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Mercredi 21 avril 2010 // La France

Bien avant l’échéance du 21 mars, le Président savait que les élections régionales seraient perdues et il a donc eu tout le temps de méditer sa réplique. Elle a eu lieu dans les 48 heures qui ont suivi la défaite.
D’abord le remaniement ministériel. Claude Guéant, secrétaire général de la Présidence, avait annoncé qu’il serait modeste et technique. Nicolas Sarkozy a ordonné à François Fillon un remaniement d’une certaine ampleur et très politique. Poids lourd du précédent gouvernement, Xavier Darcos est évincé en raison de sa cuisante défaite électorale, c’est du moins l’explication officielle qui cache probablement une prise de distance trop marquée du ministre du Travail à l’égard de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, l’entrée au gouvernement de François Baroin, fidèle de Jacques Chirac, et de Georges Tron, proche de Dominique de Villepin, marque la volonté de mieux représenter les tendances de I’UMP au sein du gouvernement. Ceci au détriment de l’ouverture à gauche, puisque Martin Hirsch (commissaire aux Solidarités actives, et haut commissaire à la Jeunesse) quitte ses fonctions.

Ayant ordonné que l’on serre les rangs ; le président de la République s’est empressé d’adresser aux Français, le 23 mars, un bref message : « rien ne serait pire que de changer de cap du tout au tout, en cédant à l’agitation propre aux périodes électorales ». Et d’énumérer rapidement les réformes inscrites à son programme : « Continuer à alléger nos charges sur le travail et sur l’investissement » ; « refuser toute augmentation des impôts » ; « Continuer à investir dans l’innovation, la recherche, les infrastructures » ; préserver la politique agricole commune même s’il faut ouvrir une crise en Europe ; Lutter contre l’absentéisme scolaire ; Soutenir la médecine de proximité et surtout réaliser la réforme des retraites « dans les six mois ».

Ces projets signifient sous les précautions de langage que la ligne libérale sera maintenue et qu’une politique d’austérité budgétaire sera menée sous la responsabilité directe de François Baroin tandis qu’Eric Woerth, libéral de conviction, aura, comme ministre du Travail, la charge de la réforme des retraites.

Ces décisions importantes ont été moins commentées que la polémique sur la taxe carbone. Beaucoup d’élus de droite étaient opposés à celle-ci et le patronat la combattait. On a dit que Nicolas Sarkozy avait enterré la taxe pour apaiser l’UMP, alors qu’il souhaite que cette taxe soit prélevée aux frontières de l’Union européenne avant de l’être en France. C’est une manière de différer l’affaire, mais il est vrai que l’Union européenne aurait avantage à se protéger contre la concurrence des pays qui ne respectent pas l’environnement.

La fin de la semaine du Président a été consacrée à l’aide financière (elle aussi différée) à la Grèce, l’avenir de la zone euro et les questions monétaires internationales étant envisagés avec inquiétude à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy a donc repris l’avantage. Mais la ligne qu’il a choisie repose sur trois paris :

  • Longtemps encore, les rivalités personnelles empêcheront les socialistes de présenter un candidat unique appuyé par un programme solide.
  • Les deux principaux syndicats (CGT et CFDT) réussiront à empêcher l’explosion sociale qu’ils redoutent. Ce qui assurerait, après quelques manifestations de défoulement, le succès de la réforme des retraites.
  • Les difficultés de la Grèce et du Portugal ne feront pas éclater la zone euro. Le premier pari sera facilement gagné. Les deux autres sont plus risqués.

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