Femmes et hommes du Haut Rouergue, de Laguiole, de l’Aubrac

Mardi 1er mars 2005, par Paul Vaurs // Mes poèmes

Ils étaient enfants de nos vallées, de nos montagnes.
Plus opiniâtres que téméraires, peut-être.
Ceux qui partirent pour Paris, souvent à pied et en sabots.
Leur baluchon ne contenait que quelques vilaines hardes.

Mais ils emmenaient avec eux leur coeur et leur courage.
Avec au fond de leur poche, une bien maigre bourse.
Mais avec aussi le compagnon de tous les jours.
Celui dont on ne se sépare pas, un célèbre couteau.

Ne ménageant pas leur peine, ils montèrent les étages.
Ils se firent Bougnat, ferrailleurs, loufiats, frotteurs de parquets.
La plupart d’entre eux ne savaient ni lire, ni écrire.
Pourtant peu à peu, ils conquirent Champs-Élysées et Bastille.

C’était au temps où Laguiole n’avait pas ses belles maisons.
Ces braves gens étaient nos grands-pères, nos ancêtres.
Ayons des fois, une pensée pour eux, ne les oublions pas !
Ils étaient gens de la terre, pourtant ils traversèrent l’océan.

Tout juste capables de mettre un doigt sur le globe terrestre,
Pour essayer de voir, de comprendre où ils partaient.
Ils quittèrent leur Rouergue pour un climat austral inconnu.
Pour suivre jusqu’en Argentine, Clément Cabanettes.

Espérant pour leurs enfants un monde meilleur, une terre nouvelle,
Mais n’est pas aventurier qui veut !
Certains réussirent, d’autres pas !
Mais jusqu’à leur heure dernière, ils gardèrent souvenir.

Au fond de leur coeur, d’une humble chaumière,
D’un clocher du côté d’Aubrac.
D’un château en ruine, qui avait pour nom « Le Bousquet ».
Ces gens-là étaient de notre race, ne les oublions pas !

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