Partie 1

De la Naissance de la France à Jeanne d’Arc

La Gaule. » Vercingétorix & Les Mérovingiens.

Lundi 14 février 2005, par Paul Vaurs // L’Histoire

En langue celtique, le terme de Vercingétorix signifie à peu près : « le grand roi des héros » et n’est vraisemblablement pas un anthroponyme mais un titre. Né vers l’an 72 avant Jésus-Christ, Vercingétorix, fils de Celtill, appartient au peuple puissant des Arvernes ; soupçonné d’avoir voulu ceindre la couronne, son père avait été mis à mort par ses compatriotes. Pendant les premières campagnes romaines en Gaule, Vercingétorix suit les armées de César par lequel il est considéré comme un allié. Il y reste six ans puis revient vers son peuple qui l’a proscrit sous l’influence du parti aristocratique. Un soulèvement populaire le porte au pouvoir et les tribus du centre de la Gaule et de l’Armorique le reconnaissent pour chef au début de 52. Les Lingons et les Rèmes ne prennent pas part au soulèvement et d’autres peuples se tiennent dans l’expectative.

En langue celtique, le terme de Vercingétorix signifie à peu près : « le grand roi des héros » et n’est vraisemblablement pas un anthroponyme mais un titre. Né vers l’an 72 avant Jésus-Christ, Vercingétorix, fils de Celtill, appartient au peuple puissant des Arvernes ; soupçonné d’avoir voulu ceindre la couronne, son père avait été mis à mort par ses compatriotes. Pendant les premières campagnes romaines en Gaule, Vercingétorix suit les armées de César par lequel il est considéré comme un allié. Il y reste six ans puis revient vers son peuple qui l’a proscrit sous l’influence du parti aristocratique. Un soulèvement populaire le porte au pouvoir et les tribus du centre de la Gaule et de l’Armorique le reconnaissent pour chef au début de 52. Les Lingons et les Rèmes ne prennent pas part au soulèvement et d’autres peuples se tiennent dans l’expectative.

À l’annonce de troubles en Gaule, César accourt en Narbonnaise où il reçoit l’appui des colons romains et marche sur le pays des Arvernes pour bifurquer ensuite vers la vallée du Rhône, où il réunit le gros de son armée. Face à cette menace, le jeune chef gaulois préconise une tactique de la terre brûlée : les Romains ne doivent trouver devant eux ni armée à combattre, ni ravitaillement. Mais l’unanimité ne se fait pas à l’assemblée des chefs : les Bituriges se refusent à détruire leur belle capitale, Avaricum, qui succombe après une résistance héroïque (52). Les Romains y massacrent tout ce qui respire. Le récit de ces atrocités, la perspective de se débarrasser d’occupants trop autoritaires constituent les thèmes repris par les émissaires de Vercingétorix qui voit se ranger sous sa bannière le peuple des Éduens, ancien allié de César. Pour la première fois se dresse devant le consul romain une fronde puissante, unie sous un seul chef, et la révolte se propage dans les cités les plus soumises ; au même moment, César échoue devant Gergovie, protégée par ses fortifications et par les pentes abruptes qui l’entourent ; harcelées par la cavalerie gauloise, les légions romaines doivent battre en retraite. César et son armée se trouvent isolés et coupés de leur ravitaillement dans un pays hostile.

Le général romain décide de se rabattre sur la Narbonnaise et fait escorter son infanterie par des cavaliers germains. C’est au moment où ils tiennent la victoire que les Gaulois vont commettre une erreur fatale. Ont-ils suivi ou outrepassé les ordres de leur chef ? Vercingétorix avait chargé sa cavalerie d’harceler la retraite de l’ennemi et il semble que celle-ci ait voulu faire une brillante démonstration de son courage sans prévoir l’unité d’action ni la combativité de l’adversaire. Les cavaliers gaulois, acculés à une bataille rangée près de Dijon, se replient en désordre. Ils sont poursuivis jusqu’à Alésia où Vercingétorix s’est enfermé à l’annonce du désastre. C’est là qu’il est pris au piège, cerné par les tranchées et les machines de siège des Romains. Mais il a eu le temps d’envoyer des émissaires vers les cités alliées afin que chacune lui envoie une armée de secours. Cependant, en son absence, les cités discutent, tergiversent, répugnent à se séparer de leurs défenseurs. Enfin, une armée de secours paraît en vue des assiégés qui reprennent courage ; menacés par la famine, ils ont expulsé de l’oppidum les bouches inutiles : femmes, enfants, vieillards ont erré entre les deux armées avant de mourir de faim. Cependant la discorde règne parmi les contingents gaulois incapables de coordonner leur action et qui se font décimer les uns après les autres. Tout espoir est désormais perdu. Se soumettant à l’arrêt des dieux et pour sauver ses compagnons, Vercingétorix se rend seul, paré comme pour le combat, au camp de son vainqueur ; à ses pieds, il jette sans un mot son épée, son javelot et son casque. Ramené à Rome avec ses hommes qui ont été distribués comme esclaves, Vercingétorix fut jeté dans un cachot où il devait pourrir vivant pendant six ans. En 46, il figura au triomphe de César dans Rome en liesse et, devenu inutile, fut étranglé dans la prison Mamertine.

