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Discours de NDA à l’Assemblée Nationale sur le nouveau "prêt" à la Grèce.

Mardi 6 septembre 2011.

Mercredi 7 septembre 2011, par Nicolas Dupont-Aignan // La France

Discours de Nicolas Dupont-Aignan à la Tribune de l’Assemblée Nationale le 6 septembre 2011

Nous vivons un moment unique dans cet hémicycle.

Au moment où l’Europe s’enfonce dans la crise, où l’agonie de l’euro se poursuit et s’aggrave, où les peuples qui souffrent grondent, vous nous présentez un projet de loi de finances rectificative surréaliste.

D’un côté 12 milliards de rigueur supplémentaire principalement pour les classes moyennes.

De l’autre côté 15 milliards d’euros jetés par la fenêtre.

Un projet injuste et inefficace.

Un projet cautionné indirectement par le PS puisqu’il approuve cette aide à la Grèce !

Vous parlez sans cesse de règle d’or.

Si j’ai bien compris, l’objet de la règle d’or est de limiter l’endettement de la France.

Alors, comme beaucoup de Français, je voudrais comprendre pourquoi vous avez l’audace, l’inconscience, d’augmenter aujourd’hui la dette de la France de 15 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 45 milliards déjà accordés pour les précédents plans de sauvetage, sans parler de la garantie pouvant aller à 159 milliards.

Vous avez dit que cette inscription n’était que comptable.

Mais avez-vous connaissance de la situation en Grèce ?

La Grèce ne maîtrise plus la situation budgétaire.

En mai 2010, j’avais ici même clairement prévenu Madame Lagarde qui, avec suffisance, m’avait expliqué que le plan réussirait.

Loin de moi l’idée de ne pas être solidaire des Grecs. Mais la solidarité que vous proposez est des plus étranges. Avec ce plan on va aider la Grèce, oui, mais on va l’aider à mourir, comme si on offrait une euthanasie en classe affaire à un malade à qui on refuse par idéologie d’administrer les bons remèdes.

Un ballon d’oxygène financier va certes être apporté à Athènes, mais au prix d’un supplice inouï pour le peuple et l’économie grecs, qui ne s’en relèveront pas. Cette « thérapie de choc » va tuer la Grèce car cette dernière sera bien incapable de redresser sa compétitivité et sa croissance, définitivement martyrisées par l’impossibilité de dévaluer. Oui, mes chers Collègues, c’est là le point central : on n’a jamais vu dans l’histoire l’économie d’un pays rebondir sans dévaluation. La rigueur est efficace quand parallèlement on stimule le moteur économique par la dévaluation.

On a vu le résultat. C’est un fiasco total.

Euro cher, faible compétitivité, réduction brutale des dépenses ne pouvaient mener qu’à cet échec.

La Grèce prochainement sera dans l’obligation de restructurer sa dette et de sortir de l’euro.

Mais voilà le tabou.

Une monnaie unique qui ne marche pas car elle s’applique à des économies différentes.

Une monnaie unique qui est pour vous devenue un dogme au point de vous faire perdre la raison.

La Grèce, l’Espagne, l’Italie, dans une moindre mesure la France n’ont pas seulement un problème de liquidité mais un problème de solvabilité, de compétitivité.

Vous allez donc ruiner un peu plus les Français pour sauver la mise à un euro responsable de ses propres malheurs. L’euro cher dans un contexte de libre échange.

Vous allez tondre un peu plus nos concitoyens pour maintenir la tête hors de l’eau à des banquiers qui ont amplement démontré leur incurie depuis 3 ans. Sans parler de la Banque Centrale européenne qui saborde son bilan au mépris du respect des traités en rachetant plus de 100 milliards d’obligations d’Etat.

D’un côté les pays du sud qui s’enfoncent dans des récessions cumulatives, de l’autre les pays du nord qui commencent à s’inquiéter de la facture.

La facture de la Grèce sera difficile à digérer mais celle des pays suivants, l’Espagne, l’Italie et enfin la France n’est pas digérable.

Et les Allemands qui savent mieux compter que vous, l’ont déjà compris.

Et ce n’est pas ce mythique fédéralisme européen, un nouveau Ministre, un énième Président qui pourra égaliser les compétitivités, les démographies, les structures sociales des différents pays de la zone euro.

Vous êtes fier de réduire les dépenses. Les policiers dans les commissariats, les enseignants dans les écoles, les infirmières dans les hôpitaux.

Vous vous chamaillez d’ailleurs sur le contenu des plans de rigueur. Un peu plus de taxe ici, un peu plus là. Au gré des groupes de pression vous tentez de faire passer la pilule.

Vous débattez sans fin de la fameuse « règle d’or » censée empêcher le pays de vivre au-dessus de ses moyens. Quelle escroquerie ! Cette espèce de super Maastricht ne marchera pas plus que le Pacte de Stabilité précédent et n’a rien de nécessaire pour maîtriser la dette. Cette « règle d’or » qui n’en a que le nom, a tout du guet-apens politicien, de ceux dont raffole l’Elysée quitte à se payer la tête des Français.

Mais même si leur tête est tout endolorie à force de tourner dans tous les sens, les Français la gardent sur les épaules. C’est ce que personne à Bruxelles, à Paris, dans notre Assemblée, ne devrait oublier.

La tête sur les épaules pour constater que la France et l’Europe s’enfoncent dans le chômage de masse car notre compétitivité est atteinte.

Un million d’emplois industriels perdus en 10 ans.

La moitié de la production automobile française délocalisée.

Nos entreprises qui s’en vont.

C’est sûr, il faut bien gérer les dépenses mais il faut surtout générer des recettes.

L’enjeu est là. Favoriser les PME, les créateurs, les chercheurs, inciter aux relocalisations. Renouer avec une dynamique de croissance.

Mais pour cela, il faut changer radicalement de politique.

Sortir de l’euro : la seule question maintenant : c’est quand et comment ? Rétablir la loyauté de l’échange.

Contrôler les banques.

Baisser les charges sur les PME qui investissent en France.

Vous prétendez sauver l’Europe. En vérité, par une politique à courte vue vous désespérez les peuples, vous les appauvrissez. Vous nourrissez les révoltes sociales et les extrémismes politiques.

Vous divisez les Nations.

L’Europe s’est construite sans l’euro. Ariane et Airbus n’ont pas eu besoin de la Commission de Bruxelles.

La paix et le progrès ont été reconstruits par des nations libres coopérant entre elles sur un pied d’égalité.

Tout le contraire de ce qui se passe aujourd’hui.

Nous nous en sortirons quand nous retrouverons cet esprit. Alors, vous le verrez, les Français, les Italiens, les Grecs, les Espagnols, seront prêts à faire des efforts car ils veulent des résultats.

Nicolas Dupont-Aignan,

Député de l’Essonne

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