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Doit-on regretter le départ de Jacques Chirac.

Lundi 16 avril 2007, par Paul Vaurs // La France

Après douze ans de bons et de loyaux services à l’Elysée, Jacques Chirac va quitter la scène publique en mai prochain. Il laisse les relations franco-africaines dans un piteux état qui pourrait faire retourner le général de Gaulle dans sa tombe. A Cannes où il a dit adieu à ses homologues africains, il n’y a pas eu de fausse note, les chefs d’Etat qui auraient pu l’embêter ayant tous brillé par leur absence, à commencer par le Sud-Africain TIiabo Mbeki, le Rwandais Paul Kagamé et l’ivoirien Laurent Gbagbo. La politique africaine » de Jacques Chirac a été maintes fois dénoncée et décriée dans votre magazine. L’analyse sommaire qui suit tend à montrer ce que nous en pensons à la rédaction.

C‘est pendant cette première quinzaine de mars que Jacques Chirac va dire s’il compte y aller ou pas à la présidentielle d’avril et mai 2007. Quel que soit son choix, il aura réussi à garder e secret jusqu à la fin, ne laissant rien filtrer de ses intentions, tout comme François Mitterrand l’avait fait, en 1988, en ne se déclarant qu’un petit mois avant le premier tour. A l’époque, son principal rival dans le parti socialiste.

Michel Rocard, qui avait annoncé sa candidature à la présidentielle deux ans plus tôt, était déjà en campagne depuis plusieurs mois tandis que le premier secrétaire du parti, Lionel Jospin, ne manquait pas une occasion pour dire que le choix du candidat du parti était suspendu à la décision du président Mitterrand de se présenter ou pas. Dès l’annonce de Mitterrand de vouloir se succéder à lui-même, Michel Rocard accepta, sans se faire prier, de s’effacer, il devint, après la réélection du président, premier ministre de François Mitterrand durant trois ans au terme desquels il fit appel à Edith Cresson, la première femme à devenir premier ministre en France. C’était en 1991.

Les relations entre François Mitterrand et Michel Rocard n’étaient pas bonnes. Mais ayant constitué tous les deux un bon tandem pendant la campagne, Mitterrand accepta de lui donner sa chance à Matignon.

En tardant à faire connaître sa décision, Jacques Chirac s’inscrit-il dans cette démarche mitterrandienne ? On ne tardera pas à le savoir, la date limite du dépôt de candidatures étant fixé au 16 mars à minuit. Après avoir verrouillé l’UMP créée par Jacques Chirac et Alain Jupé, Nicolas Sarkozy c’est une certitude retrouvera la candidate de gauche, Ségolène Royal, au deuxième tour, Jacques Chirac qui espérait en secret rebondir en cas d’écroulement de Sarkozy en ce début de campagne est prié d’enterrer ses dernières ambitions cachées.

A Cannes, au 24e Sommet France-Afrique, la trentaine de chefs d’Etat présents n’ont pas hésité àlui rendre hommage en parlant de leur relation avec lui au passé. Et quand dans son discours d’ouverture, l’intéressé a choisi de verser dans un lyrisme teinté de nostalgie, d’aucuns ont vu une sorte de « testament  » qu’il laissait à la postérité « J’ai tissé, de longue date, des liens personne/s avec beaucoup d’entre vous. Vous le savez, j’aime etje respecte l’Afrique, ses territoires, ses peuples, ses cultures. Je mesure ses besoins, je comprends ses aspirations  ». A l’endroit de son successeur, il a osé tracer la voie à suivre comme Si 50fl parcours africain était un modèle du genre : « Pour la France, a-t-il dit l’Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre. Depuis douze ans, j’ai tenu à ce qu’elle accompagne les évolutions du continent dans un esprit nouveau ». Vraiment ?

