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Événements marquants de l’histoire du football.

Vendredi 1er juillet 2005, par Rédacteur // Divers

« C’est beau un monde qui joue. » L’expression est de Michel Platini. Elle fut mise en exergue à l’occasion de la Coupe du monde 1998. Sport-roi, sport-spectacle, sport populaire, sport universel : ainsi peut se définir le football.

En 2002, la Fédération internationale de football association (F.I.F.A.) rassemble 204 fédérations nationales, qui représentent quelque 250 millions de joueurs. En audience cumulée, la Coupe du monde 1998 a réuni 37 milliards de téléspectateurs. La victoire des Bleus a déclenché des scènes de liesse dans la France entière, et l’image de la « génération Zidane », symbole de l’intégration, y a été largement véhiculée.

Oui, c’est beau un monde qui joue. Mais la formule ne saurait masquer les problèmes induits par le succès que connaît le football. Le chiffre d’affaires global des marchés du football dans le monde atteignait 1 300 milliards de francs (200 milliards d’euros) en 2000. Ce chiffre explique par lui-même certaines dérives, qui peuvent dénaturer ce sport, dès lors que la dimension économique prévaut. C’est ainsi que l’U.E.F.A. a modifié la formule de la plus prestigieuse de ses compétitions, la Coupe d’Europe des clubs champions, sous la pression des clubs les plus riches : regroupés au sein d’un G14, ils envisageaient de créer une « superligue » européenne concurrente, sur invitation, avec l’appui de la société italienne Mediapartners. En cédant les droits de retransmission télévisée des Coupes du monde 2002 et 2006 au groupe Leo Kirch pour 11,2 milliards de francs (1,7 milliard d’euros), la F.I.F.A. a réalisé une affaire juteuse, mais tous les matchs ne seront pas retransmis sur les chaînes hertziennes à accès gratuit, et de nombreux passionnés seront privés d’une partie de leur spectacle favori.

Les « lois » du football sont également attaquées par l’Union européenne, qui exige qu’elles soient mises en conformité avec le droit commun, notamment en matière de libre circulation des personnes.


Enfin, on ne saurait passer sous silence le phénomène du hooliganisme.
 

Lorsqu’ils se réunirent le 26 octobre 1863 à la Free Mason’s Tavern de Londres pour fonder la Football Association, les capitaines de neuf équipes londoniennes pouvaient-ils imaginer que le football, au début du III° millénaire, serait un phénomène de société, exacerbant les dérives de celle-ci ? Lorsqu’ils proposèrent, le 26 mai 1928 à Amsterdam, la création de la Coupe du monde, Henri Delaunay et Jules Rimet pouvaient-ils songer que cette épreuve deviendrait l’enjeu d’intérêts financiers aussi considérables ?

Au Moyen Âge, l’on pratiquait la soûle, jeu brutal opposant les jeunes de deux villages voisins, et qui consistait à aller déposer dans le camp de l’adversaire une sorte de ballon rempli de foin ou d’osier. Mais l’ancêtre lointain du football est le calcio, distraction en vogue en Italie à la Renaissance. En 1488, Lorenzo Bini publie les Memorie del calcio fiorentino, qui décrivent le jeu : affrontement de deux équipes de vingt-cinq à trente joueurs, répartis en défenseurs, donneurs de ballon, coureurs, le but étant d’envoyer un objet dans le « portique » du camp adverse.

C’est en Angleterre, au XVIII° et surtout au XIX° siècle, que le football se développe, dans les Public Schools, ces établissements d’élite destinés à former la jeunesse. En 1823, William Webb Ellis, élève de la Public School de Rugby, prend le ballon avec les mains et se dirige vers la ligne adverse : le « football rugby » était né. En 1848, des représentants de plusieurs écoles se réunissent au Trinity College de Cambridge. Ils définissent les Cambridge Rules, qui serviront de base à la pratique d’un football « sans les mains ».

Le 26 octobre 1863, à la Free Mason’s Tavern de Londres, les capitaines d’équipes londoniennes fondent la Football Association et élaborent The Laws of the Game. Le football association se détache du football rugby. La première rencontre « internationale » de football association oppose l’Angleterre à l’Écosse en novembre 1870. Ce sport connaît un développement rapide et devient officiellement professionnel en Grande-Bretagne en 1885.

Le football tarde à conquérir d’autres pays, et les îles britanniques demeurent son terrain de prédilection. En 1886, les quatre associations Britanniques (Angleterre, Écosse, pays de Galles, Irlande) créent l’International Board, chargé de fixer les règles du jeu et de décider de leur évolution. En 1888, la Football League voit le jour en Grande-Bretagne. C’est sous son égide qu’est organisé le premier Championnat de football professionnel. Ce n’est qu’à la toute fin du XIXe siècle que le football essaime hors des îles Britanniques, en Europe continentale et en Amérique du Sud.

Les 21, 22 et 23 mai 1904 à Paris, les dirigeants de cinq pays (Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, Suisse) créent la Fédération internationale de football association (F.I.F.A.). Malgré les efforts de Robert Guérin, l’Angleterre refuse dans un premier temps de participer à cette instance. Elle la rejoint néanmoins en 1906, et son représentant, Daniel Burley Woolfall, succède à Robert Guérin à la présidence de cette organisation, que les Anglais souhaitent désormais contrôler. Le 1er mars 1921, le Français Jules Rimet est élu à la présidence de la F.I.F.A. Le football est alors devenu un sport quasi universel. En 1924 à Paris et en 1928 à Amsterdam, les joueurs uruguayens ont émerveillé le public à l’occasion des jeux Olympiques. Le moment est venu d’envisager l’organisation d’une Coupe du monde.

La Coupe du monde

Si le football peut être considéré comme le sport-roi, il le doit à son caractère universel, mais aussi à la tenue, tous les quatre ans, de la Coupe du monde, spectacle sportif le plus suivi, devant les jeux Olympiques. Née dans une certaine confidentialité, la Coupe du monde de football mobilise et passionne désormais le monde entier . En 1998, la XVI. Coupe du monde, disputée en France, fut couverte par 9 000 journalistes et 100 chaînes de télévision, et suivie, en audience cumulée, par 37 milliards de téléspectateurs.

La naissance

Dès 1904, la Fédération internationale de football association (F.I.F.A.) avait envisagé la création d’un championnat international, mais ce n’est que lors du congrès de la F.I.F.A. du 26 mai 1928, à Amsterdam, que le Français Henri Delaunay, soutenu par son compatriote Jules Rimet, président de la F.I.F.A, émit l’idée de la création de la Coupe du monde. Le 19 mai 1929, lors du congrès de Barcelone, la naissance de la Coupe du monde était officialisée. L’Uruguay, demeuré seul candidat, se voyait confier l’organisation de la première édition en 1930. Treize nations seulement participent à la Ier Coupe du monde, les équipes européennes se montrant réticentes pour effectuer le long voyage en bateau jusqu’en Uruguay. Pour l’anecdote, le Français Lucien Laurent devient le premier buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Cette édition est dominée par les Sud-Américains, l’Uruguay, face à la Yougoslavie, et l’Argentine, contre les États-Unis, s’imposant sans discussion en demi-finale sur le même score, 6-1.

En finale, l’équipe de l’Uruguay - surnommée la Celeste en raison du bleu ciel du maillot des joueurs, championne olympique en 1924 et en 1928, domine l’Argentine, 4-2. Jose Nazzazi, son capitaine, reçoit des mains de Jules Rimet la Victoire ailée, statuette en or de 1 800 grammes réalisée par le sculpteur Abel Lafleur.

Jules Rimet , président de la F.I.F.A., présente la Victoire ailée, trophée destiné à récompenser le vainqueur de la Coupe du monde de football, à Raoul Jude, président de la Fédération uruguayenne, qui organise la première édition de l’épreuve. En dominant l’Argentine en finale (4-2). Si l’on s’est montré peu intéressé en Europe par la compétition, l’épreuve a déchaîné les passions en Amérique latine. Certains iront jusqu’à penser que la défaite de l’Argentine en finale a favorisé la prise du pouvoir dans ce pays par le général Uriburu.

En 1934 L’Italie organise la IIe Coupe du monde. Les Européens, à l’exception des Anglais, s’intéressent enfin à l’épreuve, alors que les Sud-Américains la boudent : l’Uruguay ne vient pas défendre son titre. La compétition se déroule dans le climat détestable de l’Italie fasciste - chauvinisme du public et manifestations exacerbées de nationalisme. Plusieurs matchs sont heurtés, notamment la double confrontation, en quart de finale, entre l’Italie et l’Espagne (1-1, puis 1-0). En finale, grâce à un but inscrit en prolongation par Angelo Schiavo, la Squadra Azzurra remporte la Coupe du monde aux dépens de la Tchécoslovaquie (2-1). Le duce est satisfait.

