Discours de Jean-François Copé au Conseil National.

Mardi 31 janvier 2012 // La France

Seul le prononcé fait foi

Mes chers amis,

Oui, c’est le courage qui donne la force d’agir.

Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi de vous présenter ce film comme une ode au courage.

Et ce n’est pas un hasard si cette voix qui conclut est celle du Président de la République.

Car cette campagne qui vient de commencer sera marquée d’un mot, d’un seul : le courage.

Oui, c’est le courage qui donne la force d’agir.

Dans les épreuves, dans les crises, c’est toujours le courage qui ouvre la voie du redressement.

Dans les combats, dans les luttes, c’est toujours le courage qui mène à la victoire.

Dans l’histoire de notre grand pays, c’est toujours le courage qui fait la différence !

Le courage, c’est assurément l’un des plus beaux mots de notre langue. L’un des sentiments les plus nobles de l’âme humaine.

Quand on l’évoque, on pense d’abord aux grandes figures de l’Histoire, aux braves qui peuplent nos mémoires, aux héros flamboyants de nos romans d’adolescence.

On pense à ces poilus qui sortaient des tranchées pour monter à l’assaut.

A ces pêcheurs de l’Ile-de-Sein qui rejoignaient de Gaulle pour l’honneur de la France.

A ces Justes qui n’hésitaient pas à risquer leurs vies pour sauver des familles juives de la barbarie nazie.

A nos soldats qui aujourd’hui donnent leurs compétences exceptionnelles et parfois même leur vie pour notre pays et nos valeurs.

Oui, je veux prendre le temps d’exprimer devant vous notre gratitude envers nos soldats engagés en ce moment même sur des théâtres d’opérations extérieures.

Envers leurs camarades tombés dans l’exercice de leur mission.

Envers leurs familles affectées par la peine, que la République n’oubliera jamais.

Lorsqu’ils quitteront le sol afghan, à la fin 2013, nos soldats pourront être fiers d’avoir accompli leur mission, et d’avoir ainsi honoré la France et les Français.

Mais le courage, c’est aussi la force d’âme, humble et déterminée, de millions d’anonymes dont le point commun est de refuser la fatalité !

Le courage discret d’une mère qui donne chaque jour le meilleur d’elle-même pour préparer et protéger l’avenir de ses enfants.

Le courage d’un jeune qui étudie avec sérieux parce qu’il a compris que c’était le chemin pour grandir.

Le courage d’hommes et de femmes qui surmontent les épreuves jour après jour et se battent pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui.

Mes chers amis, les Français sont courageux et c’est grâce à ce courage que nous allons surmonter la crise.

A une condition : que ceux qui prétendent diriger ce pays dans les années à venir soient aussi courageux qu’eux !

Le courage, quand on veut présider la France, c’est d’abord de regarder le monde tel qu’il est. Sans noircir le trait, mais sans oublier la crise qui a frappé le monde. Sans fermer les yeux sur les efforts nécessaires et sur les espérances d’un nouveau monde en train de naître.

Le courage, quand on veut présider la France, c’est de dire la vérité. Au risque de l’impopularité. C’est préférer l’intérêt supérieur de la France à quelques points dans les sondages. C’est affronter le réel et reconnaître que nous changeons d’époque plutôt que de désigner des boucs émissaires sans nom et sans visage. C’est refuser d’esquiver, d’éluder, d’embrouiller. C’est faire face !

Le courage, c’est la force de choisir et de prendre des décisions difficiles. C’est la force de dire non. Non à la facilité, à la médiocrité, à la docilité. Non à des alliés électoraux haineux qui veulent brader un à un tous les atouts de notre pays. Non à des minorités actives qui n’ont que faire du bien commun. Non à des lubies d’un autre siècle qui risquent de faire décliner la France.

Le courage, enfin, c’est d’agir. Agir pour l’intérêt national. Ne jamais se résigner. Ne jamais laisser tomber. Garder toujours intact l’esprit de résistance face au désordre établi ou au destin tout tracé !

Voilà des qualités qui font la grandeur de la France au cœur de la crise.

