Forte de ses délires contre le virus H1N1, Madame Bachelot se surpasse…

Samedi 28 août 2010 // La France

Pour notre « Castafiore » ministérielle, l’avenir serait aux « salles d’injection à moindre risque »

Roselyne Bachelot à Bayonne…

Roselyne Bachelot

C’est à Vienne, à la mi-juillet en 2010, en Autriche, que Roselyne Bachelot a annoncé qu’elle lancerait l’expérimentation des « salles d’injection à moindre risque ».
Précisons qu’il ne s’agit pas de salles pour s’injecter le prochain vaccin contre la « grippe », mais de « salles de consommation de drogue supervisée »…
Une expérimentation soutenu, cela va de soi, par Jean-Luc Romero, président des élus locaux contre le sida qui déplore la timidité de l’annonce…

Jean-Luc Romero

Toujours dans le « vent » Roselyne Bachelot, toujours à l’écoute… Et bénéficiant de soutiens de qualité.

Jean-Luc Romero, si vous l’avez oublié, est aussi président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, fer de lance des partisans de l’euthanasie…

Bien sûr, une telle expérimentation serait pavée de bonnes intentions… qui ne sont jamais loin de l’enfer !

Mais voilà, réitérant sa déclaration le 11 août 2010 à Bayonne, Madame Bachelot s’est faite moucher par le premier ministre François Fillon pour qui ces salles, très vite appelées « salles de shoot »… sont « ni utiles ni souhaitables », Et le service de presse du Premier ministre de préciser sobrement : « La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l’accompagner, voire de l’organiser"…

De beaux débats en perspective…

Extrait de l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale paru en juin 2010 et sur laquelle s’est appuyée Madame Bachelot…

« Les centres d’injection supervisés (CIS) sont des structures où les usagers de drogues par injection peuvent venir s’injecter des drogues –qu’ils apportent– de façon plus sûre et plus hygiénique, sous la supervision d’un personnel qualifié. Historiquement, les centres d’injection supervisés ont vu le jour sous la pression de plusieurs phénomènes : l’amplification de la consommation de drogues par injection (héroïne ou cocaïne), l’arrivée de l’épidémie de sida et d’hépatite virale C, la présence croissante de consommateurs de drogues en situation d’extrême précarité sociale, souvent sans domicile fixe et consommant des drogues par injection, dans l’espace public. Actuellement, il existe des centres d’injection supervisés dans 8 pays : Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse. Ces centres poursuivent des objectifs de réduction des risques et des dommages pour les usagers de drogues et pour la communauté, dans les domaines de la santé publique et de l’ordre public. »

« Ils permettent une intervention rapide et efficace en cas d’overdose. Aucune overdose mortelle n’a été enregistrée dans un CIS, malgré des millions d’injections pratiquées, et plusieurs estimations du nombre d’overdoses fatales évitées ont pu être réalisées. Les CIS assurent une promotion de l’hygiène de l’injection (lavage des mains, désinfection), la mise à disposition de matériel stérile et également une supervision de l’injection, parfois l’enseignement de techniques plus sûres. Les études démontrent clairement une diminution des abcès et autres maladies liées à l’injection, une diminution des comportements à risque de transmission des virus du sida et de l’hépatite C. »

Face à la cacophonie qui donnait voix dans la majorité présidentielle , le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Etienne Apaire précisait dans « Le Monde » du 10 août 2010 :

Etienne ApaireExtraits :

« Mme Bachelot a fait état de son intérêt pour un certain nombre de dispositifs, et Brice Hortefeux d’une opinion différente. Au total, 21 ministres et secrétaires d’Etat sont impliqués dans la lutte contre la drogue et la toxicomanie, il est normal que les avis soient divers. Dans ce domaine, la décision du gouvernement est collective, préparée par la Mildt, et arbitrée par le premier ministre. (…) en l’état actuel des connaissances, le gouvernement considère que les salles d’injection ne répondent pas vraiment à la demande d’un point de vue sanitaire. Elles semblent par ailleurs très coûteuses. En outre, elles amènent à penser que l’usage de drogue peut être admissible sous certaines conditions. (…)

Il faut aussi tenir compte du contexte français par rapport aux pays comme la Suisse ou l’Allemagne, où des salles ont été créées. En France, la consommation de drogue a globalement baissé, celle d’héroïne y est moins importante qu’ailleurs en Europe. Le nombre d’overdoses y est aussi l’un des plus faibles, grâce aux traitements de substitution et à l’échange de seringues. (…)

Il me semble que ces salles répondent moins à un objectif sanitaire qu’à un objectif social de lutte contre la marginalisation. C’est, selon nous, discutable sur le plan philosophique, puisque cela vise à accompagner, et non in fine à rompre avec la dépendance, alors que la France dispose d’un dispositif de soins performant. En outre, cacher dans des locaux des usagers pour assurer la tranquillité publique me paraît moralement indéfendable. Expérimenter reviendrait à mettre en place, puisqu’il faudrait modifier la loi. Nous y sommes opposés. »

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