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Entrez en résistance !

Mercredi 6 juillet 2011, par Dominique Daguet // La Religion

Dans les années 50(1950), les Français se déclaraient catholiques à 81 %. 

En 1987, ils n’étaient plus que 75%. En 2010, une enquête de l’IFOP n’en retrouvait plus que 64%... dont seulement 4,5% déclaraient aller à la messe « tous les dimanches » alors que 15% s’y rendaient une fois par mois…

Une des causes n’est-elle pas l’abandon de nos écoles catholiques séduites par l’air du temps ?

Avec notre ami Dominique Daguet, un grand coup de « chapeau » aux parents qui choisissent de faire bien des sacrifices : « Hors contrat » !

Toujours dans les années 50 (enquête de 1952), alors que la France comptait 42 millions d’habitants, 27% allaient à la messe tous les dimanches.

Avec « 4,5 % » de catholiques assidus à la messe le dimanche, la France affiche aujourd’hui le plus faible pourcentage des pays dits « catholiques »…

Un « 4,5% » qui affiche 43% de plus de 65 ans et 22% de 50/64 ans…

Si le cœur de la transmission est la famille, la famille ne doit-elle pas veiller à ce que l’école ne détruise pas ce qu’elle sème ?

Certains se réjouiront de lire entre les lignes de cette dernière enquête IFOP que non nombre de ces « non-pratiquants », « passent » par l’église pour « mariage et funérailles »…

Dans une enquête parue en 2009, l’IFOP relevait que 70% des musulmans présents sur le sol de France seraient pratiquants, affirmant ainsi que les musulmans étaient de facto la première communauté confessionnelle de notre pays. Grande est la misère de la « Fille aînée de l’Eglise »…

 http://www.suite101.fr/content/64-des-franais-se-disent-catholiques-a7230#ixzz1OfmJRmxC

Bien des causes de cette misère sont connues… Tenons-nous en pour aujourd’hui à l’école…

Hors contrat

J’admire la famille de la Croix : donc de ma fille Maroussia et de mon gendre Raphaël. Mettre leurs enfants dans une école hors contrat représente pour eux un gros sacrifice financier : pour eux, l’argent passe après les convictions. Ainsi devrions-nous être, nous tous tant que nous sommes.

Le sujet m’intéresse depuis longtemps : en vérité, je ressens la situation actuelle de l’école dont je suis issu comme une souffrance parmi les plus profondes. Comme un traumatisme : quelle déliquescence de la pensée de foi a-t-il fallu pour en être arrivé à ce point de défaillance, de renoncement, de lâcheté devant les exigences indues de notre société ? Qui ne les formule que parce qu’un bon nombre des catholiques des années soixante jusqu’à nos jours a pratiqué la fuite, le renoncement, l’apostasie même : peur de l’adversité, manque de foi, connaissances perdues, catéchèses folles, émigration de l’intelligence vers les régions froides du doute que fait naître l’ignorance. Ce n’est pas faute d’avoir eu de bons bergers, mais dont la parole était étouffée dès que passée la frontière.

J’ai conservé parmi mes notes la lettre qu’il y a quelques mois la Congrégation pour l’éducation catholique [1] avait adressée aux présidents des conférences épiscopales : elle y réaffirmait fermement l’identité de l’école catholique. « L’œuvre éducatrice, bien qu’accomplie par plusieurs acteurs, repose sur les parents comme premiers responsables de l’éducation… …Cette responsabilité implique le droit de choisir une école qui garantisse une éducation conforme aux propres principes religieux et moraux. L’école catholique est une véritable réalité d’Église, dans laquelle se fondent harmonieusement la foi, la culture et la vie. » Si l’on veut bien la considérer comme l’expression de la communauté ecclésiale, « sa catholicité [doit être] garantie par les autorités compétentes », c’est-à-dire l’évêque de chaque diocèse. Le document romain va plus loin encore : « L’enseignement de la religion est une caractéristique essentielle du projet éducatif et on ne peut y renoncer. L’enseignement de la religion est différent et complémentaire de la catéchèse, car il s’agit d’un enseignement scolaire, qui ne réclame pas une adhésion de foi, mais transmet des connaissances sur ce qu’est le christianisme et la vie chrétienne. » J’ai apprécié que ce document mette en garde contre un enseignement religieux limité à la seule comparaison entre les religions sous prétexte de «  neutralité  ». En ce domaine, il faut dire clairement que tout ce qui ressemblerait à de la neutralité ressemblerait étrangement à une trahison. L’école catholique neutre, ça ne peut pas exister. Ça ne doit pas ! Et si ça existe, il faut que l’autorité compétente fasse cesser le scandale : n’est-ce pas ce qu’a commencé de faire un évêque qui ne transige pas avec sa responsabilité en la matière, Mgr Jean-Pierre Cathenoz, évêque d’Avignon ?

