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Faut-il tourner la page ?

Dimanche 26 juin 2011 // L’Afrique

Ce n’est plus un rêve ni des informations émanant de « Radio Trottoir » : Alassane Dramane Ouattara (ADO) est, désormais, le président de la République de Côte d’Ivoire, depuis samedi, 21 mai 2011. C’est un aboutissement d’un très long parcours parsemé de beaucoup d’embûches, la dernière (et non la moindre) étant le refus sans appel de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir, après avoir perdu l’élection.

Pendant 4 mois, de décembre 2010 à avril 2011, la guerre a fait rage dans le pays de feu Félix Houphouët-Boigny (FHB), et singulièrement, dans la capitale économique, Abidjan, où on a dénombré plusieurs milliers de morts. L’entrée en scène des milices, de part et d’autre, m’a fait penser à la guerre civile, entre Pascal Lissouba et Denis Sassou Nguesso, de juin à octobre 1997, au Congo-Brazzaville. Elevés dans une culture de paix, les Ivoiriens ont vite oublié les leçons de leur maître et père de l’indépendance, FHB, qui a dû se retourner, plusieurs fois, dans sa tombe.

AFRIQUEDUCATION l’avait écrit à plusieurs reprises : la faute des tueries post-électorales incombe principalement au mauvais perdant, Laurent Gbagbo, et à son camp d’opportunistes. Je ne vais pas tirer sur une ambulance, bien que le magazine ait soutenu Laurent Gbagbo et son désir de « changement » pendant sept ans. Je précise : sans (aucune) contrepartie. Le magazine a tiré suffisamment tôt la sonnette d’alarme pour indiquer que son soutien ne pouvait plus aller vers un chef d’Etat devenu aveugle et buté, qui était prêt à marcher sur des charniers pourvu qu’il conservât son pouvoir. Le fait que Gbagbo ait supplié les forces d’Alassane Ouattara de ne pas le tuer, me fait honte. Tous ces massacres, tous ces sacrifices, tous ces biens perdus, rien que pour ça ?

Alors qu’on croyait qu’il tenait tête aux forces « impérialistes » de la coalition, refusant d’abdiquer parce qu’il voulait mourir, avec sa femme Simone, en martyrs. C’eût été beau et préférable, voire, même souhaitable. Que non ! Laurent a supplié Alassane de ne pas être tué. Quelle bassesse de demander la vie sauve à cëlui qu’on voulait assassiner quelques jours, plus tôt, en lui balançant les obus et les orgues de Staline ? Est-ce par amour de la vie ou par volonté de mener d’autres combats ? Il faudra que Gbagbo qui, finalement, a eu la vie sauve, nous le dise un jour.

Les lecteurs d’AFRIQUEDUCATION savent que nous écrivons depuis deux ans, que Laurent Gbagbo et ses proches, à commencer par Simone, sa première épouse, étaient passibles de tribunal pénal international, s’il avait la malchance de ne plus être protégé par son immunité que lui conférait la fonction de chef d’Etat. Et que sachant le FPI (rigoureusement) minoritaire dans le pays (20% pour les estimations hautes ; 15% voire moins pour les estimations basses), il n’avait d’autre choix que de conserver le pouvoir, par tous les moyens. D’où son fameux slogan de campagne : « On gagne ou on gagne ». Il était dans le collimateur de la justice internationale. Car nos regrettés confrères Jean Hélène et Guy André Kieffer (pour ne citer que les plus connus) sans parler des escadrons de la mort qui semèrent la terreur dans Abidjan pendant de longues années sans que le pouvoir ne mette la main sur leurs commanditaires, méritent bien qu’une justice statue sur leurs sorts.

Quand Alassane Ouattara écrit à la Cour pénale internationale (CPI), il n’a guère le choix s’il est logique avec lui-même. Non seulement, il sait que le monde entier qui a tout vu en Côte d’Ivoire le regarde. Mais aussi, il sait d’où on l’a sorti : sans Sarkozy, il ne serait plus de ce monde. Gbagbo lui aurait réglé son compte comme il n’a pas eu froid aux yeux pour liquider l’ancien président, Robert Gueï, et son épouse Rose Doudou Gueï, et même ses anciens camarades de lutte comme l’ancien ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou dont personne ne parle plus au FPI. Même pas le plus pur et le plus présentable d’entre eux : Mamadou Koulibaly.

En même temps qu’il actionne la justice nationale et internationale, le nouveau chef de l’Etat a créé une Commission « Vérité et Réconciliation ». Difficile de savoir sur que pied il va exactement dai ser. Mais en même temps, la fragilité de la situation dont lui-même fait état et le feu vert obtenu de son grand-frère Henri Konan Bédié, pour reconduire Guillaume Soro comme premier ministre et ministre de la Défense, malgré quelques grincements de dents au sein de la vieille dame cinquantenaire, peuvent être interprétés comme si on n’était pas encore au bout du tunnel. Alors que faire ?

Tête haute poitrine bombée, Nicolas Sarkozy, dans un verbe triomphant, a annoncé, lui-même, à Port-Bouët, que l’armée française allait rester en Côte d’Ivoire, s’attirant les applaudissements de ses compatriotes venus l’écouter. Alassane Ouattara a, aussi, soutenu une telle option, en indiquant qu’il existe bien des bases américaines ailleurs dans le monde et que cela ne posait problème que lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Explication (un peu) courte Monsieur le (nouveau) Président. L’Afrique, contrairement, aux autres continents est le seul au monde qui reste (encore) la chasse gardée des puissances occidentales. Même si Gbagbo est parti grâce à l’efficace appui des soldats français aux forces dites républicaines, je ne suis pas sûr que ce ne soit pas une faute politique (la première) que le président Alassane Ouattara ait commise, en annonçant aussi vite, urbi et orbi, sans nuancer une telle présence, ni la circonscrire dans le temps, que l’armée française allait continuer de rester en Côte d’Ivoire.

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