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Des candidats qui joue « Petit bras ».

Mercredi 25 janvier 2012 // La France

Pauvre France ! Elle n’est pas près de sortir du marasme : les aspirants à la présidence, de peur de déplaire, sont muets sur les grands chantiers à mener. Pourquoi nos voisin Allemands s’en sorte et que la France est à la traîne ?

Quel pays serait la France si elle renonçait aux 35 heures (qui détruisent de l’emploi), si elle mettait en place une politique de discrimination positive pour ses immigrés musulmans mal intégrés et si elle assignait à l’Europe des objectifs plus réalistes en tant que puissance mondiale  ? Réponse : un pays imaginaire, car rien de tout cela ne semble près d’arriver. A moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats se contentent d’esquisser diverses variations possibles autour du confortable quotidien des Français, se contentant de rafistoler ou simplement de passer une nouvelle couche de peinture sur des aspects bien connus et peu risqués de la vie publique.

Cette situation a quelque chose de surréaliste. Ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande, son rival socialiste et candidat présumé insipide, ne parient de douloureux changements en perspective. La nécessité de ces changements ne fait pourtant aucun doute. En 2012, la France est un pays où le taux de chômage atteint les 9,8 %, la récession est imminente et la note AAA+ n’est plus qu’un souvenir ; et un pays dans lequel la crise de la dette européenne renforce le sentiment de subordination à l’Allemagne. Toutes les réussites et le caractère unique de la France ne suffisent plus à cacher un sentiment de déclin et de perte d’identité. Alors que le pays semble confronté à un choix existentiel, les candidats à l’élection présidentielle répliquent par des demi- mesures et des calculs petits bras, hésitant encore quand ils devraient s’engager pleinement. Leurs programmes se contentent d’égrener des généralités et de grandes idées isolées (littéralement : vérité, espoir, justice et détermination) plutôt que de proposer une refonte cohérente à l’échelle nationale.

Le symbole des 35 heures

En rejetant toute idée de changement structurel, les deux finalistes probables renforcent l’idée qu’en France toute réforme-du système est perçue comme une menace parce que presque tout le monde a intérêt à préserver le statu quo du rôle de l’Etat. La question de la réforme du marché du travail est ainsi la grande absente de cette campagne. A contre-courant d’une décennie où les pays d’Europe du Nord et l’Allemagne s’efforçaient de créer des cadres plus flexibles pour les employeurs et les salariés, le gouvernement socialiste a instauré la semaine des 35 heures en 2000. Aucun pays n’a suivi l’exemple français mais cette loi, qui décourage en réalité le recrutement, est considérée comme un grand progrès. Et Nicolas Sarkozy n’a jamais tenté de toucher à ce symbole.

Enfin, pour ce qui est de la place de la France dans le monde et du rôle de l’Europe comme caisse de résonance de Paris un argument récurrent en période de campagne la crise de la dette rend pour le moins improbable toute perspective d’un monde multipolaire avec l’Europe parmi ses principaux piliers. Les dirigeants français n’en démordent pourtant pas et ne s’intéressent à aucune alternative raisonnable, comme une aire commerciale transatlantique capable de faire contrepoids à la Chine.

En évitant tout engagement clair, François Hollande croit pouvoir parer les risques spécifiques menaçant de réduire son avance dans les sondages. Pendant ce temps, le président sortant s’efforce d’apparaître aux yeux des Français comme un protecteur combatif et charismatique, plutôt que comme un dirigeant prescrivant des réformes nécessaires. La France, pays d’ordinaire si créatif et si audacieux, ne propose aujourd’hui rien de neuf ou de prometteur et s’apprête à choisir son nouveau président à reculons.

Enfin, pour ce qui est de la place de la France dans le monde et du rôle de l’Europe comme caisse de résonance de Paris - un argument récurrent en période de campagne -,la crise de la dette rend pour le moins improbable toute perspective d’un monde multipolaire avec l’Europe parmi ses principaux piliers. Les dirigeants français n’en démordent pourtant pas et ne s’intéressent aucune alternative raisonnable, comme une aire commerciale transatlantique capable de faire contrepoids à la Chine.

