Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Française Français : Nous avons besoin d’un arbitre au Palais de l’Elysée, pas d’un élu autocrate.

Samedi 2 avril 2011 // L’Histoire

C’est au peuple de se diriger. Pour cela nous devons avoir un Premier ministre responsable face aux élus de la Nation. Le Chef de l’État doit être le garant de notre démocratie, de notre constitution. Il ne doit dépendre d’aucun parti politique, il doit être reconnu grâce à l’HISTOIRE. Nous vivons dans un Pays resplendissant, remerçions nos Rois Capétiens de nous avoir fait un si magnifique cadeau.

Il y a tout juste trente ans, le 23 février 1981, le roi Juan-Carlos 1er d’Espagne, de sa seule autorité, mettait fin à une tentative de coup d’État.

Il légitimait, pour longtemps, la monarchie

Dix-huit heures vingt-cinq, dans l’hémicycle de la Chambre des députés espagnole : le général Tejero fait irruption, un pistolet à la main, et tire en l’air devant des députés. La plupart des Espagnols, et un grand nombre de citoyens d’autres pays européens gardent en mémoire ces images tragiques qui renvoyaient l’Espagne à ses plus anciens démons. Le discours télévisé du roi, quelques heures plus tard, est un autre symbole, ancré encore aujourd’hui dans toutes les mémoires, de ces événements qui vaccinèrent finalement nos voisins pour longtemps contre toute tentation de la dictature.

En Espagne, tout le monde se rappelle avoir vu cela en direct à la télévision. Il n’a pourtant pas pu en être ainsi. L’intervention du roi, enregistrée au palais de la Zarzuela, fut diffusée avec un léger différé. Les images de l’irruption des putschistes devant les Cortes ne purent, elles, être vues, qu’après la conclusion heureuse des événements et l’évacuation du Parlement espagnol par Tejero et ses sbires, le lendemain midi. Le trentième anniversaire des événements du 23 février 1981 est une excellente occasion pour faire le point sur ce qui reste aujourd’hui des heures tragiques de la démocratie espagnole.

C’est ce que nous permet le dernier livre traduit en français du romancier à succès Javier Cercas. (1) Mêlant d’une manière souvent ironique uchronie, stricte enquête journalistique et envolées romanesques, l’auteur nous rappelle quelques vérités et édifie des hypothèses, quand manquent les preuves.

Parmi celles-ci, on attend avec impatience, aujourd’hui encore, les enregistrements des conversations téléphoniques de la nuit du 23 au 24 février que le roi d’Espagne tînt avec les commandants militaires de toutes les régions d’Espagne.

Il faudra encore patienter vingt ans avant de pouvoir en disposer, selon la lettre de la loi sur les archives espagnoles.

On sait cependant, par les dépositions du procès qui suivit la tentative de coup d’État, que Juan-Carlos, eut fort à faire, durant de longues heures, pour convaincre ces chefs militaires, tous anciens compagnons de Franco, dont certains avaient servi dans la division Azul, aux côtés d’Hitler, durant la Seconde Guerre mondiale. Probablement surpris par l’aplomb d’un roi résolu à défendre la démocratie, ces vieux militaires resteront finalement dans la légalité et renonceront à faire sortir les chars dans la rue. Mais l’Espagne aura tremblé.

Pour les Français, Javier Cercas rappelle un fait curieux : le général Armada, principal chef des conjurés, pense s’inspirer, dans sa tentative de prise du pouvoir, de celle réussie par le général de Gaulle en 1958. Face aux épreuves du terrorisme basque, aux décisions politiques et à la crise économique, Armada rêve convaincre les principaux partis politiques de lui confier le pouvoir. Le roi croit pas et le refus est signifié au général félon par télex.

« Quelle que soit la nature de ce coup d’État, il ne pourra s’abriter derrière le roi, puisqu’il est contre le roi. Je vous ordonne de retirer toutes les unités que vous avez déplacées. Je vous ordonne de dire à Tejero qu’il change immédiatement d’attitude (...) Je jure que je n’abdiquerai pas ni n’abandonnerai l’Espagne. Ceux qui se rebellent sont prêts à provoquer une nouvelle guerre civile dont les conséquences relèveront de leurs responsabilités ».

Javier Cercas croit tout de même que la responsabilité du roi pourrait être mise en cause, dans la genèse des événements. Juan-Carlos, investi de pouvoirs réels après la mort de Franco, n’aurait pas encore bien domestiqué, au tournant des années 1980, son rôle d’arbitre constitutionnel et de roi qui règne mais ne gouverne pas. Trop habitué à donner son opinion, et surtout à intervenir dans le jeu quotidien de la politique, il aurait imprudemment émis des jugements défavorables au sujet de son Premier ministre d’alors, Adolfo Suârez. Ce dernier, protégé par le roi dans son oeuvre de démantèlement progressif du régime franquiste, était alors en train de prendre toute l’autonomie d’un chef dont la légitimité ne vient que des urnes.

Répondre à cet article