Fils de Childéric Ier, dont il prend la succession à la tête des Francs Saliens en 481, Clovis (466 environ-511) hérite d’un petit royaume entre Escaut et Somme avec Tournai pour capitale, cinq ans après la disparition de l’autorité virtuelle de l’Empire d’Occident (476). Réduisant les autres roitelets francs, puis éliminant en 486 Syagrius, maître des territoires entre Loire et Somme qui continuaient à se revendiquer de Rome, Clovis joue très tôt la carte de la continuité romaine pour conquérir les États barbares présents en Gaule. Face aux Alamans païens, puis aux Burgondes et Wisigoths de Toulouse, convertis au christianisme mais dans sa version arienne, il s’allie à l’épiscopat catholique et à l’aristocratie gallo-romaine, qui encadrent les populations. Son baptême, à Reims, en 496 (ou 498) marque ainsi la naissance du premier royaume catholique, vite maître des anciennes Gaule et Germanie, et l’apparition d’un nouveau type d’État barbare, tirant sa puissance d’une unité renforcée entre peuples conquérants et indigènes conquis.

 « Charlemagne » le plus prestigieux des souverains de la seconde dynastie franque, à qui il a donné son nom « Carolingiens », poursuivit la politique d’expansion du royaume inaugurée par ses prédécesseurs et se trouva, vers la fin du VIII° siècle, à la tête d’un groupement de territoires qui s’étendaient de la marche d’Espagne à la Pannonie, de la mer du Nord au centre de l’Italie. Cette zone immense, qui correspondait à la plus grande partie de l’Occident, reçut son unité passagère du titre impérial auquel Charlemagne accéda le 25 décembre 800.

Charlemagne (742-814), roi des Francs (768) puis empereur d’Occident (800).

L’Islam poursuit sa progression au VIII° siècle. À l’ouest, il anéantit l’Espagne des Wisigoths puis pénètre dans le royaume franc. Mais il est repoussé à Poitiers en 732 par Charles... La construction cependant était fragile et fut emportée moins d’un tiers de siècle après la mort de l’empereur.

Le successeur de Pépin.

Fils aîné de Pépin III et de Berthe dont le père, Caribert, comte de Laon, appartenait à la haute aristocratie mérovingienne, Charlemagne naquit en 742, peut-être le 2 avril, peut-être dans un des palais royaux de la vallée de l’Oise ou de l’Aisne. Si son instruction première fut certainement négligée, comme l’était à ce moment-là celle des laïcs, il semble cependant avoir été initié par Pépin à la connaissance des hommes, à la pratique gouvernementale et aux devoirs de la royauté à l’égard de l’Église. Il assista tout jeune à la visite que fit à son père le pape Étienne II et reçut, des mains de ce dernier, le sacre royal (754). Avant de mourir, Pépin, fidèle à la coutume qui avait longtemps prévalu chez les Mérovingiens, partagea le royaume entre ses deux fils (768) ; les régions qui furent attribuées à Charles entouraient celles de son frère Carloman comme d’un arc de cercle : c’étaient l’Austrasie avec ses dépendances germaniques (Frise occidentale, Hesse, Franconie, Thuringe), la Neustrie et l’Aquitaine maritime.

 Les deux rois, qui résidaient à quelque distance l’un de l’autre, Charles à Noyon, Carloman à Soissons, ne s’entendaient guère. En vain leur mère essaya de les rapprocher. Pour prévenir des motifs de conflit au dehors, elle négocia le mariage de Charles avec une fille de Didier, roi des Lombards. Mais cette politique ne fit qu’aggraver la situation parce qu’elle isola Carloman et qu’en Italie Didier se crut libre de reprendre ses manœuvres contre la papauté. La mort de Carloman (771) épargna aux Francs la guerre ouverte entre les deux frères. Charles répudia la princesse lombarde et, sans réserver les droits de ses neveux, prit aussitôt possession de l’héritage de son frère. Il unit ainsi toute la France sous sa direction : un grand règne commence alors, dont l’aspect le plus visible est l’expansion, la « dilatation » du royaume.

Le conquérant.

Cette conquête se fit sans plan préconçu, Charlemagne utilisant au mieux les circonstances qui se présentaient. Jamais il ne put se consacrer à une seule tâche et la mener immédiatement à bonne fin, parce qu’il fut toujours obligé de conduire simultanément plusieurs opérations. Il en commence une, l’abandonne momentanément pour s’occuper d’une autre et reprend ensuite la première au point où il l’avait interrompue. Ses moyens militaires, bien qu’appréciables, sont limités. Il le sait et avance pas à pas.

La formation de l’empire de Charlemagne.

Dès 772 commencent les campagnes contre les Saxons. Ce sont d’abord, comme sous Pépin III et Charles Martel, des expéditions de représailles répondant à des raids lancés contre les confins francs, au cours desquelles se précise cependant bientôt l’intention de créer une marche puissamment fortifiée entre la Lippe et la Diemel, destinée à mettre le royaume à l’abri de nouvelles offensives. En 773, Charles fut distrait de ces opérations par un appel au secours du pape Hadrien, directement menacé par Didier qui marchait sur Rome. Le roi des Francs franchit les Alpes, s’empara de Pavie après un long siège, reçut la soumission de toutes les régions du royaume de son adversaire et se proclama lui-même roi des Lombards (774). Les opérations se poursuivirent ensuite contre les Saxons ; plusieurs chefs ayant fait leur soumission et ayant promis de se faire baptiser, la Diète qui se tint en 777 à Paderborn put poser les premiers jalons de l’implantation de l’Église en Saxe. Cette première période de succès s’acheva assez brusquement l’année suivante. Appelée en Espagne par certains chefs arabes révoltés contre l’émir de Cordoue, cédant à l’illusion de pouvoir arracher à l’islam une partie au moins de la péninsule, Charlemagne franchit les Pyrénées et s’avança jusque devant Saragosse dont il ne put s’emparer ; il revint en France par le col de Roncevaux où son arrière-garde commandée par le comte de la marche de Bretagne Roland fut détruite par les montagnards basques (15 août 778). Le souvenir de cette défaite se trouve à l’origine de la chanson de geste la plus célèbre, (La Chanson de Roland.)

