Partie 4

De la Révolution au Génocide Vendéen

Lundi 14 février 2005, par Paul Vaurs // L’Histoire

Mirabeau se rallie à la monarchie le 3 Juillet 1790.

14 Juillet 1790 Fête de la Fédération.

(Anniversaire de la prise de la Bastille) une année était passé, le 14 juillet 1789, de pauvres gens, environ un milliers, se lancent à l’assaut de la prison ; il y avait uniquement 6 prisonniers ; Sur ordre du Roi, le gouverneur de la prison ne fit pas usage des armes, les gardes « Suisses » furent massacrés, et le gouverneur, sa tête tranchée, les assaillants la mire au bout d’une « pique », et toute honte bue, la faisait voir au bon peuple comme un « trophée de guerre ».Aujourd’hui en France, ce n’est pas six prisonniers qui se trouvent dans les prisons parisiennes, mais des milliers de citoyens qui vivent dans une promiscuité intolérable pour un pays donneur de leçons, leçons que l’on veut donner à l’Histoire. Le 14 juillet 1790, « Fête de la Fédération » le peuple de Paris se retrouva au Champ-de-Mars. Y participent la famille royale, l’Assemblée, 100 000 gardes nationaux en uniforme venus des départements, 260 000 spectateurs sur des gradins, 200 000 autour , 300 prêtres (ceints de l’écharpe tricolore) entourent l’évêque d’Autun, Talleyrand, qui dit la messe sur l’autel de la patrie .

La Fayette fait répéter par la foule le serment fédératif.

« Nous jurons de rester à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi. De protéger, conformé­ment aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu’elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité. 1792 :décret d’accusation contre les princes émi­grés ; troubles à Paris, épiciers pillés sous prétexte d’accaparement du sucre et du café ; le 9 Février 1792 les biens des émigrés sont déclarés biens nationaux ; le 3 Mars 1792 Simonneau, maire d’Etampes, massacré pour n’avoir pas voulu diminuer le prix du pain dans sa commune ; le 20-4 92 déclaration de guerre à l’empereur François II, roi de Hongrie et de Bohême neveu de Marie-Antoinette) ; le 24 Mai 1792 Pétion, maire de Paris, utilise pour la première fois le mot citoyen au lieu de monsieur dans un texte officiel. Le 27 Mai 1792 loi « du 2° veto » (ou « décret Guadet ») contre les prêtres réfractaires (ils pourront être déportés hors du royaume sur plainte de 20 citoyens actifs). Louis XVI met son veto, mais le décret est appliqué malgré tout dans 53 départements sur 83. Le 8 Juin 1792 décret du Ministre de la Guerre, Servan, ordonnant la formation près de Paris d’un camp de 20 000 gardes nationaux, recrutés dans les départements pour célébrer la Fédération (d’où leur nom de fédérés) et prêts à intervenir en cas d’invasion ennemie ou de trahison des généraux et de la Cour ; Le 1er Juin 92 pétition des Huit Mille, tentative d’utiliser contre la gauche l’intervention des pétitionnaires (8 000 gardes nationaux parisiens, modérés, viennent protester contre le camp de 20 000 « brigands ») ; le 12 Juin 1792, s’appuyant sur eux, Louis XVI, qui a mis son veto, renvoie les ministres Joseph Servan (1741-1808, Ministre, de la Guerre), Roland et Clavières (remplacés le 13 Juin par Mourgues, Dumouriez et Beaulieu) ; le 10-6-92 monsieur et madame sont remplacés par citoyen et citoyenne.

Le 13 Juin, la Famille Royale molestée. Louis Legendre coiffe Louis XVI d’un bonnet rouge. Le 19 Juin, décret « les titres de noblesse seront brûlés ». le 20 Juin 1792 les Tuileries envahies par les sections, protestants contre le veto royal. Louis XVI maintient son veto contre les décrets sur les prêtres réfractaires et sur le camp des fédérés. Le 28 Juillet 1792 La Fayette, ayant quitté le front sans autorisation, vient protester ; il a prévu de replier son armée sur Compiègne où Louis XVI pourrait se rendre ; mais Louis XVI, qui ne l’aime pas, refuse ses services (comme ceux de Bertrand de Moleville et de Montmorin qui voulaient l’emmener en Normandie ; il pensait que les armées prussiennes arriveraient à temps pour le sauver sans qu’il ait à devoir son salut à un homme ou à une faction).