Le 10 juin 1934 à Rome, les joueurs italiens saluent le public avant de disputer la finale de la IIe Coupe du monde de football face aux Tchécoslovaques. Antonin Puc ouvrira le score pour la Tchécoslovaquie, mais Raimondo Orsi puis Angelo Schiavo... La IIIe Coupe du monde se déroule en France, juste hommage aux initiateurs de l’épreuve, Jules Rimet et Henri Delaunay. Les Anglais boudent toujours la compétition ; Argentine et Uruguay ne se déplacent pas. Le onze tricolore ne franchit pas les quarts de finale, battu par l’Italie (3-1). Le Brésil a enfin présenté une équipe de qualité. Vainqueurs des Tchécoslovaques en quart de finale à l’issue de deux rencontres heurtées, les Brésiliens alignent en demi-finale une équipe dans laquelle ne figure pas Leonidas, le « Diamant noir », réservé par l’entraîneur Pimenta pour la finale. Lourde erreur : l’Italie bat le Brésil, 2-1.

En finale, la Squadra Azzurra ne laisse aucune illusion à la Hongrie, dominée 4 buts à 2. Les Italiens, à l’issue d’un tournoi bien maîtrisé, conservent le trophée. On ignore encore que douze années passeront avant qu’ils ne le remettent en jeu. Le Brésil accueille la IVe Coupe du monde. Cette fois, les Anglais, inventeurs du football, mais qui ont toujours dédaigné la Coupe du monde, participent... et sont éliminés par les États-Unis (1-0) !

Le tournoi final réunit Brésil, Uruguay, Espagne et Suède. Vainqueurs des Suédois 7-1 et des Espagnols 6-1. Les Brésiliens peuvent se contenter d’un match nul face à l’Uruguay pour remporter l’épreuve. La Seleção ouvre le score par Friaça ; un but de Juan Schiaffino, et la Celeste égalise. À la quatre-vingt-unième minute, Alcides Ghiggia trompe Barbosa. L’Uruguay remporte la Coupe du monde, plongeant les 200 000 spectateurs du Maracana dans la tristesse. Quant au gardien de but brésilien, l’infortuné Barbosa, alors idole de son pays, il se voit traité comme un paria et mourra dans la misère en 2000.

Le 16 juillet 1950, au Maracana de Rio de Janeiro, le Brésil pouvait se contenter d’un match nul face à l’Uruguay pour remporter la Coupe du monde de football. Friaca ouvre le score pour le Brésil, mais Schiaffino égalise pour l’Uruguay. Quand...

La Ve Coupe du monde a lieu en Suisse. La Hongrie règne alors sur le football. Au stade de Wembley, elle a notamment infligé un cinglant 6-3 le 25 novembre 1953 à l’Angleterre. De fait, son parcours est linéaire : 9-0 contre la Corée, 8-3 face à l’Allemagne, 4-2 contre le Brésil en quart de finale, 4-2 encore face à l’Uruguay en demi-finale. En finale, les Magyars retrouvent les Allemands. Ils mènent rapidement 2-0, et leur succès semble se dessiner. Mais les Allemands vont égaliser, avant de prendre l’avantage grâce à un but d’Helmut Rahn à la quatre-vingt-quatrième minute. L’égalisation de Ferenc Puskas ne sera pas validée par l’arbitre en raison d’un hors-jeu. Jules Rimet remet la coupe Jules-Rimet au capitaine allemand, Fritz Walter. Invaincus depuis plusieurs années, jamais les Hongrois ne trouveront l’occasion de prendre leur revanche : en 1956, les chars soviétiques envahissent la Hongrie. Les artistes du ballon fuient leur pays et vont chercher fortune en Europe de l’Ouest.

Le footballeur allemand Fritz Walter et la Coupe Jules-Rimet, trophée récompensant le vainqueur de la Coupe du monde de football. En 1954, les Allemands ont battu, en finale, les Hongrois sur le score de 3 buts à 2.

1958. Pelé : une étoile est née

La Suède s’est vu confier l’organisation de la VIe Coupe du monde. Partis sans grandes ambitions, les Tricolores vont obtenir la troisième place ; Just Fontaine, en inscrivant treize buts, sera le meilleur réalisateur du tournoi. L’« épopée de Suède » va marquer durablement le football français, d’autant que l’épreuve a été suivie avec passion par les téléspectateurs.

Connu dans le monde entier, tenu par beaucoup comme le plus grand sportif du XXe siècle, le Brésilien Pelé, technicien hors pair, reste dans les mémoires le plus grand footballeur de l’histoire. Néanmoins, les Tricolores ont dû céder en demi-finale face au Brésil (5-2). En dominant la Suède en finale (5-2), le Brésil remporte enfin la Coupe du monde. Surtout, le monde entier a découvert un gamin de dix-huit ans, Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, qui émerveille les observateurs par ses prouesses techniques. Une étoile est née.

Le Chili organise la VIIe Coupe du monde. Si Pelé est éliminé sur blessure dès le deuxième match, le Brésil conserve son titre, grâce au talent de Garrincha, Vava et Amarildo. Pourtant, la compétition ne provoque guère l’enthousiasme, si ce n’est à l’occasion de la demi-finale Chili-Brésil (2-4), lorsque tout un peuple se prend à rêver d’une victoire sur l’« Ogre » brésilien.

Pour sa VIII° édition, la Coupe du monde est enfin organisée par l’Angleterre. Retour aux sources. Nul autre résultat qu’une victoire anglaise ne pouvait donc s’envisager. Pelé est agressé par le défenseur portugais Morais, et le Brésil disparaît dès le premier tour. Quatre buts d’Eusebio permettent au Portugal, mené 3-0 au bout d’une demi-heure par la surprenante Corée du Nord, de retourner la situation en quart de finale (5-3). Des demi-finales émergent l’Angleterre (2-1 contre le Portugal) et l’Allemagne (2-1 face à l’U.R.S.S.). En finale, le score est de deux buts partout à l’issue du temps réglementaire. On joue une prolongation. À la centième minute, l’arbitre suisse, M. Dienst, valide un but de Geoff Hurst. Malgré toutes les analyses des images conduites depuis lors, nul n’est à même de dire si le ballon avait entièrement franchi la ligne. Un dernier but de Hurst (son troisième lors de cette finale) clôt le score. L’Angleterre, qui a connu le privilège de disputer tous ses matchs à Wembley et a parfois bénéficié de la mansuétude du corps arbitral, remporte la Coupe du monde.

Le footballeur portugais Ferreira da Silva, dit Eusebio, participe avec le Benfica Lisbonne à la finale de la Coupe d’Europe des clubs, face à l’équipe de Milan, au stade de Wembley (Grande-Bretagne), en 1963. Le 30 juillet 1966, à Wembley, Bobby Charlton, légende du football anglais, brandit la coupe du monde, après la victoire de son équipe sur l’Allemagne en finale.

1970. Le Brésil au sommet de l’art

La IX° Coupe du monde se déroule au Mexique. Pelé au sommet de son art, épaulé par une pléiade d’artistes - Gerson, Jaïrzinho, Rivelino, Carlos Alberto... -, le Brésil était invincible. 4-1 face à la Tchécoslovaquie (avec de la part de Pelé une tentative de lob du gardien depuis plus de 50 mètres), 1-0 contre l’Angleterre, 3-2 face à la Roumanie, 4-2 contre le Pérou en quart de finale : le Brésil atteint les demi-finales après un parcours sans faute.

Le 7 juin 1970 à Guadalajara (Mexique), les footballeurs brésiliens Pelé et anglais Bobby Moore échangent leurs maillots à l’issue d’une rencontre de poule qui a vu la victoire des Brésiliens sur les Anglais, 1-0 (but de Jaïrzinho). Une sorte de passation de pouvoir, car l’Angleterre, tenante du titre, sera stoppée en quart de finale par l’Allemagne (3-2), alors que le Brésil va remporter une troisième fois la Coupe du monde à l’issue d’un fabuleux parcours.