Dans leurs réponses, ses homologues africains ayant pris la parole lui ont, aussi, parlé comme si c’était la dernière fois en tant que chef d’Etat. « Vous avez su apporter à la relation Afrique-France une touche personnelle, faite de chaleur humaine, de complicité et d’attention. Nous allons (vous) regretter », lui a lancé Amadou Toumani Touré, le chef de l’Etat malien, qui voue à Jacques Chirac une admiration sans borne. Et le président du Burkina Faso, Biaise Compaoré, un autre affidé du président français, de renchérir Nous allons (vous) regretter parce que (vous étiez) l’homme qui avait beaucoup de passion pour l’Afrique, pour ses hommes, pour ses cultures. (Votre) personnage (restera) longtemps dans nos coeurs ». Comme aurait dit François Mitterrand, « Biaise peut causer... » Heureusement que les principaux prétendants à la succession de Jacques Chirac, à savoir Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, voire, François Bayrou, promettent de revoir en profondeur la relation France-Afrique.

Dans son discours prononcé jeudi 15 février au Palais des Festivals de Cannes, Jacques Chirac a affirmé que « La France respecte et continuera de respecter les accords de défense qui la lient à plusieurs pays africains » et « là où l’Afrique et la communauté internationale le demanderont, elle continuera à prendre toutes ses responsabilités  ». Pourtant, la candidate socialiste, par exemple, n’hésite pas d’émettre un sérieux bémol à cette belle intention de Jacques Chirac quand elle se prononce pour une « clarification  » et « si besoin  » une « renégociation  » de certains de ces accords. Dans une tribune parue jeudi 15 février dans l’hebdomadaire français ( Témoignage chrétien) « la multiplication des interventions militaires improvisées au profit de régimes c’est sans équivoque qu’elle a dit tout le mal qu’elle pensait de la « politique Africaine de Jacques Chirac.
La politique prônée par Jacques Chirac au Tchad et en Centrafrique est le contraire de celle qu’il prône en Côte d’ivoire. Comprenne qui pourra !

« Depuis bientôt cinq ans, la droite française est à l’origine de désordres sans précédent sur le continent africain. La conception de la présidence de la République de Jacques Chirac y est pour beaucoup. En privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général, la pratique présidentielle a terni l’image de la France, qui se trouve associée dans l’esprit des Africaines et des Africains aux régimes les plus contestables ducontinent ». En particulier, « réputés amis au Tchad ou en Centra Afrique nous détourne des objectifs dedéveloppement qui devraient être prioritaires », estime-t-elle. Pour Ségolène Royal, « Faute d’avoir incité les régimes les plus fermes à s’engager dans la voie de la démocratisation et du respect des droits humains, nous nous trouvons réduits à intervenir militairement dans la précipitation pour éviter des prises de pouvoir par la force. »

La candidate du parti socialiste remet en cause « les termes des accords franco-africains de défense et de coopération militaire » qui « devront être clarifiés et si besoin renégociés ». Quand on écoute ce discours, on est curieux de savoir sur quelle base Jacques Chirac a déclaré à Cannes que « La France respecte et continuera de respecter les accords de défense qui la lient à plusieurs pays africains t Pour Ségolène Royal, en tout cas, il ne sera pas possible de soutenir les dictateurs qui tuent leurs populations et font appel aux accords militaires signés avec la France pour protéger leur régime. Ces « accords de défense et de coopération militaire doivent être examinés par le parlement » et « un débat à l’Assemblée nationale sera obligatoire en cas d’intervention armée dans un conflit sur le continent Africain. » Continent africain ». Autrement dit, il n’y aura plus d’intervention par la seule décision du chef de l’Etat comme il y en a eu Ces derniers mois au Tchad et en Centrafrique, sans que l’Assemblée nationale n’ait été informée de quoi que ce soit.

La délégation française à Cannes s’est agacée des critiques sur la « Françafrique » chiraquienne. Mais reste qu’aux côtés du président Jacques Chirac, étaient notamment assis le premier ministre éthiopien Meles Zenawi qui « maintient en détention, depuis dix-huit mois, une vingtaine de directeurs de journaux ou le président d’Erythrée Isaias Afwerki, dans les prisons duquel « croupissent depuis septembre 2001, des centaines de prisonniers politiques « , rappelait d’ailleurs Reporters sans frontières (RSF) dans un de ses multiples communiqués distribués à Cannes. Etait aussi présent au 24° Sommet le président de Djibouti, Ismaïl Omar Gueleh qui a, d’ailleurs, refusé de répondre à la convocation, comme témoin, de la juge d’instruction parisienne chargée de l’enquête sur la mort du magistrat français Bernard Borrel en 1995, à Djibouti. Il n’a pas été inquiété grâce à son statut de chef d’Etat en exercice.

