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« Du dérisoire à l’essentiel » !

Dimanche 21 novembre 2010, par Dominique Daguet // La France

Que sommes-nous devenus ? Les moutons de Panurge feraient figures de révoltés...

Pourtant, en d’autres temps qui eux aussi étaient difficiles, nous étions différents...

Un très grand texte de Dominique Daguet : « Raisons et déraisons, humeurs grinçantes :du dérisoire à l’essentiel »... 

Ne récoltons-nous pas les fruits de la « République » qui incarne tout ce que vous voudrez sauf la « res publica »...

« Raisons et déraisons, humeurs grinçantes : du dérisoire à l’essentiel »

« Nous sommes membres d’un peuple étrange : qui se veut intelligent, raffiné, élégant… Je ne parle pas de courage, nous en avons à revendre dans certaines circonstances pour être d’une lâcheté confondante dans d’autres…
Intelligent, raffiné, élégant… Il nous suffit de parcourir les Champs-Élysées, l’avenue réputée la plus prestigieuse (in the world, naturellement !), pour nous rendre compte que avons en réalité perdu le sens de ce qu’est l’élégance vestimentaire – celle des mœurs n’en parlons pas ! – à voir l’universel triomphe du pantalon en denîmes, qui se dit en langage correct bluejeans, c’est-à-dire le très laid et le très raide pantalon des vachers états-uniens.


Champs de misère aussi...

Pour les travaux des champs, les galopades à travers les hautes herbes, il est épatant ; pour la sortie en ville, l’horreur même.

Raffiné… faudrait vérifier ! L’exemple précédant devrait suffire à la démonstration, mais je vais y ajouter : quand, dans l’art contemporain, nous consacrons sur notre Acropole presqu’exclusivement ce qu’il y a de plus sot, de plus monstrueux, de plus désespérant, nous pourrions nous interroger sur l’invalidité de notre esprit et la déchéance de notre goût.

Quand nous acceptons que se vendent chez nous des aliments qui n’ont plus aucune saveur alors que notre art gastronomique est considéré comme l’un des plus fameux du monde, il y a de quoi être médusés !

Tomates, pommes d’arbre, poireaux, pêches, poires, cerises : un vent désolant a soufflé sur toutes nos cultures – sauf quelques jardins privés – si bien que nos paysans font un métier d’idiots finis, nous livrant des denrées qui autrefois aurait valu le suicide du coupable tel Vatel déshonoré de ne pouvoir fournir au roi le poisson de la marée.

Intelligent enfin ! Se référer simplement à ce qui vient de se passer à Gonneville-sur-Mer, dans le Calvados, pour être édifié : le Tribunal administratif de Caen a fait retirer d’une exposition sur les anciens chefs de notre État le portrait du Maréchal Pétain : il ne faut donc plus, sur ordre, le considérer comme ayant fait partie de la noble cohorte, infiniment respectable, des Présidents de la République ou du Conseil.

N’ont-ils pas, les juges, dans leur Olympe laïc, tressailli d’indignation à la vue de cette présence photographique au sein des documents de l’Histoire ?

Ainsi, judiciairement et administrativement, la Justice a été sommée de rayer des tablettes augustes celui qui pourtant, judiciairement et administrativement, avait déjà payé la dette reconnue au sein d’une prison ?

Mais peut-on réellement, rien qu’en retirant un portrait d’une exposition, faire que Philippe Pétain n’ait pas été, pour le meilleur comme pour le pire, maréchal de France et chef de l’État français ?

Mettre son portrait à la poubelle est-ce bien un acte de bravoure républicaine ? De vertu républicaine ? Ou plutôt une palinodie un peu débile à mettre à l’actif de la « bonne-pensée » républicaine ? Car enfin l’homme de toutes les louanges fut aussi celui de toutes les injures, et cela continue comme si nous n’avions rien appris sur nous-mêmes et notre nullité.

Le refus de Gonneville-sur-mer de "faire procéder au retrait du portrait de Philippe Pétain (...) porte atteinte au principe de neutralité du service public" indique le tribunal administratif (TA) de Caen, présidé par Christian Heu, dans sa décision.

Ce principe "s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes exprimant des opinions politiques, religieuses ou philosophiques", rappelle la juridiction qui "annule" la décision dont le maire, Bernard Hoyé, sans étiquette, avait fait part au préfet dans un courrier du 21 janvier.

