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POLITIQUE

FRANÇOIS BAYROU. CENTRISME RADICAL.

Jeudi 2 octobre 2008 // La France

La radicalité de François Bayrou n’est pas dans ses idées mais dans sa stratégie à l’égard de la droite et des socialistes en vue de la prochaine élection présidentielle.

Bien entendu, l’ancien et futur candidat centriste présentera un aprojet alternatif » dont il a présenté les grandes lignes sous forme de mots-clés François Bayrou est « libéral, social, européen ». Tel était le slogan qui figurait sur les affiches de Valéry Giscard d’Estaing, il y a une quarantaine d’années. François Bayrou a ajouté qu’il était « humaniste » c’est rassurant mais cela ne dessine pas un programme de gouvernement. On notera simplement que le président du Modem a toujours soutenu Jean-Claude Trichet, honni par la gauche et par une droite de la droite pour sa politique monétaire, qu’il a approuvé l’envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan décidé par Nicolas Sarkozy et que son principal conseiller économique, Jean Peyrelevade, défend en économie des thèses néolibérales. Sur le fond, François Bayrou est donc fidèle à lui-même.

Mais il est vrai qu’il a déjà engagé contre Nicolas Sarkozy une bataille sans compromis. A l’occasion de l’université d’été du Modem, qui s’est déroulée du 5 au 7 septembre dans le Var et dans les jours qui ont suivi, Français Bayrou s’est porté sur tous les fronts. Il a dénoncé la création du fichier de police Edvige sur lequel Nicolas Sarkozy a ensuite reculé, critiqué le financement du Revenu de Solidarité Active, protesté contre le limogeage du contrôleur général de la police en Corse à la suite de l’occupation de la villa de Christian Clavier par des nationalistes insulaires, dénoncé les conditions étranges de l’arbitrage financier dont a bénéficié Bernard Tapie... Ses interventions furent si nettes que François Hollande et divers autres dirigeants socialistes furent toujours relégués au second plan, comme si d’ores et déjà François Bayrou était le chef de l’opposition.

Tel n’est pas le cas. Mais le succès de l’université d’été centriste, qui contraste avec le désordre socialiste, montre que la stratégie de François Bayrou garde des chances de réussir.

Jean-Pierre Raffarin ne s’y est pas trompé : Le vice-président de L’UMP déclarait le 10 août que « visiblement, l’objectif de François Bayrou, c’est l’explosion du Parti socialiste ». Comment ? En appelant les socialistes au rassemblement de toute l’opposition : « Le rassemblement suppose d’accepter la différence », a-t-il déclaré en précisant que « nous aurons bien besoin les uns des autres le jour où il s’agira de construire ensemble. Je sais bien qu’il n’est pas facile de passer des frontières, mais c’est en passant des frontières qu’on bâtit des pays pionniers.

Depuis que Ségolène Royal s’est déclarée favorable à une alliance au centre pendant la campagne présidentielle de 2007, Français Bayrou sait que la tentation existe à la droite du Parti socialiste. D’ailleurs, le socialiste Vincent Peillon, qui est proche de Ségolène Royal, a publiquement envisagé la perspective d’un « contrat de gouvernement » avec le Modem. Il va presque sans dire que toutes les fractions de la gauche du Parti socialiste veulent maintenir l’alliance avec le Parti communiste et les Verts — et tremblent à l’idée que l’extrême gauche menée par Olivier Besancenot n’en vienne à conquérir une fraction importante de l’électorat de gauche.

François Bayrou peut donc exploiter les contradictions socialistes mais l’éclatement n’est pas assuré : Il faut calculer avec les maires de grandes villes et présidents de régions qui s’intéressent de moins en moins aux joutes nationales et qui pèseront froidement les avantages et les inconvénients d’un renversement des alliances. Il ne faut donc pas vendre trop tôt la peau de l’ours socialiste, mais deux points paraissent acquis en celle rentrée : le problème des alliances ne se résoudra pas de manière idéologique et Français Bayrou peut profiter de l’inertie des socialistes et de leurs conflits internes pour devenir, durant un certain temps, le principal opposant à la politique du gouvernement...

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