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Discours de clôture des universités d’été de Nicolas DUPONT-AIGNAN.

Mardi 28 septembre 2010, par Nicolas Dupont-Aignan // La France

Merci d’être présents si nombreux. Je pense tout particulièrement à nos représentants d’Outre-Mer ou de l’étranger qui, fidèles comme toujours, ont fait le déplacement. Merci à nos formateurs qui ont préparé nos candidats et nos élus aux combats électoraux de demain.

Merci à nos invités extérieurs, universitaires, économistes, chefs d’entreprise, délégués syndicaux, enseignants, écrivains, qui ont animé nos ateliers et le débat final de ce matin nous permettant de peaufiner notre projet pour 2012.

Merci enfin à vous tous qui faites vivre dans tout le pays notre jeune mouvement.

Votre dévouement, votre énergie, vos convictions, sont plus que jamais nécessaires au redressement de la France.

Une France défiguré par une vie politique pitoyable, pathétique. Quel été ! Tant de bassesse, tant de démagogie, de fausses postures et de double langage. Un vrai cirque qui dégoûte nos concitoyens de ce qui passe pour de la politique mais qui n’en est plus.

Comme si, à mesure que la France s’enfonce dans les difficultés, ils n’avaient rien d’autre à faire que de polémiquer, se diviser, et finalement se ridiculiser.

Et tout ce gâchis pour quoi ? Pour eux, leurs petits sondages, leurs petits égos et leurs grandes ambitions. En tous cas rien de concret, rien qui ne puisse résoudre les problèmes toujours plus lourds des Français.

L’insécurité progresse. On est tous d’accord. Les violences redoublent et ce sont nos
compatriotes les plus modestes qui en souffrent chaque jour. C’est une vérité. C’est
un fait.

Mais, qui a supprimé en 3 ans 10 000 emplois de policiers et de gendarmes

Qui a supprimé la double peine qui consistait à renvoyer dans leur pays les étrangers
coupables, sur notre sol, de délits graves ?

Qui pour toutes les condamnations à moins de 2 ans fermes, à remplacé la prison par des peines alternatives rarement appliquées ?

Qui a refusé de supprimer les remises de peine automatique qui font que nous sommes le seul pays au monde où un condamné n’exécute que la moitié de sa peine ? Je me souviendrai longtemps de Michèle Alliot Marie appelant au secours le PS, comme l’UMP, pour rejeter l’amendement que j’ai déposé à ce sujet. Entre nous, ce n’est pas le chêne, ce serait plutôt le roseau !... Un roseau qui plie, qui plie, qui plie, à mesure que plient les gouvernements qu’il prétend orner de ses nobles feuilles !

Qui a stoppé le programme de construction de places de prison ?

Qui a laissé s’installer dans la plus grande illégalité des centaines de camps d’étrangers miséreux ?

Qui a relancé l’immigration de travail ? Main dans la main avec le MEDEF et l’extrême gauche. Une immigration patronale et mondialiste qui pèse à la baisse sur les salaires.

Qui a signé l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne ?

Qui mène une politique économique récessive et une politique sociale inique ?

Qui révolte les Français par la collusion de l’Etat avec les puissances d’argent ?

Ce sont, bien sûr, le Président de la République, son gouvernement et ses ministres.

Eux mêmes qui osent encore se lamenter sur l’insécurité avec des larmes de crocodiles.

Se remettent-ils en question ? Changent-ils de politique ?

Non, ils préfèrent provoquer, gesticuler, pour faire croire qu’ils agissent. Ainsi les deux mesures phares de leur été médiatique font d’autant plus de bruit qu’elles sont
inefficaces.

La déchéance de nationalité ne concernera au pire que quelques cas par an. Quant à l’expulsion des ROM sur les fonds publics, elle ne sert à rien car ils reviennent immédiatement en France en vertu des accords européens.

Mais cette réalité n’intéresse pas le Président. Son seul objectif était de faire oublier l’affaire Woerth.

Il a d’ailleurs pu compter sur les belles âmes et les bien pensants qui en poussant
des cris d’orfraie « honte, indignité, tache », l’ont fait passer pour l’homme d’action
qu’il n’est pas.
Ces belles âmes qui ont approuvé là aussi l’élargissement de l’Union européenne à la Roumanie et à la Bulgarie et qui veulent aller toujours plus loin en accueillant demain les Balkans, après demain la Turquie ? Les mêmes qui refusent de reconnaître la percée des mafias profitant de la sacro sainte liberté de circuler sur tout le continent européen.