L’argument de la mairie, selon lequel le portrait présent depuis des décennies "trouvait sa place dans une galerie de portraits historiques des chefs de l’Etat depuis 1871", ne peut être retenu "en raison de la portée symbolique particulière que revêt le portrait de Philippe Pétain", précise le TA dans un communiqué.

Le maire de cette commune de 600 habitants, avocat, avait retiré le portrait le temps de la procédure. Le tribunal lui a "enjoint" néanmoins de le "décrocher" dans les 24 heures.
Le tribunal a suivi l’avis du rapporteur public qui, lors de l’audience du 12 octobre, avait souligné que Pétain "incarne à lui seul le régime de Vichy" antisémite, raciste et dictatorial et sa "collaboration" avec l’Allemagne nazie.

"La reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité du fait des persécutions antisémites commises" sous le régime de Vichy "ne saurait permettre le maintien dans une mairie, lieu symbolique de la République, du portrait du chef de cette autorité de fait", avait argumenté l’Etat.

Si l’on voulait vraiment que l’on croie possible pour la République, une, indivisible et éternelle, d’être aussi vertueuse qu’elle le prétend, il faudrait au moins qu’elle ait le courage de reconnaître l’Histoire de la France pour ce qu’elle a été, depuis ses péchés et ses fautes jusqu’à ses merveilles et ses hauts-faits.

Par exemple qu’elle reconnaisse l’extrême misère que fut sa naissance noyée, au cours des dernières années du XVIIIe siècle, dans la boue sanguinolente s’écoulant tout au long des ruisseaux qu’étaient devenus les chemins creux de la Vendée.


Des noyades aux massacres en tout genre...


« Peau humaine tannée... »

Et puisque j’en suis, une fois de plus, à m’interroger sur les éminents mérites du régime sous lequel s’incline notre cou, je formule – pour moi-même bien entendu et pour personne d’autre – une question que d’aucuns considèreront comme insolente : qu’est-ce qu’une république athée, volontairement athée, peut entendre lorsque qu’elle nous parle de l’avenir notre avenir ? Radieux cela va de soi, car l’adjectif ne mange pas de pain.

Comment parler d’avenir lorsque n’existe que ce temps qui nous submerge jusqu’à nous effacer ? Un savant paléontologue, dans un élan d’une mystique du goût le plus fin, parlait d’un squelette d’ « homo erectus », représentatif de tout ce peuple millionnaire en nombre d’années et qui avait, ainsi confié à nos mains, trouvé une sorte splendide, disait-il ainsi, d’éternité !

Image misérable car déconsidérant le concept même d’éternité, qui ne peut s’exprimer qu’accompagnant la reconnaissance d’un Dieu transcendant.

Sans cette reconnaissance, l’avenir n’existe pas, au sens propre du mot, car s’il y a un avenir qui tienne la route ce ne peut-être que celui qui met à la porte le temps tel qu’il est vécu en notre univers après en avoir épuisé tous les secrets. Autrement, c’est manier l’illusion et la faire prendre pour du « vrai » et du « réel ».

Si aujourd’hui notre peuple n’est que désespoir, perte de repère, aveuglement ; s’il en est réduit à réclamer quelques sous de plus pour vivre quelques semaines en plus ; s’il déserte les lieux où l’on pourrait lui expliquer qu’il découle en droite ligne du souffle divin parce que les nouveaux prêtres enfoncés dans les dérives de sciences qui ne savent rendre compte que du « fini » et ne cessent de lui seriner qu’il n’est pas plus que son « cousin » le chimpanzé ; s’il se précipite sans fin dans les délires de dérives sans cesse plus mornes, aveugles, délétères pour l’esprit comme pour l’âme – pour le corps, n’en parlons pas, cela n’est que trop évident hélas –, c’est bien parce que la République lui en a donné l’exemple.

Elle a réduit Dieu à ne pouvoir être contemplé et loué que dans le secret de temples privés, rejetant pour toujours ses conseils d’amour, de miséricorde, de paix et d’espérance tandis qu’elle s’essaie, mais bien en vain, s’étant coupée de la Source, de les copier en de pâles imitations, ne serait-ce que par sa devise, « Liberté, égalité, fraternité », donnant par ailleurs à ces mots des significations déconnectées de leur Inspirateur. En effet, comment ne pas en faire des idoles absolues à partir du moment où l’on a renoncé à tout Infini ?

Le passé fut ce qu’il fut : et pourtant, fut-ce dans les pires des siècles, tant que demeurait allumée le foyer de l’éternité, le malheur était supportable. Aujourd’hui, puisqu’on la tient éteinte, même une simple acné devient la cause d’un désespoir ontologique !