Son adversaire, l’Uruguay, ne s’est qualifié face à l’U.R.S.S. que grâce à un but qui n’aurait pas dû être validé. Les protagonistes de la seconde demi-finale sont l’Italie, qui n’a rien montré d’intéressant, et l’Allemagne, qui, au tour précédent, est parvenue à retourner une situation compromise face à l’Angleterre (en passant de 0-2 à 3-2). Toujours souverain, le Brésil écarte l’Uruguay (3-1). À quelques instants près, l’Italie aurait pu le rejoindre en finale ; mais l’égalisation de Karl Heinz Schnellinger à l’ultime minute va déboucher sur une prolongation d’anthologie. Tour à tour, Allemands et Italiens prennent l’avantage. La Squadra Azzurra s’impose finalement 4-3. Notons que le monde entier aurait été privé de ce spectacle - élu match du siècle - si le très controversé but en or avait existé...

La finale sera à l’image du reste du tournoi : somptueuse. Un but de la tête exceptionnel de Pelé pour ouvrir le score ; une passe lumineuse de Pelé à son capitaine, Carlos Alberto, pour le clore : 4-1. Le Brésil remporte pour la troisième fois la Coupe du monde. Comme le veut le règlement, la coupe Jules-Rimet devient définitivement sa propriété. Un nouveau trophée une statuette en or massif de 36 centimètres de hauteur et d’une largeur de 13 centimètres à la base, œuvre du sculpteur italien Silvio Gazzaniga - récompensera désormais le vainqueur.

1974. Les lauriers à Cruijff, la couronne à Beckenbauer La X° Coupe du monde se tient en R.F.A. Championne d’Europe deux ans auparavant, jouant à domicile, la R.F.A. aurait fait un indiscutable favori - d’autant que Pelé a décliné la sélection -, si les Pays-Bas n’étaient pas monté en puissance. Ou plutôt l’Ajax Amsterdam, triple vainqueur de la Coupe d’Europe en prônant un football total, qui forme l’ossature du onze néerlandais, avec à la manœuvre un attaquant de génie, Johan Cruijff. Ironie du tirage au sort, l’histoire rejoint le sport : R.F.A. et R.D.A. se trouvent placées dans le même groupe. La victoire de la seconde sur la première (1-0) sera largement fêtée à l’Est ; mais la défaite de la R.F.A. lui permet d’éviter de retrouver les Pays-Bas avant une éventuelle finale.

Johan Cruijff

Finale de la Coupe du monde de football 1974 : le Néerlandais Johan Cruijff obtient un penalty à la première minute. À gauche, l’arrière allemand Berti Vogts. Le capitaine de l’équipe allemande, Franz Beckenbauer, brandit le trophée de la victoire obtenue face aux Pays-Bas en finale de la Coupe du monde de football, à Munich, en 1974. À ses côtés, Sepp Maier et Paul Breitner. Que ce soit contre l’Uruguay (2-0), la Bulgarie (3-0), puis l’Argentine (4-0), la R.D.A. (2-0), le Brésil enfin (2-0), les Pays-Bas ont illuminé l’épreuve. Aussi se présentent-ils en favoris pour la finale face à la R.F.A. Dès la première minute, les Néerlandais ouvrent la marque sur un penalty de Johann Neeskens, ce qui, curieusement, va les paralyser. Paul Breitner d’abord, l’inévitable Gerd Muller ensuite inscrivent les deux buts de la victoire allemande. Franz Beckenbauer reçoit le trophée, que Johan Cruijff n’aura plus l’occasion de conquérir, puisqu’il refusera de se rendre en 1978 en Argentine.

Les footballeurs allemands Gerd Muller (à gauche) et Paul Breitner (à droite) à l’issue de la finale de la Coupe du monde, le 7 juillet 1974 à Munich. Breitner (à la vingt-cinquième minute, sur penalty) et Muller (à la quarante-troisième minute) ont inscrit les deux buts de la victoire.

L’organisation de la XI° Coupe du monde a été confiée à l’Argentine. Fallait-il se rendre dans un pays soumis depuis deux ans à la dictature militaire du général Videla et à un véritable terrorisme d’État ? Fallait-il avaliser la grande complaisance de la F.I.F.A. à l’égard des organisateurs ? Malgré les appels au boycottage lancés par les organisations de défense des droits de l’homme, aucun des qualifiés ne se retire. Mais Johan Cruijff décline la sélection pour « raisons personnelles ». Et l’Argentine pouvait-elle perdre ? Pour se qualifier en finale, les Argentins devaient battre les Péruviens 3-0. Le score est de 6-0, le gardien de but péruvien Quiroga se montrant fort maladroit. En finale, l’Argentine affronte les Pays-Bas. Pour la seconde fois consécutivement, les Néerlandais sont confrontés au pays organisateur. Le résultat est similaire : c’est la défaite (3-1). L’Argentine, grâce au talent de son buteur Mario Kempes, méritait peut-être la victoire. Reste que l’image d’un peuple argentin en liesse aura grandement servi les intérêts du général Videla.

Le 25 juin 1978 à Buenos Aires, Mario Kempes (à droite sur la photo) inscrit deux des trois buts de la victoire de l’Argentine face aux Pays-Bas en finale de la onzième Coupe du monde de football (3-1).

La XII° Coupe du monde a lieu en Espagne. Le nombre des participants a été porté à vingt-quatre au lieu de seize. Le temps fort de cette édition fut indiscutablement la « nuit de Séville », c’est-à-dire la demi-finale France-Allemagne : agression non sanctionnée du gardien de but Harald Schumacher sur Patrick Battiston ; prolongation, but de Marius Trésor, imité par Alain Giresse, 3-1, la France est en finale ; retour des Allemands, 3-3, tirs au but ; et c’est la qualification des Allemands après les échecs de Didier Six et Maxime Bossi.

Quant au parcours du vainqueur, il est des plus curieux. Qualifiée sans gloire à l’issue du premier tour (elle n’a remporté aucune victoire), l’Italie est confrontée à l’Argentine et au Brésil. Malgré une suspension de deux ans pour son implication dans une affaire de paris clandestins (totonero), Paolo Rossi a conservé la confiance d’Enzo Bearzot, le sélectionneur. Sans réussite jusque-là. Trois buts marqués face au Brésil, deux contre la Pologne, un en finale contre l’Allemagne : en 270 minutes, Paolo Rossi a offert le titre à la Squadra Azzurra et s’est forgé un palmarès.

En inscrivant, pour l’Italie, les trois buts de la victoire face au Brésil (3-2) lors du dernier match qualificatif pour les demi-finales, les deux buts du succès en demi-finale contre la Pologne (2-0) et le premier but de la finale face à la R.F.A. (3-1), Paolo Rossi en fut le principal artisan. La XIII° Coupe du monde aurait dû se tenir en Colombie ; en raison des problèmes économiques que connaît ce pays, elle se déroule au Mexique. Cette édition sera marquée par la personnalité de Diego Maradona, footballeur de génie mais homme au caractère fragile.

Le premier temps fort de la compétition est le quart de finale France-Brésil. Les Tricolores, champions d’Europe, ont éliminé au tour précédent les Italiens, champions du monde (2-0). Careca ouvre le score ; Michel Platini égalise peu avant la mi-temps. Joël Bats stoppe un penalty de Zico. Prolongation. Le score n’évolue plus. Tirs au but : Luis Fernandez propulse les Bleus en demi-finale. Malheureusement, ceux-ci ne pourront franchir un obstacle qui s’annonçait pourtant moins rude, l’Allemagne, qui s’impose 2-0. La polémique va venir d’un autre quart de finale : Argentine-Angleterre. Diego Maradona ouvre le score de la main ! Le monde entier l’a vu, sauf l’arbitre, Ali ben Naceur. Pour se justifier, Maradona invoquera, lui, la « main de Dieu ». Une fausse note importante, que l’Argentin compensera en inscrivant un second but somptueux face à ces mêmes Anglais, et deux contre les Belges en demi-finale.

Michel Platini

En juin 1986, en quart de finale de la Coupe du monde, le footballeur français Michel Platini vient d’égaliser face au Brésil. À l’issue d’une partie exceptionnelle, la France va éliminer le Brésil aux tirs au but. Michel Platini demeure célèbre pour la qualité de ses coups francs et son...panache. L’Argentin Diego Maradona, de son pied gauche magique, porta son pays à la victoire lors de la Coupe du monde de football 1986. En finale, jamais l’Argentine ne laisse penser que la victoire pourrait lui échapper, malgré un retour des Allemands de 0-2 à 2-2 ; sur une passe de Maradona, Jorge Burruchaga inscrit le but de la victoire (3-2). Maradona peut brandir la Coupe du monde, mais la « main de Dieu » semble lui promettre une suite de carrière plus difficile...