Les mêmes qui donnent toujours tort au policier et excusent sans cesse le délinquant.
Comme d’habitude, la gauche aime se donner bonne conscience à peu de frais, sans pour autant proposer les mesures courageuses qui permettraient enfin de réduire la délinquance.

Car, en ce domaine le PS comme d’ailleurs l’UMP sont contaminés par la même pensée unique.

L’incarcération, par exemple, est rejetée comme la pire des solutions alors qu’au contraire elle est malheureusement la seule solution. Bien sûr il faut adapter les prisons à la nature des délits et à la personnalité des délinquants. Mais rien ne fera sans l’indispensable rétablissement de la chaîne pénale pour que les voyous soient écartés de leur quartier par une peine dissuasive. Il faut y mettre les moyens, en créant au moins 20 000 places supplémentaires permettant d’atteindre le niveau de l’Angleterre qui, aux dernières nouvelles, n’est pas un pays fasciste.

Il faudra aussi 10 000 policiers supplémentaires sur le terrain, alors qu’on ne remplace pas aujourd’hui un policier sur deux qui part en retraite, notamment dans les quartiers les plus difficiles.

La peine de mort a été abolie en 1981 pour les criminels. Mais il est de notre devoir de désormais l’abolir pour les victimes. Il faudra pour cela notamment supprimer les remises de peine automatiques qui font qu’aujourd’hui en France un condamné n’effectue au mieux que la moitié de sa peine.

De même, le mot « frontière » est devenu au fil du temps un gros mot, un mot imprononçable sous peine de mort médiatique et d’opprobre publique.

« Rétablir les frontières nationales » : voilà le tabou qu’il semble impossible de briser.

Et bien cela sera pourtant le coeur de notre programme !

Car en effet, il en faut de la malhonnêteté intellectuelle pour refuser de comprendre
que la frontière est tout simplement à un pays ce que la membrane est à toute cellule du corps humain. Heidegger le disait d’une formule simple à propos de ce qui se nomme en géopolitique la frontière, et qui est dans un vocabulaire plus philosophique la limite : "la limite est ce constitue une chose dans son être propre".

Une cellule du corps humain qui serait ouverte, poreuse, serait une cellule malade et pourrait dégénérer en toute forme de maladie. Toute cellule a en revanche besoin d’une membrane fermée, mais perméable sélectivement, qui régule les entrées et les sorties. Car l’abolition des frontières, si elle profite grassement aux multinationales, à l’argent du crime et aux négriers des temps modernes, conduit en revanche à des résultats catastrophiques en matière sociale.

Prenons un seul exemple d’actualité : la multiplication des camps illégaux de Roms.

L’anarchie qui en résulte exaspère logiquement nos concitoyens et les pousse à ’amalgame et à la stigmatisation.

Les belles âmes socialistes et humanistes sont donc les idiots utiles d’un libéralisme le plus acharné. Sous couvert d’idéologie du métissage et de fraternité entre les peuples, elles ne font en pratique que permettre à une main d’oeuvre bon marché de circuler aux frais de l’Etat et au bénéfice de patrons sans scrupules, tout en créant les conditions de la haine et du rejet de l’autre.

Il est quand même fou qu’il soit aujourd’hui plus facile de traverser l’Europe dans son entier que de prendre l’avion entre Paris et Pau, puisque vous y serez bien plus contrôlé.

D’un côté les bons sentiments paravents du vide des propositions. De l’autre, la gesticulation pour faire oublier l’inaction, quitte à dresser les Français les uns contre les autres en détournant l’attention du peuple des vrais enjeux.

Triste tableau que celui d’une classe politique qui finalement se sent plus attachée aux valeurs mondialistes qu’elle défend qu’à la nationalité de ceux dont elle tient
pourtant la légitimité.

Le Général l’avait bien compris lui qui estimait tout au contraire que "les seules vérités internationales, ce sont les Nations”.

Or, pas de nation sans frontière !

En fait, la nation est un espoir, un modèle alternatif dans un monde globalisé et sans repère. Elle libère l’individu d’un système qui l’asservit. Oui je préfèrerai toujours la
loi républicaine à la loi de la jungle.