Voilà des qualités que je vois à l’œuvre dans notre Mouvement et qui me rendent fier, si fier, d’animer ce grand parti politique qu’est l’UMP.

Voilà des qualités qui font la force de Nicolas Sarkozy !

Mais je le dis sans détour, voilà des qualités qui manquent cruellement à François Hollande. Et moi, justement, je prononce son nom : je ne me dissimule pas derrière des artifices de communication pour désigner notre adversaire, sans concession mais sans arrogance.

Dans les semaines qui viennent, nous allons tout donner au service de la France. Tout donner au service de nos convictions. Tout donner contre le retour de la paralysie et le triomphe de la démagogie.

Nous allons tout donner. Sans fléchir. Sans mollir. Sans trembler

A trois mois de l’élection présidentielle, je voudrais m’adresser tout particulièrement à ceux d’entre vous qui se préparent à participer pour la première fois à ce grand rendez-vous démocratique, à cette aventure exceptionnelle, à ce moment si particulier pour notre pays.

Je voudrais vous faire part d’un souvenir qui m’a marqué à tout jamais. Un souvenir qui me donne une force incroyable dans les épreuves de la vie politique. Ce souvenir, le voici :

Le 9 janvier 1995, Jacques Chirac est candidat à l’élection présidentielle. Il est au plus bas dans les sondages. Il fait face à une journaliste sur un plateau de télévision. Elle l’interroge et elle lui pose la question la plus cruelle qui soit : irez-vous jusqu’au bout, quoi qu’il arrive ?

Voilà un homme qui avait consacré sa vie à ce combat. Qui depuis des années s’y préparait nuit et jour. Un homme que les médias moquaient. Que Saint-Germain-des-Prés méprisait. Que les sondeurs condamnaient. Et on lui posait cette question humiliante entre toutes. Comme on donne le coup de grâce.

Mes chers amis, ce n’est pas la réponse de Jacques Chirac qui m’a marquée à vie. C’est son regard. Un regard d’une puissance exceptionnelle. Un regard d’une force inébranlable. Un regard d’une confiance absolue

Et c’est dans ce regard qu’un soir de janvier 1995, nous avons puisé le courage de renverser le cours des choses.

Ce regard, mes amis, ce regard de force et de détermination, je le retrouve dans les yeux de nos militants, sur le terrain.

Je le retrouve dans les yeux des jeunes candidats que nous venons d’investir pour la première fois pour les législatives.

Et puis laissez-moi vous faire une confidence : ce regard plein d’humanité, de courage, de détermination, je le retrouve dans les yeux du Président de la République lorsqu’il parle de la France. De la crise incroyable que nous traversons. Et des décisions difficiles qu’il faut prendre sans tarder pour garder en mains notre destin.

Ce regard, il me rappelle les mots de Shakespeare - William de son prénom : « J’ai assez de courage. Je ne crains pas la tempête : elle a fait ce qu’elle pouvait me faire de pire. »

* * *

En arrivant à la tête de notre famille politique, il y a un an, je m’étais engagé devant vous sur une feuille de route très claire ; trois préalables indispensables pour nous lancer dans la campagne de la présidentielle et des législatives. Sur ces trois points, avec toute l’équipe dirigeante, avec vous tous, nous avons atteint nos objectifs !

1/ Le rassemblement ? vous l’incarnez ! A l’image de la droite et du centre, dans toutes leurs sensibilités. Là où certains nous prédisaient l’éclatement ou la division, nous faisons preuve d’unité et de cohésion. C’est ce que notre électorat attend : il nous veut libres de débattre mais unis dans les moments difficiles et rassemblés pour la France.

2/ La levée en masse ? elle s’accélère. On ne mène pas une campagne électorale avec quelques notables ou éditorialistes parisiens. Pour s’adresser à tous les Français, pour relayer les aspirations du peuple et apporter des réponses adaptées à chacun, nous avons besoin de militants. D’adhérents. De femmes et d’hommes qui prennent le risque de s’engager pour leurs idées.

A en croire les médias, les primaires auraient porté le PS dans un immense élan populaire… Et bien sortons enfin des commentaires béats et regardons simplement les chiffres : fin 2011, le PS, c’est 174 000 adhérents. L’UMP 261 000. Près de 90 000 militants d’écart. Et les adhésions continuent d’arriver en masse : près de 2 000 par jour.

