EGLISES : Offrandes d’abord, les âmes après

Mardi 14 février 2006, par NKANSA’S Nenthor // Agenda

EGLISES : Offrandes d’abord, les âmes après

De nos jours, les groupes de prière et d’évangélisation sont devenus légions aussi bien en Afrique qu’en Europe. Tout le monde ou presque prie. Tel est du moins l’impression qui se dégage aujourd’hui. Beaucoup ont déserté l’église catholique dont le culte est jugé mou. Les critiques en l’endroit de cette dernière fusent de partout. Néanmoins, il sied de reconnaître une grande valeur à cette dernière : à travers ses écoles et universités bien structurées, l’église catholique assure, à travers le monde, l’éducation de plusieurs personnes. La pauvreté et le chômage poussent beaucoup d’autres personnes à se réfugier dans la prière. Difficile de distinguer les bons de mauvais chrétiens.
Certains pasteurs et autres évangélistes ne les sont que des noms. Tellement l’écart entre leurs agissements et leurs enseignements est grand. Ils se méconduisent et entretiennent parfois des relations coupables avec des sœurs de l’église. Ils voient des visions, parlent en langues, ... Ils focalisent leurs enseignements sur les « mabonza » (offrandes) et prêchent la prospérité, les miracles. Les croyants sont appelés à faire des offrandes spéciales par catégorie de 500€, 1500€, ... Dans Matthieu 10 :8-10, Christ dit à ses apôtres : « ... vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton ; car l’ouvrier mérite sa nourriture ». Les apôtres et les autres pasteurs ont reçu GRATUITEMENT du Très-Haut la grâce ainsi que les dons pour guider son peuple. Pourquoi alors aujourd’hui certains évangélistes prêchent, à longueur de journée, les dîmes et offrandes ? Visiblement, le salut des âmes, à leurs yeux, ne représente plus grand chose par rapport aux biens matériels.
Certains demandent même à leurs adeptes d’amener tous leurs biens (téléviseurs, meubles, voitures, ...) pour la gloire de Dieu. Voilà une vraie escroquerie sous couverture de religion. Autoproclamés « pasteur », « bishop », les guides spirituels s’adonnent, au sein de l’église, au commerce en vendant des mouchoirs bénis, la guérison contre l’argent liquide de préférence. L’argent demeure l’une des causes de la prolifération des églises. Vers les derniers jours, prédisait le Christ, beaucoup de faux prophètes viendraient en son nom. Ils s’efforceraient de séduire les âmes et les détourner du droit chemin. Une fois le chômage aura diminué, beaucoup d’églises disparaîtront d’elles-mêmes. C’est à ce moment là que l’on reconnaîtra les vrais croyants.
Tous ces agissements regrettables ont poussé plusieurs personnes à ne plus avoir confiance en des groupes de prière. La meilleure église étant son propre cœur. Bien détecter la bonne communauté chrétienne permettra d’échapper à l’emprise de ces pasteurs aux mœurs douteuses. C’est bien beau de prêcher les offrandes ainsi que la prospérité mais il faut également chercher à raffermir la foi des croyants. Les pasteurs feraient mieux de s’occuper de la santé spirituelle de leurs brebis. Celles-ci, en retour, songeront, en fonction de leurs revenus et surtout sans contrainte, à aider financièrement leurs guides.
Kinshasa, le 14 septembre 2002

NKANSA’S Nenthor

Ecrivain - journaliste indépendant

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