Ce qui vaut pour la France vaut bien entendu pour tous les pays du monde. C’est le droit fondamental de chaque peuple à disposer de lui-même, fondement de la
démocratie. Quand comprendront-ils que quand la nation est insultée, piétinée, c’est
la démocratie qui est bafouée  !

Mais l’idée de notre nation, l’idée de la France que nous partageons tous, "une certaine idée de la France", cette idée est éternelle.

Je vous le jure, elle est éternelle.

Alors oui, prenons le risque d’aimer la France comme nous aimons notre famille, et de l’aimer plus encore que nous nous aimons parfois nous-mêmes.

A nous de porter désormais cette espérance qu’ils semblent tous avoir renié.

L’été ne fut pas pittoresque que dans le domaine de la sécurité.

Dans le domaine économique, là aussi le décalage entre la fiction et la réalité fut impressionnant.

Madame la Marquise de Bercy s’est extasiée. « 0,6% de croissance. Quel « magnifique » je cite, 2ème trimestre. L’emploi redémarrerait, la confiance reviendrait ». C’est plutôt la méthode Coué qui n’en finit pas.

Car il n’en est malheureusement rien.

L’Allemagne fait trois fois mieux et nous distance de plus en plus.

Notre déficit commercial atteint pour les six premiers mois d’année x milliards
d’euros. Le chômage reste très élevé avec un taux de x% et les radiations du pôle emploi sont plus rapides que les nouveaux recrutements. Les déficits budgétaires sont abyssaux et le gouvernement navigue pour augmenter les impôts sans en avoir l’air.

Quand comprendra-t-on que ces déficits, que cette atonie sont la conséquence d’une
compétitivité en lambeaux et du départ des entreprises de notre pays.

Des délocalisations qui s’expliquent tout naturellement par des charges sociales trop lourdes, par l’euro trop cher, et par un libre échange déloyal.

Mais là aussi que propose comme alternative le PS de Madame Aubry ?

Un pansement. Le fameux « care » qui en anglais, cela fait plus chic, veut dire soin.

Après le choc des 35 heures, un simple patch anti douleur. Mais, rien, sur les causes de la régression économique et sociale. Pour la simple et bonne raison que les socialistes soutiennent, assument le cadre général de l’Europe mondialiste dans lequel s’est enfermé notre pays depuis 20 ans.

Comment s’en étonner quand on sait que Dominique Strauss-Kahn et Pierre Moscovici approuvent avec suffisance et inconscience le corset imposé à la Grèce, eux qui font tous deux partie du Bureau du Conseil Européen des Relations Etrangères, à savoir une organisation atlantiste qui défend la mise en place d’un nouvel ordre mondial.

Car, UMP-PS, au-delà des postures et des grands mots, ne diffèrent que par la taille
et la couleur du pansement qu’ils proposent d’appliquer au malade.

Ils ne proposent aucune remise en cause radicale du système, puisqu’ils en vivent

En fait, l’UMPS c’est l’Union pour le Maintien Perpétuel du Système.

Ils sont main dans la main car ils partagent la même vision supranationale de l’organisation du monde.

Tous ces détaillants s’approvisionnent chez le même grossiste, selon le bon mot de notre très cher regretté Philippe Séguin. Ils ont pourtant été ensemble désavoués par le peuple français en 2005.

Mais puisqu’ils détiennent encore les clés, ils sont ensemble revenus par la voie parlementaire sur ce vote dans un coup d’Etat simplifié auquel je fus l’un des plus ardent opposant. Alors ils continuent leurs petites affaires, et ils jouent le jeu d’un faux clivage droite
gauche pour marginaliser tous ceux qui, comme nous les gaullistes, veulent une
France libre au service d’un peuple maître de son destin.

Tout ce petit monde se prépare d’ailleurs pour une nouvelle mascarade : l’élection présidentielle de 2012. Même Hervé Morin veut y mettre de l’animation, et pourtant il a tout signé, tout voté, tout soutenu.

Mais ils ne comprennent pas, ou font semblant de ne pas comprendre, que l’opinion s’est évanouie de lassitude et de colère, que les Français ne veulent plus jouer à cette apparence de démocratie. Et en plus on nous prévoit les machines à voter pour définitivement biaiser les choix.

En réalité : les français ne votent qu’à reculons !

On peut les comprendre.

Avec un peu de recul, au cours des trente dernières années, soit une génération, trois espérances politiques majeures incarnées par trois candidats, porteurs d’une rupture présidentielle ont été trahis. De François Mitterrand avec son « changer la vie », à Nicolas Sarkozy avec « son tout est possible », en passant par Jacques Chirac avec « sa lutte contre la fracture sociale », les Français ont cru en trois promesses de sursaut.

