Douze candidats.

Combien cela coûte aux contribuables ?

Mardi 10 avril 2007, par Paul Vaurs // La France

Après une semaine riche en péripéties et même un improbable suspens s’agissant d’un des candidats, le Conseil constitutionnel a publié lundi la liste officielle des candidats à l’élection présidentielle de cette année 2007. Ils seront douze à briguer les suffrages des Français : François Bayrou, Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers, Dominique Voynet, mais aussi des candidats plus méconnus, Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et tradition) et Gérard Schivardi, soutenu par le Parti des Travailleurs.

Il y a encore une semaine, un nombre non négligeable de ces candidats n’étaient pas certains du tout de voir leur qualification validée. Jusque dans les derniers jours avant la date butoir du 16 mars, Oliver Besancenot, Frédéric Nihous et surtout José Bové, dont la validation de candidature s’est faite à l’arraché à quelques signatures près, ont dù « battre la campagne » pour recueillir au moins 500 de ces précieux parrainages.

Des difficultés de ces candidats, et même, selon ses dires, de Jean-Marie Le Pen à obtenir ses signatures ; aux accusations faites aux grands partis de verrouiller les parrainages via des pressions sur les élus, en passant par ces mises en scène très discutables de signatures mises aux enchères ou tirées au sort, force est de constater aujourd’hui que le système des parrainages pose question et nécessiterait sans doute d’être réformé afin d’en limiter les effets pervers.

Si José Bové a pu finalement être qualifié, le souverainiste et ex UMP Nicolas Dupont-Aignian n’a pu recueillir un nombre suffisant de signatures, victime selon lui d’un verrouillage orchestré par l’UMP. « Le régime des partis a remis la main sur la démocratie française, confisquant l’élection présidentielle au suffrage universel que lui avait précisément imposée le général de Gaulle pour le tenir à distance », déplore-t-il. Interdiction de rendre publics les parrainages, instauration d’un parrainage par un grand nombre de citoyens ou qualification automatique des candidats ayant obtenu un nombre de voix minimal aux précédents scrutins figurent parmi les pistes évoquées pour réformer le système des parrainages.

Faute de signatures en nombre, plusieurs candidats déclarés avaient eux-mêmes renoncé bien avant le 16mars : Antoine Waechter, du Mouvement écologiste indépendant, Corinne Lepage qui milite également pour l’écologie et qui soutient désormais François Bayrou, le fédéraliste Jean Philippe Allenbach, qui a décidé de s’installer à Genève, ou l’indépendant Rachid Nekkaz, d’origine algérienne et militant pour un gouvernement d’union nationale. Il avait vendu ses biens afin d’être « libre de tout parti ». Quant à Nicolas Miguet, du Rassemblement des contribuables français, mis en cause dans une affaire de faux document et de détournement de parrainages, il a lui aussi, jeté l’éponge.

Un inconnu du grand public a en revanche pu obtenir ses signatures, sans trop de difficultés semble-t-il Gérard Schivardi. Maçon, maire et conseiller général dans l’Aude, membre du PS jusu’en 2003, il se présente comme le candidat des maires, « pour la défense des services publics, de la laïcité et tes 36 000 communes ». Il est soutenu par le Parti des travailleurs, trotskiste Il n’est d’ailleurs pas le seul candidat de cette présidentielle 2007 à relever du trotskisme : Ariette Laguiller de lutte ouvrière et Olivier Besancenot de la Ligue communiste révolutionnaire le sont aussi. Outre ces trois candidats trotskistes, le Parti communiste a aussi sa candidate avec Marie-George Buffet et le militant altermondialiste et anti OGM José Bové appartient également à la gauche radicale. Ces cinq candidats à l’extrême-gauche sont révélateurs d’une certaine exception française. « Il existe dans la culture française un rapport singulier à l’opinion radicale et à l’idée révolutionnaire », souligne Dominique Reynié, professeur en sciences politiques.

Lors du référendum sur le Traité européen en 2005, la gauche radicale avait défendu avec succès le rejet du texte et d’une certaine idée de l’Europe. Ce non à la Constitution européenne reste toujours un problème puisque les « grands partis » ne semblent pas, entendre dans leurs propositions, le message de 2005 et font comme si rien, ne s’était passé ou presque. « La victoire du non a été celle de l’angoisse devant la mondialisation, du grand mécontentement vis-à-vis des gouvernements et des institutions. Elle n’est toujours pas levée, estime Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne. Les candidats devraient réconcilier ceux qui ont été pour le « oui et pour le non » au référendum. Sans cela, les anciens partisans du non en 2005 devraient être nombreux à voter pour les extrêmes, que se soit à l’extrême gaudie ou à l’extrême droite.

Répondre à cet article