On me dit : oui, mais – toujours ce « oui, mais-mais-mais ! » de moutons de Panurge – il y a des non-chrétiens qui envoient leurs enfants à l’école catho parce qu’une discipline plus stricte y est appliquée, parce qu’une autorité plus sérieuse s’impose aux élèves, etc.. Qu’importent ces motifs : si l’on met son enfant dans une telle école, il faut prendre cette école pour ce qu’elle est, catholique, l’accepter sans chercher à l’amputer et donc également et nécessairement comme obligatoirement prendre le cours sur le christianisme tel qu’il est vécu dans l’Église catholique : sinon, que devient la spécificité de cette école ? Contrainte en outre de se soumettre, front contre terre, aux directives pédagogiques et aux programmes élaborés par la Rue de Grenelle !
Et c’est parce que cela, la liberté d’enseigner la foi – pourtant un droit élémentaire pour les parents chrétiens –, n’est pas accordée à nos écoles, n’est pas accompli avec tact et science dans nos écoles, que nombre de parents aux revenus modestes acceptent de réduire leur niveau de vie pour augmenter leur niveau d’engagement, alors vivants témoins de la primauté de cette foi.

Faut-il donc que les chrétiens se mettent à manifester pour obtenir que soit re-évangélisée l’école catholique ? Si j’en crois la quinzaine de pages publiées par le très français Comité national de l’Enseignement catholique, je me dis que c’est ce qu’il faudra bientôt envisager de faire… car on se rend compte que l’on est encore bien éloigné de lever vraiment l’hypothèque de la sécularisation galopante que l’on constate sans avoir même à se tenir informé.

Texte qui a été envoyé à toutes les écoles dites cathos : je suppose qu’a dû jouer son rôle d’électrochoc le développement à la fois anarchique et de grande ampleur des écoles vraiment cathos et totalement libres puisque hors contrat ! Oui, ces familles chrétiennes d’aujourd’hui, aussi peu nombreuses qu’elles soient mais qui osent entrer en résistance contre la lâcheté et le repli, représentent le fer de lance, non de la survie de l’Église catholique en France, mais de son avenir que Marthe Robin n’hésitait pas à prédire radieux, après un douloureux passage par les gouffres (nous sommes englués en leurs abîmes). Elles ne veulent plus d’une école peau de chagrin, l’école du dépérissement, de la sénilité même, où la raison laïque l’emporterait sur la foi, elles veulent que l’école de l’Église soit instrument d’évangélisation vivante où la raison s’éclaire par la foi, et la foi se vivifie par la raison. Ce qui implique une maîtrise des matières enseignées : non pour détourner les connaissances scientifiques et leur faire dire ce qu’elles ne disent pas, mais pour que toute matière puisse être reliée au donnée transcendant de l’Évangile. Si cela ne plaît pas aux parents non chrétiens, qu’ils aillent ailleurs : il ne leur revient pas d’imposer leurs vues en ce domaine. J’ajoute que recevoir un enseignement exact sur le christianisme n’oblige en rien à se convertir.

Que dit le texte du Comité national de l’Enseignement catholique ? Une analyse qu’un ami avait relevée dans « Chrétiens dans la Cité » en rend compte : « Le texte est avant tout révélateur d’un tiraillement, d’une tension schizophrénique entre la référence catholique et une réalité concrète, structurelle et humaine, qui s’y oppose. Écrit dans une langue de buis qui frôle parfois le charabia, il comporte des affirmations qui semblent cohérentes avec son titre : nécessité d’une « dynamique missionnaire », prise en compte de la dimension religieuse de la culture et de l’enseignement social de l’Église, présence de signes religieux visibles (chapelle, oratoire...) etc. ».

