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État de droit ou État sans droit.

Vendredi 19 février 2010 // La France

On parle beaucoup d’État de droit. Aujourd’hui l’État est sans droit pour défendre la France. Il n’en a plus que contre les Français.

VOILÀ 123 KURDES, hommes, femmes, enfants qui sont débarqués sur une plage corse par des passeurs. Le ministre en charge, au nom de l’État, de l’immigration prend immédiatement la décision de les placer en camps de rétention administrative ; répartis sur le territoire métropolitain, pour mener rapidement l’enquête sur leur provenance et leur arrivée, et pour statuer au cas par cas de la suite qu’il convient de donner à ce débarquement illégal, dans l’idée première et fondamentale que, sauf exceptions, « ces clandestins » soient reconduits dans leur pays.

Le gouvernement a en principe et constitutionnellement la charge de l’intérêt général. À lui de conduire la politique de la nation. Voilà la règle. Mais, ce qui apparaît, c’est que cette obligation politique se heurte constamment à un obstacle théorique infranchissable : la République française repose sur des principes abstraits qu’une simple argumentation logique suffit à mettre en contradiction avec un intérêt public précis qui, lui, relève d’une décision de sagesse politique.

LA RÉPUBLIQUE CONTRE L’ÉTAT.

Ainsi, pour entraver une action publique d’intérêt national, il suffit d’invoquer l’un ou l’autre de ces grands principes et de l’ériger en absolu : c’est devenu un jeu politique et totalement destructeur. Les hommes de gouvernement en font à chaque instant l’expérience, sans en tirer d’ailleurs la moindre leçon. Sauf à la garder pour eux, dans le silence amer de leur esprit. D’où l’impossibilité de toute vraie politique qui suppose une intelligence continue du bien commun ; Autrement dit une raison d’État sans qu’il soit besoin de donner à ce terme une signification d’anomie ou d’immoralité, qui est aussitôt brandie par les rhéteurs et qu’il peut lui arriver de recouvrir en effet.

Cette grave faiblesse de la République française, avouée par les meilleurs esprits politiques mais souvent sur le tard et dans de mémoires pour se justifier, n’a cessé d désarmer toutes les volontés gouverne mentales, quelles qu’elles fussent, et cela sous toutes les Républiques - il suffit de lire les mémoires de Poincaré et de Clémenceau ! et quel que soit le jugement que l’on puisse porter par ailleurs sur les gouvernements, sur les gouvernants eux-mêmes et sur leur politique.

Il est à noter que pareil blocage s’effectue essentiellement et pour ainsi dire toujours dans les cas précis où le gouvernement a en vue un bien commun supérieur dont la nécessité s’inscrit dans la durée et donc peu accessible à des opinions versatiles, sensibles aux émotions fugitives et aux paroles éphémères. Dans l’affaire des Kurdes clandestins, la décision prise entrait dans les impératifs d’une politique qui touche évidement à l’intérêt général de la France. Si elle laisse ses côtes et ses frontières en libre accès à toutes les immigrations du monde, elle accélère par le fait même les courants migratoires de plus en plus considérables - ils ne sont pas ou plus chiffrés, malgré les prétentions officielles - et qui deviendront alors irréversibles au point de compromettre - et c’est déjà le cas - les équilibres sociaux, politiques et économiques du pays, la nature et l’existence même de la nation France, sans profit pour personne, sauf pour les passeurs qui vivent de la traite humaine, sauf pour tous les criminels dont la prospérité est liée aux économies parallèles et sauf aussi pour les démagogues de tout acabit qui font carrière socialement et politiquement dans « l’exploitation » médiatique de la misère humaine. Le chef de l’État a dit fort clairement les choses sur ce point lors de son entretien télévisé du lundi 25 janvier. Mais que pèsent ses paroles ?

LES JUGES CONTRE L’ÉTAT.

À peine la rétention fut-elle décidée le vendredi 22 janvier, jour même de la découverte du groupe kurde, les humanitaires professionnels se sont mis en branle. La Ligue des droits de l’Homme, France terre d’asile et tout le tremblement des associations qui se sont spécialisées sous couvert d’humanisme dans l’agit-prop, ameutent l’opinion, excitent les médias. La justice est saisie aussitôt. A croire que tout était combiné ! Quarante-huit heures après la décision du ministre, plus rien n’en subsistait. Rien. Et, comme pour devancer la sentence des juges, le ministre avait de lui-même abrogé tous les arrêtés préfectoraux.