Il ne s’agit pas seulement d’être nombreux. Il s’agit d’être formés et outillés. Là encore, les objectifs sont dépassés : la formation des cadres et militants, région par région, remporte un succès qui surpasse nos prévisions. Nous voulions former 3 500 personnes. Nous en avons formées 7 000 !

Et chacun peut disposer en permanence d’argumentaires, d’infographies, de vidéos pour diffuser la bonne parole le plus largement possible.

3/ Enfin, cet après-midi, nous avons adopté notre projet ! Un immense travail de coproduction a été mené pendant l’année 2011 avec les élus, les militants, les experts, les think-tanks, les clubs politiques, les internautes...

C’est un travail considérable pour lequel je veux remercier chaleureusement mon ami Bruno Le Maire, et toutes les personnalités de notre mouvement qui ont participé aux conventions et à la synthèse de nos propositions

Ce projet porte des réformes courageuses et de véritables chemins d’espérance pour la France. Il montre que le vrai changement, celui qui permettra à la France de sortir renforcée de la crise, c’est notre famille politique qui le porte.

Avec une famille rassemblée, une levée en masse réussie et un projet ambitieux, nous avons les armes pour nous lancer avec ardeur dans la bataille !

* * *

Je vous propose trois axes-clés pour mener la campagne jusqu’à la déclaration de notre candidat : la valorisation du bilan, la riposte systématique à l’adversaire, la promotion de notre projet.

Le bilan, d’abord. Nous lançons cette semaine une grande opération de valorisation de notre action depuis 2007.

Ne vous laissez pas impressionner par les attaques de la gauche. Ne laissez personne dévaloriser notre action au cœur de la crise ! Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait pour les Français.

Nous devons le revendiquer haut et fort : interdiction de la burqa, fin des droits de succession pour 95% des Français, service minimum dans les transports et à l’éducation nationale, réforme des retraites, autonomie des universités, l’augmentation de 25% de l’Allocation pour les Adultes Handicapés et du Minimum Vieillesse…

Ne vous excusez pas face à une gauche qui n’attend que cela ! Au contraire, demandez-lui des comptes : elle s’est si souvent trompée depuis 5 ans, elle qui n’a pas voté une seule de nos réformes !

Un chantier majeur a mobilisé toutes les énergies du Président de la République pendant ce quinquennat : la protection des Français pendant la crise. Cette crise sans précédent qui a frappé le monde entier avec une violence incroyable !

C’est un combat de tous les instants et, grâce au Président de la République, grâce au gouvernement de François Fillon, grâce à notre majorité, grâce à mes amis députés et sénateurs qui ont coproduit les réformes, la France a résisté dans la tempête quand tant d’autres pays ont perdu l’essentiel.

Le taux de chômage a augmenté en France. Comment pourrait-il en être autrement quand la récession frappe l’Europe et les Etats-Unis ? Mais il a augmenté moins vite chez nous qu’ailleurs.

Regardez l’Espagne, que les socialistes prenaient pour modèle ! Dites bien aux Français que François Hollande nous recommandait de faire comme Zapatero, un plan de relance par la consommation.

Où en serions-nous si nous l’avions écouté ? Savez-vous quel est le taux de chômage en Espagne ? Plus de 20%. Près de 50% chez les jeunes !

Quant à la dette publique, évidemment elle a augmenté. Mais là encore, notre endettement a été mieux contenu que celui de nos grands voisins.

Il est quand même sidérant de recevoir des leçons de gestion de la part du président du département le plus endetté de France. Depuis que François Hollande est à la tête de la Corrèze, la dette a augmenté de 44%. Alors même que ses investissements ont été divisés par quatre et que les impôts ont grimpé en flèche.

Nous n’allons rien laisser passer à la gauche. Rien. Pas une ambiguïté, pas une contradiction, pas un silence gêné ! Alors que François Hollande attaque la personne du Président de la République, nous, nous l’attaquerons sans concession. Mais sur le fond.