1990. Heureusement, les « Lions indomptables »...

La XIV° Coupe du monde se tient en Italie, le pays du calcio, du football-roi. Une édition bien terne, seulement embellie par les exploits du Cameroun, les « Lions indomptables » - et notamment du quasi-quadragénaire Roger Milla -, première équipe africaine à atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde. Les deux demi-finales se terminent sur le score de 1-1. Au jeu cruel des tirs au but, l’Allemagne élimine l’Angleterre, et l’Argentine, à Naples, ville dont Diego Maradona est désormais la star du club, coupe la route de la finale à la Squadra Azzurra, provoquant la déception des tifosi. La finale sera à l’unisson du reste de la compétition : de peu d’intérêt. Un penalty inscrit par Andreas Brehme à la quatre-vingt-cinquième minute permet à l’Allemagne de rejoindre le Brésil et l’Italie dans le cercle des triples champions du monde.

Pour tenter d’intéresser les Américains au football, que ceux-ci nomment soccer pour le différencier du tout-puissant football américain, la F.I.F.A. a confié l’organisation de la XV° Coupe du monde aux États-Unis. L’équipe de France n’est pas qualifiée. Pourtant, un résultat positif en deux matchs à disputer au Parc des Princes lui aurait suffi : le 13 octobre 1993, elle s’incline face à la modeste formation israélienne (3-2) ; le 17 novembre, un but du Bulgare Emil Kostadinov à l’ultime seconde lui coupe le chemin des États-Unis. Une faute professionnelle grave.

Même si ce sport ne lui est pas entièrement familier, le public américain va suivre avec un certain engouement une compétition plaisante : 3 567 415 personnes ont assisté aux 52 rencontres (une moyenne record de 68 604 spectateurs par match). Contrairement à ce qui s’est passé en 1990, le jeu sera souvent de qualité (141 buts). Malheureusement, la finale ne tient pas ses promesses. Brésil et Italie se montrent incapables d’inscrire le moindre but en 120 minutes. Ce n’est qu’à l’issue de la séance des tirs au but que le Brésil remporte une quatrième Coupe du monde. Malgré le succès rencontré, le soccer continuera, pour les Américains, à occuper une maigre place à côté de « leur » football.

Le Brésilien Romario (au centre) tente de transpercer la défense italienne lors de la finale de la Coupe du monde de football, le 17 juillet 1994 au Rose Bowl de Pasadena (Californie). Malgré tous ses efforts, le match se terminera sur le score de 0-0 et, pour la première fois, le plus prestigieux...

1998. Génération Zidane.

La France organise la XVI° Coupe du monde. Le nombre des équipes est passé de vingt-quatre à trente-deux. Le onze tricolore aborde la compétition dans le doute ; le sélectionneur, Aimé Jacquet, est ouvertement critiqué par les médias pour ses options tactiques défensives. Mais, à mesure que les Tricolores vont avancer dans la compétition, la France entière va se passionner pour la Coupe du monde.

Football : Coupe du monde 1998, résultats.

Football : résultats de la seizième Coupe du monde (France, 1998).

Après un premier tour franchi sans encombre, les Bleus ne s’imposent en huitième de finale, face au Paraguay, que grâce à un but en or inscrit lors de la prolongation par Laurent Blanc (1-0). En quart de finale, l’Italie n’est éliminée qu’aux tirs au but après un 0-0. Un but du Croate Davor Suker en demi-finale, et le Stade de France retient son souffle ; deux buts de Lilian Thuram plus tard, et la France est en finale.

12 juillet : France-Brésil, la finale idéale. Soutenus par tout un peuple, les Bleus vont largement dominer les Brésiliens, grâce à deux buts de la tête de Zinédine Zidane en première période et un but d’Emmanuel Petit pour clore la marque. Le soir même, des centaines de milliers de personnes se rassemblent sur les Champs-Élysées pour fêter leurs héros. Ces descendants de Kabyles, d’Antillais, d’Africains, d’Arméniens, mais aussi de Basques et de Normands, offrent enfin à la France le trophée le plus convoité du sport mondial : la Coupe du monde de football. Un symbole fort d’intégration. La « génération Zidane » est née.

Zinédine Zidane et les Bleus champions du monde

Le footballeur français Zinédine Zidane, maître à jouer des Bleus, brandit le trophée de la victoire obtenue face au Brésil en finale de la Coupe du monde, le 12 juillet 1998. Au premier rang, Aimé Jacquet, l’entraîneur artisan du triomphe.

Didier Deschamps.

Le 12 juillet 1998, le footballeur Didier Deschamps, capitaine de l’équipe de France, effectue un tour d’honneur au Stade de France à Saint-Denis, tenant bien serrée la Coupe du monde, après la victoire en finale des Tricolores sur les Brésiliens 3-0. À sa droite, Zinédine Zidane, l’auteur des deux premiers buts.

Du 31 mai au 30 juin 2002, la Coupe du monde se tient pour la première fois en Asie et - autre nouveauté - est organisée par deux pays, le Japon et la Corée du Sud. Si la finale, le 30 juin à Yokohama, oppose les deux « géants » de l’histoire du football (le Brésil, 4 titres mondiaux, 6 finales) et l’Allemagne (3 titres, 6 finales), qui ne s’étaient jamais affrontés lors d’une Coupe du monde, on peut néanmoins parler de surprise. En effet, aucune de ces deux formations n’avait les faveurs des pronostics : le Brésil avait dû attendre le dernier de ses dix-huit matchs pour se qualifier difficilement dans la zone sud-américaine ; l’Allemagne n’avait gagné sa place qu’après un barrage face à l’Ukraine.

Football : Coupe du monde 2002, résultats

Football : résultats de la dix-septième Coupe du monde (Japon et Corée du Sud, 2002).

D’ailleurs, cette édition fut l’une des plus surprenantes. L’équipe de France, tenante du titre et grande favorite, se voyait éliminée dès le premier tour. Les raisons de cet échec sont multiples, mais l’absence de Robert Pires et la blessure de Zinédine Zidane, privé des deux premières rencontres, n’expliquent pas à elles seules, ce fiasco. L’autre grand favori, l’Argentine, disparaissait également dès le premier tour, tout comme le Portugal.

 Au fil des rencontres, des équipes que l’on n’attendait pas vont affirmer une valeur insoupçonnée, indiquant une réelle « mondialisation » du football. Ainsi, en quarts de finale, cinq confédérations étaient représentées : Europe (Allemagne, Angleterre, Espagne, Turquie) ; Amérique du Sud (Brésil) ; Afrique (Sénégal) ; Concacaf (États-Unis) ; Asie (Corée du Sud). Les victoires successives de la Corée du Sud (contre la Pologne, le Portugal, l’Italie, l’Espagne) - malheureusement parfois entachées d’erreurs d’arbitrage - vont lui permettre d’atteindre les demi-finales et déclencher un formidable enthousiasme au pays du Matin calme.

En finale, le Brésil domine l’Allemagne (2-0), grâce à deux buts de Ronaldo, retrouvé et meilleur réalisateur de l’épreuve (8 buts). On peut regretter que le premier ait été inscrit à la suite d’une erreur du gardien de but allemand, Oliver Kahn, qui, grâce à son talent, avait permis à son équipe de se hisser jusque-là.

Ronaldo et Oliver Kahn

Le 30 juin 2002 à Yokohama (Japon), Ronaldo, qui a inscrit les deux buts de la victoire du Brésil en finale de la dix-septième Coupe du monde de football, semble vouloir consoler Oliver Kahn, le gardien allemand. Ce denier avait jusque-là réalisé un tournoi parfait. Mais, à la soixante-septième...

Les Coupes d’Europe

Au cours des années 1950, les rencontres internationales entre clubs se multiplient, sans aucun caractère officiel. C’est le Français Gabriel Hanot, soutenu par le quotidien L’Équipe, qui propose la création d’une Coupe d’Europe des clubs. Les 2 et 3 avril 1955, à Paris, les grands dirigeants de clubs en officialisent l’idée. La Coupe d’Europe est née. Elle se dispute tous les ans. Boudée notamment par les Anglais, la première édition ne rassemble que seize clubs. La Coupe d’Europe va pourtant s’affirmer au fil des années comme une compétition majeure du football. La première édition (1956) voit le Real Madrid s’imposer face au Stade de Reims en finale. Le président du Real, Santiago Bernabeu, a compris tout le prestige qu’il pouvait tirer d’une victoire en Coupe d’Europe. Il va s’attacher les services des plus grands joueurs du moment (Di Stefano, Puskas, Kopa...) et le Real va régner sur l’Europe jusqu’en 1960 (cinq victoires consécutives).

