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Mercredi 12 mai 2010 // Divers

VOILE INTÉGRAL

Tout a commencé le 17 juin 2009. À l’initiative d’un député communiste, André Gérin, 57 députés de toutes tendances demandaient la création d’une commission d’enquête sur le port en France de la burqa. L’Union des organisations islamiques de France dénonça « une manœuvre propre à encourager les amalgames », alors que le recteur de la mosquée de Paris « déplorait » la tendance croissante à revêtir la burqa. Plusieurs Ministres et secrétaire d’État (dont Fadela Amara) se rangèrent dans le camp de l’interdiction. D’autres personnalités de droite, se montrèrent opposées à une intervention du législateur et furent rejointes sur ce point par des personnalités de gauche et d’extrême gauche et, par l’archevêque de Paris.

La question fut à nouveau posée lors du débat sur « l’identité nationale » et c’est en janvier dernier que la commission parlementaire préconisa une interdiction du voile intégral dans les lieux publics.

Nous étions alors en pleine campagne pour les élections régionales et la burqa devint le marqueur de diverses prises de position tactique à l’intérieur des partis : on se souvient des déclarations de Jean-François Copé pour l’interdiction et de la présentation d’une candidate voilée sur les listes patronnées par Olivier Besancenot. Mais, dans le même temps, le débat prenait enfin une tournure juridique.

Certains professeurs de droit ont rappelé qu’il est déjà interdit de se présenter visage masqué à la sortie d’une école pour chercher son enfant, dans les banques et dans les services publics. On vient de voir qu’une femme au volant portant le voile a été verbalisée par la police. Bien entendu, les photos d’identité sont prises à visage découvert. Une femme intégralement voilée ne peut donc pas vivre une existence normale en France.

Puis le Conseil d’État vint rappeler ce qu’Emile Poulat a souvent expliqué lors du débat sur le « voile islamique » : au lieu de s’enliser dans le débat sur la signification du voile, au lieu d’invoquer un principe de laïcité qui ne veut rien ne dire lorsqu’il est appliqué à la circulation du citoyen sur la voie publique, le plus simple est de recourir à la classique notion d’ordre public. Si le port d’un quelconque insigne ou vêtement religieux ou politique (pensons aux « chemises » noires ou vertes de naguère) trouble manifestement l’ordre public (manifestations, bagarres) les autorités locales prennent des mesures d’interdiction selon les lois en vigueur. Sinon, il n’y a pas lieu d’intervenir. Mais les lois et les décrets concernant les personnes qui se masquent le visage pourraient être précisées.

Cet avis n’a pas impressionné le président de la République, qui s’est prononcé pour une interdiction totale, et le Premier ministre a déclaré que le gouvernement était prêt à prendre un « risque juridique ». Une loi sera probablement votée, mais, comme tant d’autres textes juridiques, elle ne sera que peu ou pas appliquée : veut-on vraiment que la police, en sous-effectifs, pourchasse les femmes en burqa à la manière dont la police iranienne traque et embarque les femmes qui, a contrario, laissent voir quelques mèches de cheveux ?

Surtout, la loi d’interdiction totale se heurterait à la censure du Conseil constitutionnel pour atteinte à la liberté individuelle (article 2 de la Déclaration de 1789) et à la libre expression des opinions proclamée par l’article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ». La Cour européenne des droits de l’homme pourrait aussi avoir son mot à dire...

Dès lors, que veut-on ? Envoyer un signal à une fraction de l’électorat, qui serait principalement déterminée par son opposition de l’islam ? Un tel message n’a pas conforté la majorité aux récentes élections régionales. Convaincre les islamistes de s’intégrer ? Est-ce la bonne méthode ?

THAILANDE : « LÈSE-MAJESTÉ. »

Les Thaïlandais doivent apprendre à se gouverner sans la présence tutélaire du plus ancien monarque au monde.

