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De l’ « Equaliy Bill »... chez Albion !

Dimanche 14 mars 2010, par Dominique Daguet // L’Europe

Et de sa marraine...

Vice-secrétaire du Parti travailliste, chef de groupe à la Chambre des communes et ministre de l’égalité des chances, Harriet Harman a reçu la « bénédiction » de Gordon Brown pour projeter une loi dont la finalité serait la garantie de l’égalité des « chances ».

A y regarder de plus près, la théorie du « gender » habite Madame le Ministre...

Et notre ami Dominique Daguet n’a pas besoin d’une loupe pour en déceler tous les dangers...

Des dangers qui nous guettent aussi...

Vous découvrez le mot « gender » ?

Marguerite Peeters vous éclaire : « Gender se traduit diversement en français : entre autres, par égalité des sexes, égalité des genres, parité, sexospécificité, autonomisation de la femme ou diversité des genres ou des sexes. La multiplicité de ces expressions crée une confusion sémantique qui relève en fait d’une stratégie utilisée pour cacher le véritable sens du gender et éviter les définitions claires. Souvent le mot est utilisé dans sa langue originale, l’anglais. Le gender n’est pas à proprement parler une idéologie, mais un phénomène culturel, un processus subtil de déconstruction culturelle et anthropologique. Il est le fruit d’un long parcours révolutionnaire occidental qui, en particulier depuis la révolution française, a été mu par une conception faussée de l’égalité entre les sexes et une volonté perverse de « libérer » l’individu de tout cadre normatif donné par la nature, la tradition, la révélation et Dieu lui-même. L’objectif du gender est de permettre à chacun de choisir « librement » sa fonction sociale, son identité ou orientation sexuelle, sa « forme de famille ».

Le gender considère la vocation de la femme en tant que mère et épouse comme une construction sociale contraire à l’égalité, comme un « stéréotype » à déconstruire. La déconstruction se fait prioritairement par l’éducation des enfants (à l’insu des parents), mais aussi à travers les media, les législations, les politiques, les procédures décisionnelles dites « consensuelles », les « sessions de formation », la propagande tout azimut. La nouvelle culture favorise la promotion des divers droits des lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transsexuels. On peut dire que le gender a déjà créé une culture mondiale dans laquelle parler de complémentarité homme-femme est devenu discriminatoire et contraire à l’éthique. Une nouvelle éthique mondiale du « libre choix » ainsi compris menace de remplacer les cultures traditionnelles non-occidentales et l’éthique judéo-chrétienne. »

Lire : Le « gender » est-il une « idéologie » ?

« Gender »

Une loi en cours de discussion au Parlement de Londres s’appuie sur la théorie du « gender », de ce côté-ci de la Manche du « genre », qui remplacerait l’antique et judéo-chrétienne distinction entre l’homme et la femme… distinction qui, paraît-il, ne tiendrait pas compte de la réalité vécue par ces hommes et ces femmes…

Je reviendrai sur ce que je pense de cette théorie obscure au point qu’elle me fait frémir pour ne m’occuper ici que des perspectives qu’ouvre cette loi à venir.

Les Anglais ont une étrange conception de l’égalité : ce que manifeste avec éloquence le projet de loi défendu actuellement par Madame le Ministre anglais de l’égalité.


Harriet Harman

Le même droit applicable à tout le monde en cette matière pourrait équivaloir à supprimer chez certains la possibilité d’avoir une opinion déterminante en ce qui concerne leur action, leur vie ou leur profession, opinion que l’on a certes le droit d’avoir même si elle ne va pas dans le sens des politiques britanniques. Il est des professions qui, par exemple, peuvent exposer les homosexuels à des tentations trop fortes et que donc les responsables ont le droit naturel de leur déconseiller…

Cette loi en cours d’adoption vise notamment à assurer l’égalité des homosexuels par rapport aux hétérosexuels : il convient de leur garantir en tous les cas de figure les mêmes opportunités auxquelles peuvent prétendre sans discussion tous les autres membres de la société. Mais « il arrive, dit Benoît XVI, que pour obtenir cela on ait recours à des lois qui imposent des limites injustes à la liberté des communautés religieuses d’agir selon leurs propres convictions »… Est ici visé, dans le texte anglais, le fait qu’il contredit ce que l’Église nomme « loi naturelle », concept qu’évidemment nos « modernes » contestent violemment, assurant qu’ils entendent aujourd’hui bien mieux que par le passé ce qu’est l’être humain et que l’on n’a plus besoin de recourir à ce qui fut défini autrefois ! « De plus, est-ce l’Église papiste qui va régenter la planète anglicane », répondent à ces objections les activistes de l’égalité ? Prétention d’un orgueil bien connu mais qui a pour elle la tendance générale de nos sociétés de sombrer dans l’à peu près philosophique, sinon dans le délire sémantique quand il ne s’agit pas de la dérive des mœurs vers des abîmes et des gouffres….

Si l’on contredit la loi naturelle, alors on contrevient au principe fondateur hors duquel on ne peut garantir en vérité l’égalité visée pourtant par cette loi : car l’on ne peut plus dès lors maintenir pour tous le droit de bénéficier des mêmes chances, parmi lesquelles celle du respect absolu, non seulement de la liberté d’expression, mais encore de la liberté de conviction !