C’est dans la période qui s’ouvre alors, vers 779-780, que la maîtrise de Charlemagne s’affirma avec le plus d’éclat. En Saxe les premiers objectifs sont dépassés, et c’est tout le pays que les Francs s’efforcent de conquérir, autant pour des raisons de sécurité que pour y assurer le triomphe du christianisme. Les expéditions se succèdent désormais d’une année à l’autre, mais se heurtent à une résistance opiniâtre dirigée par le duc Widuking jusqu’en 785. Quand il eut cette année-là déposé les armes, la soumission du pays semblait acquise : dès 782, celui-ci avait été incorporé en principe au royaume franc. La Frise orientale (du Zuiderzee aux bouches de la Weser) fut pareillement annexée. En 788, ce fut au tour de la Bavière d’être réunie à l’État franc, après la destitution de son dernier duc national, Tassilon III. D’importantes transformations apparaissent dans d’autres secteurs encore. Conscient du particularisme de l’Italie lombarde et de l’Aquitaine, Charlemagne les érigea l’une et l’autre en royaumes subordonnés pour ses deux fils cadets, Pépin et Louis (781). En Italie son autorité personnelle rayonna sur l’État pontifical, et même sur le duché lombard de Bénévent, où il réussit en 787-788 à déjouer les intrigues nouées contre lui par le duc Arichis et la cour de Constantinople et à imposer au fils d’Arichis la reconnaissance de sa suprématie.

 L’élan dont témoigne cette période décisive fut à nouveau interrompu après 790. En Saxe les excès de l’administration franque provoquèrent, en 793, une rébellion très grave qu’on mit quatre ans à réprimer, et qui se poursuivit encore jusqu’en 804 dans les secteurs les plus septentrionaux du pays (Wihmode entre les bouches de la Weser et celles de l’Elbe et Nordalbingie au nord-est de la basse Elbe) : il fallut, pour en finir, procéder à des déportations massives de Saxons dans diverses régions de l’Empire. Dans le Sud-Est cependant, on enregistre le dernier grand succès du règne, trois campagnes victorieuses menées en 791, 795 et 796 contre le royaume des Avars (Autriche danubienne et Hongrie occidentale jusqu’à la Tissa), qui aboutirent à l’annexion au royaume franc des territoires situés à l’est de la Bavière entre l’Enns et le Wienerwald. Au-delà de ce secteur, aucune autre région ne semble avoir été annexée, puisqu’on voit de 796 à 822 subsister des principautés avars dont les chefs étaient vassaux de l’Empire. La conquête s’arrêta aux environs de l’an 800. Au-delà de cette date, on n’enregistra plus que des entreprises limitées. Ainsi fut occupée la marche d’Espagne, entre les Pyrénées et l’Èbre (prise de Barcelone en 801). Fils aîné et homonyme de l’empereur, Charles (qui portait le titre royal depuis 788) conduisit des expéditions afin d’obtenir la soumission théorique des tribus slaves qui se trouvaient au contact de la Saxe et de la Bavière (Obodrites, Sorbes et Tchèques). L’intervention franque en Nordalbingie ne fut sans doute pas étrangère aux premiers raids danois contre lesquels Charlemagne prescrivit d’élever des fortifications sur les côtes de la mer du Nord et de la Manche : ainsi s’annonce le péril normand qui fondra sur l’Empire franc au cours du IX° siècle.

Vulnérable sur ses façades maritimes, comme l’avenir le démontra, l’État franc reçut cependant sur ses frontières terrestres une solide organisation défensive grâce au bienfaisant système des marches que créa Charlemagne. Les unes, que l’on rencontre surtout sur les limites septentrionales et orientales, correspondent à des pays tout récemment conquis et font face à des peuples qui demeurent en dehors du royaume. Elles sont placées sous le commandement d’un chef militaire, le comte de la marche (marchio, Markgraf ou marquis), qui administre en outre les populations encore mal assimilées du territoire placé sous ses ordres : telles furent, face aux Danois, la marche saxonne englobant la Nordalbingie, ou celle qui s’étendit à l’est de la Bavière jusqu’au Wienerwald. D’autres marches existent sur les frontières occidentales et méridionales. Les territoires qu’elles couvrent, soumis depuis longtemps aux Francs, ont reçu les cadres administratifs ordinaires, c’est-à-dire les comtés ; mais, en raison de la proximité de populations turbulentes, le roi superpose à un groupe de comtes un chef militaire unique, le marquis (ou le préfet), chargé de prendre toutes les dispositions pour la défense. Ce fut le cas de la marche de Bretagne, entre Rennes, Nantes et Angers, chargée de contenir les Bretons mal soumis d’Armorique, en arrière de laquelle fut érigé après 790, avec le titre de duché, un grand commandement militaire assuré par le fils aîné du roi Charles le Jeune. Au même type appartiennent la marche de Toulouse (ou de Gothie) couvrant l’ancienne Septimanie et, à la fin du règne, l’ensemble des comtés transpyrénéens qui formaient la marche d’Espagne.

