Incorrigibles socialistes

Dominique nique-nique...

Lundi 16 mai 2011 // La France

À l’horizon rien de nouveau. Les bourgeois de la rue de Solférino ont le nez sur le guidon, le regard dans le rétroviseur et leur projet, sans rigueur, ni crédibilité, ne vise qu’à flatter des clientèles. Et pendant ce temps Dominique Nique-Nique.

S’IL NE S’AGIT PLUS de « changer de société » mais, en toute modestie, de « crvilisation » , le programme du PS n’est jamais qu’un piteux recyclage de 1997 et des vieilles lunes socialistes du Programme commun de 1981. La vision socialiste du monde relève d’une pure et simple forclusion du réel.

On connaît la chanson : la mondialisation n’existe pas sinon comme prétexte pour la « droite » pour déréguler, « casser les services publics » et faire le malheur du bon peuple. Inutile de rappeler à nos édiles socialistes le déficit chronique de compétitivité de notre pays, le surendettement public structurel et la permanence du chômage ; alors même que le contexte est celui de la mondialisation et de la crise de l’euro, ces illusionnistes n’en ont cure.

DES PLANS SUR LA COMÈTE

Alors que nous devons faire face à une crise économique et financière mondiale terrible et qu’un défi immense se profile devant notre pays pour les années à venir, le principal parti d’opposition n’a rien de mieux à proposer aux Français que la voie de la facilité et de l’éternel retour à l’économie administrée, une solution qui n’a jamais fonctionné, car l’État ne peut décréter ni la croissance ni le plein emploi.

Pour réduire la dette, c’est toujours la même solution miracle : on augmente les impôts. Et de proposer 50 milliards d’euros de prélèvements fiscaux supplémentaires dont seulement la moitié pour réduire la dette, le reste étant consacré à des dépenses nouvelles. Or, 50 milliards d’impôts en plus, c’est tout de même en moyenne 1 300 euros d’impôts en plus par foyer fiscal.

Alors même que, pour réaliser toutes les promesses socialistes, il semble qu’il faille au bas mot quelque 100 milliards d’euros.

Qui plus est, alors que tous nos partenaires, hormis les États-Unis, se serrent la ceinture, nos magiciens socialistes prétendent que nous pourrions rembourser nos emprunts par un accroissement de recettes fiscales. Ou plutôt de la moitié de celles-ci, le tout calculé sur la fantaisiste hypothèse d’une croissance annuelle de 2,5 pendant 5 ans, avec la disparition programmée sans problème de toutes les niches fiscales. C’est prendre nos compatriotes pour des demeurés. Foin de la production, de la compétitivité et de l’innovation, le grand truc c’est la redistribution. Qui ne voit qu’une telle politique ne peut que casser la croissance et encourager les délocalisations ?

L’ASSISTANAT GÉNÉRALISÉ

Avec les socialistes c’est toujours la même chose : on multiplie les promesses coûteuses et non financées. C’est ainsi que les 300 000 emplois jeunes annoncés qui ont coûté très cher dans le passé pour un effet limité, seront sous-qualifiés, ne résoudront aucunement le chômage des jeunes et coûteront à nouveau des milliards pris en définitive sur le pouvoir d’achat des classes moyennes, malmenées de surcroît par le rétablissement des droits de succession. C’est toujours l’assistanat pour tous avec des propositions surréalistes comme une aide au départ en vacances de 200 euros pour lutter contre « les inégalités dans la jouissance du temps libre » ! Et encore plafonner à 1 euro le coût de chaque trajet logement-travail ou donner des congés payés aux... chômeurs !

Et la trique n’est jamais loin : durcissement de la loi sur les logements sociaux (seuil à 25 %), pénalités en pagaille pour les entreprises avec notamment le durcissement des lois Auroux de 1982, le renforcement de l’inspection du travail, le retour de la taxe professionnelle et une hausse de l’impôt sur les sociétés jusqu’à 40 % pour celles qui seraient « insuffisamment redistributives » (sic). De quoi certainement les rendre plus compétitives. Surtout si l’on songe que les coûts de production chinois sont quinze à vingt fois inférieurs aux nôtres.

Et, pour retrouver les lendemains qui chantent, rien de plus facile : on rétablit la retraite à 60 ans (pourquoi pas 55 ans d’ailleurs) et on fait retour aux 35 heures. Or ce dispositif est inepte et tous ont été perdants.

