Dictionnaire du communisme.

Dimanche 20 avril 2008 // Divers

Ce livre sort au même moment que le Livre Noir de la sanguinaire Révolution française. Vingt auteurs parmi les meilleurs spécialistes du communisme comme Françoise Thom, Marc Lazar, Pierre Rigoulot ou Jacques Rupnik, sous la direction de Stéphane Courtois, y ont contribué.

Le dictionnaire commence par le mot adhésion » et finit par le mot « Zhou Enlai ». Deux introductions, en forme de commentaires, « le communisme en questions » et « temps forts », en ramassent la matière.

L’idée communiste de mette en commun les biens a toujours existé. Le mot date de la triste révolution française, curieux hasard. Au XIX° siècle, il émerge d’une synthèse entre la passion égalitaire et le scientisme. C’est le fondement de l’utopie révolutionnaire de Marx. Le 7 novembre 1917, Lénine crée le premier gouvernement communiste en Russie. Il invente un régime totalitaire, inédit, dirigé par une nomenklatura toute puissante et bardée de privilèges, le discours du régime demeurant égalitariste. Il emprunte à la Révolution française la terreur comme moyen permanent de gouvernement.

Le mot « totalitarisme » est né en Italie en 1924. La théorie du totalitarisme qui englobe les régimes fascistes et communistes date plutôt de 1939, après le pacte Hitler-Staline. Comme l’écrit Stéphane Courtois, parti unique, idéologie obligatoire, embrigadement de la jeunesse, projet de créer un homme nouveau,éloge de la force et de la violence, volonté affichée d’expansion, teneur comme moyen de gouvernement, puissances des polices politiques, discriminations de groupes sociaux entiers, système concentrationnaire, crimes de masse autant de similitude qui incitaient à la comparaison. »

La victoire de la Russie soviétique avec les alliés sur le nazisme va occulter la mémoire des crimes du communisme. Depuis la chute des pays de l’Est, beaucoup d’archives se sont ouvertes. C’est une « révolution documentaire », hélas faiblement exploitée par les medias Occidentaux. Telles la famine en Ukraine, niée par Edouard Herriot lors de son voyage en URSS, et la Grande Terreur de 1938.

La Grande Terreur vise l’extermination de trois sortes d’ennemis du peuple des ennemis sociaux ( koulaks, religieux, « gens du passé »), des minorités ethniques (Allemands, Polonais, minorités asiatiques) et des cadres du parti accusés de trahison. L’opération est dirigée par Iejov puis Beria. I 565 000 personnes ont été arrêtées, 668 000 seront exécutées. Cette terreur a été ignorée, voire niée par les medias Occidentaux, jusqu’au livre de Robert Conquest, en 1968.

Autre retournement. Au procès de Nuremberg, les Soviétiques imputent aux Allemands les massacres de milliers d’officiers polonais à Katyn. Dès le mois de septembre 1944, les communistes polonais publient à Moscou une brochure « la Vérité sur Katyn » qui entérine la thèse soviétique. Une campagne mondiale de désinformation commence portée par tous les partis communistes. Tout le monde marche. Le film de Wajda dit enfin la vraie vérité.. Ce n’est que le 13 octobre 1990 que Gorbatchev présentera officiellement ses excuses au peuple polonais pour 21 857 officiers fusillés.

L’ambiguïté, pire la complicité occidentale apparaît encore mieux en lisant l’article « Khmers rouges ». Ce ne sera qu’en 2004 que sera créé le tribunal international pour juger une soixantaine de chefs du régime génocidaire.

Un signe encore tout récent de cette complicité avec des régimes criminels « Le 26 janvier 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a le plus grand mal à faire voter à une faible majorité un texte très modéré demandant la condamnation morale des crimes des régimes communistes, 1es groupes politiques communistes mais aussi la gauche socialiste se prononçant contre avec véhémence ».

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