Le souverain à « la barbe fleurie »

Charlemagne nous est assez bien connu grâce à la biographie que lui consacra vers 830 Eginhard, qui avait été élevé à la cour et qui le connut fort bien, du moins pendant les dernières années de son règne. De haute taille (environ 1,90 m), le roi avait une forte carrure, le corps souple malgré une certaine tendance à l’embonpoint. Le visage était ouvert et imberbe ; c’est la légende qui l’affubla de la célèbre « barbe chenue ». La vitalité du roi était prodigieuse, son activité inlassable, son tempérament exubérant, ses mœurs très libres. On lui connaît, « quand il fut très jeune », une première liaison dont naquit un fils, Pépin le Bossu (qui complota contre lui en 792 et fut interné dans un monastère), puis quatre épouses successives, la fille de Didier (que la légende appela Désirée), la Franque Hildegarde (morte en 783) qui lui donna quatre fils et cinq filles. La Franque Fastrade qui fut mère de deux filles (morte en 794) et enfin une Souabe, Liutgarde. Après la mort de celle-ci (800), il eut encore plusieurs concubines dont naquirent des fils et des filles. Tout cela évoque irrésistiblement la polygamie ancestrale. On notera cependant que la conduite de Charlemagne ne fut pas officiellement blâmée par l’Église et que lui-même, chrétien sincère et très assidu à la pratique religieuse sous toutes ses formes, ne ressentit jamais l’écart qui existait entre sa religion et sa vie privée ; il ne faut pas oublier non plus qu’on se trouve dans une époque où une éthique laïque et une vie sacramentelle exigeante et régulière étaient pratiquement inexistantes. Pour compléter le portrait de Charlemagne, citons encore la simplicité de son abord, son intelligence lucide, sa capacité d’adaptation à toutes les circonstances, son goût pour la culture et de très solides qualités morales : les contemporains ont loué sa magnanimité et sa constance. « Il savait, écrit Eginhard, résister à l’adversité et éviter, quand la fortune lui souriait, de céder à ses séductions. » Mêlés à ces qualités, voici maintenant des défauts auxquels le biographe ne fait pas allusion mais que révèle l’action de l’empereur : entre tous, son autoritarisme extrême allant jusqu’au despotisme, sa propension à la violence qui le fit parfois tomber dans la cruauté, comme en témoignent certains épisodes des guerres de Saxe (massacre de Verden en 782, déportations...). Au total, une personnalité de tout premier plan, capable de produire une impression considérable sur tous ceux qui l’approchaient, ce qui permet de comprendre que la légende se soit emparée de Charlemagne de son vivant.

Le roi des Francs.

Le gouvernement du roi des Francs s’exerçant essentiellement sur des hommes (et non point sur la terre), Charlemagne tint à se les attacher par le serment de fidélité qu’il exigea à trois reprises (789, 793, 802), parce qu’il le considérait comme un remède aux défectuosités que présentait l’administration du royaume. Il tenta cependant d’améliorer la pratique et d’abord de résoudre le problème essentiel, celui des rapports entre la royauté et l’aristocratie, par l’extension de la vassalité et son incorporation à l’État. Mais l’institution fut incapable de rendre tous les services que Charlemagne attendait d’elle : l’emploi de la terre comme moyen de rétribution des vassaux et des fonctionnaires en fut le plus grave défaut, qui dérive directement de l’économie naturelle qui prévalait alors en Occident. Dans ces conditions, l’administration du royaume demeura rudimentaire et distendue et fonctionna au moyen d’institutions héritées de l’époque mérovingienne. Elles furent cependant réactivées et complétées sur certains points d’après les idées personnelles du roi ou en raison des besoins nouveaux qui naissaient des circonstances. Ainsi en fut-il, par exemple, d’une meilleure organisation des fiscs royaux, c’est-à-dire des terres appartenant au domaine de l’État, points d’appui et moyen d’action « principal » du souverain, ou encore du perfectionnement de l’institution des missi assurant le contact entre le palais et l’administration locale.

Dans la même perspective s’inscrit la très importante réforme de la justice, promulguée, semble-t-il, peu après 780. Elle réduisit le nombre des cours judiciaires ou plaids généraux à trois par an, en vue de diminuer la charge très lourde que représentait, pour les hommes libres, l’obligation d’assister à ces assises que le comte présidait dans sa circonscription. Elle créa, d’autre part, un corps de juges spécialisés, les échevins, qui devaient être désignés par les missi en accord avec les comtes et nommés à vie. Il leur appartenait de proposer la sentence que le comte ou son représentant se bornait à promulguer et à appliquer. Inspirée par la volonté d’assurer aux sujets une meilleure justice, la réforme judiciaire n’eut cependant que des résultats partiels. Son application fut une préoccupation constante de Charlemagne, dont les capitulaires ne cessent de rappeler les comtes et les échevins à leur devoir : le roi ne pouvait faire confiance aux hommes.

