Des candidats sous influence.

Lundi 6 février 2012, par Jean de La Faverie // La France

L’élection présidentielle sous la Ve République, ne se limite pas à la rencontre entre un homme et le peuple. Il faut que chaque candidat s’appuie sur un réseau d’influence, à la fois laboratoire d’idées et relais de ses propositions...

Militants de la diversité, think-tanks de gauche et de droite, francs-maçons, gourous de la com, éminences religieuses, princes et ducs des médias, « ENA connection », Françafrique, « Galaxie » homosexuelle, etc. Pas un réseau ni un de leurs membres ne manqueront de faire valoir leurs positions auprès des candidats à la présidentielle. C’est à qui saura le mieux capter les yeux et les oreilles du et des candidats pour que telle ou telle proposition soit couchée sur son programme, devienne dans les jours, semaines ou mois suivant l’élection, une réalité concrète. Dans cette sorte de clientélisme qui ne dit pas son nom, l’influence est la reine des mots et des techniques.

« GAYLAXIE »

Parmi les lobbyistes les plus en vue pour 2012, les groupes de la diversité et les prosélytes religieux font feu de tout bois. Ils sont très actifs chez les groupes d’origine étrangère qui prennent l’angle de la création de lieux de culte pour propager leurs idées, leur foi, pour faire valoir leurs droits et pousser leurs revendications : une meilleure représentation des minorités visibles, la construction (si possible subventionnée) de lieux de cultes, l’organisation (là encore aidée) de fêtes religieuses comme l’Aid-el-Kébir, etc. En jeu : environ plus de trois millions et demi de voix à se partager entre les candidats : environ 1,5 million pour la communauté musulmane et deux millions pour la communauté noire, en âge de voter pour ne citer que les groupes émergents.

Le combat est identique pour la « communauté homosexuelle » : s’appuyer sur cette échéance électorale pour se faire entendre, en faire une tribune, une caisse de résonance. La « Gaylaxie » a clairement affiché la couleur lors de la dernière Gay Pride en demandant aux candidats à la présidentielle de 2012 de s’inspirer du Sénat de New York qui a reconnu le droit au mariage homosexuel. « Mêmes familles, mêmes droits », pouvait-on lire sur les pancartes. D’ores et déjà, le Parti socialiste, par l’entremise d’Harlem Désir, a indiqué que si son candidat devait l’emporter, « une loi permettra la pleine égalité » dès 2012. Là encore, les politiques comptent leurs suffrages potentiels : entre un et 1,5 million de bulletins !

GUERRE DES LOGES

Le réseau franc-maçon ne reste pas en retrait du combat présidentiel, bien qu’il se fasse beaucoup plus discret. Même si les maçons ne font pas (toujours) une élection, il est prudent de ne pas négliger leur influence. Il faut dire qu’une frange non négligeable de la classe politique, de gauche comme de droite, s’en revendique de près ou de loin. Quand ils ne sont pas ouvertement « frères trois points », ils s’entourent d’eux, qu’ils soient notoires ou « amis ». Nicolas Sarkozy s’adjoint les « lumières » de Xavier Bertrand, d’Alain Bauer ; François Hollande celles de Manuel Valls, etc. Un signe ne trompe pas à l’approche de mai 2012. Les loges se mènent une guerre sans merci et deviennent le champ de manoeuvre où les candidats expérimentent, rodent et testent, de manière plus réduite et secrète, les thèmes de leurs affrontements futurs : droit des femmes, bioéthique, laïcité, éducation, fracture sociale, droit de l’homme, etc. Guy Arcizet, grand maître du Grand Orient de France n’a pas caché qu’il voulait faire entendre sa voix. Sa loge a commencé à auditionner tous les candidats « républicains », « pas Marine Le Pen donc ».

Réponse : La solution Royale ! Faisons un peu d’Histoire.

Pour répondre aux querelles partisanes, pourquoi ne pas avoir recours à l’intelligence et la douceur la seule solution nationale qui réponde à la question institutionnelle en France, la solution royale.

Il se trouva dans la même période qu’il y eut un prince de la dynastie nationale qui depuis un certain temps se faisait connaître. Il fut évidemment reconnu pour ce qu’il était : le prince français, le prince chrétien. Il était marié ; il y avait une princesse ; ils avaient des enfants ; lui se préparait à ce qu’il appelait sa mission.

Les choses se firent tout simplement par la rencontre d’un peuple et d’un prince. Selon une habitude française tellement immémoriale qu’elle en était inconsciente, ce fut Hugues Capet qui servit de modèle. Les Français avaient bien compris ce que leur histoire leur dictait. Hugues Capet lui-même, en son temps, ne s’était-il pas inspiré du modèle de Clovis, premier roi catholique et franc ? Ce modèle de Clovis avait été transfiguré par la légende que les archevêques de Reims, Hincmar et Adalbéron - des évêques courageux et intelligents, c’est toujours utile ! avaient réussi à magnifier et à établir comme règle politique suprême. Pendant mille ans, ce fut la règle d’or des institutions françaises ; il n’en était point d’autre.

Depuis lors - et le « parti des politiques » avait bien insisté dans sa campagne sur cet ensemble de certitudes roboratives - sous les premiers Capétiens, sous les Valois, sous les Bourbons, tous les redressements français avaient obéi à la même loi. C’était tellement clair ! Restauration de l’autorité, instauration concomittante du pouvoir du prince, sacralisation de ce principe souverain, rétablissement de l’ordre et de la sécurité, rénovation de la justice incarnée dans l’arbitre suprême, fin des querelles partisanes, le travail et les arts remis à l’honneur, vastes conceptions présidant délectation et fougue, puis avec acrimonie, violence et haine dans la lutte des partis. Les expériences qui suivirent la Révolution le démontrèrent amplement. Elles finirent toutes mal : banqueroute, défaite, désastre, l’expression vieux Bodin, ne pouvait être que royale à l’organisation et à la prospérité du royaume, habile politique étrangère assurant à la France sa liberté, sa prépondérance et son rayonnement dans le monde.

Répété à chaque grand redressement dans l’histoire, cet enchaînement d’évidences si naturelles constituait le plus précis des programmes politiques. Pourquoi chercher ailleurs ?

Ainsi, les Français avaient compris l’essentiel de leur histoire et de leur destin. La République en France, pour reprendre l’expression du vieux Bodin, ne pouvait être que royale. Dès que l’autorité de leurs rois avaient faibli pour une raison ou pour une autre, aussitôt les Français s’étaient divisés. À chaque fois, ils s’étaient jetés avec effondrement politique jalonnent cette triste histoire, cependant encore brillante. Preuve a contrario de l’inaltérable loi française, à chaque fois que la République non royale voulut se sortir de ses impasses, elle se donna pour s’illusionner comme une imitation de pouvoir royal, le plus semblable possible à l’original mais qui avait le défaut essentiel de ne l’être pas. Ainsi des deux Bonaparte, des maréchaux, du général et de tous ces présidents de la V° République qui, tout en se disant démocrates, ne pouvaient faire autrement que de se façonner sur la figure monarchique dont l’institution suprême portait le caractère indélébile. Ils voulaient faire les rois et ils ne l’étaient pas ! D’où les déconvenues !

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