Au premier chef les salariés dont les émoluments ont été gelés pendant 10 ans et qui travaillent aujourd’hui 35 heures payées 35. Avec des cadences accrues puisqu’il faut accomplir en 35 heures ce qui l’était en 39 heures.

Les entreprises non plus n’ont pas été épargnées. Alors que nos concurrents continuaient à doper leur compétitivité, elles se sont épuisées à compenser le surcoût lié à ces 35 heures fatidiques. Avec pour résultat une forte accélération des délocalisations et la perte de plus de 500 000 emplois industriels. Enfin, le contribuable n’y a pas non plus trouvé son compte puisque l’État a dû verser chaque année aux entreprises, pour les aider à compenser le surcoût lié aux 35 heures, quelque 12 milliards d’euros. Si bien qu’il a fallu défiscaliser les heures supplémentaires. Et, par conséquent, avec ces usines à gaz si prisées dans notre pays, nous payons chaque année pour que les Français travaillent tout à la fois moins et davantage. Sans compter que ces calamiteuses 35 heures sont le meilleur moyen de décourager les salariés et de briser les talents.

UNE IDÉOLOGIE PERVERSE

Mais, c’est bien connu : quand on aime, on ne compte pas. Et le PS d’affirmer que « l’équilibre des comptes sociaux ne doit pas être une obsession de court terme ». C’est pourtant bien là, en refusant toute réforme - celle sur les retraites notamment -, le meilleur moyen de liquider notre modèle social alors que notre dette dépasse les 1 600 milliards d’euros. Et ne parlons pas de la démagogie crasse et irréaliste du PS dès lors qu’il s’agit de moeurs, de sécurité ou de justice. On est toujours dans la culture de l’excuse. Jamais en manque d’imagination, nos socialistes ont même inventé un concept extraordinaire : il convient de soumettre les contrôles de police à une procédure de justification. On rêve ! En matière de délinquance, le PS n’a pas, à l’évidence, tiré la leçon de l’échec des années Jospin. Il s’agit toujours de dynamiter l’arsenal pénal contre la récidive et les délinquants dangereux que l’on préfère aux victimes. Pour ce qui est de l’école, c’est toujours la même orientation idéologique perverse : méfiance à l’égard de la famille, confusion entre éducation et instruction, uniformisation, nivellement par le bas, obsession des moyens.

Et pourtant, alors que nous dépensons plus d’argent pour l’éducation que l’Allemagne, les élèves allemands réussissentmieux. Quant à l’immigration, ce n’est toujours pas un problème pour le PS qui prône benoîtement les régularisations massives et l’immigration non maîtrisée.

On le voit, le Parti socialiste français n’a toujours pas eu le courage de procéder, comme ses congénères allemands, italiens, espagnols ou nordiques, à son aggiornamento. Il y a d’un côté les réformistes honteux qui ne croient pas un instant aux folles promesses de l’aile gauche mais n’osent les dénoncer, de l’autre, les archéos-marxistes, avec Benoît Hamon, digne successeur d’Henri Emmanuelli qui n’hésitent pas à promettre la lune.

En fait, cette gauche n’est d’accord sur rien : c’est d’abord une lutte de personnes, puis une lutte d’appareils entre le PS et ses partenaires potentiels, même si le PS parle de sortie du nucléaire et de taxe « écolo-modulable » pour séduire les Verts. Ce programme socialiste se déploie dans un monde virtuel et ne propose que des solutions qui ont toujours échouées. Il ne peut que provoquer la débâcle financière de notre malheureux pays. Avec, à la clef, la mise sous tutelle de la France par l’Union européenne et le FMI ! Il est sage dans ces conditions de ne pas donner les clefs de la maison France à ces illusionnistes dangereux.

Nous avons changé de siècle, le monde autour de nous a muté de façon extraordinaire, plusieurs crises ont ébranlé de nombreux régimes du globe, la vieille Europe s’est assoupie, de nouveaux géants émergent sur la planète, mais apparemment ces réalités échappent à l’entendement de nos hiérarques socialistes. Faut-il s’en étonner ? Ce n’est ni le courage ni l’esprit de responsabilité qui animent le Parti socialiste français et les bourgeois qui le gouvernent, mais la démagogie et le laxisme.

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