Ces derniers jours, on a renoué avec l’unanimisme médiatico-parisien des primaires. Pour saluer quoi ?, tenez-vous bien : le fait qu’un candidat à la présidentielle arrive à prononcer un discours devant 10 000 personnes. Vous parlez d’un exploit… On a même été jusqu’à le comparer au meeting de Nicolas Sarkozy le 14 janvier 2007, qui avait rassemblée lui… 80 000 personnes !

Ne soyez dupes de rien : le même microcosme médiatico-parisien présentait il y a quelques mois DSK comme le nouveau messie de la gauche française !

Maintenant que les lampions de la fête sont éteints, que les soupirs de pâmoison s’essoufflent, nous allons pouvoir parler des propositions socialistes ! Ou plutôt, de l’absence stupéfiante de propositions courageuses pour répondre aux grands défis de la France au 21ème siècle.

Il y a au moins trois fautes irréparables dans le projet de François Hollande. Trois renoncements qui sont autant de menaces pour l’avenir de la France et pour chacun de ses enfants.

La première faute lourde de François Hollande, c’est l’absence de courage et de vision. Parmi ses 60 propositions, pas de stratégie à long terme pour notre pays. Pas une réforme de structure. François Hollande veut présider la France comme il a dirigé le parti socialiste, sans prendre de risque et sans rien proposer. En louvoyant, en éludant et en esquivant. En politique, le manque de courage et l’obsession électoraliste portent un nom : c’est la démagogie.

Après bien des atermoiements, il a enfin osé l’avouer : la première annonce de réduction de postes dans la fonction publique, elle serait au détriment de la Défense nationale. Voilà, le mot est lâché !

Pour la gauche, l’armée est donc une variable d’ajustement budgétaire. Alors que nous vivons dans un monde incertain, alors que la défense de nos valeurs et de nos intérêts exigent des capacités d’intervention fortes, François Hollande annonce clairement la couleur : pour lui, l’armée n’est qu’un réservoir pour supprimer des postes. Est-ce là le comportement d’un homme d’Etat, conscient des grands défis géopolitiques et des bouleversements du monde à venir ?

Non, mais François Hollande refuse l’avenir : retour à la retraite à 60 ans, retour au 35h, retour aux emplois jeunes, augmentation des impôts… Il n’a renoncé à rien de ce qui faisait la caricature de la gauche française d’autrefois. On ne peut pas régler les problèmes de 2012 avec les recettes de 1997, de 1981, de 1936.

La deuxième faute gravissime de son projet : l’irresponsabilité financière.

Je salue Alain Juppé qui a réussi à le démontrer jeudi soir lors d’un débat télévisé avec François Hollande. Sans toi, cher Alain, je crois que François Hollande aurait passé une bonne soirée, sans trop de questions gênantes.

Nous étions plusieurs à penser qu’après ses déclarations grandiloquentes contre la corruption, dimanche dernier, François Hollande serait interrogé sur les mises en cause de nombreux barons socialistes, dans le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, les Hauts-de-Seine… Lui qui a dirigé le PS pendant plus d’une décennie, il avait sans doute un mot à dire sur ses amis qui font l’objet d’enquêtes. Et bien non, bizarrement. Pas une question !

En revanche, il a eu le droit à un reproche très dur : une journaliste a eu l’audace inouïe de lui dire que son principal défaut était qu’il « ne fendait pas assez son armure », malgré son « hyper-sensibilité ». Heureusement, François Hollande a pu lui expliquer qu’il se devait de garder son armure, pour parer les « odieuses attaques des méchants de la droite » à son égard…

Laissons cette émission et revenons à la démonstration de l’irresponsabilité financière du candidat socialiste. Pour un retour à l’équilibre des finances publiques d’ici 2017, ce qui est déjà un report d’un an par rapport aux engagements de la France, le candidat socialiste devrait trouver 100 milliards d’euros, selon la Cour des comptes.

Sur ces 100 Mds, François Hollande n’a virtuellement que 29 Mds. Et encore, il s’agit uniquement de hausse d’impôts, sans réduction de dépenses !

