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Le journal le Monde est-il à vendre ?

Jeudi 24 juin 2010 // Divers

Le journal le Monde est-il à vendre ?

Le quotidien « de référence » est en péril : avec Le Monde interactif, Courrier International, Télérama et La Vie, notamment, le quotidien fait partie d’un groupe (« Le Monde ») qui perd un million d’euros par mois et a accumulé en huit ans un déficit de 200 millions d’euros. Comment Le Monde qui était naguère le modèle d’un « journal de journalistes » ; qui se présentait comme exemple de rigueur intellectuelle, morale et financière, peut-il se trouver au bord de la cessation de paiements ?

C’est une longue histoire : après Hubert Beuve-Méry, le fondateur, Jacques Fauvet et André Fontaine, les héritiers, et un directeur de transition, l’arrivée au pouvoir de Jean-Marie Colombani, d’Edwy Plenel et d’Alain Minc a correspondu à une recherche de la puissance financière et une politique de « coups » avec une prédilection pour le scandale politique... Beaucoup de lecteurs ont été choqués, la stratégie financière a été suicidaire et le trio Colombani-Plenel-Minc s’est séparé. La crise générale de la presse écrite nationale s’est ajoutée à l’échec du groupe Le Monde et le journal fondé à la Libération n’a d’autre choix que de disparaître ou de perdre son indépendance, devenue toute relative depuis que les financiers sont maîtres du jeu.

Bien sûr, c’est la voie de la recapitalisation qui a été choisie. Il faut trouver le groupe qui acceptera de rembourser les dettes du groupe et qui aura confiance en l’avenir de ses publications, alors que les recettes publicitaires sont en baisse et que le nombre des lecteurs diminue. Mais l’arrivée de nouveaux apporteurs de capitaux n’est pas simple. Nul ne connaît les intentions du groupe Lagardère, qui détient 17% des actions du groupe Le Monde. Le groupe espagnol Prisa, sur lequel beaucoup comptaient, est endetté et sous le contrôle d’un fonds américain d’investissements.

Une autre solution consisterait à vendre Télérama, entreprise qui fait des profits et qui a été vampirisé par les financiers du « Monde » (vente des immeubles et des sociétés de services entre autres, ponctions sur la trésorerie...) et qui n’a aucun intérêt à rester dans un groupe fragile qui ne lui a rien apporté. Il y a enfin, l’offre faite par Claude Perdriel, patron et fondateur du Nouvel Observateur, qui a pour principal avantage d’agir par amour des journaux : Claude Perdriel a déclaré qu’il était prêt à engager sa fortune personnelle pour sauver Le Monde mais à condition d’être le patron effectif du groupe (il demande 60% des parts), de garder Télérama et les autres publications.

Quels qu’ils soient, les nouveaux dirigeants se trouveront confrontés à de graves problèmes, qui ne sont pas tous d’ordre financier. Ce n’est pas un hasard si le site Internet du Monde gagne beaucoup d’argent : alors que le quotidien papier est évalué à 10 millions d’euros, le site vaudrait 87 millions. Comme beaucoup d’autres quotidiens français et étrangers, Le Monde aura le choix entre la suppression de l’édition papier et l’édition quotidienne sur papier couplée avec l’édition sur site Internet qui n’est déjà plus un quotidien mais plutôt un journal permanent financé par la publicité et la consultation payante des archives. Mais les résultats du site sont -peut-être trompeurs et il n’est pas sûr que les journaux sur Internet soient rentables dans les conditions actuelles de leur + publication — et même s’ils ne paient pas la plupart de leurs collaborateurs.

Une seule chose est sûre : le vieux Monde a vécu.

La Babel des Ecolo-labels !

La loi d’engagement du Grenelle de la loi Grenelle 2 prévoit, parmi ses nombreux articles, la création d’un éco-label pour les produits de la mer gérés de façon durable et dont le référentiel sera établi par décret. Quand celui-ci sera effectivement constitué, il sera le premier éco-label officiel attribué à un produit alimentaire.

Il faut en effet distinguer les éco-labels des autres signes distinctifs. Ils ont pour objet d’assurer, au-delà de leur qualité intrinsèque, que les produits ou les services concernés ont été fabriqués ou apportés dans le souci du respect de I’environnement tout au long de leur cycle de vie. Il faut également distinguer les labels officiels, institués par les pouvoirs publics, et placés sous leur contrôle, dans le but d’apporter aux consommateurs une garantie conforme à leur objet ; Des labels privés conçus à l’initiative, soit des organisations de protection de l’environnement, notamment dans le domaine forestier, soit des producteurs ou des distributeurs, ces derniers dans l’unique souci d’une valorisation commerciale de leurs produits ou services, même si celui-ci n’est pas exempt de la dé- marche publique.

Il n’existe ainsi aujourd’hui que deux éco-labels officiels sur le marché français, I’éco-label européen et I’éco-label français. Le premier est développé par la Commission européenne qui s’appuie pour ce faire sur le Comité de l’Union européenne pour le label écologique composé d’organismes certificateurs et de parties prenantes, aussi bien des représentants des entreprises que des organisations de protection de l’environnement. Le second a été confié à l’Association française de normalisation (AFNOR) et à sa filiale AFNOR Certification qui s’appuie également sur une instance consultative, le Comité français des éco-labels.

