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Gauche de la gauche - Combien de divisions ?

Samedi 13 novembre 2010 // La France

LA GAUCHE PLURIELLE est bel et bien morte en 2002, quand Lionel Jospin a décidé de se retirer de la vie politique française et de vivre en quasi-ermite. Or qui mieux que lui pouvait, sinon incarner, à tout le moins rassembler, ce qui allait du trotskisme au socialisme rose pâle. N’avait-il pas « fricoté » avec l’Organisation communiste internationale dans les années 1960-70, puis participé au gouvernement d’ouverture de Michel Rocard, entre 1988 et 1991, comme ministre d’État chargé de I’Éducation nationale ? Ce grand écart, ce parcours « rassembleur » aurait pu et aurait dû lui servir de viatique pour 2002. Il n’en a rien été. La gauche a explosé et peine à se reconstituer.

Aujourd’hui, la gauche française est divisée en deux blocs assez distincts : d’un côté, le Parti Socialiste dont beaucoup considèrent qu’il n’est plus tout à fait à gauche ; qu’il a abandonné depuis belle lurette la sacro-sainte lutte des classes, qu’il a remisé les idéaux de Marx et de Jaurès pour s’acoquiner avec le libéral pragmatisme. De l’autre côté, les crises pétrolières, financières, morales, économiques et sociales ont fait émerger une gauche nettement plus radicale, nourrie au lait de l’égalitarisme, du communisme, de l’altermondialisme, du situationnisme, du libertarisme et de l’anti-tout : anticapitalisme, anti-bourgeoisie, antilibéralisme, anticléricalisme. Cette gauche-là attire dans ses rets la frange gauche du PS ; Séduit des membres d’Europe Écologie (qui vient de fusionner avec les Verts), rallie des adhérents du Parti communiste français (PCF), du Parti de gauche (PG) et, bien sûr, empiète sur l’ultragauche représentée par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA, ex-Ligue communiste révolutionnaire) d’Olivier Besancenot et Lutte Ouvrière (LO) de Nathalie Arthaud.

Leur plus petit dénominateur commun ? Renverser la société actuelle, ses valeurs, et promettre le Grand Soir. Une partie de l’électorat français se retrouve dans ce discours révolutionnaire. Lors des élections européennes de 2009, les listes d’extrême gauche et celles du Front de gauche ont réalisé chacune plus de 6%, soit un total de 120%. Elles ont récidivé lors des régionales de 2010 en totalisant ensemble 9,24°/o : 3,40% pour l’extrême gauche et 5,84% pour le Front de gauche. Ce poids électoral n’est pas à négliger, car il pourrait constituer une force d’appoint importante pour le PS. Olivier Besancenot n’avait-il pas invité ses militants et sympathisants à voter Ségolène Royal en 2007 pour faire barrage à Nicolas Sarkozy ? De plus, le PS n’a jamais rechigné à s’unir avec l’extrême gauche (notamment le PCF) pour conquérir le pouvoir.

INSTILLER DES IDÉES

Tant Lutte Ouvrière, le NPA, le PG que le PCF, sont conscients de leur faiblesse individuelle. Ces partis savent que seule une union électorale peut leur permettre d’exister et d’assure exposition médiatique. S’ils inscrivent officiellement leur a dans la conquête légale du pouvoir, leur stratégie est en tout autre : instiller les idées, les diffuser dans la société les fera siennes et qui, le jour venu, se soulèvera : ce mouvement révolutionnaire populaire permettra alors l’avènement d’une société, selon eux, « meilleure ». C’est ainsi qu’au cours du dernier siècle, certaines avancées sociales ont pu voir le jour sous leur pression : cinquième semaine de congés payés, 35 heures, PACS... toutes ces idées sont venues de la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon étant lui-même à l’origine de la loi sur le PACS votée en 1999.