1981, 1995, 2007 incarnaient à chaque fois le refus très « français » de se plier à un nouvel ordre mondial destructeur de notre exception. Mais, à chaque fois, ce qui paraissait être des projets construits n’étaient en fin de compte que des leurres destinés à gagner le pouvoir sans se donner ensuite les moyens de l’exercer. Car après chaque victoire dans la liesse est venu le temps du renoncement et donc de la
déception populaire.

Désormais la moitié de nos compatriotes s’abstiennent et parmi ceux qui votent, combien y croient encore ? Et si le vote blanc était, comme je le demande, autorisé,
les chiffres seraient encore plus impressionnants. Ce doute compréhensible, fruit du
cynisme et de la résignation de la classe dirigeante française, est devenu le cancer
de notre pays.

Deux Frances s’éloignent l’une de l’autre. La France qui souffre et la France qui profite. Souvenez-vous des deux campagnes européennes et régionales que nous avons courageusement menées. Combien d’usines visitées, en voie de délocalisation,

Combien d’agriculteurs rencontrés qui ne peuvent plus vivre de leur travail. Ces chômeurs de 49 ans qui se demandent comment ils atteindront la retraite.

Ces jeunes qui après des études longues, synonymes de sacrifices pour leur famille, galèrent de petits boulots en petits boulots ;

Combien de visages pleins de rage et de larmes d’hommes et de femmes qui ne comprennent pas, ou plutôt qui ne comprennent que trop bien que 200 ans après la Révolution française, ils sont devenus des objets que l’on jette après les avoir bien pressés.

Ce sont justement ces regards de Français trompés, humiliés, abîmés par les politiques de renoncement menées depuis une génération qui me donnent l’énergie
et le courage de tracer avec vous ce chemin loin des sentiers battus des deux grands troupeaux français.

Car ce qui est en cause aujourd’hui, dans notre pays, ce n’est pas la traditionnelle évolution de la productivité qui veut qu’à chaque mutation technologique on ferme des activités pour en ouvrir d’autres, mais bien une débâcle industrielle et donc économique et sociale sans précédent. Une débâcle qui a ses causes et que l’on pourrait donc éviter.

Pourquoi accepter de perdre la guerre économique et technologique du 21ème siècle ? A Molex en Haute-Garonne, à Abbeville, toutes ses usines que nous avons visitées ensemble, étaient rentables. Chaque fois, les établissements qui ferment sont bénéficiaires ; chaque fois les salariés ont consenti des efforts de productivité ; mais ce n’est jamais assez puisqu’ils sont mis en concurrence avec les nouveaux esclaves du 21ème siècle.

Le gigantesque camp de travail chinois par exemple. Les ouvriers dorment sur place,
les hommes et les femmes ont chacun leur dortoir, des milices les encadrent, l’environnement est pillé à merci, les brevets sont copiés sans gène. Le rêve des « négriers » du 18ème se réalise. Le capitalisme le plus décomplexé sous la dictature
la plus secrète.

Et l’oligarchie en est admirative ! Au point d’ailleurs de reproduire ce modèle enEurope même. Plutôt que de vouloir hisser le niveau de vie des européens de l’Est, ils s’en servent pour délocaliser toujours d’avantage.

Un ouvrier d’un sous-traitant automobile m’avouait son écoeurement en voyant son
entreprise refuser un investissement sur une machine et payer au même moment
des frais de taxi de Slovaquie pour amener en une nuit une pièce manquante en
Picardie.

Souvent les calculs économiques, qui ont présidé à la fermeture des usines, apparaissent spécieux. Une fois effectuée la délocalisation est moins rentable que
prévu. Les coûts de transports, les délais de livraison, les malfaçons, rendent équivalent le nouveau prix de revient avec l’ancien.

Ainsi, dans l’indifférence générale, l’industrie automobile française a délocalisé en 4 ans la production d’un million de véhicules en Europe centrale, sans compter les
sous-traitants qui sont « incités » à suivre ; et les délocalisations continuent de plus
belle, toujours plus à l’Est, comme en Ukraine. Pourquoi se gêneraient-ils, puisque

les politiques publiques n’incitent pas à produire en Europe et à élever le niveau de
vie des nouveaux adhérents.

