France : Peur sur "la ville"

Jeudi 8 décembre 2005, par NKANSA’S Nenthor // Agenda

Le 27 octobre 2005, 2 jeunes, poursuivis par la police, meurent électrocutés par un transformateur EDF (électricité de France), dans la ville de Clichy-sous-bois, en Seine Saint-Denis. Ajoutons à cela les propos, peu diplomatiques et incendiaires, du puissant président de l’UMP et deuxième personnalité du gouvernement ... Nicolas SARKOZY. Pour la petite histoire, l’homme fort de l’UMP avait déclaré, haut et fort, devant caméras, vouloir « nettoyer les cités au karcher ». Tous ces ingrédients réunis nous donnent un plat amer, difficile à déguster. Ces mêmes ingrédients sont, en grande partie, à la base des émeutes qui ont embrasé, trois semaines durant, toute la France, pays cher au général DE GAULLE.

La situation explosive ne tenait qu’à un fil. Les jeunes français, issus de l’immigration, longtemps marginalisés, en ont profité pour exprimer leur désarroi. L’intégration à la française avait démontré ses limites. Les français, d’origine arabe ou africaine, ont moins de chance d’être embauché à un poste. Le recruteur est plus sensible quand il est en présence des noms tels MAMADOU, HAMED, NDINGA... préférant plutôt Jean-Louis, Alain-Michel, ... Ces mêmes jeunes français se font, généralement contrôlés par la police, 4 à 5 fois plus que les autres. Allez-y comprendre quelque chose. De tels immigrés ne sont cités en exemple que quand ils rapportent quelque chose à la France (médaille aux Jeux Olympiques par exemple, exploits sportifs,...) ; mais quand leurs performances techniques ou sportives sont en baisse, leurs origines sont de nouveaux rappelé par les médias (« le Français d’origine .... »). Rien d’étonnant dans tout cela car les immigrés font les frais de la théorie « du jus et du citron ».

Voitures, bus, écoles,... tout a été brûlé au passage. Considéré au début comme une simple nuit de troubles, les violences se sont accentuées et ont embrassé, ville après ville, tout l’Hexagone - excepté bien sûr Paris, la capitale.

Longtemps en retrait et critiqué pour son mutisme, le président CHIRAC intervint pour calmer les esprits et proposer certaines solutions pour soutenir la jeunesse, quelque peu en manque de repères. « Le service civil volontaire », capable d’embaucher de milliers de jeunes, devant, par exemple, être restauré. De façon également exceptionnelle, les autorités françaises ont eu recours à la loi du 3 avril 1955 instituant un état d’urgence ainsi qu’un couvre-feu dans les zones à risque.

Certaines voix « d’immigrés » se sont élevées pour stigmatiser les propos du Ministre d’Etat de l’intérieur. L’international footballeur français, Lilian THURAM, figure de proue de la communauté noire et modèle « plus que parfait » de l’intégration réussie, n’a pas hésité à condamner le locataire de la place BEAUVAU. « Moi, je le prends pour moi », dit-il en substance.

Le bilan de ces troubles ? Près de 8.973 véhicules, 200 millions de dégâts, plusieurs arrestations, ... Quel gâchis ! Les assureurs sont maintenant obligés de mettre la main à la pâte. Au delà de ces événements malheureux, il faudrait maintenant proposer des solutions radicales pouvant faire évoluer les choses. Le président de la république à également souhaité que le paysage audio-visuel de la France prenne en compte la diversité raciale et culturelle du pays. (Que les Noirs, les Arabes et autres soient également représentés dans les médias publics et privés).

Du côté de la communauté noire, le « Comité Représentatif des Associations Noires » a vu le jour. Présidée par Patrick LOZES, membre de l’UDF, cette association a pour objectif de « devenir une interlocutrice institutionnelle ».

Les choses semblent bouger après près de 30 ans de statu quo. Nous estimons, pour notre part, qu’il faudrait plutôt juger les personnes non pas en fonction de leur origine mais plutôt de leurs compétences. Les anglo-saxons ont déjà compris ce sacro-saint principe ; les préjugés n’ont plus leur place dans ce siècle de lumière. Mondialisation oblige !

Paris, le 05 décembre 2005

Erick MBIENGA NKANSA

Ecrivain - journaliste indépendant

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