On ne revient pas sur la présence à Cannes du Tchadien Idriss Déby ltno qui aurait déjà fait assassiner, selon les basses estimations des organisations tchadiennes des droits de homme, plus de 40.000 de ses compatriotes en seize années de pouvoir. Avec le soutien actif de l’armée française qui combat à ses côtés et parfois à sa place quand il perd pied, comme en avril 2006 quand les miliciens du FUV (Front uni du changement) du capitaine Mahamat Nour étaient arrivés à trois cent mètres du Palais de la présidence, à N’Djamena, Déby est un personnage qui vit au-dessus des lois. Grâce au concours du président français (qui n’a certainement rien vu ni rien entendu), il a modifié « de force » la constitution pour briguer un troisième mandat qui lui était interdit. Toujours avec le concours de son ami de l’Elysée, il a organisé une présidentielle que toute l’opposition a boycottée et qu’il a gagnée après avoir encouragé quatre hommes politiques de son bord, y compris ses propres ministres, à être candidats pour qu’il ne se retrouve pas tout seul comme au bon temps du parti unique. Avec le concours actif de Jacques Chirac, il utilise l’aviation française, quand il veut, comme il veut, pour bombarder la rébellion armée tchadienne qui a déjà compris que le changement au Tchad ne se fera jamais par les urnes mais uniquement avec les armes.

Avec le discret soutien du futur retraité de l’Elysée, Déby Itno a envoyé son armée faire le coup d’état au président centrafricain Ange Félix Patassé, pour le punir de prendre des libertés vis à vis de Paris. A Sa place, Idriss Déby ltno, sur ordre, a mis un véritable pantin à la tête de l’Etat centrafricain François Bozizé, un militaire qui, on le voit aujourd’hui, ne comprend rien à la gouvernance moderne et qui, malgré tout, doit son maintien au pouvoir à la présence de 200 militaires tchadiens dans sa sécurité rapprochée, mais aussi et surtout, aux interventions directes et massives de l’armée de l’air française sur le territoire centrafricain, ces derniers mois.

Comment Jacques Chirac ne doit-il pas « regretter l’Afrique » quand la politique qu’il prône au Tchad et en Centrafrique, est exactement le contraire de ce qu’il fait en Côte d’ivoire ? Voilà un pays, celui de son feu ami, Félix Houphouêt-Boigny, qu’il a réussi à mettre complètement par terre, sans se soucier des qu’en dira-t-on, juste parce que ses dirigeants actuels entendent prendre leur destin en main, sans être manipulés par quiconque surtout pas par Paris. Divisée en deux depuis septembre 2002, la Côte d’ivoire, poumon économique de l’UEMOA (union économique et monétaire ouest africaine), n’est plus que l’ombre d’elle-même. Après avoir activement pactisé par l’intermédiaire de Biaise Compaoré, avec le camp rebelle, voilà Jacques Chirac qui quitte le pouvoir sans avoir pu dire à ses protégés de Bouaké dont Guillaume Soro est le chef incontesté, de déposer les armes et d’aller aux élections.

Comment le président français ne va-t-il pas « regretter l’Afrique » quand un génocidaire comme le Rwandais Paul Kagame passible de tribunal pénal international, a le toupet de rompre unilatéralement les relatons diplomatiques de son pays avec la France ? une humiliation suprême pour la diplomatie chiraquienne quand on sait que c’est bien le missile de l’APR (Armée patriotique rwandaise du général Paul Kagame) qui pulvérisa le Falcon 50 de Juvénal Habyarimana, un acte terroriste par excellence qui fut déclencher les massacres en série, puis le génocide de 1994 ?