Le 7 Juillet 1792 « baiser » Lamourette à l’Assemblée législative (après un discours d’Adrien Lamourette (évêque constitutionnel, Fréveut) les députés s’em­brassent et se réconcilient le 8 Juillet 1792 3° camp de Jalès, cernés par les républicains. Les catholiques sont égorgés le 11 Juillet 1792 « décret proclamant la patrie en danger », 30 Juillet 1792, 500 volontaires marseillais, partis à pied de Marseille, le 2 Juillet 1792 arrivent à Paris ; 1 er Juillet 1792 publication à Paris du manifeste de Brunswick (écrit le 25 Juillet, signé par le duc Charles Guillaume Ferdinand de Brunswick Général en chef des armées de Frédéric Guillaume de Prusse, rédigé par Geoffroi de Limon, émigré orléaniste, et Pellenc,ancien secrétaire de Mirabeau. Le roi de Prusse et le duc de Brunswick somment le peuple français de rendre au roi sa liberté et menacent Paris d’une « vengeance exemplaire en livrant la ville à une exécution militaire et à une subversion totale » ; les sections parisiennes demandent la déchéance de Louis XVI . La Constitution interdit à l’Assemblée législative de délibérer en présence du ROI, et prononce sa suspension par 250 voix et 550 abstentions sur 800 Votants.

Le 21 Janvier 1793, après un simulacre de procès, le Souverain est « assassiné » par les révolutionnaires, place Louis XV, aujourd’hui, place de la concorde.

La terreur peut commencer, des Centaines de milliers de morts, dans des conditions atroces, elle se terminera après l’exécution du TYRAN Robespierre, pour reprendre sous une forme guerrière avec le sanglant Dictateur Napoléon Bonaparte. La victoire sera à Waterloo jour où Bonaparte capitula, et vit le retour sur le Trône des Bourbons, avec le Roi Louis XVIII Frère de Louis XVI. Savoir que le sieur Bonaparte l’homme aux mains rougies par le sang du peuple, est honoré aux Invalide, c’est demandé aux allemands de mettre Adolf Hitler dans un mausolée à Berlin !!!!

La condamnation du roi est acquise à une faible majorité. Il est exécuté le 21 janvier 1793. Sa mort courageuse fait oublier ses faiblesses passées en même temps qu’elle frappe de stupeur les élites européennes, nombreuses à se détourner de la Révolution, dont la violence dérange. Elle sert aussi les émigrés, jusque-là tenus en lisière par les souverains étrangers, et qui doivent reconnaître le comte de Provence comme régent, puis comme roi en exil. Elle ne permet pas à la Révolution de se stabiliser, car les luttes internes demeurent considérables. Aucun chef politique ne réussit à imposer une légitimité durable, si bien que l’idéal de la Monarchie, aussi mis à mal qu’il ait été, ne disparaît pas, avec la mort de Louis XVI.

Robespierre incarne la Révolution française dans sa tendance et ses méthodes terroristes, ce qui lui vaut, selon la règle, des ses quelques admirateurs et ses nombreux détracteurs. Toutefois, les premiers sont longtemps demeurés rares, parce que Robespierre déplaisait à beaucoup de révolutionnaires en raison de ses convictions morales et religieuses. Les détracteurs au contraire ont toujours abondé, parce que Robespierre, dès sa chute a servi de bouc émissaire. Entre ces deux courants, des flottements se sont produits au gré des fluctuations de l’histoire et des idéologies de 1794 à nos jours.

