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De l’audace, encore de l’audace !

Samedi 19 novembre 2011, par Samir Amin // Le Monde

Samir Amin théorise la crise actuelle et les alternatives que devrait porter la gauche radicale. Il appelle cette dernière, au Nord comme au Sud, à faire preuve d’audace pour être à la hauteur de la conjoncture historique produite par l’implosion du capitalisme contemporain.

Celui-ci est un capitalisme de monopoles généralisés qui constituent désormais un système intégré et contrôlent étroitement l’ensemble de tous les systèmes productifs. C’est le produit d’une étape nouvelle de la centralisation du capital dans les pays de la triade (les États-Unis, l’Europe occidentale et centrale, le Japon) qui s’est déployée au cours des années 1980 et 1990. La « mondialisation » est le nom qu’ils ont eux-mêmes donné à l’ensemble des exigences par lesquelles ils exercent leur contrôle sur les systèmes productifs. Il ne s’agit de rien d’autre que d’une étape nouvelle de l’impérialisme. Le capitalisme des monopoles généralisés et mondialisés constitue un système qui assure à ces monopoles la ponction d’une rente de monopole prélevée sur la masse de la plus-value (transformée en profits) que le capital extrait de l’exploitation du travail. Ce déséquilibre en croissance continue est lui-même, à son tour, à l’origine de la financiarisation du système économique.

Le capital des monopoles a ouvertement déclaré la guerre aux travailleurs et aux peuples. Nous ne sommes pas dans un moment historique où la recherche d’un « compromis social » constitue une alternative possible. Il y a eu de tels moments dans l’histoire, comme par exemple dans l’après-guerre, avec les compromis social capital/travail propres à l’État social-démocrate en Occident, au socialisme réellement existant de l’Est, aux projets nationaux populaires du Sud. Le conflit oppose donc le capital des monopoles aux travailleurs et aux peuples invités à une capitulation sans condition. Les stratégies défensives de résistance sont, dans ces conditions, inefficaces, appelées à être toujours finalement vaincues. Face à la guerre déclarée par le capital des monopoles, les travailleurs et les peuples doivent développer des stratégies qui leur permettent de passer à l’offensive.

Le moment nous offre l’occasion historique d’aller bien plus loin ; il impose comme seule réponse efficace une radicalisation audacieuse dans la formulation d’alternatives capables de faire passer les travailleurs et les peuples à l’offensive, de mettre en déroute la stratégie de guerre de l’adversaire. la gauche radicale doit se doter de programmes audacieux.

Samir Amin propose trois « propositions générales » : socialiser la propriété de monopoles ; dé-financiariser la gestion de l’économie ; dé-mondialiser les rapports internationaux.

Il entend donc par « audace », pour les gauches radicales dans les sociétés de la triade impérialiste, l’engagement dans la construction d’un bloc social alternatif anti-monopoles. Et pour les gauches radicales dans les sociétés des périphéries l’engament dans la construction d’un bloc social alternatif anti-compradore.

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