Mais, qui s’intéresse à ces femmes et ces hommes, à leurs familles brisées,
assistées, et souvent humiliées ? Qui s’intéresse au sort de ces dizaines de petites
villes de province qui perdent leur substance et s’engourdissent ?

Dormez tranquille, répondent d’un ton docte les économistes de la bien-pensance,
nous expliquant depuis 15 ans que ces délocalisations ne sont que la rançon d’une économie moderne. J’entends encore Pascal Lamy nous expliquer à l’Assemblée
Nationale qu’il fallait bien acheter des tee-shirts à la Chine pour lui vendre des
Airbus. Sauf qu’on délocalise maintenant aussi la fabrication d’Airbus !

De même, les avocats de l’euro ne veulent pas voir qu’il asphyxie notre industrie et nous fait mourir à petit feu comme l’a expliqué avec talent, ce matin, Alain Cotta.

Mais si ce système mortifère est accepté et maintenu c’est bien car il profite à certains. Les multinationales qui dictent leurs conditions aux Etats, les plus aisés qui
se jouent des frontières, les puissances d’argent qui se sont emparées des services
publics et abusent de la position dominante de ces nouveaux oligopoles privés. Les
sociétés d’autoroutes, par exemple, qui ont rétabli l’octroi avec la complicité de l’Etat.

Les banques qui rackettent les PME et les particuliers, pour pouvoir financer leur politique de bonus extravagant avec là aussi la complicité de l’Etat. Les nouveaux
groupes énergétiques qui vont comme GDF jusqu’à traficoter les factures des
Français pour dégager une marge pour investir à l’étranger. Sans parler de Total qui
accumule des profits sans les mettre au service de la nécessaire reconversionénergétique du pays.

Ce sont les nouvelles féodalités. Stock-options délirants, parachutes dorés,
privilèges jamais contrôlés par un actionnariat émietté, influence excessive sur
certains médias : rien n’arrête les nouveaux oligarques de l’économie française. Une économie mixte à l’envers où l’Etat est aux ordres des intérêts particuliers privés. Le
bouclier fiscal et le premier cercle des contributeurs de l’UMP sont devenus cet été
les symboles de ce mélange tragique des genres.

La France qui souffre, qui s’étend de jour en jour aux classes moyennes est quant à
elle résignée, et ne croit plus en rien tant elle a été trompée. Mais voyons mes amis,
la France pour moi, pour vous ce n’est pas cela !

  • Ce n’est pas ce détricotage permanent de la République,
  • Ce n’est pas ce déclin économique et cette misère sociale,
  • Ce n’est pas cet Etat aux ordres des oligarques,
  • Ce ne sont pas ces désordres à la base comme aux sommets,
  • Ce n’est pas cette école qui lâche et qui n’élève plus l’esprit,
  • Ce n’est pas ce dénigrement systématique de l’Etat.
  • Ce n’est pas le travail de sape sur les valeurs et les mythes fondateurs de la cohésion nationale et de la République.

Pourquoi notre France qui dans son histoire a tant de fois montré le chemin, devrait-elle s’évaporer aujourd’hui ? Pourquoi les Français devraient-ils renoncer à être ce qu’ils sont ? Ils n’ont pas à rougir de leur passé.

NON, ils n’ont pas à rougir de ces grands rois qui ont bâti l’Etat ! Ils n’ont pas à rougir de Philippe le Bel qui, lui, a su mater les banquiers de l’époque, ils n’ont pas à rougir de François Ier qui a su, lui, protéger le français par l’édit de Villers-Cotterets, contre la prééminence du latin des Clercs, si opaque au peule, ils n’ont pas à rougir de Louis XIII et de Richelieu qui ont su, eux, desserrer l’étau du Saint Empire romain germanique.

Pas plus qu’ils n’ont pas à rougir des grands philosophes des lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, NON, ils n’ont pas à rougir de l’école publique gratuite, laïque et obligatoire, ni des défricheurs de l’avenir que sont nos grands savants, de Pasteur à Montagnier en passant par Robert Debré, et tant d’autres !

NON, ils n’ont pas à rougir de ceux qui après chaque épreuve se sont retroussés les manches - d’où qu’ils viennent d’ailleurs, Polonais, Italiens, maghrébins ou africains,
ils n’ont pas à rougir des conscrits de Valmy et des poilus de Verdun, ils n’ont pas à
rougir des pages sombres, sombres mais toujours sauvées, ni de la génération de la
France Libre puis de la France combattante, qui a étonné le monde puis redressé la
nation dans sa liberté, dans sa prospérité économique et dans son rayonnement
culturel et politique !