Par ses origines, Maximilien de Robespierre se rattache à la petite bourgeoisie de robe qui peupla les assemblées révolutionnaires, en même temps qu’il s’en distingue par les infortunes de sa famille. Il naquit à Arras, quatre mois après le mariage de ses parents ; il perdit sa mère dès 1764, son père délaissa les enfants et disparut, ses grands-parents moururent trop tôt pour l’élever. Il lui manqua l’affection, la considération et la richesse. Boursier, il s’acharna au collège pour conquérir ce qui lui faisait défaut. À vingt-deux ans, il terminait ses études pourvues, d’un certificat de bonne conduite, d’une gratification et d’une licence en droit. Avocat, il avait rétabli sa position sociale et ses chances quand il s’installa à Arras.

 Son séjour prolongé à Paris au collège Louis-le-Grand l’avait ouvert à la philosophie des Lumières, détaché du catholicisme et engagé sur les traces de Rousseau avec une ferveur de disciple admiratif : « Homme divin, tu m’as appris à me connaître bien jeune, tu m’as fait apprécier la dignité de ma nature et réfléchir aux grands problèmes de l’ordre social. » Il parut pourtant s’intégrer aisément à cet ordre. Il se fit une réputation d’avocat, de lettré, de bel esprit. Il entra à l’académie Royale d’Arras et à la société des Rosatis, comme Lazare Carnot ; comme lui et comme Rousseau, il concourut pour gagner les prix et la notoriété des académies provinciales. La réussite fut imparfaite, les lauriers trop rares, et les confrères déjà parvenus faisaient peser une lourde tutelle sur les jeunes. Il s’en indignait en 1788, tout comme Carnot déplorant la stagnation des jeunes talents dans le corps des ingénieurs militaires. Le climat de 1788 était à la contestation. Mais Robespierre étendait ses griefs à la société tout entière et projetait de libérer les pauvres de l’oppression et de l’injustice.

À cette époque, il se défendait contre certaines tendances profondes de sa nature, pressentant qu’elles l’empêcheraient d’aboutir : « Une idée absolue de perfection, de pureté, déclarait-il, ne peut être qu’une erreur politique. » Il se limitait à des vues réformistes et plaçait ses espérances en Necker. La convocation des états généraux lui fournit l’occasion d’agir. Élu député, il se sentit soudain revêtu de toute l’autorité que donnait une souveraineté du peuple toute neuve, en même temps qu’investi d’une haute mission, celle de régénérer la nation dans sa structure et son esprit. Du coup Robespierre devint, un homme nouveau, libéré de la timidité et du souci des autorités, si apparents dans ses mémoires de concours. D’emblée, il sentait la puissance des résistances opposées à ses aspirations, comprenait l’un des premiers qu’il faudrait combattre farouchement et se persuadait de l’existence et de la force d’un « complot des ennemis du peuple ». Il lui appartenait de dénoncer inlassablement, énergiquement, tout ce qui s’opposait à la promulgation et à l’application des « principes », des axiomes qui guideraient l’action révolutionnaire et sur lesquels s’édifierait la société nouvelle, harmonieuse et définitive : singulièrement l’égalité de droits, la bonté et la quasi-infaillibilité du peuple, l’efficacité souveraine de la vertu pour assurer le bonheur.

Orateur inlassable, minutieux et inflexible, il devint l’un des chefs des démocrates, censurant l’oubli des principes, réclamant le suffrage universel, l’admission de tous dans la garde nationale, dans les jurys des tribunaux, s’opposant à la répression brutale des mouvements populaires. Il gagna ainsi l’admiration du jeune Saint-Just, dès 1790, les acclamations des Parisiens et des Arrageois à la fin de l’assemblée et l’offrande de son buste couronné par les Jacobins. Chemin faisant, à la suite d’échecs répétés, il avait perdu toute considération pour la plupart des députés, il s’était convaincu de la nocivité des factions, il avait récusé la valeur immuable du verdict de la majorité. Il lui préférait la pureté des principes, l’incorruptibilité du caractère, le respect et l’application des « saintes maximes de l’égalité et de la morale publique », la confiance en l’Être suprême, grâce à quoi un ordre nouveau serait établi « pour des siècles et pour l’univers ».