Argentin puis espagnol, le footballeur Alfredo Di Stefano fut avant tout madrilène, puisque c’est avec le Real qu’il se forgea son palmarès. En 1961, dans les rues de Madrid, le footballeur Ferenc Puskas distrait les enfants en jonglant avec le ballon. Contraint à l’exil en 1956, quand l’Armée rouge a envahi la Hongrie, le « Major galopant » deviendra l’une des stars du Real Madrid, qui domine le football européen à la fin des années 1950...

En 1961 et 1962, le Benfica Lisbonne, avec sa vedette, Eusebio, prend le relais. Les Italiens arrivent sur le devant de la scène : le Milan A.C. en 1963, l’Inter Milan, avec son « verrou » imposé par l’entraîneur Helenio Herrera, en 1964 et 1965. Après un sixième succès du Real Madrid en 1966, la Coupe d’Europe échoit pour la première fois, en 1967, à une formation non latine : le club écossais du Celtic Glasgow. Cette année 1967 est aussi celle de la première modification du règlement : en cas d’égalité sur l’ensemble des deux matchs, est qualifié le club qui a inscrit le plus grand nombre de buts à l’extérieur, mesure destinée à favoriser le jeu offensif.

Manchester United avait été le premier club anglais à accepter, en 1957, de participer à la Coupe d’Europe. Il devient aussi le premier à la remporter, en 1968. Après un succès du Milan A.C. en 1969, une victoire du Feyenoord Rotterdam en 1970, vient l’époque de l’Ajax Amsterdam et de son football total : chaque attaquant peut se muer en défenseur, et vice versa, le génial Johan Cruijff se chargeant d’orchestrer le tout : trois succès (1971, 1972, 1973). Le Bayern Munich entre en jeu : trois victoires consécutives (1974, 1975, 1976), grâce au talent du gardien Sepp Maier, du libero Franz Beckenbauer ou du buteur Gerd Muller. En 1976, la France entière se passionne pour l’épopée des « Verts » de Saint-Étienne ; battus en finale par le Bayern, ils n’en descendront pas moins les Champs-Élysées acclamés par la foule.

Les Anglais vont alors exercer leur hégémonie sur l’Europe : Liverpool (1977, 1978, 1981, 1984), Nottingham Forest (1979, 1980), Aston Villa (1982) s’imposent. Seule l’équipe de Hambourg (1983) apporte un succès non anglais dans cette période. Les clubs latins sont dépassés.

Le 29 mai 1985, au stade du Heysel à Bruxelles, la Coupe d’Europe aurait pu - aurait dû ? - mourir. Les tifosi de la Juventus Turin sont attaqués par des hooligans anglais, pseudo supporters de Liverpool, les forces de police sont dépassées : trente-neuf morts et six cents blessés. Les images retransmises en direct par la télévision ont choqué l’Europe entière, qui semble découvrir le hooliganisme. Les clubs anglais sont exclus sine die des Coupes d’Europe. Rien ne sera plus comme « avant » dans le monde du football.

De la Coupe d’Europe à la Ligue des champions.

La Coupe d’Europe des clubs champions connaît une mutation importante en 1992 : elle est rebaptisée Ligue des champions. La formule d’élimination directe est supprimée jusqu’aux quarts de finale, laissant la place à un mini-championnat, qui donne l’assurance aux clubs de disputer un nombre plus important de matchs, donc de s’assurer des recettes. L’Olympique de Marseille dirigé par Bernard Tapie donne en 1993 à la France sa première victoire en Coupe d’Europe. L’O.M. ne tardera pas à entrer dans la tourmente après l’affaire de corruption liée au match qui l’a opposé à Valenciennes.

En 1997, la formule est de nouveau modifiée : sous la pression des grands clubs, pour lesquels une participation à la Ligue des champions est impérative pour leur permettre de « boucler » leur budget, le deuxième des principaux championnats est inscrit en Ligue des « champions ». En 1999, on ira jusqu’au... quatrième. Ce qui n’empêchera pas le Milan A.C. d’être éliminé au premier tour en 1999 et l’Inter Milan de ne pas aller, en 2000, au-delà du tour préliminaire. Mais l’idée simple et claire de Gabriel Hanot - une compétition par élimination directe - n’a pas résisté aux intérêts financiers des principaux clubs européens. Malgré la baisse continue du nombre de téléspectateurs regardant les matchs, l’U.E.F.A. a refusé, en 2002, de modifier en profondeur cette formule, se contentant de remplacer la seconde phase de poules par des huitièmes de finale à partir de 2003-2004.

Avec le succès grandissant de la Coupe d’Europe des clubs champions, l’U.E.F.A. décide de la création d’une autre compétition entre clubs : la Coupe des vainqueurs de coupe. La formule de la Coupe des champions présentait un inconvénient : elle ne réunissait que les... champions, soit un seul club par pays. À partir de 1961, les vainqueurs des coupes nationales ont donc l’occasion de se mesurer dans une C2. Mais celle-ci ne connaîtra jamais la popularité de sa sœur aînée. La victoire du Paris-Saint-Germain en 1996 connaît un retentissement moindre que le succès de l’O.M. en C1 en 1993. Si bien que, lors de la réforme générale des Coupes d’Europe en 1999, la Coupe des vainqueurs de coupe est tout simplement supprimée.

Les vainqueurs des coupes nationales disputent désormais la Coupe de l’U.E.F.A.

Depuis 1956 existait une épreuve sur invitation, la Coupe des villes de foire. En 1972, cette compétition devient officielle. Elle est baptisée Coupe de l’U.E.F.A. Seront invités à y participer, au fil des ans, les deuxième, troisième, quatrième, cinquième, etc., des championnats nationaux, le nombre de clubs inscrits par pays se calculant à partir d’un indice qui prend en compte les résultats obtenus dans les Coupes d’Europe au cours des cinq années précédentes. C’est le règne des machines à calculer. Pour l’indice ? Plutôt pour les trésoriers des clubs. Car, sauf catastrophe, une formation de standing est quasi assurée de participer chaque année au moins à la C3. Si elle est moins abondante qu’en C1, la manne assure le « minimum vital » en matière de recettes.

La plus ancienne compétition continentale entre nations est la Copa America, qui met aux prises depuis 1916 les formations sud-américaines. Cette épreuve, qui s’est déroulée de manière intermittente, se tient désormais tous les deux ans.

 

La Coupe d’Afrique des nations, dont la première édition eut lieu en 1957, déchaîne aujourd’hui les passions sur le Continent noir. Ainsi, en 2000, on a un moment craint l’émeute au Nigeria, pays hôte, à l’issue de la défaite en finale des Nigérians face aux Camerounais en raison d’une erreur d’arbitrage. Et les joueurs ivoiriens furent un moment emprisonnés par la dictature de leur pays à cause de leurs médiocres performances. En 2002, la Confédération africaine de football a décidé, en raison d’un calendrier surchargé (les meilleurs joueurs africains évoluent dans les clubs européens), que la Coupe d’Afrique des nations deviendrait, à partir de 2006, qualificative pour la Coupe du monde.

Le Championnat d’Europe des nations.

Le Championnat d’Europe des nations est issu d’un projet déposé en 1927 par Henri Delaunay, alors secrétaire général de la Fédération française de football. Mais ce n’est qu’en juin 1958 que l’U.E.F.A. décida de l’organisation d’une Coupe d’Europe des nations. Pour la première édition, en 1960, dix-sept pays seulement participèrent. La phase finale (4 équipes) se déroula en France et vit la victoire de l’U.R.S.S. de Lev Yachine. Cette formule de phases qualificatives débouchant sur un tournoi final réunissant quatre équipes et se tenant dans l’un des pays qualifiés perdurera jusqu’en 1976. En 1964 - cette fois, vingt pays sont engagés -, c’est l’Espagne du talentueux meneur de jeu Luis Suarez qui s’impose. En 1968, l’Europe entière se sent concernée par la compétition, puisque trente et une nations prennent part aux éliminatoires. L’Italie de Luigi Riva remporte le trophée. En 1972, trente-deux pays disputent les phases qualificatives. L’Allemagne, emmenée par Gunther Netzer, s’impose. 1976 voit la victoire de la Tchécoslovaquie de Viktor et Panenka.