C’est, pour peu qu’on y réfléchisse, extraordinaire. Et pourtant c’est très ordinaire ; et, même, si ordinaire que tout le monde savait d’avance que l’État capitulerait, serait même dans l’obligation de capituler. Les coups de menton n’y changent rien. Cette capitulation en annonce d’autres et elle ne vient d’ailleurs que confirmer les précédentes : elles seront de plus en plus fréquentes. À chaque fois, c’est le même cinéma.

Les juges français, dits des libertés, ont tranché unanimement, au nom du peuple français, non en vertu de l’intérêt français qui est, en l’espèce, le dernier de leur souci, mais en invoquant des conventions européennes et internationales qui lient l’État français, et donc le gouvernement français. Il eût fallu, dit-on, mettre en garde à vue les contrevenants et leur signifier leurs droits... Mais où et comment ? Que faire quand lesdits contrevenants ont pris soin d’effacer toute trace de leur origine et de leur arrivée, de supprimer leurs papiers et de jeter leurs téléphones portables. Oui, que faire ?

Et, maintenant, habilement conseillés, ils ont demandé à bénéficier du statut de réfugiés politiques, à profiter du droit d’asile. Les voici donc tous en liberté sur le territoire français, soignés pour le moment par la Croix-Rouge, avant sans doute qu’ils ne se dispersent comme avaient fait les précédents. Fort bien et, bien sûr, tant mieux pour les petits enfants.

Il n’en reste pas moins qu’il y a eu un débarquement illégal, que cet acte est le résultat d’une activité criminelle qui porte préjudice aux intérêts français et à l’ordre même de la société internationale. Ces infractions ont été supprimées d’un trait de plume, de plume de juges, qui plus est ! C’est comme si tout était devenu normal, légal, juste et bon.

Il devient non seulement lucratif mais hautement recommandable d’effectuer des passages - en principe encore légalement illicites - de migrants clandestins. Il en sera dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. « Cette avancée sociale » est déjà, elle aussi, acquise. Il suffit de vouloir, d’avoir en face de soi l’État français comme gardien de la loi et la victoire est pour ainsi dire assurée. Pour parler le langage de nos politiques : question de « volontarisme » !

L’affaire des Kurdes ne sera bientôt plus qu’un petit épisode d’une longue chaîne d’événements du même genre. Jean Raspail avait prédit les choses, il y a plus de trente ans. Comme tout vrai prophète, il n’a pas été écouté.

Cependant - simple réflexion de bon sens -, que vaut un État qui ne peut exercer sa puissance légitime, son droit et donc sa force, que contre ses ressortissants ; et là chaque citoyen sait comme il les utilise, surtout quand la loi est renforcée par de Hautes Autorités, des Agences, des Administrations parallèles et des groupes de pression de toutes sortes. Quel est le citoyen qui n’en est pas accablé ? Oui, que vaut l’État français quand en revanche dans son ressort l’illégalité est couverte par l’impunité et donc par une sorte de légitimité supérieure, dès qu’il s’agit de ce qui n’est pas français, de ce qui est contraire aux intérêts français. La cause est entendue, archi-entendue. Ni le Chef de l’État lui-même, ni aucun ministre n’y pourra rien. C’est tout simplement la fin d’une société ; il suffit d’en prendre acte. À condition qu’il y est encore des Français - anciens, ou nouveaux si les anciens ne sont plus capables de porter leur destin, - pour songer à continuer la France, au-delà de cette irrémédiable déliquescence.

ET LA BURQUA ?

Mais la burqua, dira-t-on ? Sur ce point-là, la République ne tient-elle pas bon ? D’ailleurs, c’est un élu communiste, André Gérin, qui a déclenché la sonnette d’alarme. Halte à ce voile intégral qui humilie les femmes, qui bafoue la notion même d’égalité et de liberté, qui est le signe d’un radicalisme religieux intolérable et qui est si contraire aux principes qui sont aux fondements même de notre République ! Voilà l’argumentaire. Le chef de l’État s’est exprimé avec force sur le sujet. Une mission d’information parlementaire a été dépêchée pour débrouiller la question. Elle vient de rendre son rapport.

Eh bien, c’est justement un fouillis de considérations qui ne manifeste que trop le lamentable cafouillage de la pensée politicienne. Elle ignore la France historique, elle refuse de voir la société française telle qu’elle est et elle se débat au milieu de concepts aussi abstraits qu’imprécis et, de plus, antinomiques dans leurs abstractions, ce qui ne lui facilite pas la tâche.

