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Et la chancelière créa le « merkélisme »

Lundi 20 juin 2011 // L’Europe

Le revirement d’Angela Merkel en ce qui concerne la politique énergétique du pays illustre son nouveau style de gouvernement et son ancrage au centre.

Si Angela Merkel continue à gouverner comme elle le fait, elle aura fondé une nouvelle forme de gouvernement : le « merkélisme ». Il s’agit d’une variante raffinée de la démocratie des sondages, qui fonctionne à peu près çomme un climatiseur muni d’un thermostat. Premier principe du merkélisme : le pays doit être à la bonne température et personne ne doit s’échauffer. Les surchauffes doivent être contenues et les conflits éjectés d’une pression de bouton émanant de la chancellerie.

Deuxième principe  : la recherche de la bonne température est permanente et les ajustements nécessaires immédiats. Un capteur d’opinion enregistre l’humeur de la population, et la politique s’adapte sans délai. Si un bouleversement de la politique énergétique semble caractérisé par la soudaineté et l’opportunisme, ce n’est pas un effet secondaire : cela fait partie du système.

Troisième principe : les convictions fondamentales et les positions marquées sont désormais considérées comme des particules de poussières dans le filtre du consensus. Ce sont des facteurs de perturbation dans le climatiseur postidéologique qu’est la République. Tout doit arriver sur un centre défini au millimètre carré, les conceptions du monde se transforment en mosaïques, tout le monde doit pouvoir créer une coalition avec tout le monde, la politique devient patchwork.

Quatrième principe : le plus important : le climatiseur du merkélisme a pour objectif suprême de maintenir Angela Merkel au pouvoir. Le merkélisme fait souvent pleurnicher les conservateurs et les libéraux de la CDU sous prétexte qu’il provoque une désintégration du parti, comme le SPD a pu le vivre du temps de Gerhard Schrôder. Les changements de file et manoeuvres de dépassement à droite pour Schrôder, à gauche pour Merkel, réussissent fort bien à la personne du chancelier en termes de cote de popularité, mais très mal à son parti. On oublie que le merkélisme n’est pas une forme de gouvernement misant sur la tactique, mais sur un système. Il se légitime par un plébiscite permanent et produit ainsi une démocratie instantanée qui cuisine constamment la volonté du peuple - dès lors, Angela Merkel semble être la personnalité la plus démocratique de Berlin.

Avec le merkélisme, la chancelière va peut-être instaurer un règne de mêmes dimensions que celui de Helmut Kohl. Elle sait très bien prendre leurs idées à ses adversaires. Elle a ainsi raflé au SPD les thèmes de la famille et du social pour les intégrer dans son programme. Les Verts sont en train de vivre la même chose puisqu’elle s’empare de leurs thèmes de prédilection que sont la lutte contre le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire. Le merkélisme ouvre ainsi la voie à une coalition noir-vert. Dans quelques mois, les Verts se rendront compte que la chancelière leur a coupé les jambes. Certains ont beau dénoncer son virage à gauche, elle demeure encore bien supérieure à l’opposition en ce qui concerne la stratégie du pouvoir.

On compare souvent Angela Merkel à Margaret Thatcher pour ce qui est de la capacité d’imposer sa volonté. Pour la presse européenne, Mmes Merkel et Thatcher sont les deux grandes femmes de pouvoir du conservatisme européen. Toutes deux ont réussi à relancer une économie paralysée. Elles sont de froides calculatrices, l’une physicienne, l’autre chimiste. Que l’Europe se rassure, elles sont toutes deux aussi différentes que les marches anglaises le sont des suites de Bach.

Thatcher aimait le pathos et les conflits. Merkel apprécie la sobriété et le compromis. Thatcher flairait la peur de ses adversaires, Merkel repère celle des masses. C’est pourquoi elle met tant de constance à maintenir en équilibre des partis chancelants, alors que Thatcher.

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