Non, ils n’ont pas à rougir de cette France ruinée qui a redécollé avec les reconstructeurs. Paris de rien, ils ont fait Airbus, le Rafale, le TGV, seuls ils ont fait de notre pays une grande puissance nucléaire -et je ne peux manquer de rendre hommage à cet instant au général Pierre-Marie Gallois, qui nous a quittés, il y a quelques jours, dans sa centième année ; il n’est pas simplement le père de notre doctrine stratégique, mais aussi l’image vivante d’un homme constamment tourné vers le service de son pays : un de ces hommes qui montrent ce que peut faire une nation, quand elle est bien gouvernée !

Mais la France c’est aussi le sursaut toujours possible quand tout paraît perdu et
qu’elle est encore capable - pour reprendre le titre du dernier livre de notre ami Paul-Marie Coûteaux qui était notre invité hier au soir - capable d’espérer contre tout :
c’est Jeanne d’Arc et les taxis de la Marne, Verdun et Clemenceau, le 18 juin, Jean
Moulin et l’armée des ombres. La France c’est une idée qui s’adresse au monde,
comme le Général de Gaulle l’a si bien incarné. De Québec à Mexico, de Phnôm
Penh à Téhéran. L’esprit de cette France là, j’en suis convaincu, est encore dans le
coeur de très nombreux Français.

Pourquoi alors ne serions-nous pas capables de faire aujourd’hui ce que nous avons su faire hier ?

Oui, une fois encore, nous avons la capacité de réussir dans le XXIème siècle ! Nous en avons tous les atouts ; mais comme je l’ai montré, tout à été fait pour casser le moral des Français, leur personnalité. Ainsi une petite élite pourrait continuer ses affaires juteuses, entre Paris et Washington, Tokyo, Singapour et Londres, pendant que sous leurs avions de ligne - dans le pays réel - les citoyens de droit commun souffrent au jour le jour des conséquences désastreuses de leurs politiques, pendant qu’ils triment au fond de la cale, afin de simplement survivre, ne plus même penser :
survivre.

Jadis, le noble possédait les terres et faisait la loi, mais au moins il protégeait ses
paysans, il les défendait par les armes, et souvent au prix de sa propre vie !

Aujourd’hui, ceux qui détiennent le capital et le pouvoir ont abandonné leurs vassaux.

Ils les trahissent et ils leur mentent, pire ils les culpabilisent de vouloir vivre dignement, et tout simplement d’être ce qu’ils sont : Français.

Des millions de Français méprisés et jamais comptabilisés dans les sondages car ils
ne votent plus -mais qui sont, en fin de compte, majoritaires dans le pays.

Ils attendent aujourd’hui une rupture profonde, vraie, totale au service d’un projet crédible, susceptible d’apporter enfin des résultats tangibles. Ils ne veulent plus de
ce système oligarchique, indécent et impuissant.

Voilà pourquoi il est si vital de proposer une nouvelle démarche et un autre projet. Un
rassemblement autour d’un projet exigeant.

Tous les médecins le diront. Par expérience, le patient ne vaincra la maladie que s’il
en a l’envie, donc la volonté et alors le courage. Il en est de même aujourd’hui de la
France. Pour l’aider à retrouver l’envie de se battre, il faut donc un Président de la
République qui, comme un bon médecin, inspire confiance.

Or, mes chers amis, mes chers compatriotes, je sais une chose, c’est que cette confiance ne reviendra, ne pourra venir que par :

  • Une personnalité nouvelle,
  • Une équipe nouvelle,
  • Une thérapie, et des médicaments nouveaux.

Les éléphants de gauche et de droite qui sont pourtant les favoris des sondeurs ne
conviennent pas aux Français, car ils savent très bien qu’ils resteront prisonniers du
système qui nous a menés là où nous sommes.

Seul un « outsider » capable
comme le général de Gaulle en 1940, de croire et de rendre possible ce qui apparaît
à tous impossible, pourra rassembler les Français.

