Ecrasement des faux couteaux de Laguiole.

La population en admiration, face à l’écrasement des faux couteaux de Laguiole.

Mardi 7 août 2007, par Paul Vaurs // Divers

Le public attend la destruction des faux Laguiole
Honoré Durand accueille le public au concassage

Mardi 17 juillet à partir de 16h30, au musée du Couteau de Laguiole, le public était convié à un spectacle peu commun. « La destruction d’une quantité de couteaux contrefaits jetés par terre en ligne devant un rouleau compresseur. »

Ces faux Laguiole, en provenance principalement du Pakistan et de Chine, ont été saisis par les douanes. Leur destruction était l’occasion d’attirer l’attention des visiteurs et des touristes présents dans la région sur le phénomène de la contrefaçon, qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Honoré Durand, « Maître coutelier » fondateur de la Coutellerie de Laguiole, et ses fils sont engagés dans cette lutte contre des produits qui bénéficient de l’absence de marque déposée pour le couteau de Laguiole et qui inondentle marché.

« Ils n’ont que le nom mais pas la qualité, ces produits parasitaires », dit Honoré Durand on accueillant tout le monde à la manifestation. 

Le musée du Couteau se mobilise, pour la 3° année consécutive afin de susciter une prise de conscience sur les impacts importants de ce commerce illégal.

« En effet, chaque couteau contrefait, écouté sur notre territoire, représente un manque à gagner direct pour les artisans et commerçants locaux », explique Christophe un de ces fils.

Après le concassage des couteaux, les Durand ont organisé une conférence à la coutellerie avec des représentants, entre autres, des Douanes Françaises, de l’Institut National de la Propriété Industrielle ( INPI ), de l’Union des Fabricants (UNIFAB). Partenaires de l’exposition, ils ont expliqué les moyens du combat anti-contrefaçon.

En visitant l’exposition présentée par le musée, au-delà des seuls couteaux, on découvre que la contrefaçon touche les produits de la vie quotidienne, souvent en mettant en danger la sécurité et la santé des consommateurs. Les vêtements et chaussures de sport, les accessoires de mode (sacs, montres, lunettes et bijoux), les pièces de rechange d’automobiles, les médicaments, les jeux vidéo.., souvent, portant tous abusivement le nom d’une marque célèbre. L’exposition « Contrefaçon, sans façon !, présente plus de pièces cette année et se tiendra jusqu’au 31 août, au musée du Couteau, Coutellerie de Laguiole, route d’Aubrac, zone artisanale La Poujade. Visite gratuite. Pour tout renseignement : 05.65. 51.50.14 ou www.layole.com.

La contrefaçon en quelques chiffres.

Selon l’institut National de la Propriété Industrielle (INPI), la contrefaçon frappe aujourd’hui 10% du commerce mondial. D’autres études alarmantes constatent que quelque 40 000 emplois sont perdus en France et 200.000 en Europe par an.

L’industrie de la contrefaçon génère chaque année des milliards d’euros qui sont soustraits aux circuits économiques traditionnels avec une perte annuelle pour la France d’environ 6 milliards d’euros.

Pourtant, une étude récente de l’Institut Français d’Opinion Publique montre que 55 % des consommateurs français se déclarent prêts à acheter un produit contrefait, inconscience ou naïveté ?

Cependant, il ne faut pas oublier que le contrefacteur n’est pas la seule personne poursuivie par la justice, le détenteur de l’objet, peut, lui aussi être inquiété. Les peines ont été considérablement alourdies ces dernières années, passant de 2 à 4 ans de prison et les amendes ont été doublées.

Voilà qui fera réfléchir...

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