Pour le reste ? Joker ! La croissance y pourvoira, nous disent les socialistes. Et si la croissance n’est pas au rendez-vous, peu importe, ils renonceront au retour à l’équilibre.

François Hollande n’a pas compris que ce petit jeu-là était fini ! Est-ce l’exemple grec qui l’inspire ?

Et le pire c’est qu’il ne s’arrête pas là : il creuse encore la dette en proposant au moins 80 Mds d’euros de dépenses nouvelles sur le prochain quinquennat ! Sans compter la sortie du nucléaire, la dépendance, la TIPP flottante qui ne servira strictement à rien…

Hollande met en danger notre indépendance militaire, notre indépendance énergétique et maintenant notre indépendance financière.

J’invite les citoyens de France attachés à la souveraineté de notre pays à refuser ce renoncement très grave. François Hollande prétend lutter contre la finance mais il menace de nous mettre sous sa coupe !

J’invite la jeunesse de France à refuser cette folie qui consisterait à faire payer la facture aux générations à venir !

J’invite les classes moyennes à refuser le matraquage qui les viserait directement.

On connaît le double langage habituel de la gauche, de la place des Vosges au Café de Flore : dans ses discours, elle dénonce les Français les plus aisés, mais dans les faits, elle s’en prend aux classes moyennes qui paient toujours l’addition !

Ø Seuls les riches sont visés, dit-il ? mais Hollande veut supprimer l’exonération des heures supplémentaires. Plus de 9 millions d’ouvriers, d’employés, de salariés en seraient les victimes…

Ø Et quelles sont les niches que le PS veut supprimer : les dons aux associations ? la demi-part accordée aux personnes élevant seules un enfant ? les déductions pour les emplois à domicile ?

Ø En fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, il supprime de fait le quotient familial. Ajouté à une baisse des déductions sur les emplois à domicile ; ajouté à l’abandon en rase-campagne des 500 000 créations de places d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans, c’est un cocktail explosif pour les familles.

Enfin, la 3ème faute irréparable du projet de François Hollande : l’incapacité à apporter des réponses crédibles aux préoccupations des Français. Sur tous les sujets cruciaux, les réponses de François Hollande sont des gadgets de communication qui n’auront aucun effet positif sur la vie de nos concitoyens :

Ø Sur l’emploi. Hollande veut créer 150 000 emplois jeunes. Voilà qui est supposé régler le problème du chômage… sauf que ce sont des emplois publics, temporaires et sans avenir. Cela coûtera au moins 7,5 Milliards d’euros sur 5 ans pour 300 contrats par département et par an. Et pour les autres ? Rien !

Ø Sur l’éducation, Hollande a trouvé sa solution : recréer 60 000 postes sur 5 ans. Cela ferait 12 000 postes par an, soit 0,2 poste en plus par établissement ! Pour un coût de 7,5 milliards d’euros pour les seules cinq premières années.

Ø Sur l’immigration, c’est Jospin II, le retour. La gauche nous prépare une nouvelle vague de « régularisations massives », cachée sous le terme étrange « d’immigration intelligente ».

Ø Sur l’énergie, pour quelques circonscriptions, les Verts ont imposé au PS la destruction de notre industrie nucléaire. Résultat : 400 000 emplois menacés et une explosion de la facture d’électricité des Français.

Ø Sur la sécurité. Hollande veut créer 1000 postes dans la justice, la police et la gendarmerie. Cela fait 5 postes de policiers ou gendarmes par département… C’est dérisoire alors que le PS veut détruire tout l’arsenal législatif mis en place pour punir les multirécidivistes ? Alors que les amis de François Hollande veulent désarmer les polices municipales, réduire la vidéosurveillance, taxer les communes qui investissent dans la sécurité… ?

Je pourrais continuer la liste des impasses de Hollande bien longtemps mais je ne prends qu’un dernier exemple : la laïcité.

Rappelez-vous : les mêmes qui nous disaient il y a quelques mois que c’était un non-sujet nous proposent aujourd’hui d’inscrire la loi de 1905 dans la Constitution. Comme si c’était la séparation des Eglises et de l’Etat qui posait problème aujourd’hui.… Voilà une pirouette de plus du candidat Hollande qui refuse d’aborder la question de fond : l’instrumentalisation du religieux à des fins politiques, par des extrémistes qui testent la République.