Pour atteindre l’objectif que veut atteindre le Ministre anglais de l’égalité, ici une « lady », il faudra nécessairement que cette autorité imposent aux communautés religieuses, et pas seulement catholiques, d’agir à rebours de leurs propres convictions : par exemple ne plus refuser le sacerdoce aux homosexuels, décision qui pourtant vise notamment à limiter autant que faire ce peut les risques de pédomanie, tentations nettement plus fréquentes, selon ce qu’indiquent les statistiques, chez les homos que chez les hétéros. « Sous certains aspects, ajoute le pape, ces lois violent la loi naturelle sur laquelle se fonde l’égalité de tous les êtres humains et par laquelle celle-ci est garantie ». Bien entendu, le « couloir » des gays britanniques, tout autant que celui des français, agit avec beaucoup de détermination afin de persuader le législateur que cette « loi naturelle » n’existe pas en affirmant qu’on ne saurait concevoir réellement quelle est la nature de l’être humain, sinon qu’elle ne se différencie guère de celle des animaux.
Autant dire que la liberté de vouloir protéger les enfants ne serait plus prise en compte…

Ces lois vont donc à l’encontre de la liberté de conviction, certainement l’une des plus décisives de la liberté tout court. Cette loi porte en elle des potentialités de totalitarisme.

Qu’en sera-t-il en effet, une fois la loi adoptée, pour les organisations privées obligées de fait à suivre une politique d’embauches susceptible de s’opposer à leurs convictions les plus profondes, à leurs préoccupations les plus sensibles ? On peut être parfaitement respectueux des homosexuels et considérer qu’il y a danger à la fois pour les jeunes enfants et pour eux à devenir enseignants ou à devenir séminaristes et prêtres… Cette opinion peut être considérée naturellement comme une conviction qu’il serait injuste donc liberticide de ne pas respecter. Par contre, il existe quantité de professions où l’orientation sexuelle n’a aucune importance : il ne peut s’agir ici que de celles où cette orientation peut parfois primer sur la vertu, dont nombre d’homosexuels, par bonheur pour eux, ne sont pas dépourvus alors qu’évidemment certains hétérosexuels ne connaissent même pas le sens du mot…

Les paroles du pape, selon le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, « touchent un point critique des débats sur l’égalité des droits, très actuels dans beaucoup de pays ; des débats qui renvoient à des aspects fondamentaux de la vision de l’homme : droit à la vie, sexualité, famille... ». Il ajoute qu’il ne « s’agit en rien d’une interférence de l’Église dans la dynamique sociale et politique mais la manifestation, comme il se doit, de ses positions au service du bien commun »

Sir Jonathan Sacks, grand rabbin des congrégations juives unies du Commonwealth britannique, met en garde contre une utilisation idéologique de cette question de l’égalité des droits pouvant aller jusqu’à s’en prendre aux institutions religieuses ; il a publié dans « The Times » un appel sans ambiguïté qui traduit une crainte qu’éprouvent Outre-Manche quantité de citoyens :


Sir Jonathan Sacks

« Au lieu de considérer les paroles du pape comme une intervention abusive, il nous faut plutôt les considérer comme un encouragement à ouvrir un débat honnête afin de déterminer où se trouve la limite entre la liberté individuelle et celle des membres d’une communauté de foi. L’une ne saurait être atteinte au détriment de l’autre ».

On ne saurait mieux dire et en même temps mieux discerner l’extraordinaire outil de despotisme que représente cette loi sous ses apparences vertueuses.

Les « couloirs gays » feraient bien de méditer le dicton qui veut que si l’on crache en l’air on risque de recevoir son crachat sur la tête. La société n’accepte les différences que jusqu’à un certain point : si elles tendent à la liquéfier dans une sorte de pot-pourri moral où rien n’est mauvais – et donc rien n’est bien –, elle se défendra, toujours maladroitement, toujours avec excès, afin de tenter de remettre de l’ordre, mais sans avoir de cet ordre une vision juste et éclairée. Si toutefois on veut bien admettre que cette vision est ce qu’il y a de plus difficile à atteindre en ce monde.

Reste que s’il est excellent de chercher à garantir aux homosexuels les droits dus à tous les citoyens, il le serait bien moins d’attenter à des droits qui sont ceux des institutions religieuses qui ont marqué d’une façon éminente l’histoire de l’Europe et du monde. Elles représentent ce qu’il y a eu de plus haut dans l’histoire de la pensée de même dans l’évolution des sociétés. Elles ont contribué de façon décisive à la connaissance de cet homme qu’on ne saurait restreindre à n’être que son apparence ou son sexe. La tyrannie du « gender » - car c’est bien au nom de cette idéologie que je qualifierai d’ « ad hominem » que se profilent ces changements – ne doit pas être admise. L’être humain ne se divise pas en cinq sexes, demain six ou sept, après-demain une dizaine, il est et demeure « homme et femme », distinction qui s’efface dans l’unité de sa nature ! Que certains veuillent outrepasser cette division, cela ne doit être qu’un comportement individuel qui ne saurait engager la société à se mobiliser, à se prêter à ce jeu des plus dangereux, qui ferait s’estomper la conscience d’appartenir à ce genre si particulier qu’il se distingue de tout ce qui vit sur terre quoiqu’il en dépende pour sa subsistance.

De plus, il convient d’insister particulièrement sur le fait que cette distinction « homme/femme » a une signification qui déborde largement sur l’usage détourné que l’on peut faire des organes sexuels de chaque individu. Ce serait un signe de dégénérescence aussi bien morale qu’intellectuelle et spirituelle que d’occulter le destin du couple fondateur, dont dépend l’avenir même de l’humanité, par des considérations de particularismes qui ne sont en rien déterminant quant à la définition de l’être humain. Cela est d’autant plus nécessaire que se profilent de dangereuses manipulations sémantiques et techniques qui laissent croire que l’on peut se passer de ce couple pour assurer le devenir du « genre humain », le seul genre (ou gender) que l’on puisse concevoir. Il suffit de se projeter dans un monde où ces spéculations effrayantes seraient prises à la lettre pour n’avoir plus que l’idée de le fuir à jamais.

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