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Elections Cantonales - La gauche à l’affût !

Jeudi 10 mars 2011 // La France

Les 20 et 27 mars prochains seront organisées les dernières élections cantonales avant qu’en 2014 les Français n’élisent les conseillers territoriaux, mandat fusionné des conseillers généraux et régionaux. La moitié des cantons sont renouvelables et certains seront décisifs au point de faire basculer les départements d’un camp à l’autre.

S’achemine-t-on vers un statu quo ? Sans doute au soir du 27 mars, la physionomie des conseils généraux sera-t-elle la même, à peu de chose près, que celle du dernier scrutin de 2008. Concrètement, la gauche devrait rester majoritaire dans tous les cas de figure, tant en termes de nombre de départements qu’elle préside (58) qu’en termes de poids démographique (62,4% de la population française). Les ambitions restent toutefois clairement affichées de part et d’autre de l’échiquier politique. Le PS a clairement indiqué qu’il comptait remporter les Hautes-Alpes, l’Aveyron, la Côte-d’Or, le Jura, la Loire, les Pyrénées-Atlantiques, le Rhône et la Vienne. Quant à la droite, elle espère faire basculer, dans son escarcelle, la Corrèze, les Pyrénées-Orientales, les Deux-Sèvres, la Somme, le Vaucluse, le Val-d’Oise, la Seine-et-Marne. Rapide tour d’horizon des enjeux dans ces départements.

DIVISIONS DE LA GAUCHE

La droite compte seulement deux voix de majorité dans l’Aveyron et voit constamment ses suffrages s’effriter au fil des scrutins. Pas moins de 22 cantons sont renouvelables, quatorze pour la majorité départementale, huit pour l’opposition qui compte bien gagner trois sièges.

Plus serrés devraient être les scores concernant la Côte d’Or. Dans ce département traditionnellement à droite, le suspense sera assez important.

En particulier, François Sauvadet (NC), député et homme fort du centre en Bourgogne gardera-t-il la présidence pour laquelle il avait dû batailler en 2008 ? Il n’avait pu être élu à la tête du conseil que grâce au ralliement inattendu du conseiller général Modem de Baigneux-les-Juifs, Marc Frot, alors que le Modem et le PS avaient fait alliance sur ce canton face à la droite. Ici, la droite ne possède donc qu’une voix de majorité. Sur les 21 cantons renouvelables, onze sont détenus par la majorité et dix par l’opposition !

Que dire du Jura où le partage des voix est égalitaire entre gauche (17 voix) et droite (17 voix) ? Son président, Jean Raquin (DVD) a été élu à la tête de l’assemblée départementale... au bénéfice de l’âge en mars 2008, ce qui donne à la droite une voix prépondérante. Elle pourrait toutefois compter sur les divisions de la gauche qui a vu l’une de ses figures emblématiques, André Vauchez, premier vice-président du conseil général, démissionner du Parti socialiste en octobre dernier, après 42 ans de militantisme.

La configuration politique est identique dans les Pyrénées-Atlantiques, où gauche et droite (dont le Modem) sont à égalité, la droite ne dirigeant l’exécutif que grâce à la présence en son sein du doyen d’âge, Jean Castaings (UMP). Il semble cependant que la gauche soit en moins bonne position de l’emporter que lors du scrutin de 2008 qui lui avait échappé. Il faudra en particulier suivre les deux conseillères générales élues sous étiquette PS en 2004 et qui ont rallié la majorité de droite lors des municipales de 2008. Par ailleurs, les chiffres des régionales montrent que dans dix cantons, la majorité exécutive (Modem et UMP-NC) réalise un score supérieur à 50 %. La gauche en revanche est en position de majorité absolue dans seize cantons... dont trois sont détenus par la droite.

« UN COUP À JOUER »

La gauche espère aussi remporter la Loire où la droite compte trois sièges d’avance. Sur les 21 cantons renouvelables, onze concernent la droite, huit la gauche et deux les non-inscrits. Pour Régis Juanico, premier secrétaire fédéral du PS, « aujourd’hui c’est du 50-50. Ça va se jouer à rien » (Le Progrès, 24 décembre 2010). D’autant que les écologistes pourraient faire cavaliers seuls dans les cantons urbains et trouver un terrain d’entente avec leurs différents alliés autres que le PS. Tout aussi important est l’enjeu des élections dans les Hautes-Alpes où la droite devance la gauche d’un siège. Cependant, la faible population de ce département, et son petit nombre de cantons, peuvent faire basculer l’élection avec quelques dizaines de voix, peut-être même moins. Les enjeux locaux et de personnalités devraient peser au maximum, comme en 2008, scrutin qui avait vu le département repasser à droite malgré le contexte national défavorable à l’UMP.