C’est le même député Hollande qui refusait de voter l’interdiction de la burqa dans les lieux publics ;

C’est le même député Hollande qui ne trouvait rien à redire quand son ami Daniel Vaillant, expliquait qu’il ne voyait pas de problème avec les prières de rue dans l’arrondissement dont il est maire ;

C’est le même député Hollande qui trouvait normal que Martine Aubry autorise les horaires séparés pour les femmes musulmanes dans les piscines lilloises…

Voilà qu’il désigne maintenant les religions comme des ennemis de la démocratie et exige, sur un coup de tête, d’ouvrir la boîte de Pandore d’une loi que personne ne conteste.

* * *

Alors que le projet de François Hollande n’est pas du tout à la hauteur des défis du siècle, je voudrais maintenant partager avec vous quelques réflexions sur la société que nous voulons pour nos enfants.

Ne nous laissons pas caricaturer en une droite gestionnaire, uniquement portée sur les questions économiques !

Nous sommes portés par des valeurs, par une ambition pour notre pays. Par une grande espérance pour les générations à venir !

Et parmi ces valeurs qui nous animent, il y a la générosité. Un mot merveilleux, que, par pudeur, nous craignons parfois d’affirmer.

La générosité, ce n’est pas tout donner, n’importe comment, à n’importe qui. Ça, c’est l’assistanat. Ça, c’est le socialisme.

La générosité, c’est considérer d’abord la personne humaine, c’est mettre la sensibilité au cœur de la relation. C’est rappeler toujours que chaque Français compte. Chaque Français est important. Avec sa part de vérité, avec ses convictions.

Dans les mois qui viennent, je vous invite à ne jamais négliger cette valeur essentielle. Une campagne, c’est aussi l’occasion de renforcer notre écoute de l’autre. D’aller à sa rencontre. De s’asseoir avec lui pour partager ses doutes, ses inquiétudes, ses souffrances, mais aussi ses espérances, son ambition.

Que la générosité anime notre campagne ! Car les grandes victoires électorales viennent de la raison, de la conviction, mais aussi du cœur !

Cette vision est fondée sur une conviction forte : nous avons confiance dans la générosité et l’enthousiasme des Français.

On nous dépeint volontiers comme un peuple d’individualistes, voire d’égoïstes... La réalité, c’est que nous sommes prêts à tout pour nos enfants.

Nous sommes prêts à donner le meilleur de nous-mêmes pour qu’ils aient toutes les chances de réussir.

Et nous sommes prêts à faire ensemble les efforts justes et nécessaires qui permettront de protéger et préparer leur avenir.

Voilà pourquoi nous avons choisi ce fil conducteur pour notre projet : « protéger et préparer l’avenir des enfants de France. »

Au cœur de ce projet, il y a la réponse à un sentiment qu’éprouvent beaucoup de nos concitoyens : le sentiment d’injustice, le combat pour l’égalité.

La France a la modèle social le plus généreux des pays occidentaux : 30% de notre richesse est consacrée à la protection sociale. Grâce à ce modèle, les inégalités sociales sont plus faibles en France qu’ailleurs. Pourtant, le sentiment d’injustice domine. Le pessimisme règne. Alors pourquoi ?

Il y a des inégalités de revenus. Bien sûr ! Certaines sont particulièrement choquantes. Ecœurantes même.

Et je suis fier d’appartenir à une majorité qui a commencé le grand mouvement de régulation de la finance européenne, quand la gauche française est – paradoxe tragi-comique - le principal artisan de toutes les dérégulations sauvages des années 80 et 90 !

Monsieur Hollande se pose comme le fils de Monsieur Mitterrand. Il doit savoir que le peuple de France n’a rien oublié : pendant que François Mitterrand faisait des belles tirades sur « l’argent qui corrompt », ses affidés en profitaient allègrement pour goûter les charmes de l’argent facile. Et d’autres ont pris la relève, à gauche, rouvrant ainsi le joli bal des hypocrites.