Passons outre les méfaits néfastes, en Afrique, des grands groupes français du CAC 40 comme la multinationale Elf (devenue Total) dont le sang qu’ils ont fait couler peut facilement devenir un fleuve navigable en toute saison. Le président français, à Cannes, a bien dit que l’Afrique, à elle toute seule, détenait le tiers des richesses minières du monde. Mais il n’a pas pu expliquer pourquoi, en 47 années d’indépendance, la France qui a fait et défait des dizaines de régimes en Afrique, n’a pas réussi à faire des pays concernés ce que le Japon a pu réaliser en Asie du Sud-Est en favorisant l’émergence de petits dragons ? Sans honte, il a osé attirer l’attention de ses homologues sur les nouveaux « prédateurs », à savoir, la Chine, l’inde, le Brésil, etc. comme s’il était investi d’une mission de conseil aux Etats africains dont la France, elle-même, n’a fait que trop exploiter. A l’endroit de la Chine, par exemple, pays que Paris craint plus que tout autre, Jacques Chirac a mis en garde contre « la facilité du court terme et les égoïsmes » ». Et de continuer sa leçon de prudence à l’endroit des dirigeants africains comme s’ils n’étaient que de grands enfants incapables de distinguer le bon grain de l’ivraie. « L’Afrique peut une nouvelle fois être mise au pillage, laissée pour compte de la prospérité » alors que « le continent détient le tiers des réserves minérales de la planète. Ce trésor ne doit être ni pillé ni bradé ». Qu’a fait l’auteur de ces propos pour préserver l’Afrique et l’aider à exploiter son sous-sol de telle sorte que cela profite en premier lieu aux Africains. ?

En douze années de présence à l’Elysée de Jacques Chirac, la Côte d’ivoire, le « miroir de la France », « le bon élève du capitalisme occidental », n’est-elle pas devenue l’ombre d’elle-même ? Même les touristes n’aiment plus y aller à cause de l’insécurité provoquée par les seigneurs étrangers de la déstabilisation. Pour leur part, le Centrafrique et le Tchad ne sont-ils pas des Etats que sur le papier ? Rien dans leur organisation montre qu’ils sont encore économiquement viables. Le Rwanda, quant à lui, n’a-t-il pas rompu ses relations diplomatiques avec la France ? Seuls pays à peu près viables du pré-carré français ; Le Gabon, le Cameroun, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Un triste bilan du chiraquisme !

Les historiens ne seront pas tendres quand ils noirciront les pages sur les années africaines de Jacques Chirac à l’Elysée.

C’est pendant les douze années de présidence de Jacques Chirac que l’Afrique a accru son appauvrissement, situation qui est allée de pair avec l’augmentation des interventions militaires surie continent, non pour aider à promouvoir le développement des pays concernés et l’émancipation de leurs peuples, mais pour asseoir l’influence néfaste de ce que les associations humanitaires appellent, la Françafrique. Résultat, il n’y a plus d’avenir à rester en Afrique ; La jeunesse dans sa majorité voudrait traverser la Méditerranée même si c’est à la nage pour échapper à la misère ambiante. Quant à l’élite qui souhaite étudier hors de l’Afrique où les universités n’ont d’université que le nom, les politiques d’immigration favorisées par Jacques Chirac et ses ministres de l’intérieur successifs, Jean-Louis Debré, qui lâcha l’église Saint-Bernard à Paris en 1996 au moment où le prêtre lisait la messe, pour en chasser les sans papiers qui y avaient trouvé refuge, et Nicolas Sarkozy, qui croit chasser les Africains de France après qu’ils eurent libéré cette France au moment où la famille Sarkozy se trouvait derrière le rideau de fer en Hongrie, pays qui faisait partie du Pacte de Varsovie donc, ennemi par excellence de la France.

Ces politiques d’immigration, disions-nous, ont fait déserter les étudiants africains de la destination France au profit d’autres pays d’Europe, d’Amérique, et de plus en plus, la Chine et le Brésil. Tout ce que Nicolas Sarkozy a pu trouver à proposer aux étudiants africains, c’est son concept d’ « immigration choisie » dont personne ne veut entendre parler sur le continent noir.

Les historiens ne seront pas tendres quand ils noirciront les pages sur les années africaines de Jacques Chirac à l’Elysée. Pour avoir fait du mal au continent alors qu’il a passé son temps à se montrer comme son indéfectible défenseur, Jacques Chirac ne sera pas regretté en Afrique. Tant mieux, si son successeur à l’Elysée sera un peu plus fréquentable.

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