Conscient des lacunes et des défaillances de l’appareil administratif, désireux de pallier les insuffisances de la structure politique, Charlemagne voulut s’appuyer sur une Église forte et mettre celle-ci au service de l’État. L’idée n’était point nouvelle, mais sa réalisation fut poussée bien plus loin qu’elle ne l’avait été jusqu’alors. D’une part, les évêques et les abbés sont associés aux tâches de l’administration séculière. Ils prennent part aux grandes assemblées annuelles, et participent activement aux décisions qui y sont prises. Ils conduisent à l’ost leurs propres vassaux ; dans les cités, évêques et comtes se surveillent réciproquement. Lorsqu’ils ont reçu un privilège d’immunité, évêques et abbés administrent directement, à l’exclusion des agents de l’État, les terres de leurs églises et les hommes qui y sont fixés. L’Église franque, d’autre part, subit la tutelle du roi qui poursuit la réforme de l’institution commencée depuis 743. Charlemagne légifère pour l’Église, soit par l’intermédiaire de conciles, soit directement en s’inspirant de la collection de canons et de décrétales de l’Église ancienne, dite Dionysio-Hadriana, dont le pape Hadrien Ier lui avait adressé un exemplaire en 774. En outre, il prend en main l’administration de l’Église, surveille de très près la gestion de ses biens, en dispose parfois quand il s’agit pour lui de caser des vassaux, contrôle efficacement le comportement des évêques et des clercs. Mieux encore, il organise l’évangélisation des régions nouvellement conquises (Saxe, pays des Avars) et intervient autoritairement dans les controverses théologiques du temps (culte des images, adoptianisme, Filioque). On ne saurait enfin passer sous silence les efforts que Charlemagne consacra au relèvement spirituel et moral du clergé et des fidèles ; ce programme se développa avec une intensité croissante depuis 789. Le souverain se fait prédicateur, recommande l’éducation chrétienne des enfants, fait une obligation aux prêtres de prêcher, veille à ce que le culte soit célébré avec piété et exactitude. Mais il s’efforça surtout de développer l’instruction des clercs ; ce souci primordial est à la base du renouveau intellectuel qui commença à la fin du VIII° siècle et qu’on appelle la renaissance carolingienne.

L’empereur.

Maître d’un royaume singulièrement « dilaté », protecteur de l’Église et du peuple chrétien qui avait trouvé son unité spirituelle sous sa conduite, Charlemagne jouissait d’une autorité immense. Il l’accrut encore, comme l’écrit Eginhard, « en se conciliant l’amitié de plusieurs rois et de plusieurs peuples ». Des relations étroites se nouèrent entre l’Église franque et l’Église anglo-saxonne. Avec le plus puissant des rois anglais, Offa de Mercie, Charlemagne entretint des rapports courtois, interrompus parfois par des moments de mésentente ; en 809, il parviendra, avec l’aide du pape, à faire restaurer en Northumbrie le roi Eardulf qui, renversé par ses sujets, s’était réfugié auprès de lui ; son prestige, s’il faut en croire son biographe, rayonna jusqu’aux princes bretons de l’ouest de l’île. En 798, il vit venir à lui une ambassade du roi Alphonse II de Galice qui se déclara « son homme » et lui proposa de lutter en commun contre l’islam. De Palestine lui arrivèrent en 799 et en 800 des messagers du patriarche de Jérusalem l’invitant à assumer la protection des Lieux saints et de la communauté chrétienne. Les relations excellentes qui s’instauraient à ce même moment entre la cour franque et le calife abbasside Haroun ar-Rachid (échanges d’ambassades entre 797 et 807) permirent à Charlemagne d’exercer en Terre sainte, sinon un protectorat juridiquement défini, du moins une sorte de tutelle morale et d’étendre sa sollicitude aux églises, monastères et hospices de Palestine. Les rapports du roi des Francs avec l’Empire byzantin furent plus complexes. D’abord bons au point qu’il fut question en 781 d’un mariage entre une de ses filles. Rothrude, et le jeune empereur Constantin VI. Ils s’envenimèrent lorsque Charlemagne tenta d’étendre sa suprématie à l’Italie du Sud, depuis la création du royaume d’Italie et de l’État pontifical, Byzance la considérait comme un domaine réservé à son influence exclusive, et quand l’Impératrice régente Irène eut réuni à Nicée le VII° concile œcuménique sans y inviter l’Église franque (787). Il en résulta une période de tension, marquée par des opérations militaires et la condamnation en règle de la politique religieuse byzantine par les Livres carolins. Cette tension dura jusqu’en 797, lorsque Irène, qui avait saisi le pouvoir impérial, se hâta de faire la paix avec le roi des Francs.

On conçoit dès lors que le prestige et le pouvoir de Charlemagne vers la fin du VIII° siècle soient parvenus à un point où le titre royal à dû paraître insuffisant pour les exprimer l’un et l’autre. Le roi se trouvait comme tout naturellement porté vers une dignité supérieure. Aux yeux de l’élite intellectuelle, celle-ci ne pouvait être que l’Empire. Et de fait, au cours des années qui précèdent 800, on rencontre dans certaines sources le terme d’empire (romain ou chrétien) pour traduire la réalité carolingienne. Charlemagne, quant à lui, semble s’être contenté d’abord d’imiter l’empereur en titre, celui de Byzance, par un certain nombre de signes extérieurs renforçant son prestige et enseignant qu’il était « le roi semblable à l’empereur » : le palais et surtout la chapelle de sa résidence d’Aix, où il se fixa vers 792, devaient être la réplique de ceux de Constantinople. Dans ces conditions, tout porte à croire que l’initiative de faire du roi des Francs un empereur soit venue de la papauté. Successeur d’Hadrien Ier, élu en 795, le pape Léon III, dont la situation était mal assurée, se rapprocha étroitement de Charlemagne et s’efforça de rendre efficace une protection, dont il avait le plus grand besoin, en orientant sur le roi la tradition de Constantin, l’empereur chrétien par excellence. On comprend dès lors qu’à la suite d’un attentat dont il fut l’objet en 799, le pape se soit rendu auprès de Charlemagne, à Paderborn en Saxe, pour solliciter son appui contre les rebelles.

