a mobilisé beaucoup de déçus du sarkozisme. Dans leur triomphe modeste, ils observent avec compassion une situation qu’ils connaissent mieux que quiconque : le combat des chefs qui déchire l’UMP, un syndrome bien connu au Parti socialiste.

Les tensions au sein de l’UMP se sont cristallisées à deux occasions. Une première fois entre les deux tours quand il s’est agi de choisir entre le FN et le PS. Rappelons que sur les 1 440 cantons renouvelables, le second tour a vu s’affronter 399 candidats du FN aux partis traditionnels, dont 204 face au PS. Le « ni-ni » présidentiel (ni-PS, ni-FN) a été mal perçu et mal compris non seulement par une partie des dirigeants UMP mais également par une large part de l’électorat. Comment fallait-il interpréter cette orientation élyséenne ? Voter blanc ? Voter nul ? Ou bien voter en son âme et conscience en fonction des candidats en lice et des intérêts locaux ? Le message déjà brouillé s’est obscurci quand chacun des pontes de l’UMP y est allé de son petit couplet. Si le secrétaire général du parti majoritaire, Jean-François Copé, s’est fait l’écho de la position sarkozyste, le Premier ministre, François Fillon, a fait entendre sa différence. Entre un candidas PS et un candidat FN, expliqua-t-il, il choisirait le premier. Et le président du Sénat, Gérard Larcher, les ministres Nathalie Kosciuscko-Morizet (Écologie), Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) et Laurent Wauquiez (Affaires européennes), de lui emboîter le pas. Or, la « base » semble s’être désolidarisée tans de l’Élysée que des frondeurs de l’UMP. Selon une enquête Harris Interactive, la majorité des sympathisants de l’UMP refuserait en effet toute consigne de vote et un Français sur troil, s’accommoderait volontiers d’un conseiller général FN (Le Parisien du 24 mars 2011). En coulisses, de nombreux députés se sons d’ailleurs posées la question : « Pourquoi les électeurs de l’UMP n voteraient-ils pas Front national ? Après tout, le PS n’a eu aucun scru pule àfaire battre la droite en appelant à voter extrême-gauche (PCF, LCR LO, ...) à chaque fois qu’elle en a eu l’occasion. Il ne faut pas se trom per d’adversaire », nous a ainsi confié, sous couvert d’anonymat un député proche de Nicolas Sarkozy.

« Pas Collectif »

Les ténors du parti présidentiel se sont déchirés une seconde foi au sujet du débat sur la laïcité. Prévu de longue date et téléguide depuis l’Élysée, ce débat a commencé à faire des vagues quant Jean-François Copé a appris que le Premier ministre ne partici perait pas à cette « grand’messe »... « Il ne joue pas collectif », a estime le député-maire de Meaux sur le plateau du Grand Journal de Cana plus. Il reprocha à cette occasion sa « posture » au chef du gouvei nement. Du coup, pour certains membres du gouvernement e du Parlement, cette rencontre s’est transformée en nouveau « ni ni » ! Ni cautionner par sa présence la convention de l’UMP su la laïcité, ni insulter l’avenir en se fâchant avec Jean-Françoi Copé... Pourtant le secrétaire général de l’UMP a pu compte sur Claude Guéant, Brice Hortefeux, Pierre Lellouche, Jeannett Bougrab, Rachida Dati, Nadine Morano, Nathalie Kosciusko-Morizet, Gérard Longuet, Éric Besson, ce qui a donné un certain crédit aux positions élyséennes. Même François Baroin, réticent, y a participé.

FILLON LE RECOURS ?

En réalité ces deux (non)événements sont l’arbre qui cache la forêt. Derrière la pseudo bataille d’idées, sourd une vraie guerre des chefs, avec deux objectifs clairs : 2012 et 2017. Pour 2012, la vraie bataille se joue entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, le premier suspectant le second de se positionner en recours et donc en adversaire, d’autant plus que le chef du gouvernement devance toujours le chef de l’État dans les sondages. Nicolas Sarkozy ne souhaite pas non plus être celui qui briserait la tradition qui veut qu’un président sortant soit un candidat naturel pour son camp. Mais François Fillon est la personnalité que les sympathisants de droite aimeraient voir se présenter dans quelques mois. À la question « Pour chacune des personnalités suivantes, souhaiteriez-vous qu’elle soit candidate à l’e7ection présidentielle de 2012 ? », le Premier ministre a recueilli 57% d’opinions favorables, devant Nicolas Sarkozy (54%), Alain Juppé (41%) et Jean-Louis Borloo (33%) dans un sondage réalisé par HarrisInterathr pour Le Parisien/Aujourd »iui en France (31 mars 2011).

