Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Demain on ne rase jamais gratis.

Jeudi 8 mars 2007, par Paul Vaurs // La France

La culture de la gratuité continue à ravager la France, ou plus concrètement, ceux qui y habitent. Certes, elle se trouve favorisée par ces produits - des télécommunications aux quotidiens -distribués grâce à la publicité, laquelle se rétribue autrement, mais toujours sur le consommateur. Mais, en dehors du temps de la campagne présidentielle propre à développer les surenchères les plus démagogiques, il continue à se développer dans le pays cette mentalité qui mélange l’égoïsme de l’individualisme à l’irresponsabilité du collectivisme « ils » paieront, « ils » donneront.
Suivant les cas, ce pronom personnel presque aussi anonyme que le « on » sert à désigner l’Etat, la Sécu, les Assedic, le bureau de ceci ou de cela, le comité d’entreprise, l’entreprise elle-même, le patron, les assurances - sans oublier les organismes caritatif s vers lesquels certains se tournent sans vergogne.

Traditionnel champion de la taxation tous azimuts, le parti communiste affiche à cet égard un programme très décomplexé, sans les hésitations et les fausses pudeurs d’autres. Marie-George Buffet se fait ainsi le champion des remboursements à 100% par la Sécurité Sociale ou de la retraite à 60 ans à taux plein, financés par des impôts en augmentation... pour les « autres ».

De même, comment ne pas s’inquiéter quand on voit des communes s’enorgueillir comme par hasard un an avant les prochaines élections municipales - d’offrir de nouveaux services gratuits comme la cantine scolaire à tous les enfants, indépendamment des revenus des uns et des autres ? Ne s’agit-il pas là d’une contre-éducation à celle citoyenneté dont il est aujourd’hui tant question mais si vidée de tout contenu ? D’autant que ces faveurs locales risquent vite de devenir des incitations à leur transformation en droits sur lesquels il sera très difficile de revenir.

Cela évoque tous ces ministres de l’Économie qui, au moment de la déclaration de l’impôt sur le revenu, se réjouissent qu’il n’y ait plus qu’un foyer sur deux qui doive l’acquitter, comme si les autres n’étaient pas dignes de participer à l’effort général du pays. Mais comment peut-on faire partager le respect des équipements et des services collectifs si chacun n’est pas invité, même de façon minime, à y apporter sa contribution ? Et que dire des remboursements automatiques ou des systèmes qui permettent de se procurer sans bourse délier des soins médicaux ou pharmaceutiques ? Il en est d’ailleurs de même de la « gratuité » des livres scolaires assurée par de plus en plus de collectivités territoriales, évidemment financée par les impôts.

Nous avons oublié la sagesse populaire du « demain on rase gratis », qui signifiait son report au lendemain. Or, il faut bien que quelqu’un paie tout à un prix, qu’il faut acquitter d’une façon ou d’une autre. Le moduler en fonction des revenus est autre chose, qui relève de la solidarité nationale -comme la prise en charge des SDF, des personnes dépendantes et des diverses catégories de blessés de la vie. Mais il y a une véritable escroquerie intellectuelle et morale à laisser croire que des services qui coûtent à la collectivité n’ont pas besoin d’être payés. C’est contribuer à fabriquer une France à deux vitesses, avec seulement une partie de la population qui les paie pour elle et pour les autres.

C’est donc préparer rancoeurs et frustrations et ainsi dresser les uns contre les autres deux groupes traités de façon inégale. C’est faire montre de mépris tant à l’égard de ceux qu’on assiste comme s’ils étaient incapables de se prendre en charge, que de ceux qui sont juste considérés comme des « cochons de payants ». C’est aussi, soit dit au passage, tout le contraire de l’action menée par l’abbé Pierre qui, pendant cinquante ans, s’est battu pour que tout un chacun puisse travailler et en tirer un gain, ne serait-ce qu’à partir d’objets récupérés.

Répondre à cet article