S’il est infiniment probable qu’il fut question de l’empire dans les entretiens du pape et du roi, il semble aussi qu’aucune décision ne fut prise sur la manière dont serait effectuée la promotion impériale. L’Empire, certes, ne pouvait renaître qu’à Rome, et cette donnée conférait un rôle de tout premier plan au pape, mais, en l’occurrence, son autorité se trouvait fort compromise par les accusations dont les Romains l’accablaient auprès du roi. Voilà pourquoi Charlemagne, avec sa prudence coutumière, se garda d’une décision prématurée. Il renvoya donc Léon III à Rome, accompagné de hauts dignitaires francs, chargés d’ouvrir une enquête et de rétablir la paix entre le pape et la population. Lui-même attendit encore un an et demi avant de se rendre à Rome. Accueilli dans la Ville éternelle avec les mêmes honneurs que ceux qui étaient autrefois décernés à l’empereur en personne, le 23 décembre 800, il présida une assemblée mixte, composée de Romains et de Francs, devant laquelle Léon III se disculpa par un « serment purgatoire » de toutes les accusations qui avaient été portées contre lui.

Après quoi, l’assemblée émit le vœu que Charlemagne prît le titre d’empereur ; il l’accepta. Le surlendemain, jour de Noël, avant la messe qu’il était venu entendre à Saint-Pierre, Léon III lui imposa une couronne et ce geste fit retentir l’acclamation des Romains : « À Charles Auguste couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire ! » Le couronnement et l’acclamation - celui-ci précédant celle-là, à l’inverse de ce qui se passait dans le rite d’avènement byzantin - avaient créé l’empire. Mais l’imprécision avec laquelle il venait de renaître imposa au nouvel empereur l’obligation d’en définir le sens et la portée, de le situer devant l’Empire byzantin et d’en assurer la transmission. Ce problème majeur occupa largement les dernières années du règne.

Une tragique disparité.

L’effet le plus certain de la dignité suprême que Charlemagne avait reçue fut de lui faire prendre conscience de l’accroissement de ses responsabilités : empereur, dirigeant l’empire chrétien, il se considéra plus encore que dans le passé comme répondant devant Dieu de la manière dont vivait le peuple soumis à son autorité. Nul doute aussi qu’il n’ait subi l’influence du souvenir de la Rome impériale qui avait donné ses lois au monde : il ne faut jamais oublier que la renaissance de l’Empire est inséparable de la redécouverte de la tradition antique par les érudits de la cour. Autant de raisons qui firent déployer à Charlemagne à partir de 802 une activité législative intense pour fixer le droit ecclésiastique et séculier de l’empire ; signalons par exemple le travail de correction et de complément de plusieurs lois nationales (loi salique, loi des Ripuaires, loi des Bavarois) et la mise par écrit d’autres lois (ainsi celles des Frisons, des Chamaves, des Saxons et des Thuringiens).

À cela s’ajoute l’effort immense, pathétique même, pour promouvoir le triomphe des principes chrétiens dans le jeu des institutions et dans la vie quotidienne. Renforcement des obligations nées de la prestation du serment de fidélité que prêtèrent pour la troisième fois les sujets en 802 ; défense des hommes libres contre l’oppression des grands et les exactions des fonctionnaires ; interdiction de l’accaparement des vivres et de la hausse illicite des prix ; condamnation du principe de se faire vengeance soi-même ; recommandation de l’arbitrage : autant de mesures qui montrent l’empereur au service de la paix, définie d’après saint Augustin comme l’accord dans l’ordre, et qui doit reposer sur la bonne volonté collective que les textes appellent « concorde » ou « unanimité ». Tel semble être le contenu essentiel de l’idée impériale à la fin du règne de Charlemagne. Le malheur fut que l’immense majorité des hommes se révéla absolument incapable de comprendre ces notions et que l’empereur n’eut pas les moyens d’en imposer l’application. Il y a là une tragique disparité entre un concept grandiose et la réalité.

Un souvenir perpétué.

Décédé le 28 janvier 814, quelques mois après avoir associé à l’empire son seul fils survivant, Louis d’Aquitaine, Charlemagne fut inhumé dans la chapelle palatine d’Aix. Son souvenir, porté à la fois par la légende et par une tradition historique continue, ne devait jamais disparaître de la mémoire des hommes. Héros principal des chansons de geste, garant de l’indépendance et de la pleine souveraineté du royaume, patron de la royauté en France, Charlemagne demeura pour l’Allemagne l’Empereur par excellence dont les plus illustres successeurs s’efforcèrent de poursuivre les tâches, celle d’abord de reconstituer l’empire et de défendre son honneur. L’idée impériale et une tradition ecclésiastique presque unanimement favorable se conjuguèrent pour promouvoir le grand Carolingien aux honneurs de la sainteté. Canonisé le 29 décembre 1165 à l’initiative de l’empereur Frédéric Barberousse, Charlemagne devint l’objet d’un culte liturgique dans de nombreuses églises d’Allemagne, de France, et même d’Espagne et d’Italie. Ce culte a dans l’ensemble disparu mais il est toujours célébré à Aix-la-Chapelle.

La France Royale et ses 12 Siècles pendant lesquels nos Rois ont fait la France d’aujourd’hui. La France Révolutionnaire, les Dictatures des deux Corses, avec leurs millions de morts. La France républicaine, ( moins de deux cents ans d’existence) avec ses gloires mais aussi, ses guerres, son esprit colonial, son imprévoyance face aux Allemands, son intolérance, son racisme, son antisémitisme. La France de Vichy, + un document sur les épreuves du peuple Juif. 