Un conflit entre deux coalitions politiques, chemises jaunes et chemises rouges, qui durent depuis quatre ans et risque de se terminer dans un bain de sang digne de Tien-An Men, semblent à Bangkok mettre en cause la monarchie au lieu de se résoudre démocratiquement. Comment le roi qui a mis fin à la dictature et engagé un processus démocratique peut-il aujourd’hui être accusé d’être responsable du chaos ambiant ?
Le dossier à charge veut qu’il aurait approuvé le coup d’État militaire qui a chassé du pouvoir en 2006, le Premier ministre Thaksim, avant que l’armée ne s’aperçoive qu’elle était incapable de gouverner par elle-même et ne désigne l’actuel Premier ministre Abhisit lequel, non élu, ne dispose d’aucune autre légitimité que celle de gérer les affaires courantes jusqu’à de nouvelles élections. Les rouges soutiennent Thaksim tandis que les jaunes défendraient la monarchie. Or Thaksim est en semi-exil à Dubaï et le mouvement est capitalisé par des activistes radicaux qui font dériver la protestation vers une plus grande violence. Et si les rouges échappaient à Thaksim, le roi pourrait bien, lui, échapper aux jaunes. D’abord parce qu’il n’est pas immortel. Ensuite parce qu’il ne peut, sous peine de perdre son charisme, être assimilé à un parti contre un autre.

Il se trouve que le roi Bhumibol, âgé de 82 ans, est sur le trône depuis 1946, le plus ancien monarque régnant au monde, avant la reine Elisabeth (sacrée en 1952). Il est hospitalisé depuis septembre dernier et, quoiqu’on le dise en meilleure santé, l’hypothèse de sa succession est clairement envisagée. Il a un héritier, peu populaire, et certains pensent déjà, comme en Angleterre, à sauter une génération, vers un petit-fils, éventuellement guidé par une régente, sa tante, elle, très populaire. L’histoire contemporaine de la dynastie des Rama n’est pas très différente de celle des Windsor.
À qui veut-on faire croire que c’est la perspective de la mort du roi qui provoquerait l’affrontement dans les rues de Bangkok ? D’autres parlent de combat des pauvres contre les riches, alors même que l’ex-Premier ministre dont se réclament les rouges est l’homme le plus riche et le plus corrompu du pays. Certains vont même jusqu’à y voir les prodromes de la Révolution française, manants contre aristocrates.

Le roi a su pendant longtemps pacifier ces luttes politiques, mais, comme en Espagne, sa marge de manœuvre s’est progressivement affaiblie non pas à cause de la vieillesse du roi, mais plutôt à mesure que la démocratie prenait racine dans le pays. On surestime la capacité du Palais à diriger la vie politique, y compris l’armée, dans une nation moderne comme l’Est devenue la Thaïlande. Le roi est silencieux, et on l’accuse, alors que son silence d’une part préserve l’institution monarchique, celle-ci devant lui survivre en faveur de quelqu’un qui, quels que soient ses mérites propres, ne bénéficiera pas avant des années, d’un prestige suffisant pour tenir debout tout seul ; d’autre part, il situe les véritables responsabilités dans les partis eux-mêmes, sinon le peuple, qui se sont laissé abuser par des dirigeants populistes et vénaux.

Une élection immédiate ne suffira pas à crever l’abcès. Quel que soit le vainqueur, le résultat sera contesté. Chacun doit faire des concessions : déjà l’on murmure que le prince héritier n’aurait pas envers l’ex-Premier Thaksim les préventions de l’entourage au Palais. C’est une vieille histoire que celle d’une politique du dauphin opposée à celle des vieux serviteurs de son père. La mort du roi entraînerait une pause de deuil d’au moins six mois où beaucoup de choses peuvent se passer, mais sans drame, la vie publique s’étant arrêtée. L’institution royale doit trouver en elle-même les ressources nécessaires à la préservation de la paix civile qui est sa raison d’être.

