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Depuis 8 ans, un homme est emprisonné.

Vendredi 18 mars 2011, par Karim Ouchikh // L’Histoire

Pour avoir osé exprimer courageusement ses opinions politiques.

Alors que l’Union européenne roucoule en donnant des leçons de « démocratie » tant à la Tunisie qu’à l’Egypte, elle « enterre » un homme qui a pour nom Vojislav Seselj. Ses torts ? Avoir voulu défendre la souveraineté de la Serbie. Karim Ouchikh nous appelle à ne pas l’oublier.

Libérons le Professeur Vojislav Seselj des geôles du Tribunal pénal international !

Un homme est emprisonné en Europe depuis 8 ans pour avoir osé exprimer courageusement ses opinons politiques.

Un homme proteste énergiquement de son innocence et réclame depuis lors d’être jugé équitablement sur les faits qui lui sont reprochés.

Dans une terrible solitude carcérale, cet homme se désespère de l’inertie consternante que la communauté des Nations oppose lâchement à ses incessantes indignations. Tous ces efforts inlassablement répétés, il les mène en vain jusqu’à présent auprès des opinions publiques européennes, plus que jamais apathiques.

Cette personne, nul ne doit plus en France en ignorer l’identité
 : il s’agit du professeur serbe Vojislav Seselj.

Professeur d’Université, chef de file respecté du Parti radical serbe, Vojislav Seselj est une personnalité européenne de premier plan, engagée de longue date dans le combat politique en Serbie.

Poursuivi du chef de crimes de guerre, qu’il aurait perpétrés au début des années 1990 lors des guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine, le Professeur Dr Vojislav Seselj s’est librement rendu à la Haye, le 23 février 2003, pour s’expliquer bravement devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de la Haye (TPIY) au sujet de faits qu’il a toujours farouchement récusés. Dès son arrivée à l’aéroport, il fut aussitôt incarcéré : depuis lors, il demeure détenu dans les geôles du TPIY, sans pouvoir être jugé sur les faits incriminés.

Cette détention arbitraire, nul n’ignore qu’elle viole manifestement les règles élémentaires du droit pénal international contemporain, qui offre pourtant à tout individu le droit de bénéficier d’un procès rapide, juste et équitable. Tandis que l’acte d’accusation dont il est l’objet n’a cessé d’être modifié au fil de son interminable procès, le droit du professeur Dr Vojislav Seselj à disposer d’une défense libre a été pareillement bafoué au point que celui-ci s’est vu contraint de mener une grève de la faim, du 10 novembre au 8 décembre 2006, pour faire entendre ses légitimes protestations.

En novembre 2007, le Professeur Dr Vojislav Seselj réussissait à faire paraître un ouvrage qui reprenait, en langue serbe, les documents publics liés à sa défense, sans porter atteinte aux droits de quiconque. Parce qu’il lui fallait justifier coûte que coûte de la prolongation invraisemblable de cette détention préventive, le TPIY avait trouvé enfin, avec cette publication, un prétexte commode pour le poursuivre du chef présumé d’outrage au tribunal, en ouvrant un procès de circonstance, sur des bases légales totalement artificielles : en juillet 2009, il a été condamné à la peine incroyable, confirmée en appel en mai 2010, de 15 mois de prison ! D’autres ouvrages écrits par l’infortuné professeur ont donné depuis l’occasion au TPIY de le poursuivre à nouveau dans le cadre d’un troisième procès, toujours en cours, entamé en février 2010 sur de semblables fondements fictifs ...

A la privation arbitraire de la liberté physique du Professeur Dr Vojislav Seselj, qui reste plus que jamais dans l’attente d’être jugé sur le fond de son affaire, s’ajoute ainsi la privation honteuse de sa liberté d’expression !

Nul ne semble s’alarmer du traitement indigne dont le Professeur Dr Vojislav Seselj est victime de la part d’une juridiction internationale qui multiplie à l’infini les abus de droit, dans la parfaite indifférence des Etats européens. Maintes fois interpellé sur cette question, le Conseil de sécurité de l’ONU, à l’origine de la création du TPIY en février 1993, préfère garder sur ce sujet un silence gêné.

Privé aujourd’hui de toute communication possible avec le monde extérieur, le Professeur Dr Vojislav Seselj est manifestement victime d’un procès politique.

Dans ses mémoires parus en mars 2008, l’ancien Procureur du TPIY, Madame Carla Del Ponte, n’a-t-elle pas ainsi révélé la consigne qu’elle reçut, le 17 février 2003, de Zoran Djindjic, premier ministre de Serbie de
2001 à 2003, qui entendait alors se débarrasser à peu de frais de son principal opposant politique : « Emmenez le et ne le ramenez plus » ?

Seul prisonnier détenu dans une prison européenne pour ses opinions politiques, le Professeur Dr Vojislav Seselj dérange à l’évidence :
en vérité, l’universitaire serbe a le tort, impardonnable aux yeux de ses nombreux ennemis, de vouloir défendre fidèlement la patrie serbe contre les forces qui cherchent partout à la détruire, au premier rang desquelles se sont toujours rangés les Etats-Unis et son bras armé, l’OTAN. Chacun comprend en réalité qu’il ne fait au fond que défendre, sans la moindre haine, ses solides convictions politiques, largement partagées au demeurant par ses compatriotes et par nombre de partisans attachés, au-delà des frontières de la Serbie, à la souveraineté et à la liberté des nations.

Bombardements de l’OTAN.

Le scandale de ce procès politique, inédit dans les annales judiciaires internationales, doit aujourd’hui cesser définitivement.
Retenu contre son gré, depuis de trop nombreuses années, sans pouvoir finalement être jugé sur le fond, le Professeur Dr Vojislav Seselj doit à présent recouvrer son entière liberté, sans qu’aucune condition ne soit posée désormais à sa rapide libération.

Cette noble cause, la France doit s’en emparer sans plus tarder. Eprise depuis toujours par son idéal de liberté et animée d’un égal esprit d’indépendance, la France doit vigoureusement élever sa voix et exiger résolument du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie et des Nations-Unis, sa remise en liberté immédiate.

Devant pareil défi, les Français seront assurément au rendez-vous de l’Histoire et apporteront au monde la démonstration que l’amitié franco-serbe demeure une réalité intacte. Au nom des droits de l’homme, dont le respect intangible ne doit connaître aucune limite, dans le temps comme dans l’espace, menons ensemble, sans plus tarder, cet impérieux combat pour la libération du Professeur Dr Vojislav Seselj !

Karim Ouchikh

22 janvier 2011

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