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GABON-FRANCE

Du gagnant-gagnant !

Dimanche 23 septembre 2007, par Paul Vaurs // L’Afrique

Entre le Gabon du patriarche Ondimba et la France de Nicolas Sarkozy, les relations sont les meilleures du monde. A Libreville et à Paris, tout le monde est content. On l’a vérifié pendant la visite effectuée par le président français, à Libreville, vendredi 27 juillet 2007.

S’il existe un chef d’Etat, en Afrique, qui se frotte les mains depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy aux affaires, c’est bien le patriarche El Hadj Omar Bongo Ondimba. Quand Jacques Chirac le lui avait présenté il y a une vingtaine d’années environ, nul ne pouvait imaginer qu’il deviendrait le président de la République française en mai 2007. D’ailleurs, l’ancien président lui-même qui venait de vivre une cohabitation tumultueuse en tant que premier ministre du socialiste François Mitterrand, ne s’imaginait pas le moins du monde qu’il deviendrait, quelques années plus tard, le successeur de ce dernier. L’élection présidentielle de mai 1988 s’était passée très mal pour l’ancien président du RPR (Rassemblement pour la république) à telle enseigne qu’il faillit être emporté par un putsch interne que fomentèrent les incontrôlables Charles Pasqua, Philippe Séguin et quelques autres. Très paternel, le chef de l’Etat gabonais adopta immédiatement le jeune Nicolas Sarkozy qu’il continuait à appeler, affectueusement, jusqu’à sa récente élection, « Le petit Nicolas ». Très attachant, le patriarche ne lui a jamais rien refusé.

Pendant toute la durée de la campagne présidentielle française, il était à son écoute, de jour comme de nuit. Même pendant la longue crise entre Chirac et Sarkozy, provoquée par le choix de ce dernier de soutenir Edouard Balladur à l’élection présidentielle de mai 1995, le patriarche a su gérer leur différend en gardant jalousement l’amitié de chacun des deux. Au point que Chirac ne l’en a jamais voulu de recevoir, chaque fois que cela s’avérait nécessaire, Nicolas Sarkozy à bras ouverts. Car l’ancien président français sait pertinemment que cela n’aurait servi à rien de briser l’amitié entre le « petit » et le patriarche : ce dernier, c’est connu, ne laisse jamais ses amis tomber. Surtout quand ils sont dans la difficulté.

Preuve du caractère prononcé de la relation entre le nouveau président français et son parrain de Libreville, Nicolas Sarkozy dès son installation à Bercy en avril 2004 comme ministre de l’Economie et des Finances, se souvint, spontanément, sans que personne ne lui ait rien demandé, que le courant entre Libreville et le Fonds monétaire international (FMI) passait difficilement, ce dernier, pour des raisons que ses fonctionnaires étaient seuls à connaître, bloquant l’accord que le Gabon avait marre d’attendre. Il prit alors son téléphone un beau matin pour proposer ses bons offices auprès de l’institution de Bretton Woods, au patriarche. Ce dernier apprécia beaucoup ce geste d’amitié (pure), mais il préféra utiliser ses propres réseaux pour se faire inviter comme il se devait, par son homologue de la Maison Blanche, George Bush, qui encouragea le déblocage du dossier Gabon au FMI.