LES URNES OU LA GRÈVE

II reste cependant à ces leaders à s’accorder sur un programme cohérent qui permette à la fois de contenter les électeurs de rassurer les militants. Autant leur proposer de résoudre la quadrature du cercle ! Car l’union de cette gauche « rouge verte » est aujourd’hui trop disparate. Le fossé idéologique est important entre toutes ses composantes. Notamment le NPA et le Front de Gauche. Il ne s’agit pas de la finalité, rompre avec le capitalisme, mais du moyen : comment y parvenir ? Le NPA et LO prônent le changement, la révolution » par le mouvement social seul et donc par 1a grève générale. Les élections ne sont pour ces deux partis qu’une « tribune publique » pour faire valoir leurs idées. Mais ils ne veulent pas se mettre en position de responsabilité. Ils se refusent à être en mesure de pouvoir appliquer ces idées et de les confronter à la réalité, avec les compromis que cela implique parfois. Le Front de Gauche prône, quant à lui, le changement par l’union « de la rue et des urnes », par le soutien au mouvement social, mais aussi par sa prolongation dans le champ politique. Cependant, jamais, en cas de victoire, LO ou le NPA n’accepteront de participer à un quelconque gouvernement. Olivier Besancenot l’a clairement et crûment indiqué lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Monde, le 12 septembre dernier : « Le NPA n’est pas tenu par des accords politiques à la « mords-moi le noeud ». Autrement dit, le porte-parole de l’ex-LCR paraît très soucieux de conserver l’indépendance de son parti.

Quand il s’agit d’affiner le discours et de prendre des mesures concrètes, les oppositions se cristallisent. Les exemples sont pléthore, mais deux d’entre eux symbolisent les difficultés à développer un programme commun : la taxe carbone dont les Verts voulaient, est purement et simplement rejetée par Lutte ouvrière : « A-t-on déjà vu une taxe sur la consommation être favorable au milieux populaires ? », s’exclame Jean Sanday de (Lutte Ouvrière n°2144 du 4 septembre 2009) ? Quand le NPA présente une candidate « féministe, laïque et voilée » en PACA lors des élections régionales de mars 2010, le PCF crie « à la stigmatisation des quartiers populaires » et le PCF qui s’érige en défenseur de la gauche laïque s’offusque « d’une attitude immature et un peu racoleuse » ! Difficile de résister au principe de réalité.

OBSTACLES AU RASSEMBLEMENT

Si tant est que cette gauche puisse s’accorder, il lui faudra trouver quelqu’un qui incarne cette tendance. Mais qui ? Plusieurs leaders émergent du lot, mais un seul tente de fédérer ces groupes aussi différents. Jean-Luc Mélenchon, sénateur de Paris et président du PG, rêve de devenir le patron (incontestable et incontesté) de ce courant. Déçu du PS où il a pourtant soutenu la candidature de Laurent Fabius à la présidentielle de 2007, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais caché ses affinités pour l’ultra gauche. Ancien de l’Organisation communiste internationale, il a croisé la route de Pierre Boussel (Lambert) et celle de Lionel Jospin. Ce dernier l’a d’ailleurs nommé ministre délégué à l’Enseignement professionnel entre 1997 et 2002. Jean-Luc Mélenchon tente de reproduire ce que faisait Michel Rocard avec le Parti socialiste unifié (PSU) dans les années 70-80 : être une passerelle, un pont entre 1a gauche et l’extrême gauche, comme au temps du gramme commun. Il y est en partie parvenu en réalisant une alliance électorale entre le PCF et le PG sous le vocable : Front de gauche.

Décrié au début comme une simple alliance électorale, ce Front de gauche a été rejoint, depuis, par une partie du NPA (sous le nom de Gauche Unitaire), par une partie du MRC (sous le nom de République et Socialisme), par le Mouvement pour une éducation populaire (MPEP) et par la Convention pour une alternative progressiste (CAP). Creusant son sillon, il poursuit son effort unitaire. Jean-Luc Mélenchon a convaincu la majeure partie de ses amis politiques de participer à la rentrée de « Un monde avance », le courant de Benoît Hamon, porte-parole du PS, au Vieux Boucau, le 23 septembre dernier. Parmi eux, Jean-Vincent Placé, n°2 des Verts, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Henri Emmanuelli représentant la gauche du PS, etc. Seule absence remarquée : celle de Nathalie Arthaud De LO. Une absence qui semblait vouloir dire, que ce « cartel d’organisation » ne crée par la dynamique souhaitée et que « le PCF, le NPA, le Parti de gauche sont des obstacles au rassemblement de la gauche de gauche », souligne le communiste Patrick Braouezec, en rupture de ban du PCF. Pour 2012, la gauche de la gauche risque bien de se présenter en ordre dispersé !

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