Par ailleurs, si Copé s’est soudainement rapproché de Sarkozy, c’est pour renforcer sa position de dauphin du président en exercice. Celui-ci lui donne des gages puisqu’il donne toujours raison au Secrétaire général de l’UMP depuis quelques semaines... contre le Premier ministre. Le député-maire de Meaux veut à tout prix éviter une multiplication des candidatures en 2017, l’élection qu’il vise. Et donc éliminer celle de François Fillon qui joue les trouble-fête en mordant sur l’électorat centriste. Mais l’actuel Premier ministre est un homme qui sait attendre.

Si ces conflits sont si visibles au sein de la majorité c’est que l’autorité du chef est contestée. Le président de la République a bien commencé à revêtir les habits de chef de l’État. C’est sur son initiative que l’armée est intervenue en Libye et en Côte d’Ivoire, ce qui, à tort ou à raison, est porté à son crédit. Cependant, beaucoup pensent que ces attitudes « présidentielles » arrivent trop tard. Trois ans et demi de pouvoir « bling-bling » ont mis à mal la fonction, sa consistance, sa crédibilité, son prestige.

Tous le savent et le lui ont répété à plusieurs reprises : les Français veulent à la tête de l’État non pas l’un des leurs, qui parle comme eux, mais un vrai « monarque républicain » qui prend du recul. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et même Chirac avaient ce détachement nécessaire qui asseyait la fonction... Même au sein des fédérations UMP, plus guère de militants croient encore à « une victoire de Nicolas » en 2012.

Si les appétits s’aWuisent autant à l’approche de l’élection suprême de 2012, c’est aussi en raison d’une certaine usure du pouvoir et de la nécessité de renouveler tout ou partie de l’appareil politique. L’UMP (ex-RPR) et ses alliés (UDF, DL, Nouveau Centre...) sont aux affaires depuis 1995. Voilà déjà au moins 15 ans que les mêmes hommes gouvernent. Nicolas Sarkozy est entré en politique sous l’ère Giscard... en 1977 !

UNITÉ DIFFICILE

L’UMP est-elle au bord de l’éclatement ? Les divisions en son sein ne sont pas nouvelles. Elles sont récurrentes et inhérentes à la composition même de ce parti qui, jusqu’à une date récente, rassemblait (en quelques sorte) de la droite de la gauche à la gauche de l’extrême-droite... Le parti présidentiel remplit ainsi toutes les caractéristiques d’une auberge espagnole. S’y côtoient des libéraux, des sociaux, des radicaux, des souverainistes, des écologistes (Ecologie Bleue...), des démocrates-chrétiens, des conservateurs, etc. Difficile d’établir une synthèse entre ces différents courants aux idéologies bien marquées. Faire cohabiter un Jacques Myard, un Jean-Marie Bodcel et une Nathalie Kosciusko-Morizet tient de la même gageure qu’une entente entre un Henri Emmanuelli, une Ségolène Royal et un Arnaud Montebourg ! Tant les partis de droite (du CDS au FN en passant par le RPR et l’UDF) que de gauche (de LO au PRG) ont vécu, au cours de leur histoire, des périodes difficiles faites d’éloignements, de ruptures, de réconciliations, de séparations, de rapprochements.... À défaut d’union, l’unité est une des clefs de la victoire à l’élection suprême. Aussi les dirigeants de l’UMP appellent-ils au rassemblement. Y croient-ils vraiment ? Déjà, les centristes de l’UMP ont fait savoir qu’ils ne courraient pas après les voix du FN. Mais, le souci, c’est qu’en 2012 comme en 2017, la droite en aura besoin pour remporter la victoire. Comme ce fut le cas en 2007...

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