Mais Nicolas Sarkozy ayant de la suite dans les idées ; c’est avec plaisir qu’il a soutenu la décision du Gabon de payer par anticipation avant la fin décembre 2007, la dette contractée par son pays au Club de Paris ; maintenant qu’il a sérieusement pris de l’étoffe, en tant que président français, en d’autres termes, le garant de l’orthodoxie monétaire et macro-économique dans la zone franc, au titre des relations entretenues entre la France et les pays africains utilisateurs du franc CFA. Le président français, lors de son voyage, à Libreville, vendredi 27 juillet 2007, a confirmé à son homologue ses intentions en matière de partenariat : « Au plan bilatéral, le soutien de la France ne se dément pas et demeurera fort sur les dossiers les plus sensibles. C’est ainsi que prenant acte des efforts du Gabon pour assainir ses finances publiques, comme vient de le montrer la signature récente d’un accord triennal avec le FMI, la France, s’est faite son avocat devant le Club de Paris en soutenant sa proposition de rachat de la dette. Elle se félicite de la décision prise le 18 juillet dernier et réduira quant à elle de 20% la dette remboursée par le Gabon ». Dans son toast, le patriarche a mis un accent particulier sur le rôle joué à cet effet par Nicolas Sarkozy : « En effet, les créanciers (du Club de Paris) ont accepté le principe d’un rachat par le Gabon de sa dette à valeur du marché. Dans ce dossier, a poursuivi le chef de l’Etat gabonais, non seulement votre pays s’est fait l’avocat du Gabon mais votre implication personnelle a aussi été déterminante. De surcroît, la France a décidé d’accompagner ce rachat avec une décote de 20% », a-t-il tenu à préciser, comme pour mettre son invité à l’aise, après la très difficile étape de Dakar.

Bientôt, le Gabon sera un pays désendetté au niveau de ses créances publiques, ce qui lui permettra de mieux maîtriser ses dépenses et de voir allégé un fardeau qui pesait lourd sur son processus d’industrialisation.

Deuxième élément du partenariat gagnant gagnant entre le Gabon et la France : celui des visas. La France a besoin du Gabon comme le Gabon a besoin de la France. Encore fallait-il savoir s’accorder afin que le Gabon ne soit pas lésé dans les négociations. On sait que dans la quasi-totalité des pays africains, la France refuse la réciprocité en termes de facilité d’octroi de visas. Pour aller dans les anciennes colonies, les Français la plupart du temps n’ont même pas besoin de visa ou alors s’ils doivent en prendre un, c’est toujours tout sourire qu’ils sont accueillis dans les consulats africains, alors que la réciprocité dans ce domaine comme dans tous les autres, d’ailleurs, n’existe pas. Mais au Gabon, le président français a fait ce qu’on l’encourage à faire dans les autres pays africains francophones : « Je sais par ailleurs combien la question des visas préoccupait les Gabonais et, en particulier, les jeunes.

Je me réjouis donc qu’en matière de flux migratoires, nos deux ministres Jean Ping (vice-premier ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l’Intégration régionale, et Brice Hortefeux (ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement,) aient pu signer le 5 juillet dernier un accord équilibré qui donne des avantages aussi bien aux ressortissants gabonais désireux de se rendre sur le territoire français, qu’aux Français du Gabon. Ce texte bénéficiera à chacune des deux parties ». Que dit cet accord ? Il facilite entre autres la circulation vers la France des Gabonais titulaires d’un passeport de service ou ordinaire, d’avoir accès à l’emploi pour les étudiants ou salariés gabonais. Le même accord ouvre une liste des métiers (non encore identifiés et précisés) aux salariés gabonais à qui la France ne va plus imposer une zone géographique contrairement aux autres communautés. Le Gabon, en contrepartie, va allonger les titres de séjour des Français de 2 à 5 ans.

 Un comité de suivi composé des deux administrations compétentes respectives a en outre été créé. En février 2007, déjà, en France, un important cycle de négociations sur les questions de circulation et de séjour des personnes entre la France et le Gabon dans l’optique de sceller de façon plus dynamique et durable, la communauté de destin entre la France et le Gabon avait été initié entre les deux gouvernements. Les acquis et les espérances de ce premier round de négociations ont beaucoup alimenté les échanges au Sommet, entre le patriarche et son homologue français, à Paris, en juin dernier. Le président Sarkozy avait alors promis d’accorder un statut particulier au Gabon.

Voilà pourquoi en le recevant à Libreville, le patriarche n’a pas pu cacher sa satisfaction : « Les Gabonais et moi-même sommes sensibles à votre volonté d’engagement et de rythme soutenu dans l’efficacité. Il me plaît donc de rendre hommage à votre sens de la solidarité, solidarité faite de réalisme et du respect de la parole donnée ».

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