En évitant tout engagement clair, François Hollande croit pouvoir parer les risques spécifiques menaçant de réduire son avance dans les sondages. Pendant ce temps, le président sortant s’efforce d’apparaître aux yeux des Français comme un protecteur combatif et charismatique, plutôt que comme un dirigeant prescrivant des réformes nécessaires. La France, pays d’ordinaire si créatif et si audacieux, ne propose aujourd’hui rien de neuf ou de prometteur et s’apprête à choisir son nouveau président à reculons.

Du AAA pour Marine Le Pen

La dégradation de la France risque d’ouvrir un boulevard au Front national, qui surfe sur un discours simple contre les banquiers et l’euro cent jours du premier tour de la présidentielle le 22 avril, Marine Le Pen, la candidate du Front national, talonne déjà
Nicolas Sarkozy dans les sondages. Contrairement à son père, qui prônait moins d’Etat, Marine Le Pen appelle à défendre l’Etat providence contre l’Europe, les riches et les banquiers, et à le réserver aux Français afin d’assurer sa pérennité. Ses ennemis sont l’euro, les étrangers et les millionnaires, mais aussi les partis traditionnels, qui préconisent la rigueur et l’austérité tout en dilapidant l’argent public au profit des musulmans et nient la laïcité de l’Etat en ouvrant des mosquées.

Son socialisme ethnique, comme l’a baptisé le politologue Dominique Reynié, présente un avantage en ces temps de peur et d’incertitude : parmi les recettes proposées aux électeurs, c’est la plus concrète. Mme Le Pen semble avoir toutes les certitudes à propos de l’euro (l’abandonner pour revenir au franc et faire tourner la planche à billets), sur l’Europe (mettre un coup d’arrêt à l’intégration), sur les banques (les nationaliser et leur faire payer la crise) et sur la mondialisation (l’affronter par davantage de protectionnisme).

Peu de candidats osent parler aussi clairement, et tous, atterrés par la capacité de Marine Le Pen à récolter des voix parmi les ouvriers (40 %) et les agriculteurs (41 %), se demandent comment lui faire barrage, mais ils n’arrivent pas à s’entendre sur les moyens d’y parvenir. François Hollande juge bon de rappeler dans sa lettre aux Français, la violence sociale et la vindicte ethniciste de son projet. Le centriste François Bayrou préfère critiquer son esprit antirépublicain, et l’UMP a commencé à quantifier le coût des mesures qu’elle prévoit, afin de démontrer qu’elles mèneraient le pays à la ruine.

Problème : le pays paraît déjà assez près du gouffre. Avec la récession qui menace et un chômage atteignant des niveaux records, la France a perdu son triple A. Moins d’une demi-heure après l’annonce de la dégradation, Marine Le Pen apparaissait à la télévision pour dire au pays qu’elle avait raison, que l’austérité néolibérale ne conduisait qu’à cela, que nous étions à la veille de l’effondrement de l’euro, que le mythe du président protecteur était mort.

Trente secondes, trois idées simples et vraisemblables, d’une simplicité à la portée de tous. Faisant preuve d’opportunisme, la candidate s’est montrée compréhensive envers ceux qui ont le moins et qui nourrissent les plus grandes craintes. Elle s’est enfin présentée comme la candidate du changement. Pour le directeur de TNS Sofres, Edouard Lecerf, le terme Front national s’est normalisé. Avant il suscitait de la répulsion, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Toutefois, les Français sont 61 % à rejeter la proposition principale du FN, à savoir la sortie de l’euro et le retour au franc. Mais la campagne n’a toujours pas commencé. Et si Sarkozy continue à hésiter et que la crise s’aggrave, cela finira peut-être par en convaincre plus d’un.

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