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France télévision

Mercredi 20 octobre 2010 // La France

France Télévision - France 2, France 3, France 4 - Faites vos jeux

On est très loin de l’époque où les directeurs de l’Information étaient nommés par le ministre du même nom. Pour le pouvoir, quel qu’il soit, la question est à la fois simple à formuler et délicate à traiter : comment contrôler l’information télévisuelle sans en avoir l’air ?

ALORS QUE L’ÉTAT croule sous le poids de sa dette, est-il raisonnable que nous continuions à nous offrir une télévision publique dont le budget avoisine 3,8 milliards d’euros ; Elle est presque entièrement financée par la redevance, et même totalement dès la suppression totale de la publicité sur les antennes de France Télévisions ? Juridiquement, la redevance n’est pas un impôt. Personne n’est obligé de la payer, il suffit de ne pas avoir de télévision ! Mais, compte tenu du mode de vie de nos contemporains, il est manifeste qu’elle constitue pratiquement un prélèvement obligatoire. On pourrait aisément la fiscaliser le projet en ressort périodiquement et du coup l’utiliser à autre chose qu’à financer des chaînes de télévision. À rembourser la dette, par exemple !

Dès son annonce au cœur de l’été, la nomination de Rémy Pflimlin est apparue comme « consensuelle », à l’image du personnage, tout en rondeur extérieure, même s’il est plus déterminé qu’il n’y paraît. Enraciné dans son Alsace natale et sa presse régionale (il est passé par les Dernières Nouvelles d’Alsace et a dirigé L’Asace), cousin éloigné de l’ancien président du Conseil, Pflimlin a le profil classique du gestionnaire de haut niveau. Centriste modéré, il s’est quand même signalé, surtout en tant que président des NMPP (aujourd’hui Presstalis) par sa propension aux « compromis historiques » avec la CGT. Son passage à la direction générale de France 3 y a laissé le souvenir d’un homme pragmatique, capable de ménager la chèvre et le chou dans un terrain aussi miné que peut l’être la chaîne des régions. Une nomination dans la logique ordinaire du système, donc. Elle a pourtant étonné.

On attendait celle d’un homme au profil bien plus tranché : Alexandre Bompard, successeur de Jean-Pierre Elkabbach à la tête d’Europe 1, était censé apporter un souffle nouveau dans le style de Sarkozy. Un choix jugé doublement provocateur, aux commandes de la télévision d’État, un homme du président et un thuriféraire du privé... C’était surtout un homme qui répondait pleinement à l’esprit de la loi du 5 mars 2009, qui a redéfini le cadre d’action de l’audiovisuel public : Sa nomination n’était pas due au CSA, mais directement au Chef de l’État lui-même. Celui-ci dut pourtant faire volte-face. Avec la crise et les affaires, les nuages s’amoncelant, il renonça à ouvrir ce nouveau front. Le choix de Rémy Pflimlin rendait d’un coup inutiles tous les efforts déployés dix-huit mois plus tôt pour faire passer une mesure qui faisait scandale : c’était un choix « raisonnable », qu’aurait très bien pu faire une assemblée aussi sage que le CSA. C’est une bonne illustration des faiblesses de la méthode Sarkozy : beaucoup de bruit pour rien.

Un summum d’ambiguïté

L’autre réforme-phare de cette loi, était la suppression totale (par étapes) de la publicité sur les antennes publiques. Décision radicale, apparemment simple dans son principe. On est pourtant là dans un summum d’ambiguïté. Quel objectif recherchait-on ? Des chaînes publiques libérées de la publicité, voilà qui ne pouvait que réjouir les téléspectateurs. Il suffit d’avoir vu, en Angleterre, les programmes de la BBC, qui en sont totalement affranchis, pour en être convaincu. On sait, que tous les efforts des publicitaires visent à tenter d’éviter la fuite du public au moment des écrans de publicité. Une chaîne qui en est libérée jouit donc d’un immense avantage.

Il est aussi une autre catégorie de « publiphobes » : ce sont les défenseurs plus ou moins patentés de la « culture », les auteurs, producteurs ou réalisateurs de programmes plus ou moins hauts de gamme, qui ont toujours condamné la « dictature de l’audimat », ennemie jurée de la « création ». Mais leurs motivations, sont généralement fort éloignées de celles du grand public. Elles sont d’ailleurs, elles-mêmes doubles, voire triples : d’un côté, la défense souvent sincère d’une culture forte, ouverte et généreuse ; d’un autre côté, la revendication idéologique et sectaire de doctrinaires professionnels ; enfin, dimension inavouée même si elle est bien « humaine », la défense corporatiste de toute une catégorie professionnelle, celle des « saltimbanques ». Pour ces raisons largement contradictoires, tous sont hostiles à la publicité.

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