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Et que vive la Pologne !

Mercredi 12 mai 2010 // L’Europe

Soixante-dix ans après la froide et monstrueuse liquidation par le NKVD, la police secrète soviétique, de l’élite de la nation polonaise et de la fine fleur de son armée, à Katyn, la Pologne a vécu « un deuxième désastre de Katyn » selon Lech Walesa, le héros de la Pologne libre : Voilà l’État polonais soudain décapité par un accident d’avion, qui a immédiatement pris une dimension historique.

Cette tragédie survenue sur l’aéroport de Smolensk une de plus dans le destin de ce peuple soudé dans le malheur s’est produite la veille de la fête de la Divine Miséricorde voulue par le Pape Jean-Paul il qui rendit l’âme à Dieu précisément cinq ans presque jour pour jour avant cet évènement.

Après des décennies de mensonges d’État, la vérité a fini par s’imposer, alors que, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, les Alliés, de peur de contrarier Moscou, ont laissé lâchement la propagande soviétique clamer que les massacres de Katyn, Ostachkov et Mednoïe avaient été l’œuvre des Allemands. En réalité, communisme et nazisme se rejoignaient dans l’horreur. Comme ils s’étaient entendus pour dépecer la Pologne.

Mikhail Gorbatchev avait bien reconnu verbalement, en 1990, la responsabilité du NKVD stalinien dans l’extermination des élites polonaises et Boris Eltsine avait remis à Lech Walesa, alors chef de l’état, en 1992, une copie des archives du Polithuro retraçant, en détail, le déroulement de la tragédie de Katyn.

Aujourd’hui, toutefois, la réaction exemplaire de la Russie et des Russes, tant à la commémoration de Katyn qu’à la mort tragique de Lech Kaczynski et des nombreux dignitaires de l’État polonais, semble devoir changer fondamentalement la donne russo-polonaise et offrir une occasion unique, malgré l’effroyable traumatisme, pour une vraie réconciliation entre les deux nations si longtemps antagonistes. Il paraît que Vladimir Poutine en parle comme du rapprochement franco-allemand entre Charles-de-Gaulle et Konrad Adenauer.

En l’espace de quelques jours, en effet, des gestes et des mots sans précédent, ainsi que l’a souligné Adam Michnik, ont été posés. Le Premier ministre russe a condamné le crime soviétique de Katyn et s’est incliné en présence de son homologue polonais, Donald Tusk, sur les tombes des victimes. Après la catastrophe aérienne, il s’est rendu sur le lieu de l’accident en manifestant son amitié au Premier ministre polonais. Pour sa part, le président russe, Dimitri Medvedev, a non seulement adressé un message solennel à la nation polonaise, mais fait sans précédent a déclaré un jour de deuil national alors qu’il s’agit d’un citoyen étranger. Plus important encore : La télévision nationale russe a diffusé, à une heure de grande écoute, le film Katyn d’Andrzej Wajda qui a démonté la mécanique du mensonge, film qui a connu un énorme succès en Pologne et en Allemagne, mais n’a été présenté en France que semi clandestinement. Ce film est profondément chrétien, ce qui tranche avec les modes d’un Occident apostat.

L’ambassade de Pologne à Moscou a été noyée sous les fleurs. C’est ce qui a fait dire à Adam Michnik « qu’à Katyn et Smolensk les deux pays se sont trouvé un destin commun ». D’ailleurs, les seuls chefs d’État présents à l’enterrement magnifiquement catholique du chef de l’État polonais ; Etaient le président russe et le président tchèque qui ont pris la peine de venir malgré le nuage de poussière qui fut un prétexte d’absence pour les autres.

En s’ouvrant sur la Pologne, la Russie s’est également interrogée sur elle-même, sur son histoire qui compte, elle aussi des dizaines de millions de victimes du marxisme soviétique.

Ah, si seulement les institutions politiques pouvaient garder mémoire de ces grands moments. En particulier ces deux jours de funérailles grandioses, à Varsovie puis à Cracovie, ce peuple solidaire, uni dans un moment de communion nationale extraordinaire avec la présence sereine et naturelle de l’Église catholique et de l’armée, les deux institutions qui ont toujours eu la confiance des Polonais.

Voilà bien un peuple sûr de son identité et de sa foi dont la cohésion est le meilleur gage pour son avenir. Première nation à se libérer des chaînes du communisme, la Pologne est aujourd’hui championne de la croissance sur le Vieux Continent. C’est un pays jeune et énergique dont le poids politique est désormais loin d’être négligeable. Il a gardé sa souveraineté monétaire. Difficile, pourtant, de prévoir quelle sera l’issue des élections présidentielles à venir et quelle forme prendra la scène polonaise. La Pologne a toujours souffert comme la France de l’électoralisme partisan.

La Pologne surmontera l’épreuve. Souhaitons-lui bonne chance, que ce soit avec Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du défunt président, ou avec Bronislaw Komorowski, l’aristocratique président de la Diète « aujourd’hui Président par intérim. »

Une certaine Europe apatride s’effondre. Que la Pologne vive et revive, et, si possible comme un exemple !

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