Si l’on s’était contenté de cette approche en la précisant, on aurait pu se sentir enfin soulagé : l’on reprenait pied après avoir manqué de peu le naufrage. Mais la suite rend circonspect ! On évoque comme nécessaire une « pastorale de la proposition » et de « l’invitation »... Cela se concevrait dans d’autres contextes, mais pas au sein même de l’école catholique ! Sont-ce les réalités d’aujourd’hui, devenues semble-t-il quasi insolubles dans le système actuel, c’est-à-dire l’obligation de recevoir tout le monde – mais on peut recevoir tout le monde en précisant qu’alors tout le monde assistera à tous les cours décidé par l’autorité catholique, dont celui sur la foi chrétienne ! – et le recrutement d’enseignants qui ne sont plus chrétiens qui obligeraient à de telles contorsions ? « De fait la communauté éducative n’est plus une communauté confessionnelle. « Les catholiques d’un établissement doivent prendre garde à ne pas confondre affirmation légitime de son identité et repli identitaire ». Attention aux dangers de la messe et des célébrations : La dimension liturgique est cependant délicate à honorer dans une communauté éducative délibérément ouverte à tous. Plus grave encore, le document fait l’impasse sur le drame central de l’école catholique entretenue [2] par l’État : l’abandon d’un véritable enseignement catholique – c’est-à-dire intrinsèquement catholique, vivant de l’harmonie entre raison et foi, conforme à la Tradition de l’Église et à son Magistère. Il reste à évangéliser l’école catholique. »

Cette analyse est éloquente, qui fait comprendre à quel point on a perdu de vue l’essentiel : on ne fait qu’enseigner ce que l’État enseigne et ce n’est plus l’Église qui se trouve au premier rang. En quoi cela nous importe-t-il de faire à la place de l’État ce que fait l’État en ses écoles ? Déjà qu’il est scandaleux qu’il prive 80% des jeunes – proportion qu’il se réserve de par la loi et non de par la liberté des citoyens – de toute connaissance de la possible (ou non…) existence de Dieu, il l’est encore davantage qu’il se soit donné les moyens de séculariser à ce point l’école chrétienne, qui donc tend à n’être plus chrétienne. Il est vrai qu’il a bénéficié de la crise de 1968, surgie pour lui fort opportunément pour servir des visées anciennes, inspirées entre autres par le Grand Orient : elle a réduit à quasi rien les réflexes vitaux de l’Église et donc aussi de l’École libre et de son association de parents d’élèves (APEL), tous devenus comme diaphanes, comme ayant perdu de leur vitalité ancestrale.

Maintenant, je comprends encore mieux le pourquoi de la décision de ma fille et de mon gendre : il n’y a plus qu’à réaffirmer notre droit séculaire – je n’oublie pas que les chrétiens ont créé l’enseignement en France, et la République s’ingénie à les chasser de leur création afin de chausser leurs bottes et ainsi mieux les faire disparaître. Ce n’est pas gagné pour elle : nous le verrons dans les trente prochaines années.

Dominique Daguet

[1] - Instance au service du Pape.
[2] - Entretenue, c’est-à-dire soumise, alors que l’État ne fait que lui reverser, encore qu’avec une parcimonie qui ne rend pas la justice attendue, ce qui a d’abord été perçu par les impôts sur le revenu, la TVA etc..

Ecole « catho » sous contrat ?

« […] selon un sondage du Credoc, seules 14 % des familles envoient leurs enfants dans ces établissements pour des raisons religieuses. Ce sont avant tout l’encadrement (81 %), l’épanouissement de l’enfant (76 %) et la transmission de valeurs morales (67 %) qui déterminent leur choix. Respect de l’autre, enseignement de la rigueur, autorité, mais aussi tolérance et partage : « Les parents prennent et mélangent les valeurs laïques, religieuses. Il y a une grande confusion », considère Éric de Labarre.

http://www.fondationpourlecole.org/content/view/65/61/lang,fr/

Suivre les débats, colloques et initiatives de la « Fondation pour l’école » : http://www.fondationpourlecole.org/fr/qui-sommes-nous.html

Lire :
Panorama des écoles hors contrat - http://www.chretiente.info/201105181032/panorama-des-ecoles-hors-contrat/

Enseignement : les écoles catholiques appelées à renouer avec leurs valeurs - http://fr.novopress.info/33525/enseignement-les-ecoles-catholiques-appelees-a-renouer-avec-leurs-valeurs/

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