Des intellectuels disent non à l’ingérence belliqueuse inacceptable de la communauté internationale.

Jeudi 3 mars 2011 // L’Afrique

Alors que la réélection de Laurent Gbagbo donne lieu à une ingérence belliqueuse inacceptable de la communauté internationale, des intellectuels camerounais et africains, soucieux de l’indépendance et de la souveraineté des Etats africains, lancent un appel à la solidarité avec ceux qui luttent pour ces objectifs, en ce moment, en Côte d’Ivoire et s’opposent à la recolonisation de l’Afrique par les Occidentaux.

En 2002, la Côte d’Ivoire a été victime d’une tentative de coup d’état qui s’est transformée en une rébellion armée dans le Nord du pays. La tentative de coup d’état a causé la mort d’environ 10.000 civils.

Après plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies restées sans effet, exigeant notamment le désarmement des rebelles, le chef de l’Etat, président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a engagé le « dialogue direct » en 2007 en vue de mettre fin à la crise politico-militaire que connaît le pays depuis 2002.

A cet effet, l’Etat ivoirien a organisé et supporté seul les dépenses liées aux élections « les plus chères du monde » (120 milliards de f cfa versés à la société française Sagem), qui ont abouti à l’annonce illégale et clandestine des résultats provisoires au quartier général de campagne d’un des candidats à l’élection, par Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante, organe administratif et à la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, conformément, à la constitution de la République souveraine de Côte d’Ivoire.

Convaincus que l’on ne peut construire la paix et la démocratie sans le respect des institutions d’un Etat et conscients que le développement durable des pays africains passe nécessairement par la paix, les intellectuels africains, respectueux :

  1. de la charte des Nations-Unies, qui pose en son article 2.1, 2.2 et 2.4 le respect de la souveraineté et des institutions de chaque Etat membre.
  2. de l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui pose le respect des institutions souveraines en son article 3(b) et le refus de la prise du pouvoir par les armes en son article 4(p).
  3. de la constitution et des institutions dont le peuple ivoirien s’est librement doté, Soutiennent les institutions de la République ivoirienne et le peuple ivoirien qui lutte pour le respect de sa souveraineté et lancent un appel ferme au secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, ainsi qu’au président Nicolas Sarkozy, exigeant de ces derniers qu’ils agissent conformément aux règles qui gouvernent les Nations-Unies, à savoir, le respect de la souveraineté des Etats qui la composent et par conséquent, le respect des institutions de l’Etat de Côte d’ivoire.

Le seul crime que Laurent Gbagbo a commis est d’avoir osé s’opposer à la scandaleuse tentative de recolonisation de la Côte d’Ivoire. Nous exhortons tous les Africains, malgré nos différentes options idéologiques, à s’opposer fermement et résolument à cette honteuse de re-vassalisation de la Côte d’ivoire.

Notre continent, l’Afrique, ne peut pas, ne doit pas négocier sa souveraineté et sa liberté, c’est pourquoi nous avons décidé, aux noms des pères fondateurs de nos indépendances de refuser les ingérences qui corrompent l’avenir de nos nations et de nos peuples. En toute souveraineté, nous intellectuels d’Afrique, nous nous engageons à refuser que le concept de communauté internationale et les Nations-Unies soient le creuset de la fin de l’histoire.

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