L’évènement.

Grippe aviaire.

Echappera-t-on à la psychose ?

Lundi 5 mars 2007, par Paul Vaurs // Santé

Echapperons-nous à la psychose et aux comportements irrationnels que nous avions connus au printemps 2006 ? Il faut en tous cas garder en mémoire que la mortalité de la grippe aviaire en 4 ans et dans le monde entier est douze fois inférieure à la mortalité annuelle de la grippe normale en France...

Qu’une dinde tousse en Grande-Bretagne, qu’une oie éternue en Hongrie, et revoilà la grippe aviaire à La Une de l’actualité ! Une nouvelle alerte d’autant plus étonnante que le silence médiatique, sur cette maladie depuis des mois, contrastait fortement avec la quasi-psychose du printemps dernier. A l’époque, sans qu’aucun cas humain n’ait été enregistré en Europe, sans qu’il n’existe aucune raison objective de se méfier de la viande de volaille, la consommation de poulets, dindes et autres volatiles avait chuté de 25% an France, au risque de mettre les éleveurs sur la paille. Depuis, alors que la maladie n’a cessé de progresser dans le monde, le nom même pu virus H5N1 semblait totalement oublié. Jusqu’à ce que deux nouveaux cas diagnostiqués, dans un élevage d’oies en Hongrie et dans un élevage de dindes en Grande-Bretagne, remette le sujet dans le flux d’actualité.

Il n’existe, pas plus qu’au printemps 2006, la moindre raison de modifier nos comportements alimentaires. Non seulement parce que le réseau de surveillance, rend peu probable la distribution commerciale de viande infectée par le virus, mais surtout parce que la consommation de volaille cuite à une température supérieure à 700C ne présente aucun risque.

Saurons-nous cependant raison garder.?

D’autant que les messages diffusés ne sont pas toujours d’une grande clarté. Ainsi, il y a de quoi s’alarmer en écoutant le porte-parole de l’Organisation Mondiale de la Santé, Gregory harti déclarer : « Une mutation pourrait arriver n’importe où. Quelqu’un disait à propos du foyer d’infection en Grande-Bretagne, cela n’arrivera pas en Europe. C’est le genre de fausse sécurité qui s’est développée ».

Certes. D’un point de vue médical, c’est un fait que cette mutation peut survenir n importe où, et n’importe quand. Mais est-il pour autant nécessaire de s’alarmer avant de connaître le lieu et la date d’une éventuelle mutation.? Même s’il est indispensable que l’OMS et les responsables de la santé de chaque pays se préparent à une éventuelle mutation du Virus, il convient surtout de rappeler au public qu’il s’agit d’une épizootie, c’est-à-dire une épidémie animale, et non pas d’une épidémie humaine. En 4 ans, le virus HBN1 a causé la mort de 165 personnes, en Asie et dans le Proche-Orient. Un chiffre à comparer avec la mortalité liée à la banale grippe saisonnière qui tue, en moyenne, 2.100 personnes par an en France.

Il faut surtout prendre conscience des efforts réalisés par les pouvoirs publics tant en matière d’information que de préparation à l’éventualité d’une pandémie. Au jour le jour, toutes les informations sont communiquées sur un site Internet créé par les pouvoirs publics. Et la Délégation interministérielle, à la lutte contre la grippe aviaire (Dilga), n’a cessé de travailler son plan de prévention et de lutte, y compris lorsque le sujet ne faisait plus la Une des journaux. Des exercices d’alerte ont été réalisés, des stocks de masques de protection et de médicaments ont été constitués, une réflexion sur la conduite à tenir à tous les niveaux a été menée... Si la lente progression du virus à l’échelle mondiale constitue toujours un risque face auquel il convient d’être vigilant, il n’y a pas lieu, aujourd’hui en France, de modifier nos comportements en raison d’un risque potentiel ou de cas diagnostiqués dans d’autres pays.

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