Ce fut donc avec une autorité intacte que, de septembre 1791 à septembre 1792, n’étant plus député, selon une règle qu’il avait fait accepter, il milita sans trêve au club des Jacobins. Il adjurait les frères et amis des clubs de toute la France, les députés démocrates, d’être « toujours armés d’une salutaire défiance ». La déclaration de guerre l’opposa vigoureusement aux Brissotins, elle lui paraissait imprudente et criminelle, faisant le jeu du roi et des généraux en cas improbable de succès. Avec les défaites, un sursaut patriotique éclata, en même temps que grandissait l’action des sans-culottes. Robespierre appuya le mouvement qui aboutit à la chute du roi, le 10 août. Il devint membre de la Commune de Paris et commença de tenir un rôle de premier plan. Non seulement il fut élu député de la Convention, mais il orienta le choix des autres députés de Paris par le vote oral et public et l’épuration des candidats. Lié désormais aux démocrates parisiens, il fut éclaboussé par les massacres de septembre, dont il était le responsable.

À la Convention et aux Jacobins, Robespierre combattit farouchement les Girondins, bourgeois égoïstes, privilégiés par la fortune et par l’éducation, hostiles au peuple et surtout à celui de Paris. C’est ainsi qu’il les voyait, comme tant de Montagnards et de démocrates. Pourtant cette dialectique des riches et des pauvres lui apparaissait simpliste et trompeuse ; le critère de la vertu et de la croyance en l’Être suprême rejetait les athées corrompus et corrupteurs, fussent-ils Montagnards. D’autre part, les relations avec les sans-culottes n’étaient pas seulement affectées par la prise de position morale et religieuse, mais encore par les divergences de politique sociale et économique. Robespierre refusait au domaine économique et financier un rôle fondamental. Grâce à la Politique Royale, la France était largement pourvue de richesses. Il suffirait que la vertu élimine l’égoïsme et la spéculation pour que chacun soit assuré du nécessaire. C’était donc le refus de l’intervention, de la taxation, du contrôle, réclamés par les sans-culottes. Déjà déçu par les parlementaires, Robespierre se défiait des porte-parole du peuple et admettait que, si le peuple n’avait jamais tort en principe, il pouvait cependant être induit en erreur et que, de ce fait, l’insurrection, arme suprême, risquait de tourner à l’aventure. Finalement Robespierre jouissait d’un prestige plus éclatant que solide, plus assuré dans la lutte contre les ennemis communs que dans l’édification d’une France nouvelle.

S’il imposa son point de vue pour l’assassinat du bon Roi Louis XVI, quand il lutta contre les Girondins après la trahison de Dumouriez en avril 1793, il dut faire des concessions aux sans-culottes. Il alla jusqu’à proposer de définir la propriété comme « la portion de biens garantie par la loi », il proclama le « droit à l’existence », ce qui impliquait de profondes réformes. Il obtint ainsi l’appui des sections armées de Paris, dont les canons décidèrent l’éviction des principaux Girondins le 2 juin 1793. Près de deux mois plus tard, le 26 juillet 1793, Robespierre entrait au grand Comité de salut public. Ce fut l’apogée de sa carrière. Le délai de deux mois s’explique-t-il par une hésitation ? Robespierre eut-il conscience qu’il maniait mieux les clubs que les députés, et mieux les députés qu’un petit groupe de personnages fortement trempés ?

Robespierre fut un dictateur contesté du Comité de salut public.

La conjoncture était catastrophique, tant au-delà des frontières qu’à l’intérieur de la République, les ennemis étaient déchaînés et victorieux, les révolutionnaires demeuraient divisés. Le Comité de salut public organisa une lutte implacable contre les ennemis déclarés, mais il fallut louvoyer pour éviter les ruptures entre révolutionnaires. Robespierre accepta lui aussi, sous la pression des Enragés, le maximum, la législation contre les accapareurs, la levée en masse, l’armée révolutionnaire parisienne. Il s’efforça d’enrayer la dé christianisation. Il parvint à faire mettre en place un gouvernement d’exception doté de rouages révolutionnaires, tandis que la constitution était mise en sommeil. Ce fut la Terreur. S’il n’en était pas le seul responsable, il était convaincu de sa nécessité. Il ne put cependant la mener à son gré, en dépit de ce qu’on a souvent nommé, à l’époque, et depuis, sa dictature. Il se défendit jusqu’à son dernier souffle d’avoir été dictateur.