D’où l’idée d’une grande résolution qui serait votée, si possible à l’unanimité, par le Parlement français, sorte d’exhortation morale, d’homélie républicaine qui, pour faire bref, expliquerait que si la République reconnaît la liberté religieuse et donc la liberté de conscience, et, de même, l’égalité de tous les citoyens et de toutes les religions, il est cependant, au-dessus même des religions, des principes plus sacrés encore dont la République est la gardienne puisqu’ils lui sont consubstantiels. En revanche - et c’est la partie la plus développée du rapport - la République s’engage fermement, longuement en faveur de l’islam : tout sera fait pour lui donner encore plus de reconnaissance légale, dans ses statuts, dans ses composantes, dans ses organisations, dans ses fêtes qui pourront entrer dans le calendrier officiel ; un soutien financier accru sera prévu, la lutte contre l’islamophobie accentuée etc. Il convient de préciser ici que l’Église catholique n’a jamais, quant à elle, qu’une reconnaissance de fait.

LA GÊNE DES HOMMES POLITIQUES.

Il est dit que l’explication-exhortation jointe à tant de sollicitude aura une vertu hautement « pédagogique ». Il est permis de se demander comment et pourquoi. Ce sont des pétitions de principes et des propositions contradictoires. Et d’abord, pourquoi un islamiste radical reconnaîtrait-il une supériorité religieuse à la République française sous prétexte qu’elle le cajole ? Lui qui, de plus, ignore la distinction du spirituel et du temporel.

Nos hommes politiques, calfeutrés dans leurs hémicycles, sont en fait très gênés. Malgré leur mâle discours et leurs belles raisons, ils savent fort bien que leurs grandes résolutions comme toutes les considérations qu’ils y joignent, ne sont que des intentions et ne peuvent rester que des intentions. Seules demeurent toutes les concessions qui sont accordées et qui, elles, deviendront effectives. Que s’est-il passé pour le voile ?

Donc une législation sera mise au point, mais, comme les hommes politiques sont prudents, il est question d’adapter la loi aux lieux et aux circonstances. L’interdiction du voile intégral ne portera que dans les lieux dits de service public ; et le texte se limitera au refus dudit service. L’interdiction ne s’étendra donc pas à tout l’espace public où, par conséquent, il sera permis de déambuler en burqua. Inutile de parler du reste où se passent tant de choses que l’on se contentera de réprouver, voire, dans un moment d’émotion, de dénoncer.

Les mêmes qui se battent à fond ou font semblant de se battre contre toutes les discriminations, qui veulent porter la parité hommes-femmes à tous les niveaux de la société française, y compris les conseils d’administration - au fait, toléreront-ils la burqua dans les conseils d’EDF et d’Areva ? - les mêmes, en réalité, tout en gardant des allures martiales qui en deviennent grotesques, laissent peu à peu s’islamiser la société française. Ils ont pratiquement renoncé. Incapable de comprendre et de s’identifier aux coutumes de chez nous, la République, dite française, qui n’est, d’ailleurs, pas plus capable de comprendre les coutumes des autres, tant son discours ne relève que d’une scolastique machinale et sans âme, ne saura pas répondre à la question qui se pose.

Il suffira de bafouer ses interdits pour les faire tomber. Là, comme ailleurs. Elle n’aura de force, comme d’habitude, que contre les coutumes françaises, contre les Français : là, elle se souviendra qu’elle est la République.

Jean-François Copé sent tellement qu’une partie de l’électorat en a assez de cette lâcheté qu’avec tout un groupe de députés, il a décidé de passé outre et de faire une proposition de loi visant à l’interdiction totale du voile intégral sur l’espace public. Du coup, il se fait accuser de faire de l’électoralisme en vue des présidentielles !

De toute façon, y arrivera-t-il ? Peut-il même y arriver ? Et même est-ce sage ? Étant donné se que sont nos institutions. Cela fait si longtemps que les hommes politiques de la République à tour de rôle et régulièrement ont déclaré : « Jamais la République n’acceptera... ne permettra... Jamais. » Et elle a toujours cédé. Alors ?

Ceux qui ont le plus à craindre pour leur sort, ce sont les musulmans français qui, croyant en notre parole - la parole de la France ! -, auront fait le choix des lois et des usages français. L’imam de Drancy en a déjà fait l’amère expérience. Tout cela a une allure sinistre de déjà vu.

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