Même si cela se perçoit moins en raison du bruit médiatique permanent, du zapping exacerbé, notre pays est aujourd’hui confronté à des choix aussi difficiles qu’à des
périodes tragiques de son histoire. La guerre de Cent ans, la Fronde, la guerre de
1914, l’effondrement de 1940. Les évènements bien sûr sont différents mais la
démission des élites, le défaitisme et le déclin qui en résulte, sont de même nature. Il
faut donc affirmer haut et fort le refus de cette fausse fatalité.

Un seul principe doit guider le futur chef de l’Etat. L’intérêt supérieur de la Nation.

Dans tous ses appels à la radio de Londres, le Général de Gaulle y faisait référence.

Il y ajoutait le bon sens. Car, oui, les deux vont ensemble et résument l’intérêt général. Il s’agit de la question centrale que doit se poser l’autorité politique avant
chaque décision : « ce que je fais, est-ce dans l’intérêt de la France et des
Français ? » A n’en pas douter, au tamis de cette interrogation, beaucoup des
décisions de ces dernières années n’auraient jamais été prises !

A l’aulne de l’intérêt des sondages oui, des pressions de l’union européenne oui, des ordres des Etats-Unis oui, des intérêts des amis du pouvoir oui, des camarades des
grands groupes de travaux publics oui, de la bien-pensance parisienne, oui… Mais
de la France, du souci national authentique, il en est rarement question !

Il s‘agit en vérité tout simplement de réhabiliter le patriotisme le plus élémentaire qui
doit inspirer l’autorité publique mais aussi tous les Français. C’était bien le thème de
nos universités.

Car seul le patriotisme nous donnera la force collective pour dompter une économie mondialisée de prédation qui épuise les peuples ;
pour sortir de la tyrannie d’une Union européenne qui a perdu son sens ; pour
abattre les privilèges et les féodalités qui gangrènent l’Etat. Mais pour y réussir, il
faudra, autour du Président, une équipe entièrement nouvelle qui n’a pas participé
aux décisions du passé.

A ceux d’entre vous qui, je le sais, ont parfois le sentiment que le chemin est
escarpé, que nous sommes pas encore assez nombreux, je veux lire cet admirable
extrait d’un discours du général de Gaulle à Londres le 1er avril 1942. Il n’a pas pris
une ride : « Les gens qui s’étonnent de ne pas trouver parmi nous des politiciens usés, des académiciens somnolents, des hommes d’affaires ménagés par les combinaisons, des généraux épuisés de grades, font penser à ces attardés des petites cours d’Europe qui, pendant la grande révolution française, s’offusquaient de ne pas voir siéger Turgot, Necker et Loménie de Brienne au Comité de Salut public. Que voulezvous  ! Une France en révolution préfère toujours gagner la guerre avec le général Hoche plutôt que de la perdre avec le maréchal de Soubise. Pour proclamer et imposer la Déclaration des Droits de l’Homme une France en révolution préfère toujours écouter Danton plutôt que de s’endormir aux ronrons des formules
d’autrefois. »

Nous devons, aujourd’hui comme hier, rompre avec le Système. C’est le préalable
au Rassemblement. La condition du Rassemblement ; et ce l’est toujours aujourd’hui !

Pour redresser la France, il faut des hommes et des femmes qui acceptent enfin de penser librement.

Car, n’en doutons pas, la difficulté à concevoir une stratégie aujourd’hui pour la France tient moins aux contraintes financières, administratives, politiques, bien sûr
réelles, auxquelles, comme tout pays, nous sommes soumis, qu’aux contraintes
intellectuelles : et celles ci sont rédhibitoires. Elle tient d’abord à l’incapacité de nos
oligarchies de rompre avec ce qu’elles ont mis en place pour leur plus grand profit.

Oui, il faut oser briser les tabous : les solutions ne se trouveront pas dans ce qui
existe, chez ceux qui ont bloqué le pays. Il faut un autre regard pour bousculer les
féodalités intérieures et se libérer des chaînes extérieures. Il faut comprendre le
monde qui bouge et observer avec lucidité ces nouvelles patries qui émergent.

Nous ne pourrons briser les dogmes et les tabous qu’en nous appuyant, par
référendum, sur le peuple français, seul juge. Pour sortir de l’euro, pour rétablir nos
frontières, pour réformer l’Education Nationale, pour réussir la réforme fiscale, pour
réhabiliter les instruments de la sécurité publique, seul le peuple sera en mesure
bien sûr de décider !