Seul, le mot « Démocratie « est le reflet de tout ce qu’il y a de meilleur. La Démocratie est l’institution dont les peuples de notre univers doivent bénéficier, avec toute sa quintessence, et ses immuables principes qui sont des archétypes de liberté, d’égalité, de fraternité, de solidarité et d’amour.

Pour commencer, il est impératif, que nos enfants sachent que la France a eu un embryon de Nation, en l’an 987 avec l’arrivée au pouvoir du premier Roi Capétien « Hugues Capet ».

En 2005, c’est la même dynastie qui est représenté par l’héritier du trône de France « Jean (Duc de Vendome0 ) de Jure Roi de France. » Durant un millénaire, la France a été gouvernée par l’institution Monarchique. Ce sont la Royauté et ses 40 Rois qui petit à petit, tels des bâtisseurs du compagnonnage, unissaient différentes Provinces, provinces qui aujourd’hui composent notre hexagone. La Corse est le dernier fleuron que SM Louis XV acheta à Gênes. Notre Iles de beauté fut le territoire Français qui sacrifia le plus grand nombre de ses fils au cours des deux guerres mondiales. Si l’on peut regretter que la Corse accoucha d’un sanguinaire Dictateur, d’un empereur auto-proclamé, elle reste la région la plus belle « avec la Bretagne » de notre bellissime Patrie.

Contrairement à une idée véhiculée par des instituteurs qui savent mais, refusent d’expliquer la vérité historique à nos enfants, le Moyen âge fut une période de prospérité pour notre Pays.

LE HAUT MOYEN ÂGE

La première période du Moyen Age est troublée par les invasions où pendant 300 ans le progrès de la civilisation est arrêté. On emploie parfois l’expression "Epoque de la Grande Noirceur" pour désigner cet état de léthargie et de stagnation. La paix revient vers l’an 800. L’Église catholique est toute puissante et le pouvoir est détenu par les rois.

Début du V ° siècle : grandes invasions par les Vandales, les Huns et les Francs. Les Francs, avec Clovis à leur tête, se rendent maîtres de la plus grande partie de la Gaule. Lorsque Clovis meurt en 511, trois royaumes mérovingiens se forment. L’Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne qui se déchirent en guerres intestines. VII ° siècle : affaiblissement de la royauté sous les « rois fainéants » et émergence des maires du palais. Clotaire II et Dagobert I er réalisent un semblant d’unité En 687, Pépin de Herstal devient le chef réel des trois royaumes. En 711 (ou 714), les Arabes font la guerre pour convertir l’Europe à l’Islam. Charles Martel, le maître du pays, les arrête à Poitiers. Pépin le Bref devient roi, en 751. Il fonde la dynastie des Carolingiens. En Europe, en l’an 800, Charlemagne règne en maître. Il est roi des Francs et empereur d’Occident. Un des ses fils qui lui succède. Louis le Pieux (814-840), ne pourra maintenir l’unité de l’Empire. Le partage de l’empire d’Occident a donc lieu à Verdun, en 843 (traité de Verdun). Charles II le Chauve devient le premier roi de France (840-877). Les invasions normandes provoquent l’affaiblissement de la royauté. La féodalité se développe. De la période anarchique 877-987 émergent les Robertiens de Paris. Entre temps (911), les Normands s’installent en Normandie. Louis V, le Fainéant, le dernier souverain carolingien s’éteint. Après s’être illustré dans la défense du Royaume de France contre les Normands où il concurrence les deniers descendants de la lignée de Charlemagne.

Hugues Capet s’empare de la couronne (987-990) et fonde ainsi la dynastie des Capétiens.

Les quatre premiers Capétiens, Hugues Capet, Robert II, Henri et Philippe I er sont tour à tour les maîtres d’un réel petit domaine autour de Paris. Louis VI le Gros (1108-1137) et Louis VII le Jeune agrandissent leur domaine et confirment leur autorité face aux féodaux. De 1108 à 1180, on assiste à un essor économique et urbain. Les communes se constituent. L’Église se renouvelle. C’est l’époque de la chevalerie et des croisades. La bourgeoisie prend forme et les arts connaissent un nouveau souffle (art roman, puis gothique). L’ombre d’une menace plane pourtant : l’ »Empire angevin » des rois d’Angleterre ( Plantagenêts ).

Philippe II Auguste donne à la monarchie capétienne son caractère national avec la victoire de Bouvines en 1214.

Saint Louis (Louis IX) règne de 1226 à 1270. Son intégrité lui confère le rôle d’arbitre.

Le roi Philippe IV le Bel meurt le 29 novembre 1314, à l’âge de 46 ans, après un règne tourmenté de près de 30 ans. Il est devenu roi à l’âge de 17 ans, le 5 octobre 1285, à la mort de son père Philippe III le Hardi. Sous son règne, la France consolide ses frontières. La Monarchie échappe à l’emprise du pouvoir religieux. Elle s’écarte des traditions féodales en se dotant d’une administration moderne et en faisant appel à des fonctionnaires zélés issus de la bourgeoisie. A sa mort, Philippe le Bel laisse le Royaume en ordre et plus puissant que jamais. Pourtant, pour la première fois depuis trois siècles, l’avenir de la dynastie Capétienne est, compromise, par l’absence de succession mâle. Philippe IV laisse trois fils pour lui succéder mais aucun de ceux-ci n’a encore de fils et leurs démêlés avec leurs épouses rendent cette éventualité problématique.

