Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

De hautes exigences…

Vendredi 10 juin 2011, par Dominique Daguet // Le Monde

Nombreux sont, et seront, les « si ». Est-ce bien lui ? Est-il mort ?

Toutes les suppositions peuvent bien aller bon train… Et les questions au « fond » rester sans réponse.

La « fin » justifie-t-elle les moyens ? Le crime justifie-t-il le crime ?

Les raisons d’Etat sont le lot commun des Etats. Il n’est pas question de minimiser, de justifier les crimes d’un « Ben Laden ».

Vengeance est-elle assouvie ? Pour ce qui est de la « Justice », ne vaut-il pas mieux taire son nom ?

Avec notre ami Dominique Daguet, « De Ben Laden au Médiator »…

Nos temps sont difficiles !

Difficile aussi toute prospective quant à un « après »… Que c’est-il passé si ce n’est un acte de « vengeance », de règlement de compte ? La « créature » Ben Laden n’a-t-elle pas été « portée », en son temps, par les intérêts des U.S.A. ? « Ben Laden » ou un « autre », aurait-il été arrêté, quelle suite ?

L’esprit de vengeance s’installe. Les simulacres de justice aussi…

L’homme aux armes de destruction massive…

Un corps a été jeté à la mer. Il ne s’agissait pas de funérailles à la mer, dans la tradition des grandes marines.

Qui peut jurer que le pire n’est pas devant nous ?

Les scènes de liesse aux Etats-Unis ont consacré une certaine loi du talion.

Ce n’est pas notre loi. Dominique Daguet nous le rappelle.

Difficile exercice. De hautes exigences !, le 11 mai 2011

De Ben Laden au Médiator…

Les événements se succèdent à un rythme tel qu’il devient difficile de s’exprimer à leur égard d’une façon sensé : les impressions se superposent et les avis entendus s’interpénètrent à une vitesse si folle que l’on finit par croire inadapté ce que l’on en juge, ou anachronique. Je pense particulièrement à la mort de Ben Laden, à la crise du « fouteballe » en France et à l’affaire du Médiator qui occupent si intensément nos esprits.

Je n’ai qu’une courte réflexion à faire au sujet de Ben Laden et de la justice que le Président des Etats-Unis dit « avoir été faite » alors qu’il me semble qu’elle ne l’a pas été : pas même saisie, pas même consultée ! Or même les pires des criminels apparaissant au sein de l’humanité ont droit au respect, non pour ce qu’ils ont fait de mal, mais pour ce qu’ils « sont ». Bien entendu, pas question de diminuer si peu que ce soit l’horreur des abominations perpétrées par le sinistre apologiste de la guerre sainte que l’islam se croit autorisé de mener contre ceux qui refusent de croire en aveugle que le Coran fut dicté par Dieu au VIIe siècle : seulement se dire qu’il ne convient jamais d’user de méthodes qui font litière du droit. Je ne parle pas de celui du plus fort, je parle de celui que l’on enseigne dans nos universités à propos de la Justice.

Depuis l’Antigone de Sophocle nous savons que l’humanité se doit à elle-même – comme elle le doit à son Créateur – de promouvoir une Justice intransigeante quant au respect qu’il convient de témoigner à tout être humain.

Créon pense la justice en terme de vengeance, mais toute vengeance déshonore son auteur par le fait même qu’il démontre qu’à son point de vue la nature humaine n’est en rien transcendante à celle de l’univers qui l’abrite et que donc l’on peut se permettre de la mépriser quand cela peut être utile. En rien transcendante aux misérables combines des politiques quand ils ne croient plus en Dieu et donc plus en la Justice. Je laisserais de côté l’amour, je craindrais la surabondance des sourires de pitié.
Ben Laden n’est méprisable que pour ses actes et non en tant qu’il appartient à l’humanité. Il convenait naturellement qu’il soit avec acharnement poursuivi pour ses crimes, il ne convenait pas qu’il soit abattu comme un chien. On nous a révélé qu’il n’était pas armé, ce qui signifie qu’il ne pouvait pas se défendre et que donc on l’a « exécuté » au nom d’une sentence qui n’a pas été prononcée ni publiée par un tribunal. Les peuples ne se dotent pas d’institutions chargées de juger les criminels pour que, dans les cas les plus graves et donc les plus emblématiques, des responsables politiques s’autorisent de n’en plus tenir compte.

Les États-Unis se sont en cette occurrence abaissés alors qu’ils avaient l’occasion de se grandir.

Aucun discours ne pourra justifier qu’ils aient suivi l’antique instinct de la vengeance au lieu d’obéir aux lois de la Justice reconnue depuis des siècles. Très particulièrement il leur fallait être irréprochables parce que l’attentat du 11 septembre 2001 était particulièrement intolérable et monstrueux. Agissant comme ils l’ont fait ils se sont d’une certaine façon rabaissés au niveau de leur agresseur.

Ben Laden devait être saisi par la Justice états-unienne, mis à l’ombre et jugé au terme d’une instruction exemplaire. Condamné au terme d’un procès n’ayant souffert d’aucune irrégularité et selon le barème des peines légalement en cours aux Etats-Unis. Ainsi, l’univers aurait-il pu apprécier la différence entre la barbarie des terroristes islamiques et l’humanité d’un pays capable de prendre sur lui-même malgré l’épouvante causée par les actes reprochés.

Comme la peine de mort est appliquée outre-Atlantique, il est des plus probable que le jugement selon la loi l’aurait retenue : mais la distinction entre « le faire » et « l’être » aurait été exemplairement respectée.

De plus, le cadavre ne méritait aucunement par lui-même d’être jeté en pâture aux poissons : là encore il convenait, en toute humanité, de permettre à la famille de le récupérer. La précipitation mise à l’enfouir au plus profond des eaux ressemble à une sorte de condamnation double : en deçà comme au-delà de la date fatidique de la mort.

C’est ainsi que les Romains jugeait les crucifiés comme n’appartenant plus à l’espèce humaine et de ce fait ne pouvait plus prétendre accéder au séjour du repos des morts ; de même le Coran condamne les morts par égorgement à être interdits de paradis : impensable pour moi que cela puisse être imité. Là encore choix de la petitesse au lieu de la grandeur. Quelle irréflexion ! Quelle précipitation ! Quelle déception !

Non, « justice n’a pas été faite », elle ne fut que violentée par la colère, l’impatience, l’exaspération. Manque de maîtrise de soi.

Répondre à cet article