L’un et l’autre doivent présenter les six caractéristiques décrites dans la norme internationale Iso 14024 versions 2001 à savoir : La définition d’exigences précises, contenues dans les référentiels ou cahiers des charges aussi bien pour la limitation des impacts environnementaux des produits, que pour leur aptitude à l’usage, la prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des produits ; depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie des produits, en passant par les étapes de fabrication, de distribution et d’utilisation, la concertation, l’ensemble des parties prenantes devant être associé au processus d’élaboration des critères, le libre accès de tout demandeur potentiel désireux d’être associé au processus, la révision régulière des exigences afin de tenir compte du progrès scientifique et de l’évolution technologique.

 En vue d’une amélioration continue des performances environnementales des produits et enfin la certification par tierce partie, qui confie le soin d’attribuer les labels à des organismes indépendants et reconnus qui procèdent par audits et contrôles. Cette procédure minutieuse et contraignante est censée apporter la double garantie de la qualité d’usage des produits ou des services et de la réduction de leurs impacts environnementaux. 50 catégories de produits et de services sont ainsi concernées, dont sont exclues pour le moment la pharmacie, la construction automobile et le secteur agro-alimentaire.

Nos pêcheurs pourraient donc être les premiers à franchir le pas et leurs organisations professionnelles attendent du futur éco-label une reconnaissance de leurs produits et surtout de leur métier, souvent montré du doigt par une population oublieuse de leur contribution à la sécurité alimentaire et plus encline à voir en eux des prédateurs du milieu marin. Le chemin risque néanmoins d’être long avant de parvenir à l’adoption du nouvel éco-label. En attendant, il leur est proposé de s’inscrire dans une démarche volontaire initiée par l’interprofession et qui leur peut leur permettre, sans attendre, d’arborer le label « pêcheur responsable ». Mais les professionnels sont sceptiques car, outre le prix à débourser pour utiliser ce label à finalité davantage commerciale, ils s’interrogent sur l’impact réel de ce label auprès des consommateurs déjà sollicités par de nombreux signes distinctifs. Ils n’ont pas tort, mais il n’est pas sûr que l’éco-label, tout officiel qu’il sera, apportera plus de clarté sur l’étal du poissonnier.

50 ans d’indépendances Africaine.

Un sommet à Nice les 31 mai et 1er juin, un autre le 13 juillet juste avant la présence, le lendemain, de dix armées africaines sur les Champs-Elysées : la France entend célébrer dignement le cinquantième anniversaire des indépendances de 1960. Mais ni le cœur ni les finances ne semblent au rendez-vous, les opinions publiques dans l’ancienne métropole comme dans les ex-colonies ne se passionnant pas pour le passé alors que les préoccupations d’aujourd’hui s’appellent immigration, visas, développement, corruption et inefficacité. D’ailleurs, sur le net, on trouve essentiellement des récriminations sur « les humeurs des bailleurs de fonds », le fait que « les dirigeants n’ont aucune vision pour leur pays » et que les « aides extérieures des Occidentaux ne sont là que] pour perpétuer leur domination ». Et, comme la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne a moins de 15 ans, il n’est plus possible de parler de liens affectifs.

En réalité, les indépendances sont arrivées plus tôt que prévu, puisque la Constitution de la Ve République n’avait prévu qu’une « Communauté » devant rassembler autour de la France des États autonomes. Le général de Gaulle n’y aurait lui-même guère cru, car, dès août 1958, il s’exclamait : « La Communauté, c’est de la foutaise ! Ces gens-là vont à l’indépendance. À peine rentrés dans la Communauté, ils n’auront qu’une idée, c’est d’en sortir ». Voilà comment, du 1er janvier au 28 novembre 1960, 14 pays membres de la Communauté africaine et malgache instaurée moins de deux ans plus tôt accédèrent à l’indépendance. Le 1er janvier, ce fut le Cameroun, avec Ahmadou Ahidjo ; le 27 avril, le Togo, avec Sylvanus Olympio ; le 20 juin, la Fédération du Mali, mais elle éclate les 20-22 août entre le Sénégal de Léopold Senghor et la République du Mali-(ex-Soudan français) de Modibo Keita ; le 26 juin, Madagascar, avec Philibert Tsiranana ; le 1er août, le Dahomey (futur Bénin), avec Hubert Maga ; le 3 août, le Niger, avec Hamani Diori ; le 5 août, la Haute-Volta (futur Burkina Faso), avec MauriceYameogo ; le 7 août, la Côte-d’Ivoire, avec Félix Houphouët-Boigny ; le 11 août, le Tchad, avec François Tombalbaye ; le 13 août, la Centrafrique (ex-Oubangui-Chari), avec David Dacko ; le 15 août, le Congo-Brazza, avec Fulbert Youlou ; le 17 août, le Gabon, avec Léon M’Ba ; et le 28 novembre, la Mauritanie, avec Moktar Ould Daddah.

Les fleurons de l’Empire, que vantaient, vingt ans plus tôt, aussi bien le régime de Vichy que la France libre passaient à leur tour au stade d’États indépendants, comme l’avait fait brutalement la Guinée de Sékou Touré le 2 octobre 1958 en refusant le système de la Communauté.

Aujourd’hui certains s’interrogent sur le rôle de forces occultes dans la mise en place du système colonial et son remplacement par un éventuel post-colonialisme qui expliquerait les difficultés actuelles. Le géographe Yves Lacoste y apporte des réponses claires dans La question postcoloniale (Paris, Fayard, 2010, 440 pages), qui permettent notamment de ne pas se laisser piéger par la repentance en forme de dette qu’il faudrait consentir aux États d’aujourd’hui.

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