De l’Allemagne qui tourne les pages de son passé…

Lundi 21 juin 2010, par Philippe Lamarque // L’Europe

Et entend restaurer son « image », affirmer ses belles « pages » soigneusement triées…

Alors que chez nous nous dépensons plus de cinq millions d’euros de nos deniers pour « restaurer » les colonnes de Monsieur Buren sous l’œil humide de bonheur de deux brillantissimes ministres de la culture… et laissons dépérir un des plus hauts lieux de notre mémoire : la nécropole des rois de France de Saint Denis !

Potsdam redevient toujours un peu plus Potsdam…

« La « garnisonkirche » de Potsdam sera reconstruite ».

Par Philippe Lamarque…

LA GARNISONKIRCHE DE POTSDAM SERA RECONSTRUITE

Aussi célèbre et prestigieuse que l’église Saint-Louis des Invalides à Paris où reposent Napoléon et les gloires militaires de la France, que la vallée de Los Caidos au sud de Madrid où reposent le caudillo et José-Antonio afin d’inciter les Espagnols à se réconcilier après la guerre civile,


Saint Louis des Invalides…


Tombeau de José Antonio Primo de Rivera

L’église de la garnison de Potsdam représente la gloire et les sacrifices des armées prussiennes.

Construite sur ordre de Frédéric-Guillaume Ier en 1730, proche de l’ancienne caserne du 1er régiment à pied de la garde royale, cette église est un haut lieu du royaume.


Frédéric-Guillaume Ier, Roi en Prusse du 25 février 1713 à sa mort, le 31 mai 1740.

Son clocher contenait un « Glockenspiel » particulièrement apprécié par les Huguenots français émigrés du quartier voisin.

En 1648, la ville n’offre qu’un visage fort déplaisant. L’Electeur Frédéric Guillaume décide d’en faire sa résidence sur les conseils de son ami Jean-Maurice de Nassau Siegen. Les forêts giboyeuses environnantes ont été déterminantes.

Sous l’impulsion de Frédéric Guillaume la ville bénéficie de premiers aménagements qui en font une ville soignée : pavage des rues, tracé de nouvelles voies de passage et construction d’un château sur l’emplacement d’une ancienne forteresse.

En 1685, le Grand Electeur proclame l’Edit de Potsdam qui favorise la venue de 20 000 huguenots dans le Brandebourg.

La Guerre de Trente ans, ayant saigné le Brandebourg, le monarque avait besoin de sujets pour repeupler et reconstruire le Brandebourg.
Frédéric I, roi en Prusse, continue l’oeuvre de son père, inspirée par une politique alliant un pouvoir fort à la tradition humaniste. Il alloue en particulier une somme aux huguenots afin qu’ils y établissent leur demeure le long de l’actuelle Hebelstrasse. Aimant les fêtes et parties de chasse, Frédéric I désirait alors étaler aux yeux de tout le monde la puissance de son royaume.
http://www.berlin-en-ligne.com/potsdam_histoire.php

Jean-Sébastien Bach joua à son buffet d’orgues. La délicieuse reine Louise, que le capitaine Jean-Roch Coignet considérait comme la plus belle femme de son temps, chanta dans la chorale.


Louise Augusta Wilhelmine Amélie de Mecklembourg-Strelitz, reine de Prusse, 1801, par Élisabeth Vigée-Lebrun

Le cercueil de Frédéric le Grand resta là jusqu’en 1945. Dans la nuit du 3 au 4 octobre 1806, en présence du roi et de la reine Louise, le tsar Alexandre, saisi d’une émotion profonde, embrassa le cercueil, puis les souverains se jurèrent foi et amitié.

Le 26 octobre 1806, Napoléon y vint s’emparer comme butin de l’épée de celui qu’il admirait tant, la considérant comme un porte-bonheur, parce qu’elle avait appartenu à un despote éclairé, parfaitement francophone, écrivain et compositeur, génie dans l’art de la guerre.


Napoléon méditant sur le cercueil de Frédéric II de Prusse dans la crypte de la GarnisonKirche à Potsdam. PONCE-CAMUS Marie Nicolas (1778-1839) vers 1808. (Musée national du château de Versailles)

Pendant l’occupation française, ce bâtiment et un autre petit lieu de culte en forme de rotonde appelée “église des Français” rappelant l’origine des paroissiens, furent utilisés comme magasin à fourrage pour la cavalerie.


« L’église des Français », construite en 1752.

Entièrement sinistrée par le bombardement du 14 avril 1945, l’église était réduite à l’état de quelques pans de murs calcinés, mais il était possible d’envisager une restauration. Malheureusement, en 1968, la dictature de Walter Ulbricht décida pour des motifs idéologiques de raser les ruines, sous prétexte qu’elles risquaient de rappeler la “journée de Potsdam” du 21 mars 1933 au cours de laquelle le prestigieux maréchal von Hindenburg, incarnant la vénérable Prusse des Lumières, fut contraint de procéder à la remise du pouvoir exécutif au chancelier élu le 30 janvier précédent.

Heureusement, la mémoire de cet événement s’estompe, mais il est temps de reconstruire ce bijou d’architecture baroque que connurent les philosophes de l’Aufklärung, Laspeyres, Dom Pernety et Voltaire. Loin de cultiver un militarisme qui n’a plus de sens en Europe, l’église représentera une prière pour la paix et la mémoire des provinces perdues de Prusse, de Silésie et de Poméranie.
Afin de manifester votre intérêt en faveur de ce souvenir de la légende napoléonienne, contacter Burkhart FRANCK, secrétaire de l’Association de l’église de la garnison, AmKrähenberg 19c, OT Caputh, 14548 Schwielowsee. Tél : 033209-72477.

Courriel : Franck.Caputh@t-online.de

Philippe Lamarque
in « Tradition magazine » Numéro 249 Mai-Juin 2010


« Encarts » et iconographie « Les Manants du Roi »

Potsdam : la renaissance

La renaissance

Potsdam est à présent la capitale du Brandebourg. En 1993, elle a célébré son millénaire ainsi que le retour des dépouilles de Frédéric Le Grand et de son père, après un exil posthume d’une cinquantaine d’années dans le château de Hohenzollern. La redécouverte de son illustre patrimoine lui vaut la visite annuelle de 4 millions de visiteurs.

L’Alter Markt et ses trois coupoles : le Fortunaportal, la Nicholaikirche et l’Altes Rathaus : http://www.berlin-en-ligne.com/potsdam_histoire.php
Vues de Potsdam ? http://www.heimatsammlung.de/topo_unter/14_02/potsdam-stadt.htm

Et chez nous ?

 

Et laisser dépérir la nécropole des rois de France à Saint Denis !

Lire : Sauvons la nécropole des Rois de France !
http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article53129.php

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