Le chef de l’État portera une attention toute particulière au département du Rhône où le Garde des Sceaux, Michel Mercier, remet en jeu son mandat de président du conseil général. Il ne possède qu’une voix de majorité et le PS espère bien réaliser le grand chelem en ravissant le seul département de la région qui lui manque. Enfin, dans la Vienne, département de Monory et de Raffarin, la gauche n’a jamais été aussi proche de la majorité, à 18 sièges contre 20 pour la droite. Pas moins de 17 cantons sont renouvelables, 8 à gauche et 9 à droite.

PAS INSURMONTABLE

Pas en reste, la droite compte ravir sept départements à ses adversaires. En premier lieu, la Corrèze où une voix seulement sépare gauche et droite. Le président du Conseil général, François Hollande (PS), joue là une partie de son avenir politique. Une défaite au profit de l’ancien président du département, Jean-Pierre Dupont (UMP) compromettrait sa candidature à la présidentielle de 2012, l’ancien premier secrétaire du PS n’ayant plus d’autre mandat lui assurant une certaine légitimité.

Bien qu’elle accuse un retard de quatre sièges, la droite des Pyrénées-Orientales espère bien gagner le département au soir du 27 mars.

Car la gauche est en position délicate sinon difficile dans au moins six cantons : Perpignan 1, 3 et 9, Prades, Rivesaltes et Sournia. De plus, l’ancien président du conseil général, Christian Bourquin, a abandonné le département pour succéder à Georges Frêche à la tête de la région Languedoc-Roussillon. Une promotion qui est interprété par la droite comme un « abandon ».

Cette dernière espère bien reprendre le département des Deux-Sèvres perdu de peu en 2008. Avec seulement trois voix de plus pour la gauche, elle considère que la victoire n’est « pas insurmontable ». D’autant que sur les seize sièges renouvelables, dix sont aujourd’hui détenus par la majorité (8 Pe et 2 DVG) et six (4 DVD et 2 UMP) par l’opposition. L’indécision tient au fait que le département est historiquement divisé en deux, le nord étant plutôt une terre de droite et le sud plutôt une terre de gauche.

En théorie, la droite possède de sérieuses chances de ravir le Vaucluse au PS. Tout d’abord, parce que ce département est sociologiquement et électoralement à droite. Ensuite parce que le renouvellement sortant est beaucoup plus à risque pour la gauche que pour la droite. En effet cette dernière ne détient que trois cantons contre neuf à la majorité sortante.

VISÉES PRÉSIDENTIELLES

L’UMP et ses alliés entendent aussi reprendre la Somme qu’ils ont perdu d’une voix de majorité en 2008, et qu’ils détenaient d’une voix entre 2004 et 2008. Aujourd’hui, seules deux voix séparent gauche et droite et 23 sièges (14 à gauche et 9 à droite) sont soumis au suffrage des électeurs.

Cependant, dans un camp comme dans l’autre, les leaders politiques devront compter sur un conseiller général CPNT dont le siège n’est pas renouvelable cette année et qui entend rester indépendant ! Sa voix pourrait être décisive en cas d’égalité parfaite entre les deux camps.

Le poste de Didier Arnal (PS), président du conseil général du Val-d’Oise depuis 2008, parait en sursis tant sa majorité actuelle est ténue : 19 conseillers de gauche, 19 de droite et un non inscrit qui penche plutôt à droite ! La droite a en effet réduit l’écart en septembre 2009, après avoir reconquis le canton d’ArgenteuilEst lors d’une élection partielle consécutive à l’annulation de l’élection de la communiste Marie-José Cayzac.

Compte tenu des résultats à la fois des élections cantonales de 2004, des élections municipales de 2008 et des élections régionales de 2010, chaque camp peut espérer gagner entre un et trois sièges !

Enfin Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand ausculteront avec intérêt et fébrilité les résultats de Seine-et-Marne, département du patron de l’UMP, Jean-François Copé qui a des visées présidentielles. Ce dernier peut espérer reconquérir trois sièges à ses opposants, dont ceux de Chatelet-en-Brie et de Thorignysur-Marne qui, malgré leur ancrage traditionnel à droite, ont été gagnés en 2004 par deux élus DVG Verts.

Ces élections constitueront un galop d’essai avant les sénatoriales de septembre et donneront quelques indications sur les forces en présence avant les présidentielles de 2012.

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