Assurément aucune magistrature comportant les pleins pouvoirs ne lui fut attribuée, jamais d’ailleurs il ne le demanda. Robespierre était membre d’un comité puissant, mais il n’y était soutenu que par Couthon et Saint-Just, les autres membres n’approuvaient pas sa politique. De plus, le comité dépendait de la Convention et, là non plus, Robespierre n’était pas sûr de rallier la majorité. D’autre part, le Comité de sûreté générale, sauf deux de ses membres, ne soutenait pas Robespierre. En revanche, il n’est pas douteux que Robespierre disposait d’un immense prestige et d’une vaste audience auprès des démocrates, des Jacobins, des sans-culottes de Paris et de province, grâce à quoi il pouvait souvent imposer ses vues. Enfin, Robespierre tenait de plus en plus souvent un langage de dictateur détenteur de la vérité : « Nous sommes intraitables comme la vérité, inflexibles, uniformes, j’ai presque dit insupportables comme les principes. » Il était profondément convaincu de la justesse de ses vues, ceux qui ne les partageaient pas ne pouvaient êtres que des traîtres à la cause du peuple, ils devaient être éliminés.

Ainsi, tour à tour, ceux qu’on dénomma hébertistes et dantonistes furent guillotinés, respectivement le 24 mars et le 5 avril 1794. À cette occasion, deux décrets, les décrets de ventôse, avaient décidé le séquestre des biens des suspects au profit des patriotes indigents, mesure dont l’audace fut tempérée par l’opportunité dans la décision et aussi dans l’application. Dans le précieux carnet qu’il portait le 9 thermidor, on lit bien que les « bourgeois » étaient les ennemis, mais il n’était pas question d’un transfert de propriété. Robespierre décevait Babeuf. La Grande Terreur fut l’œuvre du seul Robespierre, bien que les tentatives d’assassinat qu’il essuya l’aient précipitée. Grâce aux revers subis par les ennemis du dehors puis du dedans, Robespierre crut pouvoir entamer l’œuvre d’édification de la société qu’il croyait la seule conforme aux principes, donc légitime et définitive. Il annonçait la liberté, le bien-être, l’essor du commerce et des arts, la disparition de la richesse excessive et de la corruption, en somme le bonheur général. Le moyen était la vertu, favorisée par des institutions neuves et efficaces. Cet épanouissement des âmes s’accomplirait sous les auspices de l’Être suprême, garant de l’harmonie. Lorsque Robespierre pontifia au cours de la fête fameuse du 8 juin, le processus était engagé qui devait conduire à la république démocratique et vertueuse des petits propriétaires, libres, égaux en droit et en considération, tous dévoués au bien commun.

Les possibilités et les risques ne lui apparurent pas nettement. Mal informé, obstiné, malgré les instances d’amis et de correspondants, fatigué aussi par un surmenage prolongé provoquant des dépressions, il ne vit pas grandir l’inquiétude de ceux qui, traversant ses desseins, se sentaient menacés. Il ne comprit pas non plus que les victoires militaires rendaient la Terreur moins acceptable. Il voulut épurer ses ennemis au Comité de salut public en s’appuyant sur la Convention, les clubs et les comités révolutionnaires. Il cessa de participer aux séances du comité, laissant le champ libre à ceux qu’il avait humiliés et menacés. Il perdit du temps. Lorsqu’il intervint à la Convention le 26 juillet, il ne fut pas suivi. Mis hors la loi, il refusa de patronner l’insurrection populaire, peut-être même tenta-t-il de se suicider. Le 28 juillet 1794 ( 10 thermidor, an II ), il fut guillotiné.

