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De l’autorité dans l’Eglise.

Du 26 mai 2008.

Jeudi 5 juin 2008, par Gérard Lecler // La Religion

Gérard Lecler

La commémoration de mai 68 aura quand même été bien intéressante, en dépit de ses aspects irritants. Elle a fait ressurgir, notamment, tout un refoulé, avec des aveux parfois poignants. Ce qu’on nous avait décrit à l’aune d’une libération débridée cachait en fait bien des déchirements et des expé­riences dont l’amertume s’est reportée sur des vies entières. De la production très inégale où se sont accumulés souvenirs et mises au point, se détachent des réflexions qui vont bien au-delà de la nostalgie ou du revival idéologique. Marcel Gauchet et Jean-Pierre Le Goff ont souligné le caractère à certains égards tragique de l’héritage impossible de Mai 68, cette dernière révolution qui met fin au mythe révolutionnaire sans pouvoir en répudier la fascination. J’ajouterais qu’en ce qui concerne l’Église et la crise profonde qu’elle vécut dans la foulée de l’événement, on est loin encore d’avoir mis un point final aux questions de fond posées par la remise en cause de l’institution.

Même si c’est avec une certaine timidité, quelques anciens combattants réitèrent leurs griefs à l’égard de Paul VI, coupable, avec son encyclique Humanae Vitae d’avoir coupé l’Église des aspirations modernes, sur un sujet aussi sensible que la sexualité. Le cardinal Martini, ancien archevêque de Milan, dont on voulut faire très longtemps l’opposant emblématique à Jean-Paul II, sans qu’il n’en assume jamais la responsabilité, sort de sa retraite pour critiquer les positions du magistère. Tel prêtre parisien, qui incarna l’opposition au cardinal Lustiger, sort également de son silence pour réclamer des « changements » dont l’imprécision programmatique est en rapport direct avec la vivacité de sa charge. On aurait tort de se scandaliser de ces incantations qui ont au moins le mérite de rappeler que l’Église catholique a su résister à la déstabilisation doctrinale en dépit de tous les assauts internes ou externes. D’ailleurs, il ne s’agit pas de prétendre qu’une réponse définitive sera jamais donnée aux discordances d’une sexualité d’essence tragiquement ambiguë, selon l’expression d’Emmanuel Lévinas. Mais il est important de constater la permanence d’une autorité légitimée par le seul service évangélique de la vérité qui, dans son humanité même, se refuse à l’éclipse de son exercice. Une telle autorité, toujours appelée à se purifier - mais Jean-Paul II et Benoît XVI sont des modèles de la mutation kénotique du pouvoir - présente aujourd’hui le privilège rare d’échapper à l’érosion symbolique des institutions répondant elle-même à la désarticulation du narcissisme contemporain.

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