LE RETOUR DE LA NATURE

Après un si long hiver, allait-on étouffer ? L’homme étant un loup pour la planète, le réchauffement provoqué par sa colonisation menaçait. Chaque cri primal d’homo sapiens nouveau-né : Un coup porté contre l’avenir. Mortel impact du peuplement humain sur la biodiversité. Industrialisation, transport (terrestre ou aérien) et bovins d’élevage se partageaient la responsabilité du désastre. En imitant notre course à l’opulence, les Chinois allaient achever de nous achever. On n’est pas allé jusqu’à se rassurer de voir l’Afrique meurtrie par le Sida où l’Asie éliminer des millions de fillettes avant qu’elles aient pu voir le jour. Mais une agence onusienne a osé calculer le coût de chaque naissance en émission de CO2. Jalouse à voir les chefs d’État obsédés par la crise écologique détourner leur attention de l’explosion démographique, elle en déduisait qu’il était plus rentable de distribuer des moyens contraceptifs que d’investir dans l’énergie éolienne.

Fallait-il supplier Gaïa, la déesse terre, de nous pardonner d’exister ?

Et voilà qu’une autre explosion garantie 100% bio, assortie d’un grand vent, tout aussi écologique, a sonné le retour de Dame nature. 63 000 avions détournés d’un coup. En matière d’émanation toxique, le réveil d’un seul petit volcan islandais a fait passer nos gaz d’échappement pour du pet de caille. Du sulfure comme s’il en pleuvait ! La nature interdite aux Islandais, cantonnés dans leurs maisons. L’eau de ruissellement impropre à la consommation des animaux sauvages et domestiques.

Dame nature avait aussi repris ses droits sur les chefs d’État occidentaux, privés des funérailles du président polonais. Ce qu’aucun n’aurait imaginé proposer, elle l’a fait Arrêt total des voyages aériens d’affaires et de tourisme, afin d’économiser le précieux kérosène et de dépolluer le firmament. Elle nous offrait au passage une leçon de philosophie sur l’utile et l’accessoire, le temps et l’espace, et notre humble condition. Avec, à contempler en prime, un ciel rare, débarrassé des zébrures blanc, mais paraît-il nettement voilé. La poussière de verre faisant écran entre le soleil et la terre, on estime ce drôle de nuage capable de faire baisser de 0,5° la température moyenne de la terre pendant deux ou trois ans ! Tout dépend bien sûr de la durée et de l’intensité de la colère volcanique, imprévisibles.

Allons-nous subir un refroidissement climatique naturel du même ordre que le réchauffement constaté ! Quelle surprise Surprise ? Pas vraiment. Pour le Pinatubo, en 1991, nous étions déjà nombreux à être nés, et c’est ce qui s’est passé. Faut-il que l’accélération du temps accélère l’oubli ? L’ouvrage de l’historien Emmanuel Garnier « Les dérangements du temps, 500 ans de chaud et de froid en europe remédie avec (pré)science et le plus grand talent littéraire. Il nous fait notamment redécouvrir une catastrophe bien plus considérable, mais du même acabit, surgi en 1783, déjà d’Islande, quand le Laki est entré en éruption, a dix reprises entre juin et octobre. Un autochtone sur quatre mourra de famine dans l’année suivante, plus de la moitié du cheptel ayant péri à cause de la corruption « naturelle » du breuvage et des herbages par le dioxyde de soufre. « Le Laki libère en deux jours autant de gaz que toute l’industrie européenne en un an » a calculé l’auteur qui estime à 160 000 décès la surmortalité dans l’hémisphère nord. L’air vicié s’y était répandu exact— ment de la même façon que le nuage islandais de cette année. Dans nos contrées, on avait cru à la fin du monde...

Et soudain nous nous surprenons à espérer : si la terre disparaissait par sa propre faute, au moins ce ne serait pas la nôtre.

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