François Hollande n’aime pas les riches, dit-il, mais, s’il s’applique ses propres critères, il est riche.

François Hollande nous dit qu’il lutte à mort contre la finance, mais il est entouré de financiers et de banquiers d’affaires. Banquiers d’affaires qui d’ailleurs, se frottent peut-être les mains à la perspective d’une séparation des activités de nos banques françaises…

C’est dire si les leçons de la gauche morale nous paraissent pathétiques. Je n’ai pas de plaisir à rappeler tout cela mais puisque vous vous êtes fait, Monsieur Hollande, le pourfendeur du Fouquet’s, vous dont le parti est dirigé par Mme Aubry, qui avait osé signer le « pacte de Marrakech » avec DSK, souffrez que je vous rappelle le scénario éternel de l’arroseur arrosé.

Mais revenons-en à la question de l’égalité ! Le combat pour l’égalité doit-il se limiter à la question des revenus ?

Pour la gauche, oui. Prendre aux riches pour donner aux pauvres, prendre aux moins riches pour donner aux moins pauvres… c’est l’Alpha et l’Omega ! C’est le but ultime de leur politique.

A tel point que son logiciel ne peut pas intégrer le principe pourtant fondamentalement juste de la politique familiale. Ce principe qui consiste à redistribuer, non pas sur la base du revenu, mais sur la base du nombre d’enfants à charge ! Pourquoi donc casser ce principe qui fait le dynamisme démographique, que les autres pays nous envient ?

Pour moi, je vous le dis, le combat pour l’égalité ne se réduit pas à l’obsession de niveler les revenus par le bas ! Il est beaucoup plus ambitieux et surtout, il est indissociable du combat pour la liberté !

L’inégalité la plus insupportable pour les Français en ce début du 21ème siècle, c’est l’inégalité des chances. Le sentiment que tout est figé, que tout est bloqué.

On ne le combat pas en matraquant les classes moyennes. On ne le combat pas en cassant la création de richesses, en offrant pour seule perspective d’avenir une poignée d’emplois publics temporaires à la jeunesse des quartiers populaires.

Moi qui suis à Meaux depuis quinze ans, le maire de quartiers difficiles et de populations qui souffrent, je peux en donner mille témoignages.

La pire inégalité, au cœur de cette crise mondiale, ce n’est pas le monde de la finance, dont on a besoin pour financer les entreprises et les ménages, c’est le chômage ! Le chômage qui dure. Le chômage qui enferme dans l’assistance.

Et cette inégalité terrible, on ne la combat pas en matraquant les entreprises et en alourdissant comme jamais le coût du travail dans notre pays, comme souhaite le faire François Hollande.

Contre ces inégalités-là, celles dont finalement les Français souffrent le plus, parce que ce sont celles-là qui inspirent la peur du déclassement, contre ces inégalités-là, le PS ne propose rien ! Rien ! Au contraire ! Je vous le dis, la menace est grave : alourdir le coût du travail en supprimant les allègements de charges, en augmentant les cotisations, comme le propose François Hollande, c’est la meilleure façon d’entraîner des délocalisations et du chômage de masse, surtout chez les jeunes et les moins qualifiés !

En réalité, le PS est obsédé par le seul revenu. L’argent. Pour lui tout se mesure en euros. 2 000 euros, 4 000 euros, plafonds, planchers, riches, très riches… : il faut que toute la vie rentre dans les calculettes de petits apparatchiks qui n’ont rien compris à l’idéal de 1789 !

Qui confondent la Révolution française et la lutte des classes.

La déclaration des droits de l’Homme et le Programme commun.

Le rêve français et la doctrine socialiste.

Car le grand rêve de 1789 n’était pas tant de prendre de l’argent aux méchants riches que de donner la liberté à tous ! Le grand rêve de 1789 n’était pas tant d’égaliser les revenus que de reconnaître le mérite de chacun, quelle que soit sa naissance. Quel que soit son état.

Malheureusement, vous avez travesti la devise de la République. Entre Liberté et Fraternité, vous lisez égalitarisme quand nos aînés ont écrit Egalité.

Mes chers amis, l’égalité que nous voulons défendre avec passion et que la gauche oublie toujours, c’est l’égalité des chances.

