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Financement des partis : La vertu impossible ?

Vendredi 13 août 2010 // La France

L’affaire Bettencourt n’en finit pas d’apporter sa moisson quasi quotidienne de révélations plus ou moins sérieuses.., ou plus ou moins frelatées. Depuis le début de cet été, un climat délétère s’est installé, propice aux Robespierre de comptoir et autres prophètes du « tous pourris ». Au-delà des rebondissements judiciaires et des accusations plus ou moins fondées, les « affaires » de cet été posent le sempiternel problème du financement des partis, et plus généralement de la vie politique.

La vie politique coûte cher, très cher. Être élu, cela veut dire d’abord se faire connaître des électeurs, disposer de ressources humaines et matérielles. Les collaborateurs d’un candidat et les permanents d’un parti ne vivent pas de l’air du temps : il faut les payer décemment et à la mesure de leurs compétences (souvent élevées). De même, il faut payer le loyer d’un local bien situé, équiper ce local. Enfin, il y a tous les frais de déplacement, l’impression de documents (affiches, tracts...).

Pendant longtemps, l’illégalité et le bricolage ont été la règle. C’était le règne des valises d’argent liquide et des arrangements entre amis. Lorsque le candidat contrôlait une municipalité, il faisait engager par cette dernière ses collaborateurs.

Tout cela était illégal, mais connu et toléré car indispensable. Cette période a laissé une culture toujours vivace chez nos hommes et femmes politiques, à droite comme à gauche. Cette culture n’a toujours pas été déracinée, en dépit des six lois qui, de 1988 à 2003, ont essayé de réglementer le financement des partis, sans réussir vraiment à éradiquer les anciennes pratiques. Nous en avons aujourd’hui une nouvelle preuve avec la floraison de micro-partis qui permettent de contourner le plafond des 7.500 euros de dons par personne et par an. Le financement des partis politiques, en France du moins, paraît un problème insoluble.

Faut-il pour autant supprimer toute contrainte à l’image de ce qui se fait aux USA où les candidats peuvent bénéficier de dons pratiquement illimités ? Ce serait méconnaître la mentalité française, méfiante à l’égard de l’argent, mais aussi oublier que le bipartisme américain n’est pas le multipartisme français.

Résoudre la question du financement de la vie politique française est plus que jamais
une urgence. Il y va de l’avenir de notre démocratie.

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