Cette fin souligne la complexité de l’homme, le manque de contacts avec ce peuple qu’il refusait de fréquentait, ses hésitations et ses scrupules dans l’action, qui contrastaient avec sa résolution pour défendre les principes dans la législation et la justice révolutionnaires. Son esprit destructeur, sa foi en une révolution sanguinaire ( Des milliers de Français furent guillotiner.) ne suffisaient pas à l’œuvre criminelle qu’il avait entamée cinq ans plus tôt. La mort du tyran Robespierre mis un terme à la révolution. Robespierre disparu, la France allait entrée dans la sanguinaire période de la Dictature de Napoléon Bonaparte. La révolution + la Dictature de Napoléon firent plus de deux millions de victimes innocentes. La paix ne revint, qu’avec le retour au pouvoir de la Royauté et du Roi Louis XVIII.

Le Génocide vendéen.

Qui, il y a bien su génocide en Vendée. A époque on employa les terries de « guerre », il fallait dire »carnage ». Ce qui s’est passé en Vendée en 1794, correspond en tous points à la définition du crime de génocide donnée par les Nations unies. Il est toujours très difficile, voire impossible, pour un peuple de regarder et d’analyser son histoire surtout lorsqu’il a oublié ses crimes et, pire, lorsqu’il a fait de ses bourreaux des « saints laïcs » et des victimes. Est-ce dire que le peuple a besoin pour se reproduire d’une histoire propre.? Que les pseudos intérêts idéologiques et politiques de certains priment sur la vérité ? Que celle-ci ne compte plus au-delà d’un certain temps ? Nous serions tentés de le croire en considérant l’histoire de la Vendée. N’a t-on pas demandé en 1989 aux petits Vendéens de dénoncer leur mémoire et de danser sur la tombe de leurs ancêtres au nom des « principes fondateurs » ! N’a t-on pas insulté, dénigré, conspué, sanctionné ceux-là mêmes qui essayaient de nuancer les fêtes en rappelant certaines vérités historiques face à ce « révisionnisme » ambiant, « révisionnisme » déjà dénoncé par des hommes comme Hippolyte Taine ou Marcel Pagnol.

Ce n’est pas un hasard si l’ensemble des événements de 1793-1794 est qualifié de guerre. L’épreuve de force entre deux partis adverses justifie d’avance les éventuelles atrocités. On parle alors de dérive, de dérapage en masquant le contenu réel des événements. Comment alors décaler la préméditation et l’exécution froide de ce meurtre collectif.? D’où la nécessité de nier les événements et surtout la réalité des Lois d’anéantissement et d’exterminations pourtant votées et publiées au Journal officiel de l’époque. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le Moniteur, »journal de l’époque ».

L’emploi d’un mot n’est jamais innocent. C’est particulièrement vrai pour la Vendée. D’ailleurs, ce n’est pas non plus par hasard, que les révolutionnaires ont appelé les Vendéens « brigands ». Et ce n’est toujours pas par hasard que cette terminologie est encore utilisée de nos jours. Les Vendéens se trouvent ainsi associés à des bandes de malfaiteurs qui volent ou pillent ce qui justifie de facto la sanction, la punition, mot encore retenu dans l’enseignement français pour justifier la répression. Et c’est bien là la spécificité de la Vendée, unique dans l’histoire de l’humanité. C’est la première, et d’ailleurs unique fois, où un peuple souverain envisage, programme, fait voter et réaliser l’anéantissement d’une partie de lui-même.

D’ailleurs certains contemporains, aussi bien des avocats comme Tronson du Coudray , des soldats comme le général Danican,, ou des journalistes politologues comme Gracchu Babeuf dans son fameux ouvrage »La guerre de Vendée et le système de dépopulation  », ouvrage de référence unique en son genre, s’étaient émus de cas votes. A époque on se heurta aussi au problème du vocabulaire car on ne trouva aucun mot existant adéquat pour exprimer a la globalité le l’événement, c’est à dire la conceptualisation, la programmation et la réalisation de l’anéantissement et de l’extermination. Les décideurs politiques et les militaires exécutants avaient, chacun à leur manière, résolu la question en donnant divers qualificatifs aux idées émises et aux ordres envoyés. Les premiers parlaient de plan d’anéantissement et d’extermination, les seconds de promenades militaires, de mesures rigoureuses, d’intentions pures, d’immolation aux mânes des Français, de fouilles, de mises à feu et à sang, de nettoyage, de purge.

