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Fumer tue, encore et toujours.

Mercredi 30 juin 2010 // Santé

Fumer tue, encore et encore...

Fumer tue, encore et toujours

À première vue, ces cinq dernières années ont l’air d’avoir été triomphantes pour le lobby antitabac, du moins en Occident. L’interdiction de fumer sur les lieux de travail, dans les cafés et les restaurants ont contribué à réduire la consommation de tabac dans de nombreux pays riches. En outre, la fréquence de certaines maladies graves liées au tabagisme est en baisse. Aux Etats-Unis, par exemple, la mortalité liée au cancer du poumon chez l’homme a baissé d’environ 2 % par an depuis 1993 et n’augmente plus chez la femme.

Cela dit, dès qu’on creuse un peu, le tableau n’est pas si reluisant. Plusieurs décennies après que des études ont désigné le tabagisme, actif ou passif, comme une cause de mort prématurée, la planète est toujours en proie à des maladies endémiques liées au tabagisme. Le tabac fait environ six millions de morts par an, principalement par cancers, maladies cardiaques, accidents vasculaires cérébraux et broncho-pneumopathies chroniques obstructives. Au rythme actuel ; ce chiffre pourrait atteindre 8,3 millions en 2030.

Le net recul du tabagisme observé en Occident ne se retrouve nulle part ailleurs : 1,2 milliard d’individus de par le monde, environ 40 % des hommes et 10 % des femmes sont fumeurs. On fume beaucoup chez les hommes dans de nombreux pays à faibles et moyens revenus, tandis que les fumeuses y sont nettement moins nombreuses. En fait, le taux de production et de consommation des cigarettes dans les pays en voie de développement augmente de près de 1 % par an. Certaines multinationales du tabac continuent à mettre en doute les travaux scientifiques démontrant l’importance du tabagisme passif comme facteur de mortalité et de morbidité chez les non-fumeurs. Ces mêmes fabricants persistent à utiliser leur puissance financière pour peser sur les décisions politiques, via le lobbying par exemple, et à contester la législation antitabac devant les tribunaux.

LES TAXES RESTENT LE MOYEN DE DISSUASION LE PLUS EFFICACE.

Les pays en développement, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, notamment, où résident environ la moitié des fumeurs de sexe masculin de la planète, représentent d’immenses marchés, avec des centaines de millions d’hommes déjà dépendants à la nicotine et une très importante clientèle féminine potentielle. En Chine, où la plupart des hommes fument, tandis que les fumeuses ne représentent qu’un faible pourcentage, la plus grande multinationale du tabac, Philip Morris, a signé un accord avec l’entreprise publique China National Tobacco Corporation (CNTC) pour commercialiser sa marque Marlboro. En Chine, presque toutes les cigarettes sont vendues par la CNTC.

Des tentatives sont menées depuis quelque temps pour enrayer le tabagisme mondial. Il y a cinq ans, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté la convention-cadre de lutte contre le tabac (FCTC). Les 168 pays signataires se sont engagés à prendre toute une série de mesures visant à réduire les effets néfastes du tabac. Ce traité s’attaque à des problèmes tels que la publicité et la promotion du tabac, le prix et les taxes, l’étiquetage, la protection contre le tabagisme passif, l’éducation et l’accompagnement pour arrêter de fumer, la contrebande et la vente aux mineurs, et fixe des échéances pour la mise en œuvre des mesures de lutte. En 2008, ce processus a été renforcé par un ensemble de six mesures connu sous le nom de Mpower, établi par l’OMS afin d’aider les pays à réduire la demande de cigarettes. Mpower propose aux fumeurs des moyens d’arrêter, les met en garde contre les dangers du tabagisme, fait respecter les interdictions de la publicité sur le tabac et prévoit l’augmentation des taxes.

Le bilan est mitigé. De nombreux pays ont adopté tout un arsenal législatif antitabac. Une nouvelle étude sur les adultes, le Global Adult Tobacco Survey (GATS) [Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes], lancé il y a quelques années par l’OMS et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta (Géorgie) [principale agence de santé publique américaine] a grandement amélioré la capacité des chercheurs à suivre l’épidémie. On a peu progressé, en revanche, pour ce qui est des mesures d’augmentation des prix et des taxes, qui restent les plus efficaces pour réduire la consommation de tabac. L’OMS préconise des taxes représentant 75 % du prix de vente que paient 6,2 % seulement de la population mondiale. En Chine, les cigarettes sont devenues progressivement plus abordables à partir de 1990, et une récente hausse des taxes n’a pas eu d’incidence sur les prix, la CNTC ayant régulé ceux-ci.

L’OMS a beau mener avec compétence la lutte mondiale contre le tabac, notamment à travers la FCTC, cette campagne n’est pas viable à long terme. De nombreux pays sont tributaires de financements étrangers, certains États sont réticents à augmenter les taxes et la plupart d’entre eux ne prennent pas les mesures qui s’imposent pour convaincre les gens d’arrêter de fumer. Une faible proportion de la population mondiale (8,2 %) à accès à un service de téléassistance sur le tabagisme, à un service gratuit d’aide au sevrage et à des thérapies de substitution de la nicotine. À moins que le taux d’arrêt du tabagisme ne connaisse une forte progression à l’échelle planétaire, les mesures de lutte contre le tabac n’auront guère d’effets immédiats sur la mortalité.

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