Mais pour redonner confiance aux Français, pour leur redonner le goût de la France,
le goût de l’effort, le nouveau Président et la nouvelle équipe auront besoin de
résultats. Et pour avoir des résultats, il faudra pouvoir agir vite et fort. Il faudra donc
de nouveau réellement gouverner la France. Ne pas faire semblant. C’est-à-dire en
avoir la capacité : en somme rendre le pouvoir au pouvoir.

Il faut en finir avec cette présidence de crocodile. C’est à dire une présidence grande
gueule et petits bras ! En 2012 il faudra passer de la présidence de la parole, à la
présidence des actes, à la présidence des résultats. Nous sommes les seuls dans la
classe politique française à le clamer haut et fort et à vouloir nous en donner les
moyens en rendant le pouvoir au peuple.

A force d’avoir abandonné à Bruxelles, à Luxembourg, à Francfort, à Washington, à
Pékin, le pouvoir – c’est-à-dire les pouvoirs diplomatiques, les pouvoirs culturels, les
pouvoirs législatifs, les pouvoirs économiques - nous sommes devenus un bouchon
qui flotte au fil de l’eau, au gré des vagues et du vent.

Pour affirmer une politique étrangère indépendante, il faut sortir de l’OTAN !

Pour relancer l’emploi il faut maîtriser notre monnaie et redonner à la Banque de France la possibilité de la créer ! Pourquoi en effet rémunérer à 3% ce que l’on
pourrait emprunter à 1%

Pour développer une économie durable, protectrice de l’environnement, il faut mettre en place une taxe carbone aux frontières !

Pour moraliser la finance il faut oser contrôler les capitaux !

Pour inciter à produire en France, il faut moduler notre fiscalité en fonction du lieu
d’implantation des entreprises !

Pour préparer l’avenir et peser au XXIème siècle, il faut pouvoir investir massivement de l’argent public dans la science, dans la technologie dans les nouvelles industries
du futur sans subir les foudres de la Commission de Bruxelles !

Mais comment voulez-vous que Nicolas Sarkozy, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn redressent la France, puisqu’ils se soumettent au cadre européiste et
mondialiste qui l’épuise, l’essore, la réduit à rien ?

Ils ne peuvent que se disputer sur l’accessoire puisqu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Un accord qui les empêche de guérir la France, comme si un médecin, par simple dogme, s’interdisait d’utiliser le bon médicament.

Oui, mes chers amis, par le Bon gouvernement, par la volonté et la légitimité populaire, par une vraie politique nationale, bien des choses sont possibles : oui, il
est possible de retrouver en France le plein emploi et donc la dignité de l’homme !

Oui, il est possible de rétablir l’ordre public et donc la cohésion nationale !

Oui, il est possible de relever l’école de la République pour redonner un avenir à nos enfants !

Oui, il est possible de renouer avec le progrès social ! Pour que chacun donne un sens à son destin.

Mais cela passera par de vrais choix, de vrais efforts, un vrai rassemblement.

L’alternative est limpide, simple, claire : une fois de plus, une fois encore, c’est l’indépendance de la France ou bien l’esclavage pour les Français.

Le choix n’est en vérité plus entre la droite et la gauche, il est entre une nation libre, un peuple qui dispose de lui-même et une mondialisation inhumaine qui détruit tout,
pervertit tout, car elle achète tout, la conscience des hommes, leur âme, et jusqu’à
l’humanité de l’Homme…

Le choix opposera de plus en plus à l’avenir une élite devenue une oligarchie âpre à défendre ses privilèges et ses dogmes, et le peuple qui aspire à être à nouveau
considéré, respecté, écouté, capable de reprendre en main son destin.

Le référendum de 2005 a prouvé que la braise est bien sous la cendre. Rien n’est
perdu mes amis ! Loin de là !Le rassemblement des patriotes grossira
obligatoirement au fil du temps, tant le Système d’aujourd’hui est indécent et
inefficace.

Voilà pourquoi nous devrons nous adresser en 2012 au peuple français. Lui dire la
vérité, même si on dérange, même si on nous regarde de haut ;
En réalité ils ne nous regarderont pas de haut les petits sires du Système,
ils nous regarderont d’en bas, puisque, comme l’écrivait Nietzsche " on paraît
toujours petit à ceux qui ne savant pas voler"…

Oui, mes chers amis, ne marchandons pas nos ambitions : nous étonnerons la France et de nouveau la France étonnera le monde.

Préparez-vous donc au combat. Le plus beau combat qui soit, celui de la liberté de la France.

Debout, la France !

Vive la France...

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