Une Guerre qui a presque, durée 40 ans 1793. 21 Janvier, Massacre de Louis XVI, puis le l’Auguste famille Royale. 24 Février. La Convention vote la levée de 300 000 hommes dont 5000 Vendéens. Le 4 mars : Premier soulèvement à Cholet. Le 19 Mars : Décret ordonnant la condamnation à mort de tous les insurgés. Le 11 Avril 1793, 400 prisonniers bleus échappent à la mort grâce à d’Elbée. Mai Juin Les Vendéens s’emparent de Thouars, Fontenay et Saumur. Le 12 juin : Cathelineau devient généralissime des armées vendéennes. Le 29 juin Cathelineau tué à Nantes. Le 1er août Décret de la Convention qui ordonne la destruction totale de la Vendée. Le 16 octobre les Bleus s’emparent de Châtilion, capitale de la Vendée militaire. Le 17octobre Défaite des Blancs à Cholet. Le 18 Octobre : Début de la « Virée de Galeme ». 80 000 Vendéens traversent la Loire et sont massacrés par les républicain.. Le 14 Novembre : défaite des Vendéens à Granville. Novembre, 5 000 Vendéens noyés à Nantes. LE 11 Décembre : 15 000 Vendéens sont massacrés lors de a bataille du Mans. Le 21 Janvier 1795 les colonnes infernales de Turreau se mettent en marche. Le 28 juillet : Chute et Mort de Robespierre sur la guillotine. La France pousse un « OUF » de soulagement.

Faute de mots, on recourut à un néologisme inventé par Gracchus Babeuf : le « carnage ». Ce même problème de fond a été soulevé à partir de 1943 lorsque les hommes politiques et les intellectuels ont pris conscience de la réalité des crimes commis par les nazis : il y avait d’une part l’idéologie nationale-socialiste, et d’autre part la réalité de l’extermination de, juifs, des communistes, des Tsiganes, etc. Or, à l’époque, aucun mot n’existait encore, dans le vocabulaire international, pour exprimer cette vérité criante et le Génocide vendéen est irréfutable. D’où la nécessité d’en créer un. Ce sera « génocide ». Ce mot est dû à un juif Polonais, Raphaël Lemkin, émigré aux États-Unis, en 1943, qui l’utilisa pour la première fois en novembre 1944. Pour ce faire, il ne tint aucun compte des régles élémentaires de l’étymologie. En associant une racine Grecque »genos » et une latine (cecidi), il procédait par analogie avec homicide qui désigne la mort d’un individu isolé. Ce mot banal traduit d’ailleurs d’une certaine manière la stupeur des contemporains.

Il restait aux Nations Unis à combler un vide juridique dénoncé à mainte reprises, et ce dès 1794 à l’occasion des procès tenus contre les « bourreaux de la Vendée  », ce qu’elles feront en lui donnant une définition juridique très claire, puisque sont concernée par ce crime, l’assassinat l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile avant ou pendant la guerre ou les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux. L’acte de génocide, par sa nature, ne peut être, qu’un acte collectif, commis par les détenteurs du pouvoir de l’État, en leur nom ou avec leur consentement tacite. Le cas de la Vendée entre bien dans cette définition. Il y a meurtre d’un nombre important de Vendéens (groupe religieux puisque c’est en raison de leur foi qu’on les extermine), atteinte à leur intégrité physique et mentale, soumission intentionnelle conduisant à leur destruction totale, prises de mesures visant à entraver les naissances, transferts forcés d’enfants à un autre groupe. Au-delà de cette définition, a-t-on le droit d’utiliser rétrospectivement ce mot sans craindre l’anachronisme, comme certains le prétendent.

