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Social.

Feu l’unité syndicale !

Samedi 8 janvier 2011 // La France

L’unité syndicale retrouvée à l’occasion de la contestation du projet de réforme des retraites n’aura pas résisté à l’adoption de la loi.

A l’issue de la réunion de l’intersyndicale du 8 novembre, certains ont repris leurs billes. Les approches, les stratégies et les intérêts étaient trop divergents pour poursuivre le mouvement par d’autres modalités d’action et sur d’autres sujets de revendication. De juin à novembre 2010, pendant les six mois de lutte qui ont opposé le gouvernement et les syndicats sur la réforme des retraites, deux camps ont réussi à cohabiter tant bien que mal au sein de l’intersyndicale : celui des partisans des nouvelles règles de la représentativité syndicale (CFDT, CGT, Unsa, FSU, Solidaires) et celui de leurs opposants (CGT-FO, CFE-CGC et CFTC). À l’intérieur même de chaque camp, l’appréciation du projet de loi, les stratégies à adopter et les intérêts propres de chaque organisation divergeaient. Et pour ajouter à la complexité de la situation, il n’était pas rare de voir sur un sujet précis un syndicat partager l’approche d’un autre du camp adverse.

Ainsi, par exemple, la CFDT ne souhaitait pas que la contestation se transforme en mouvement social de grande ampleur, tout comme la CFTC et la CFE-CGC, pourtant dans l’autre camp ; Solidaires n’était pas opposé à une radicalisation, tout comme la CGT-FO qui a toujours plaidé pour la grève générale d’abord illimitée puis de 24 heures dans le privé et le public. Malgré tout, et en dépit des efforts de la CFDT qui était prête à toutes les concessions pour voir la CFTC rallier son camp, l’unité syndicale a éclaté. Le 8 novembre seules la CFDT, la CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires ont ainsi appelé à poursuivre le mouvement sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail ; les trois autres ont refusé de se fondre dans un mouvement qui, par son unité, aurait montré que la dispersion syndicale et le pluralisme n’ont aujourd’hui plus de raisons d’être.

Alors que l’appel à une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation le 23 novembre par des actions multiformes constituera probablement le baroud d’honneur d’un mouvement qui n’aura pas su faire plier le gouvernement, plusieurs questions s’imposent qui constituent autant de pistes de réflexion pour l’avenir : parmi les grandes confédérations, qui sort gagnant du bras de fer de ces derniers mois ? La CFDT et l’Unsa, les plus proches historiquement du Parti socialiste, semblent être les grands vainqueurs de cet épisode : à condition de ne pas rater leur sortie le 23 novembre et surtout que le PS parvienne uni à la présidentielle de 2012 avec un projet acceptable, pour l’une et l’autre, de réforme des retraites.

Pour la CGT, le bilan est moins évident à dresser : ce mouvement aura montré que Bernard Thibault, alors qu’il vient d’entamer son dernier mandat, n’a pas su faire la synthèse entre l’aile dure de son organisation, fidèle à sa stratégie d’opposition, et les modérés, favorables à un syndicalisme de construction sociale déjà incarné par d’autres. Enfin, la CGT-FO n’a pas réussi à sortir de la marginalité dans laquelle elle s’est engagée. Elle est pourtant celle qui a eu la position la plus claire vis-à-vis de la réforme en demandant le retrait du projet. Elle a également pris date pour l’après 2012 en déclarant son opposition à la retraite par points souhaitée par la CFDT et certains dirigeants du PS :

  • Quelles autres modalités d’action adopter pour voir ses revendications aboutir ? Une chose est sûre : les manifestations ne pourront plus longtemps continuer à se substituer à la grève générale qui reste le moyen d’action le plus efficace
  • L’intérêt propre à chaque organisation syndicale n’a-t-il pas fait passer au second plan l’intérêt général ? La loi réformant la représentativité syndicale, qui conditionne de fait l’avenir de chaque organisation, les contraint à être en campagne électorale permanente et à penser d’abord à elle-même aux dépens des intérêts des salariés
  • Dans ce contexte, comment les travailleurs peuvent-ils peser sur leur destinée indépendamment des structures syndicales traditionnelles ? Bien malin qui pourra répondre à cette question, mais il faudra quand même le faire tant les syndicats, mais aussi les partis politiques, sont incapables de relayer la contestation et surtout avant que d’autres, comme le Front national, ne s’en emparent.

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