Charles VII « Le victorieux » Son règne sera marqué d’un épisode important le venue de Jeanne d’Arc. Avant demie, fils de Charles VII, (est né en 1403), enfant de Isabeau de Bavière. Sa jeunesse est perturbée par les troubles qui agitent la France et l’inquiétude de sa naissance compte tenu de la vie de débauche de sa mère. Obligé de quitter Paris, délaissé par son père, rencontrant des difficultés avec sa mère, il semble avoir eu une jeunesse plutôt triste. Mais son règne connaîtra une grande victoire militaire et une importante réforme intérieure. C’est un règne de quarante, un des plus captivant, des rois de France.

Suite à la régence assurée par Henry V Charles VII doit quitter Paris (le 29 mai 1417) et se réfugie à Bourges avec quelques fidèles et ses conseillers. Mais ces derniers ne sont pas toujours de bon conseil et Chartes VII regrettera de les avoir écouté quand ils ont demandé l’assassinat de Jean sans Peur. Car après, c’est l’Angleterre qui va prendre en main, les rennes de la France. Son mariage lui apportera beaucoup de part les qualités politiques de sa belle-mère.Il tentera après la signature du traité de Troyes des offensives contre les anglais. Mais même s’il obtient un succès à Baugé, il n’y aura pas de suites. La mort de son père le propulse roi de France mais dans impossibilité d’aller se faire couronner à Reims occupé par les Anglais. Des tentatives de s’ouvrir une route vers cette ville se solderont par des échecs que ce soit à Gravant en 1423 ou à Verneuil on 1424. De son côté, Henry V laissant un héritier très jeune, c’est son frère, le duc de Bedford qui assurera la régence. Ce dernier voulant qu’Henry VI, gouverne sur le territoire en entier, va tenter de marcher vers Bourges le duc de Bedford entreprit le siège de la ville d’Orléans qui résista tant bien que mal. Charles VII sentant le danger ira se réfugier en Touraine dans la ville de Chinon, C’est dans ce château que le 26 février 1429, une jeune fille lui demande audience.

Cette dernière lui dit.

« Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es le vrai héritier du trône de France. »

Cette jeune fille de dix-sept ans lui affirme, quelle a eu des visions qui lui ont intimé l’ordre de sauver Orléans. Charles VII fera examiner cette jeune fille par les ecclésiastiques. Ces derniers seront convaincus de sa mission surnaturelle. Cette jeune femme disait s’appeler JEANNE DARC !

Une armée de sept mille hommes environ lui sera confiée. Elle libérera Orléans, accompagnera Charles VII se faire couronner A Reims le 17 juillet 1429, additionnera les succès militaires. Elle marchera sur Paris àdeuxreprises,mais sera faite prisonnière à Compiègne par les Bourguignons qui la vendront aux Anglais. Ces derniers confieront son procès à l’Église. Son procès sera régulier mais influencé par les Anglais. D’abord condamnée A la prison à perpétuité, Jeanne d’Arc sera déclarée relapse et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Charles VII qui n’a rien tenter pour sauver Jeanne d’Arc, ouvrira en 1457 un procès de réhabilitation. La France est libérée des Anglais, mais la suite des événements ira plus lentement après la mort de Jeanne d’Arc. Henry VI se proclame roi de France à Rouen. Le connétable de Richemont négociera avec le Bourguignon Philippe le Bon une paix générale, mais dans laquelle Charles VII doit se reconnaître le vassal d’Henry VI.

La mort de Redford atténuera la résistance anglaise. La guerre franco-anglaise reprendra, Richement occupe la Normandie et entre dans Paris le 13 avril 1346. Une trêve demandée par les anglais n’aboutit à aucune entente, les hostilités reprenant en 1447 en Normande. Les français les vaincront à Formigny en 1460. Bordeaux et l’Aquitaine, seront reconquit en 1451. Excepté Calais, il n’y avait plus nulle part d’occupant anglais. Sur le plan privé, Charles VII connaîtra une grande passion avec Agnès Sorel. De cet adultère,(Charles VII était marié à Marie d’Anjou), il naîtra trois filles. Mais cette liaison s’achèvera en 1449. Agnès Sorel est emportée par un flux de ventre (probablement suite à un empoisonnement). Charles VII en sera profondément atteint. Charles VII rencontra des succès militaires, financiers et administratifs. Un nouvel ordre social s’échafaude et restera en place jusqu’en 1789, année de tous les bouleversements. Chartes VII crée en 1447 la première armée nationale, adoptant les mesures financières nécessaires à son entretien. Naissent ainsi les compagnies d’ordonnance et l’institution des Francs Archers.

Dès 1436, Charles VII augmente les impôts indirects et les rend permanents. Ce principe subsiste au XX° siècle, ( les aides sont appelées TVA, l’impôt sur les biens est constitué des impôts fonciers et des impôts sur le revenu, à la gabelle correspondent les monopoles tel le tabac). En 1438, il assujettit l’Église à la couronne en créant une charte, la Sanction de Bourges. Il triomphe alors de la Praguerie (révolte des seigneurs) dont faisait parti, son fils Louis, futur Roi Louis XI. Sur le plan administratif, un corps de fonctionnaires est créé et en opère une décentralisation. Charles VII créé des parlements de province. Sur le plan religieux, Charles VII s’opposait à Rome en appuyant le fait que les sièges épiscopaux français seraient pourvus sans l’avis de Rome. En 1468, Charles VII, une plaie cancéreuse à la jambe, est également atteint d’une cachexie tuberculeuse. En 1461, atteint d’un grand mal de dents, il ne peut plus se nourrir et mourut le 21 juillet, âgé de cinquante huit ans, mettant fin à un règne de quarante ans. Ce dernier, voyant un spectaculaire redressement militaire et une grande réforme interne du pays, fait honneur à son Roi.

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