Cette question est extrêmement grave car, si on retient ce principe de non rétroactivité, les génocides commis par les nazis, notamment vis-à-vis des juifs, n’existent pas, ou seulement partiellement, puisque le mot n’a été créé qu’en 1943-1944 et que, juridiquement, il n’a été reconnu qu’après la guerre. L’accepter conduit donc à faire le lit du révisionnisme historique. C’est ce qui, entre autres a poussé le droit international à aller dans le sens de la rétroactivité. C’est ainsi que l’ONU, en 1965, puis l’Europe, en 1988, ont reconnu les génocides arméniens. C’est avec la même logique que l’Assemblée nationale française a fait de même en 1998. Toutes sortes de chiffres ont été avancés quant au nombre des victime, et des destructions immobilières. Certains minimisent les événements. D’autres semblent les exagérer, notamment les contemporains. C’est ainsi que Hoche, dans une lettre du 12 février 1796, estime que « six cent mille Français ont péri dans la Vendée ». Depuis, associations et historiens ont essayé de dresser les listes des disparus. Les difficultés rencontrées ont souvent été insurmontables. Outre les morts sur les champs de bataille, presque toujours enterrés sans enregistrement, des groupes entiers d’habitants ont été éliminés sans jugement.

A l’heure actuelle, on peut estimer la population de l’Ancien Régime, pour les 773 paroisses concernées par la guerre, à 815 029 habitants. Au minimum 117 257 personnes ont disparu entre 1792 et 1802, soit 14,38 % de la population. L’essai d’estimation de l’habitat détruit repose sur la découverte d’un dossier intitulé « Primes de reconstruction accordées aux Vendéens ». L’origine de ces listes est administrative, donc officielle. Napoléon demanda en 1808 au baron Dupin de dresser un bilan de l’habitat détruit en vue d’une indemnisation. Ce fut fait pour la Vendée, les Deux- Sèvres et la Loire inférieure. Si le Maine-et-Loire n’a pas été indemnisé c’est, sans doute, en raison danger proche des problèmes que connaît l’Empire à partir de 1812. Ces listes sont parvenues intactes à l’exception de celle de Vallet, en Loire-inférieure, et de celles des deux tiers des communes de la Vendée, encore introuvables. Ces chiffres corroborent les bilans humains avec les réserves que l’on peut faire en raison du peu de listes connues. Malgré tout, ces estimations démographiques et immobilières confirment scientifiquement l’impression des contemporains.

« On ne pourra plus de l’histoire de la Révolution, arracher la page honteuse du premier génocide idéologique a, écrit Pierre Chaunu, dans l’avant-propos qu’il donne au livre de Reynald Secher, intitulé «  Le Génocide franco-français. » Et dans les commentaires qu’il a fait dans la presse, à l’occasion de la parution de cet ouvrage, en 1986, il précisa, nous n’avons jamais eu l’ordre écrit d’Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à La Vendée ». Il ajoute, évoquant la mémoire des Vendéens :

« Après les avoir noyés, mutilés, découpés ( l’imagination sadique des colonnes de Turreaux égale aux SS NAZIS, goulags et Khmers rouges), on les a oubliés ». Ainsi en 1989, alors que l’on fêtait la célébration du bicentenaire de la Révolution française, la Vendée est-elle jetée dans le brasier des luttes d’idées. Et la référence aux crimes du X.X siècle permet à la fois d’affirmer que dans la Révolution française dont la Vendée est l’expression, se trouve l’origine de la barbarie contemporaine « Car la graine de la haine a fécondé le XX° siècle en flots de sang », ( Reynald Secher) et que, en 1789-1794, on a commis des crimes équivalents à ceux de notre temps. La guerre de Vendée est un « génocide », comme le fut l’holocauste. Certains sont même allés jusqu’à écrire « La terreur nucléaire est la conséquence d’une nouvelle langue rhétorique inventée par des hommes de lettres ratés : Robespierre, Saint-Just... » La République est née dans la haine, elle n’a vaincu quand versant le sang de ses fils, elle a instauré en France un régime de terreur, régime qui accoucha du plus sanguinaire de nos dirigeants, à savoir, le tyran Napoléon Bonaparte.

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