Devant le succès de l’épreuve, l’U.E.F.A. décide de porter à huit le nombre des participants à la phase finale. Curieusement, en 1980, le Championnat d’Europe organisé en Italie connaît un échec populaire. L’Allemagne remporte une nouvelle fois la compétition. Cette formule à huit équipes est en revanche une totale réussite en 1984 en France. Emmenée par Michel Platini au sommet de son art (9 buts en 5 matchs), l’équipe de France remporte son premier titre majeur. En 1988, en Allemagne, les Pays-Bas de Marco Van Basten deviennent champions d’Europe. En 1992 en Suède, le Danemark, non qualifié, est invité à remplacer la Yougoslavie en raison du boycottage international décidé par l’O.N.U. à l’égard de ce pays, et remporte l’épreuve.

Mais la formule finale à huit équipes a vécu. Explosion de l’U.R.S.S. et de la Yougoslavie, affiliation de nouvelles fédérations : quarante-sept candidats vont se disputer les quinze places du tournoi final organisé en Angleterre (qualifiée d’office) et qui réunit désormais seize formations. L’Allemagne remporte une nouvelle fois la compétition. Pour l’Euro 2000, les postulants sont quarante-neuf (en plus des Pays-Bas et de la Belgique, qualifiés d’office en tant qu’organisateurs). L’équipe de France, après la Coupe du monde en 1998, remporte le Championnat d’Europe : un doublé inédit.

Principales règles Les règles du football sont établies par l’International Board et définies par un document qui précise les dix-sept lois du jeu. Ainsi, les dimensions du terrain et les caractéristiques de l’aire de jeu et des éléments qui la composent, sont données dans la loi I. La longueur du terrain, pour les matchs internationaux, doit être comprise entre 100 et 110 mètres, sa largeur, entre 64 et 75 mètres ; la largeur du but est de 7,32 mètres, sa hauteur de 2,44 mètres.

Les caractéristiques du ballon sont décrites dans la loi II : sa circonférence est comprise entre 68 et 70 centimètres, son poids entre 410 et 450 grammes.

La loi III indique le nombre de joueurs (onze) et les procédures de remplacement (trois remplacements de joueurs au maximum lors des matchs officiels). Le rôle des arbitres et de ses assistants est défini par les lois V et VI. La durée d’une rencontre et son déroulement sont précisés dans les lois VII, VIII, IX et X. Un match se dispute en deux périodes de 45 minutes, séparées par une mi-temps de 15 minutes. En cas d’égalité à la fin du temps réglementaire, lors des matchs à élimination directe, une prolongation de deux fois 15 minutes se déroule. Lors de la Coupe du monde, la règle du but en or (la première équipe qui inscrit un but remporte le match) s’applique. Si les deux formations se trouvent encore à égalité, une séance de tirs au but les départagera. La loi XI concerne le hors-jeu.

Les fautes et leur sanction (coup franc, penalty) sont précisées par les lois XII, XIII et XIV. Les lois XV, XVI et XVII ont trait à l’application de diverses règles (rentrée de touche, coup de pied de but, corner).

Parmi les dix-sept lois du jeu de football établies par l’International Board, la loi XI se trouve souvent au cœur des polémiques. Elle concerne le hors-jeu, et nombre de rencontres voient leur résultat faussé en raison de la mauvaise appréciation d’un arbitre assistant qui doit prendre sa décision dans l’instant et ne dispose pas de la vidéo pour asseoir son jugement. Aujourd’hui, un joueur est en position de hors-jeu s’il se trouve plus près de la ligne de but adverse que deux adversaires, au moment du départ du ballon. Il n’en fut pas toujours ainsi.

 En 1863, les premières Laws of the Game ne mentionnent pas la notion de hors-jeu, puisque tous les joueurs qui se trouvent plus près de la ligne de but adverse que le ballon ne peuvent participer au jeu. La loi XI est introduite en 1866 : un joueur ne se trouve pas en position de hors-jeu s’il y a au minimum trois adversaires entre lui et la ligne de but opposée. Elle est adaptée en 1880 : il n’y a plus hors-jeu si le ballon est donné par un adversaire. En 1881, il n’y a plus de hors-jeu sur un corner. En 1907, nouvelle modification : le joueur ne se trouve plus en position de hors-jeu s’il est dans son propre camp au moment du départ du ballon. En 1925, la loi XI stipule : « Un joueur n’est pas hors-jeu s’il y a au moins deux [au lieu de trois] joueurs entre lui et la ligne de but. » En 1990, il est précisé que « le joueur placé sur la même ligne que l’avant-dernier défenseur ne sera plus hors-jeu ». En 1995, le hors-jeu de position est supprimé.

La tactique et son évolution.

Marquer un but de plus que l’adversaire, tel a toujours été le principe d’une partie de football. Pour y parvenir, au fil du temps, différents stratèges ont mis au point des systèmes de jeu, ou tactiques, dont certains ont marqué plus fortement l’évolution du jeu.

Si l’on veut parler de tactique, il faut rappeler que, à l’origine, il n’en existait pas. On pratiquait le kick and rush (« on frappe, on court »), l’équipe évoluant sur une seule ligne. À partir de 1870, le gardien de but est autorisé à se servir de ses mains, et se met en place le schéma à trois lignes (2 défenseurs, 2 demis, 6 attaquants). Dans les années 1880, Cambridge University modifie le schéma (2-3-5). Le rôle du troisième demi, le demi centre, va progressivement prendre une importance fondamentale : il devient en fait la plaque tournante de l’équipe, le meneur de jeu.

Le premier véritable système de jeu élaboré est mis en place à partir de 1925 par Herbert Chapman, entraîneur du club londonien d’Arsenal : il s’agit du WM (3 défenseurs, 2 demis, 2 inters, 3 attaquants), nommé ainsi car la position de la ligne défensive forme un W alors que l’attaque dessine un M. Dans ce schéma, un rôle prépondérant est tenu par l’arrière central (policeman), qui demeure devant le gardien de but pour protéger sa défense. Le 4-2-4, mis en œuvre par la remarquable équipe de Hongrie des années 1950, révolutionne le jeu, à nouveau axé sur l’offensive. L’équipe se compose alors de deux arrières centraux, qui se tiennent légèrement en retrait de deux arrières latéraux, deux demis, qui distribuent le jeu, deux ailiers de débordement et deux avants-centres. Le 4-2-4 obtient son couronnement en 1958, avec la victoire du Brésil en Coupe du monde. Le 4-2-4 se transforme peu à peu en 4-3-3, un ailier venant renforcer le milieu de terrain, à l’image de Mario Zagallo, qui tient ce rôle lors de la deuxième victoire du Brésil en Coupe du monde en 1962.

Le statut du joueur professionnel et son évolution

Un bras de fer a opposé l’Union européenne à la F.I.F.A. au sujet du statut du joueur professionnel de football, notamment en matière de transferts. La première défend le droit commun de la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union ; la seconde souhaite imposer une « exception sportive ». L’Union européenne a accepté, lors du sommet de Nice en décembre 2000, l’idée de « spécificité sportive ». De son côté, la F.I.F.A. a publié le 1er septembre 2001 un texte de 46 articles codifiant les transferts de joueurs dont les principales mesures sont les suivantes : interdiction des transferts internationaux hors Union européenne pour les joueurs de moins de dix-huit ans ; limitation à un transfert par joueur et par saison ; création d’une indemnité de formation internationale pour les joueurs de moins de vingt-trois ans ; mise en place de « périodes protégées » durant lesquelles toute rupture unilatérale de contrat est interdite ; institution d’un Tribunal arbitral du football pour régler les litiges. Mais cela ne règle pas la question sur le fond.

Du contrat « à vie » au contrat à durée déterminée

En 1932, lors de la création du professionnalisme en France, le statut du joueur était d’une extrême simplicité : il signait un contrat qui le liait au club jusqu’à l’âge de trente-cinq ans. Davantage, il était la propriété du club, celui-ci pouvant le céder à un autre club, en percevant à ce titre une somme qui lui revenait en quasi-intégralité. Ce contrat « à vie » demeurera la règle jusqu’en 1969. Cette année-là est créé, à titre expérimental, le contrat à durée limitée, variable selon l’âge (un joueur de moins de vingt-quatre ans s’engage pour quatre ans ; entre vingt-quatre et vingt-sept ans, il s’engage pour trois ans ; après vingt-sept ans, pour une année seulement). En 1973 est publiée la Charte du football professionnel, dont les grandes lignes sont les suivantes : lors de son premier contrat professionnel, le joueur s’engage pour quatre ans ; les contrats suivants feront l’objet d’un accord entre les parties ; en cas de rupture du contrat par le joueur, son nouveau club devra verser au club qu’il quitte une indemnité de rupture de contrat ou de transfert. Si une telle charte n’existe pas dans d’autres pays d’Europe, ou si elle existe avec des modalités différentes, le principe de l’indemnité de transfert est la règle générale.