L’inégalité que nous voulons combattre avec force et contre laquelle la gauche a démissionné, c’est le chômage.

Oui, notre ennemi, ce n’est pas la finance, malgré toutes ses dérives que nous attaquons sans faiblir.

Notre ennemi, c’est le chômage ! Le chômage qui crée la pauvreté. Le chômage qui crée l’incertitude. Le chômage qui crée la peur de l’avenir.

Dans cette logique, notre priorité pour le prochain quinquennat n’est pas la redistribution de crédits publics que nous n’avons pas, mais la réindustrialisation, au service de l’emploi en France ! Nous l’assumons ! Parce que c’est le meilleur moyen de rendre notre société plus juste.

Nous voulons produire plus et dépenser moins d’argent public quand les socialistes veulent redistribuer plus, quitte à alourdir la facture du « Made in France » et accélérer les délocalisations.

Pour recréer de l’emploi en France, nous proposons un changement de modèle économique en profondeur : priorité aux PME, transformation du rapport au travail, allègement du coût du travail par un nouveau financement de notre protection sociale, orientation vers l’export et investissements d’avenir…

Notre priorité pour le prochain quinquennat, mes chers amis, va aussi à l’éducation, à l’apprentissage et à la formation tout au long de la vie. C’est le savoir et la qualification qui sont les principaux facteurs de l’égalité des chances et de la lutte contre le chômage !

Là encore, nous proposons une réforme courageuse et profonde : les établissements doivent avoir plus d’autonomie, les savoirs fondamentaux doivent être évalués avant l’entrée au collège et nous mettrons fin au collège unique !

Quand les socialistes promettent 150 000 emplois parking, nous proposons un million d’apprentis ! Oui, nous misons sur l’apprentissage alors que le PS ne l’évoque qu’une seule fois dans son programme, pour le réserver, je cite à « aux jeunes déscolarisés de 16 à 18 ans ».

Quelle erreur monumentale ! Quel mépris pour tous ces jeunes qui s’investissent dans l’apprentissage d’un métier et qui demain, je vous le dis, trouveront sans problème un emploi productif et valorisant !

Enfin, troisième et dernière priorité : la consolidation du pacte républicain. Sans lui, mes chers amis, les aspirations à l’égalité ne veulent plus rien dire. Sans la transmission de valeurs communes, sans l’autorité de normes partagées, l’égalité disparaît et c’est le communautarisme qui s’impose, enfermant chacun dans une origine ou une identité.

C’est là évidemment le grave danger que porte cette mesure folle du droit de vote et d’éligibilité que veut offrir François Hollande aux étrangers résidant en France. Il introduirait ainsi dans notre pays un vote communautaire qui viendrait se substituer au vote populaire.

Là encore, la gauche française porte une responsabilité écrasante dans ces entorses permanentes à l’égalité, au nom du « droit à la différence » qu’elle porte en étendard depuis des années.

Le combat pour le pacte républicain, mes chers amis, c’est le combat pour l’équilibre des droits et des devoirs, pour la sécurité, pour la sauvegarde de notre modèle social, pour une immigration maîtrisée… Ce combat, vous pouvez compter sur moi pour le mener sans faiblir, aux côtés de Nicolas Sarkozy !

* * *

Mes chers amis, mes chers compatriotes, la France est vraiment à la croisée des chemins. A un moment si particulier de son histoire, de notre histoire, l’élection présidentielle de 2012 ne sera comme aucune autre.

Les Français auront un choix très clair à poser entre la paralysie et l’action. Entre la résignation et le courage.

Nous formons ensemble un mouvement rassemblé, prêt à se lever en masse, avec des propositions courageuses et nouvelles pour la France.

Nous serons tous derrière notre candidat parce que c’est lui seul qui peut guider la France vers la sortie de crise et vers l’espérance.

Merci pour votre engagement.

Oui, c’est le courage qui donne la force d’agir

Maintenant, c’est à nous, avec Nicolas Sarkozy, de faire la différence.

Pour nos enfants. Pour la France !

Vive la République ! Vive la France !

Répondre à cet article