Dominique Strauss-Kahn sera-t-il candidat à la présidence en 2012 ?

Dimanche 12 décembre 2010, par Sylvie FERNOY // La France

Nous n’en savons rien, mais mieux vaut prévenir que guérir.

Pour les oligarques de droite et de gauche, pour les gens de médias, Dominique Strauss-Kahn est la solution de rechange idéale à un Sarkozy complètement discrédité et à bout de souffle. DSK, c’est exquis : de beaux diplômes d’économie et la compétence financière que le supposé président n’a pas ; les bonnes manières de la grande bourgeoisie et le respect des puissances établies.

Avec ce gros bagage et une solide réputation de réalisme (DSK et le FMI soutiennent la réforme des retraites de Soubie-Sarkozy), le patron du FMI est l’enfant chéri des chroniqueurs et se retrouve comme par hasard au plus haut dans les sondages. Nous sommes donc priés de rejoindre le chœur de ceux qui appellent le bonhomme à se déclarer candidat.

Dans un article du Monde, Jean-Pierre Dupuy s’en amuse : les deux tiers des sondés préfèrent Martine Aubry pour son honnêteté et sa fidélité aux valeurs de la gauche, mais estiment que D S K n’a davantage que sa rivale supposée « l’étoffe d’un président de la République ». Or Jean-Pierre Dupuy nous rappelle, qu’« en économie, l’écart entre la valeur marchande d’un bien, appréciée par son prix, et sa valeur intrinsèque s’appelle une bulle ». Et de se poser la question iconoclaste : « Le phénomène DSK serait-il une bulle ? »

La réponse est oui. Dominique Strauss-Kahn est un économiste dilettante, inexistant sur le plan de la théorie et parfaitement opportuniste dans sa pratique - que ce soit au ministère des Finances ou à la direction du FMI. Nous aurons l’occasion de revenir sur l’action détestable de ce cynique mondain, en Lettonie et en Grèce tout particulièrement. Mais il y a un fait que les médias français ont choisi d’ignorer : Jean-Pierre Dupuy pointe un « écart abyssal entre les jugements portés sur son action en France et à l’étranger - et, singulièrement, dans la presse de gauche anglaise et U S. Celle-ci se déchaîne contre l’action du FMI. Quelques titres d’articles évocateurs : Les avis du FMI sont-ils meilleurs que ceux d’un ivrogne dans la rue ? (Dean Baker, codirecteur du Center for Economic and Policy Research à Washington, dans le Guardian du 29 juin) : la réponse est non et, au moins, ces derniers sont-ils honnêtes ; Des cinglés aux commandes (Paul Krugman, Prix Nobel d’économie, dans le New York Times du 7 juin) ; j’en passe et des meilleures ».

C’est le FMI qui est jugé mais pas DSK en tant que tel car les Etatsuniens savent bien que les véritables responsables de la politique du Fonds sont les pays riches et plus particulièrement les représentants du Trésor américain et les délégués des banques américaines. À New York, le sémillant personnage est plutôt considéré comme un politicien français avide de notoriété. Pourquoi, à l’heure d’Internet et de la mondialisation comme on dit, les Français sont-ils privés des traductions de la presse américaine sur un sujet qui les concerne au plus haut point ? C’est une censure, parmi d’autres.

Ainsi, « la bulle DSK s’est formée comme se forment toutes les bulles. L’ignorance et la manipulation ont joué leur rôle, mais aussi la mécanique spéculaire du désir et de la fascination. On prête à Pierre Mendès France la réflexion qu’une démocratie moderne n’est possible que si tout le monde accède au savoir économique. Nous en sommes loin et c’est pour cela qu’on peut prêter à un économiste qui n’en est pas vraiment un, et qui doit se taire pour raisons statutaires, un savoir fabuleux. Son mutisme même est le signe qu’il détient un secret sur notre destin. Il suffirait de lire la presse étrangère pour comprendre que le secret, c’est qu’il n’y a pas de secret. »

D’où notre consigne : coincez la bulle et serrez jusqu’à ce qu’elle éclate !

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