L’arrêt Bosman et ses conséquences

Ce principe va être mis à mal à l’occasion d’un litige opposant les clubs de Liège et de Dunkerque. En 1989, Jean-Marc Bosman décide de quitter le F.C. Liège pour Dunkerque. Le F.C. Liège demande au club de Dunkerque le montant du transfert, en lui précisant que « Bosman ne sera libre qu’au paiement du transfert ». Dunkerque annule le contrat.

Bosman porte son affaire devant les tribunaux, prétendant que le système de son transfert est illégal (bien qu’il soit conforme aux règles de l’U.E.F.A.). Pour lui, il y a atteinte à la liberté de circulation des travailleurs. Le 15 décembre 1995, la Cour de justice des Communautés européennes reconnaît le bon droit de Jean-Marc Bosman et condamne l’U.E.F.A. à modifier ses règlements et à se conformer au droit commun. L’« arrêt Bosman » va avoir de lourdes conséquences. Ainsi sont déclarées illégales les règles des fédérations sportives nationales et de l’U.E.F.A. selon lesquelles un joueur professionnel de football ressortissant d’un État membre de la Communauté européenne ne peut, à l’expiration du contrat de travail à durée déterminée qui le lie à un club, être employé par un club d’un autre État membre que si ce dernier a versé au club d’origine une indemnité de transfert. De même, sont invalidées les règles édictées par l’U.E.F.A. suivant lesquelles, lors des matchs des compétitions qu’elle organise, les clubs ne peuvent aligner qu’un nombre limité de joueurs professionnels ressortissants d’autres États membres.

Cela ne réglait pas le cas des joueurs n’appartenant pas à l’Union européenne. En 1998, le footballeur hongrois Tibor Balog posait le problème plus large de la compatibilité globale des règles de transferts édictées par la F.I.F.A. avec le droit européen en matière de concurrence. En avril 1999, la F.I.F.A. adapte quelque peu ses règlements pour donner les mêmes droits aux footballeurs non communautaires en fin de contrat et aux joueurs européens. En mars 2001, Tibor Balog et la F.I.F.A. arrivent à un accord amiable et, de fait, l’arrêt Bosman est étendu aux joueurs non communautaires.

Néanmoins, l’Union européenne estime que le principe même de l’indemnité de transfert est illégal. Si la Cour décidait de soumettre strictement les règlements de la F.I.F.A. aux principes de la concurrence et de supprimer toute indemnité de transfert, même concernant les joueurs toujours sous contrat, l’ensemble du système serait remis en cause. En effet, les clubs tirent d’importantes ressources de ces indemnités de transfert, qui ne cessent de gonfler : en 2000, l’Argentin Hernan Crespo quitte Parme pour la Lazio Rome moyennant une indemnité de transfert de 370 millions de francs et le Portugais Luis Figo le F.C. Barcelone pour son grand rival, le Real Madrid, pour 411 millions de francs, alors que le club madrilène se trouve pourtant, à ce moment, dans une situation financière précaire ; en 2001, ce même Real Madrid verse quelque 500 millions de francs (76 millions d’euros) à la Juventus Turin pour engager Zinédine Zidane.

Entre le droit commun et l’« exception sportive », la Commission européenne et la F.I.F.A. doivent trouver un moyen terme, notamment pour éviter que les clubs formateurs ne soient privés, sans compensation aucune, de leurs meilleurs jeunes éléments.

À titre d’exemple, si les clubs français se sont engagés entre eux à verser une indemnité de formation, cette indemnité n’était pas reconnue au niveau international jusqu’au 1er septembre 2001. Ainsi, au cours de la saison 1997-1998, l’Inter Milan n’a pas été contraint de verser une indemnité de formation au club de Rennes pour le transfert de Dabo et de Silvestre, deux jeunes formés par le club breton. Bruxelles, stade du Heysel, 29 mai 1985 : finale de la Coupe d’Europe, Liverpool-Juventus Turin. Avant le match, dans les tribunes, des hooligans anglais attaquent des tifosi italiens. On compte trente-neuf morts et six cents blessés. Retransmises en direct par la télévision, les images ont traumatisé l’Europe entière, qui prend conscience de la gravité du phénomène du hooliganisme. Les premières manifestations de hooliganisme (affrontements entre supporters ou entre supporters et forces de l’ordre) ont lieu dans les années 1970 en U.R.S.S. En effet, à l’époque, les réunions sont interdites dans ce pays. Les stades sont les seuls endroits de rassemblement autorisé ; les violences sont fréquentes, mais soigneusement occultées par le régime communiste.

Le phénomène va ensuite gagner l’Angleterre puis les pays d’Europe du Nord (Pays-Bas, Allemagne), et s’exacerber à l’occasion des rencontres de Coupe d’Europe.

Si les phénomènes de hooliganisme sont toujours liés à un événement précis, en l’occurrence un match de football, le déroulement de la rencontre elle-même (victoire, défaite, erreur d’arbitrage...) n’a aucune influence sur le déclenchement de la violence. De plus, contrairement à une opinion trop répandue, il n’y a que peu de rapport entre le vandalisme et l’environnement social. Les hooligans viennent des milieux les plus divers et ne se recrutent pas, dans leur majorité, chez les chômeurs et les populations défavorisées. Ainsi, en 1998, lors des incidents qui se produisirent à Marseille à l’occasion du match Angleterre-Tunisie, parmi les hooligans anglais arrêtés et condamnés se trouvaient un ingénieur, un pompier de la Royal Air Force, un militaire et un cheminot. Le seul lien qui unit les hooligans est leur allégeance à une équipe de football. On peut néanmoins indiquer qu’un hooligan est souvent un homme jeune, qui désire manifester sa virilité par la violence.

Autre question : tout supporter peut-il devenir hooligan ? Bien évidemment non. Les sociologues s’accordent pour distinguer trois catégories de « supporters ». La première, la plus nombreuse, est constituée de supporters désireux d’assister à une rencontre de football et qui ne prendront jamais part à une action violente. Dans la deuxième catégorie, on classe les supporters dont la volonté première est d’assister à une rencontre de football, mais qui n’hésiteront pas à se livrer à des actes de violence si la situation se présente. La troisième catégorie se compose de personnes dont l’objectif unique est de prendre prétexte d’une rencontre de football pour provoquer systématiquement des incidents violents.

Comment lutter contre le hooliganisme ?

La lutte contre le hooliganisme ne revient pas au pouvoir sportif, mais aux autorités politiques, policières et judiciaires. Néanmoins, certaines mesures prises dans l’organisation des matchs peuvent prévenir les manifestations violentes : tribunes comportant uniquement des places assises ; séparation nette entre supporters des deux équipes ; interdiction de la vente d’alcool à l’intérieur des enceintes sportives et à proximité de celles-ci ; surveillance vidéo permettant d’identifier les fauteurs de troubles.

Ensuite se met en place un arsenal préventif et répressif sous l’égide des autorités, qui nécessite une collaboration au niveau européen, notamment lors de l’organisation de grandes compétitions, telle la Coupe du monde. Entre autres mesures, citons : l’extension à l’ensemble de l’Europe d’une interdiction d’entrée au stade prononcée dans un pays à l’encontre d’un individu ; l’appel à des « physionomistes » de toutes les polices d’Europe chargés d’identifier des individus ayant commis des actes de hooliganisme dans leur pays ; la comparution immédiate devant un tribunal ; l’expulsion du territoire. Le Conseil de l’Union européenne a pour sa part mis en place un certain nombre de mesures. Celles-ci sont décrites dans un manuel destiné aux services de police des États membres. Il fournit des exemples concrets de méthodes de travail afin de développer la collaboration pratique entre les services de police en matière de violence et de troubles lors des matchs de football internationaux. Il comprend notamment des dispositions relatives : au contenu et à la portée de la coopération policière (préparation des services de police, organisation de leur coopération avant l’événement, gestion des informations) ; aux relations de la police avec les médias ; à la coopération avec les agents de surveillance des stades ; à la politique d’accès aux stades et à la vente des billets.