Il ne se vit pourtant de liberté qu’en celle de Dieu ; d’égalité que dans la justice inspirée de la sienne ; de fraternité que dans l’amour reçue de Lui et vécue en Lui.

Comment ne pas ajouter que, rien n’étant simple et l’orgueil humain se révélant, en tous les siècles, sans bornes et sans freins, il va de soi que ce seul et court énoncé doit être complété par la reconnaissance que, si l’homme cherche seul à accomplir ces merveilles il se condamne à un irrémissible échec.

C’est parler contre le vent, je le sais et m’en moque : j’étais cette semaine dans le pays du mistral, ce vent qui peut même empêcher de marcher contre lui.

Je n’aime pas le mot athée, pas plus celui d’agnostique : quoi qu’ayant des amis chez les uns comme chez les autres. Ils connaissent le côté souvent abrupt de mes propos, sans que cela nous empêche de nous estimer et d’aimer sourire ensemble de nos pauvretés comme de nos soupirs. Je respecte du fond du cœur l’homme sincère qui ne veut avouer Dieu parce que la raison seule ne lui permet pas de déterminer s’Il est ou s’Il n’est pas ; parce qu’en bonne logique si Dieu existe cette existence devrait être manifestée et que donc, puisque cette manifestation ne se présente point à la raison et qu’au contraire cet être dit suprême se tait comme à jamais, il faut donc en déduire qu’il n’est pas ; parce que ce cher homme ne peut dire l’avoir rencontré et qu’il se refuse mordicus à se fier à des témoignages, ayant trop vu certains d’entre eux n’être qu’impostures : je le respecte, je le loue d’être ainsi conséquent avec lui-même tout en souffrant chaque jour de le voir ne pas se servir de la lumineuse confiance qui pourrait en lui faire briller la loupiote qui, seule, lui ferait « voir » Dieu, éprouver sa « présence » : même s’il a, qu’importe, déjà connu auprès des siens, des nôtres, l’abus de confiance !

J’apprécie son refus clair, qu’il pense hélas fondé, quoiqu’alors il s’installe dans le court terme de sa vie terrestre et ne saurait plus « croire » en quelque avenir possible qui tiendrait le temps à distance, et donc je l’apprécie d’autant plus qu’alors en lui, qui ne le sait pas, le chemin est libre pour Dieu.

Mais je déteste que chez certains athées leur conviction négative se transforme en haine de ce Dieu dont ils nient l’existence, seule vraie absurdité de notre condition, haine qui se reporte, tel un marteau ou une faucille, sur le crâne de ceux qui, sans peur, expriment leur foi : et puisque je parlais de notre République laïque et athée, je suis bien obligé de reconnaître que si elle est ainsi c’est du fait de l’action du prosélytisme de ces « fidèles » du néant, ses serviteurs aveugles.

L’agnosticisme me plaît moins parce qu’il est fondé sur un a priori : l’homme ne peut pas – parce que simple animal peut-être ? – connaître les réalités métaphysiques et, de ce fait, il ne peut pas affirmer ou infirmer leur existence. Ce doute, que l’on peut considérer comme une position intellectuelle qui ne requiert aucune justification, souffre de ce manque et organise en quelque sorte une hésitation complaisante dont on prend l’habitude au point de ne jamais plus être en mesure d’en sortir.

Il est une conséquence de l’athéisme militant contemporain passée sous silence, naturellement, par les bénéficiaires de la République telle qu’elle fut conçue par la Révolution française : ils entendent que la société corresponde pleinement à leur vision, dont je rappelle qu’elle n’a pas de fondements idéologiques pleinement indubitables. Pleinement justiciables de preuves absolues. Pleinement satisfaisants pour l’esprit. Ils ont conquis, souvent par la force, l’abus, le mélange des intérêts, tous les degrés du pouvoir au point même que des fidèles de Dieu – j’entends ici les toujours majoritaires dans ce pays, les chrétiens chargés de tel ou tel rouage du Pouvoir – doivent laisser leurs convictions à la porte lorsqu’il est débattu des intérêts et des décisions de la République : car nul ne peut être plus grand qu’elle. Qu’ils disent leurs messes dans leurs cachettes, ces buveurs d’eau bénite, mais qu’ils laissent la société s’organiser sans eux, alors qu’il va de soi qu’ayant « fait » la France de par l’action de leurs ancêtres, ils conviendraient qu’on les considère comme des héritiers prioritaires…

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