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Francs-tireurs

Jeudi 10 septembre 2009, par Bertrand RENOUVIN // La France

Deux informations qui n’ont rien de commun doivent être examinées dans le même article justement parce que les faits évoqués se sont déroulés dans deux mondes devenus étrangers.

Fin juin, Le Nouvel Observateur a publié un entretien avec Nicolas Sarkozy qui a provoqué de l’émoi au Parti socialiste et une vive réplique de la société des rédacteurs du journal contestant la décision et les méthodes de Denis Olivennes, directeur de la publication.

Cette première information, qui a fait couler beaucoup d’encre, n’a selon moi aucune importance. Le Nouvel Observateur est un journal intéressant, qui a le mérite de nous renseigner sur ce que pense la gauche oligarchique qui oscille ces temps-ci entre Martine Aubry, Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit sans jamais perdre de vue Jacques Delors, antique balise émettant par série de sons plaintifs les messages convenables.

Les passerelles entre cette publication emblématique de la « deuxième gauche » et la fraction droitière de l’oligarchie sont nombreuses ; nul ne saurait s’étonner des connivences de tous ordres qui ont permis l’opération de promotion conjointe qui a troublé les consciences de gauche. Ayant crié qu’on la méprisait, la société des rédacteurs s’est immédiatement inclinée – le mot est faible - devant le fait accompli.

Tout occupés à compter pour la centième fois les amis de Nicolas et de Carla, mes confrères n’ont pas commenté une autre information qui jette quelque lumière sur notre proche avenir. Selon une note interne de la Préfecture de police de Paris (1), les manifestations revendicatives dans la capitale ont augmenté de 31,81 % entre janvier et juin 2009, par rapport à la même période l’an passé. On a compté au cours du premier semestre 1 471 cortèges, près de huit par jour, contre 1 116 en 2008 : beaucoup n’étaient pas autorisés et la police subit la violence croissante des manifestants.

Voilà qui relativise fortement l’impression désastreuse laissée par la promenade intersyndicale du 13 juin. Voilà qui contredit la propagande gouvernementale décrivant des démonstrations de braves gens inquiets et impatients de voir l’effet des « réformes » annoncées. Les statistiques de la Préfecture de police font apparaître un peuple en colère, beaucoup plus proche de L’Humanité que du Nouvel Observateur et qui a massivement voté contre le « traité constitutionnel » dont le grand hebdomadaire de gauche fit la propagande en insultant bassement les partisans du Non. Nous mentions, paraît-il...

J’évoque ce souvenir sans rancœur, seulement pour souligner que la gauche « sociale-libérale » a depuis longtemps choisi son camp dans la lutte des classes qui secoue notre pays. De Delors à Rocard puis à Jospin, et aujourd’hui encore sous l’égide de Delors, cette gauche a choisi le confort des compromis, des compromissions et des reniements que nous avons dénoncés et combattus depuis 1983. Pour nous, que de contre-offensives manquées et de défaites cinglantes... Nous pourrions être épuisés, écoeurés, rompus. Dans les milieux dirigeants, on attend tranquillement que nous lâchions prise définitivement car on nous considère comme des morts en sursis – nous les royalistes et les gaullistes dits de gauche, les mitterrandistes fidèles à l’esprit de 1981, les héritiers communistes des combats du Front populaire et de la Libération. Il est vrai que nous sommes perdus dans la foule – là où nous ne risquons pas de rencontrer Denis Olivennes et Laurent Joffrin.

Populisme ? Non point. Face à l’offensive de classe menée par Nicolas Sarkozy et la gauche renégate avec l’arrogance vulgaire des aristocraties déclinantes, pressées de jouir avant la débâcle de leur monde, nous marchons en francs-tireurs confortés par nos premières victoires : la bataille intellectuelle est gagnée depuis plusieurs années, les propositions de notre groupe informel sont reprises en France et parfois à l’étranger, la lutte des classes devient massive malgré la tétanie qui frappe certains dirigeants syndicaux.

L’issue politique du conflit demeure incertaine : les oligarques forment une armée de généraux et de colonels sans troupes ; le peuple français, dans sa majorité hostile à l’ultra-libéralisme, n’a pas de chefs. Situation dangereuse mais riche d’espoirs si nous savons y faire.

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