La F.I.F.A., gouvernement du football mondial

Née dans la discrétion en 1904, la Fédération internationale de football association (F.I.F.A.) est devenue une gigantesque organisation. Elle compte 204 fédérations affiliées, représentant quelque 250 millions de licenciés. La F.I.F.A. contrôle les associations continentales : Union européenne de football association (U.E.F.A.) ; Confédération africaine de football (C.A.F.) ; Confederacion sudamericana de futbol (Conmebol) ; Asian Football Confederation (A.F.C.) ; Confederacion norte, centroamericana y del Caribe de Futbol (Concacaf) ; Oceania Football Confederation (O.F.C.). Elle a pour mission, entre autres, d’assurer le respect des règles établies par l’International Board, d’organiser les grandes compétitions internationales ou de réfléchir sur l’avenir du jeu, par l’intermédiaire d’une Task Force.

De par son pouvoir et les intérêts économiques qu’elle gère, la F.I.F.A. est parfois secouée par des turbulences. Il en fut ainsi lors de l’élection, en 1974, du Brésilien João Havelange, représentant de manière quelque peu démagogique le football du Tiers Monde, face à l’Anglais Stanley Rous. Une situation analogue s’est produite en 1998, au moment de l’élection du Suisse Sepp Blatter au détriment du Suédois Lennart Johansson, candidat de l’U.E.F.A. En 2000, l’attribution de la Coupe du monde 2006 à l’Allemagne plutôt qu’à l’Afrique du Sud, grâce à l’abstention suspecte du Néo-Zélandais Charles Dempsey, a alimenté la controverse. Cela a poussé la F.I.F.A., en 2002, à instituer un système d’alternance pour l’organisation de la Coupe du monde : on sait déjà que l’édition de 2010 se tiendra en Afrique.

On peut également reprocher à la F.I.F.A. d’avoir cédé les droits de retransmission télévisée des Coupes du monde 2002 et 2006 au groupe allemand Leo Kirch pour 11,2 milliards de francs (1,7 milliard d’euros), réalisant ainsi une affaire juteuse, mais qui privera des millions de passionnés de la retransmission de certains matchs. Par ailleurs, la F.I.F.A. ne saurait se situer au-dessus des lois. Le conflit qui l’oppose à l’Union européenne au sujet des indemnités versées lors des transferts de joueurs en est un bon exemple.

Football et médias

Les relations entre le monde du football et celui des médias ont toujours été essentielles. Ainsi, c’est à l’initiative d’un journaliste du Matin, Robert Guérin, que fut créée la F.I.F.A. Même si aujourd’hui la télévision est devenue le partenaire médiatique privilégié du football, la presse écrite spécialisée demeure florissante. Le quotidien L’Équipe consacre environ le tiers de son contenu rédactionnel au football. Le bihebdomadaire France Football demeure la référence en la matière ; l’élection sous son égide du Ballon d’or (meilleur joueur évoluant en Europe), distinction créée en 1956, est un événement toujours attendu. En Italie, les opinions émises dans la Gazetta dello sport peuvent coûter son poste à un entraîneur. Les exemples pourraient se multiplier.

Les premières retransmissions télévisées de matchs de la Coupe du monde remontent à 1954. Elles se généralisent à l’occasion de la Coupe du monde 1958. Au début et jusqu’à la fin des années 1960, les relations entre le football et la télévision sont placées sous le signe de la méfiance, les représentants du football craignant que la diffusion des matchs par la télévision ne vident les tribunes. Il en ira tout autrement. À partir de 1970, à l’occasion de la Coupe du monde disputée au Mexique, le football devient un élément incontournable des programmes. Depuis le milieu des années 1980, il en est un des piliers.

En France, en 1984, l’arrivée dans le paysage audiovisuel de Canal Plus modifie la donne. La chaîne cryptée fait de la diffusion des matchs de football du Championnat de France de première division l’un des axes de sa promotion. En 1987, T.F.1 est privatisée, et la chaîne fait à son tour du football l’une de ses priorités, s’assurant notamment l’exclusivité de la diffusion des rencontres de Coupe d’Europe. Aujourd’hui, les bouquets numériques rivaux, Canal Satellite et T.P.S., offrent, en plus de leur formule de base, des séances de pay per view. Mais tout cela a un coût. Ainsi, selon l’économiste Jean-François Bourg, les droits de retransmission télévisée ont été multipliés par 538 en moins de vingt ans (de 1984 à 1999), alors que les recettes au guichet n’ont été multipliées que par 5.

Les tractations pour la retransmission des Coupes du monde 2002 et 2006

Si les droits de retransmission télévisée pour la Coupe du monde 1998 en France se sont élevés à 0,6 milliard de francs, la F.I.F.A. a cédé les droits pour les Coupes du monde 2002 et 2006 au groupe Kirch pour 11,2 milliards de francs (5,2 milliards pour 2002, 6 milliards pour 2006), soit 1,7 milliard d’euros. Pour 2002, cette société n’avait pas la certitude de rentabiliser son investissement. En raison du décalage horaire, les retransmissions auront lieu en Europe occidentale à 8 h 30, 11 h et 13 h 30, créneaux peu favorables. Aussi, quand Kirch a proposé de céder les droits en France pour 1,6 milliard de francs, T.F.1, France Télévision et Canal Plus ont d’abord opposé un refus catégorique, offrant un maximum de 400 millions de francs. En Grande-Bretagne, I.T.V. et la B.B.C. ont également commencé par refuser de verser la somme réclamée par Kirch (1,7 milliard de francs, 50 fois plus qu’en 1998).

Finalement, en France, le groupe T.F.1. a acquis l’exclusivité des droits de retransmission télévisée de la Coupe du monde 2002 ainsi que des vingt-quatre meilleures rencontres de l’édition 2006 pour 168 millions d’euros (1,1 milliard de francs). Mais certaines rencontres seront retransmises par Eurosport, filiale câblée du groupe, et une grande partie des téléspectateurs français ne pourra donc pas voir tous les matchs. En Allemagne, les chaînes publiques A.R.D. et Z.D.F. se sont associées et ont versé 130 millions d’euros (850 millions de francs) pour diffuser les vingt-cinq meilleurs matchs de la Coupe du monde 2002. En Grande-Bretagne, la B.B.C. (chaîne publique) et I.T.V. (chaîne privée) ont acquis conjointement les droits de retransmission des Coupes du monde 2002 et 2006 pour 255 millions d’euros (1,67 milliard de francs). En Espagne, la plate-forme satellite Via Digital s’est octroyé la diffusion de la Coupe du monde 2002 pour 160 millions d’euros (1 milliard de francs), mais certaines rencontres ne seront accessibles aux téléspectateurs que par la formule du pay per view dans ce pays.

La retransmission d’un match, une prouesse technologique. La retransmission d’une rencontre de football exige aujourd’hui des moyens considérables, mais donne un résultat magnifique. Francis Tellier, ancien directeur général de T.V.R.S. 98 et recruté par Host Broadcast International pour diriger la production des images de la Coupe du monde 2002, explique le dispositif : « Pour les soixante-quatre matchs, nous fournirons un signal international de base, avec dix-sept caméras et six ralentis. Un dispositif qui montera à vingt-deux caméras et douze ralentis pour les neuf meilleures rencontres. »

Le football féminin

Bien que peu médiatisé, en France notamment, le football féminin est en plein développement (21,884 millions de licenciées dans le monde en 2001). Si la pratique de ce sport par les femmes ne semble plus faire débat, il n’en fut pas toujours ainsi. L’Angleterre, par exemple, ne leva l’interdiction faite aux femmes de jouer au football qu’en 1960. En France, le conseil de la F.F.F. ne reconnaît le football féminin qu’en 1970 et nomme une commission d’étude chargée de son organisation nationale. Le premier Championnat de France a lieu en 1974 et réunit seize clubs. Entre-temps, les premiers championnats nationaux de football féminin sont organisés en 1971 dans trente-quatre pays. Le football féminin se développe aux États-Unis à partir de 1972, notamment en raison de l’adoption d’une loi qui dispose que les écoles américaines pratiquant toutes sortes de discrimination féminine ne recevraient pas de subventions fédérales.

La première Coupe du monde féminine fut organisée en Chine en 1991 ; soixante-cinq nations avaient pris part aux qualifications et tous les billets mis en vente pour la phase finale trouvèrent preneurs. En 1996 à Atlanta, la finale olympique fut suivie par plus de 80 000 spectateurs. Dès lors, le football féminin devenait majeur. Sepp Blatter, à l’occasion de son élection à la présidence de la F.I.F.A. en 1998, n’hésita pas à déclarer qu’il allait faire du développement du football féminin l’une de ses priorités.

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