Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Partie 3

De Louis XIII le Juste à Louis XVI le Roi Martyr

Lundi 14 février 2005, par Paul Vaurs // L’Histoire

Louis XIII le Juste. (1601-1643)

Roi de France et de Navarre (1610-1643), personnage sévère et ombrageux, dont la personnalité tranchait avec celle de son père, le roi Henri IV. Louis XIII eut l’intelligence de s’adjoindre un collaborateur d’exception, le cardinal de Richelieu, avec lequel il poursuivit durant plus de vingt ans une politique visant à limiter les privilèges dont jouissaient les protestants depuis l’édit de Nantes, à affirmer l’autorité royale contre les Grands et à faim barrage à l’expansionnisme des Habsbourgs on Europe.

Né à Fontainebleau, fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, Louis XIII, orphelin de père à neuf ans, reçut sous la direction de Gilles de Souvré, son gouverneur, une éducation assez superficielle, dont le journal du médecin Héroard a rapporté les événements les plus marquants. Le jeune roi montra peu d’inclination pour l’orthographe et les lettres (ce qui ne l’empêchera pas, plus tard, de donner anonymement des articles à la Gazette de Théophraste Renaudot), pour l’histoire et les mathématiques, mais, était passionné par la musique et la chasse. Il fut placé sous la tutelle de sa mère, Marie de Médicis, qui avec l’aide de son favori, Concini, unanimement exécré pour ses abus et ses intrigues, exerça la régence jusqu’à sa majorité, en 1614, année où Louis XIII fut sacré à Reims. La reine, après avoir écarté les hommes de confiance d’Henri IV, dont Sully, lia la France à l’Espagne en 1616, en arrangeant le mariage de son fils avec Anne d’Autriche, fille du roi Philippe III.

Louis XIII, décrit par les mémorialistes de l’époque comme un être renfermé et taciturne, possédait en fait une psychologie plus complexe. Très pieux (il devait, en 1638, mettre la France sous la protection de la Vierge Marie et rédiger, avec son confesseur, le père Caussin, un livre de prières, imbu de la grandeur royale, mais souffrant d’une affection chronique (plus tard identifiée comme la maladie de Crohn) qui se traduisait par des crises de fièvre et de violents maux d’estomac, et sujet à des accès de mélancolie comme à des engouements passionnés, il se montra certes influençable pendant sa jeunesse, mais sut aussi tenir tête à sa mère et faire preuve de fermeté. En 1617, le jeune roi, conseillé par son confident, Charles d’Albert, duc de Luynes, congédia brusquement Concini, qu’il fit assassiner, et exila sa mère.

Mais ce coup de force ne fit que remplacer un favori par un autre ; Luynes, nommé connétable, accumulant titres et honneurs, se montra un médiocre ministre. À l’origine d’une politique de rapprochement avec les Habsbourgs, alors que ceux-ci travaillaient sans relâche à modifier l’équilibre européen en leur faveur, il poussa le roi à exiger la restitution des biens ecclésiastiques en Béarn, ce qui provoqua un nouveau soulèvement des huguenots, tout en excitant contre sa personne l’hostilité de la noblesse. Réunis derrière Marie de Médicis, les Grands livrèrent une courte lune armée contre le pouvoir central, mais durent capituler aux Ponts-de-Cé, en août 1620. Le duc de Luynes ayant trouvé la mort peu après le siège infructueux de Montauban en 1621, Louis XIII, décidé à participer davantage aux affaires de l’État, gouverna avec Brûlart de Sillery et son fils, le marquis de Puisieux, ainsi qu’avec La Vieuville, refusant dès lors de se lier à un seul ministre. En 1624, dans l’espoir de reconquérir son influence politique, Marie de Médicis convainquit Louis XIII de faire entrer au Conseil le cardinal de Richelieu, qui jouissait d’une grande réputation malgré ses liens passés avec Concini. Louis XIII, éprouvant d’abord peu de sympathie pour le personnage, se laissa peu à peu convaincre par sa force de caractère et par sa volonté inlassablement réaffirmée de s’opposer à la maison d’Autriche il ne tarda pas à on faire son principal ministre.

Avec Richelieu, Louis XIII forma une association très étroite, à tel point que l’on a parfois décrit, y compris à l’époque, le souverain comme un fantoche. En fait, entre ces deux hommes, que lia vers la fin de leur vie, une réelle affection, il y eut toujours un partage des responsabilités, et jamais le roi, extrêmement jaloux de ses prérogatives, ne se désintéressa de la gestion quotidienne du royaume, même s’il se consacrait plus particulièrement aux affaires militaires. Les deux hommes partageaient une même conception de la grandeur de la France et des priorités qui s’imposaient dans le domaine politique à l’intérieur, pacifier le pays, depuis trop longtemps en butte à l’agitation de la noblesse et continuellement menacé par la puissance des Protestants, devenus un Etat dans I’Etat à l’extérieur, reprendre la lutte contre la maison d’Autriche. Cette politique se concrétisa par la reprise de l’affrontement avec les protestants, qui s’acheva en 1628, après le siège de La Rochelle. auquel le roi avait personnellement participé. La reddition de la ville huguenote fut suivie de la promulgation de l’édit de grâce d’Alès (28 juin 1629), interdisant les assemblées politiques et supprimant les places de sûreté protestantes. Pourtant, peu après ce qui était incontestablement un succès dû à la ténacité de son ministre, Louis XIII dut faire face à l’offensive d’une partie de la famille royale contre Richelieu. La journée des Dupes (11 novembre 1630), pendant laquelle la cour crut le cardinal congédié, à la suite d’une violente altercation entre le roi et la Reine mère, se termina par un triomphe éclatant du ministre. Son principal ennemi, le garde des Sceaux Michel de Marillac fut écarté, tandis que la reine était à nouveau contrainte à l’exil.

Peu après. Gaston d’Orléans, le frère du roi, d’autant plus indiscipliné que le couple royal n’avait toujours pas de descendance, tenta de soulever l’Orléanais puis se réfugia on Lorraine auprès du duc Charles IV, fidèle soutien des Habsbourgs. La réconciliation entre Louis XIII et son frère, déjà compromise dans la conspiration de Chalais (1626). ne devait avoir lieu qu’en 1634. Enfin, l’exécution du duc de Montmorency (1832), qui avait tenté de soulever le Languedoc, manifesta encore une fois la détermination de Louis XIII et de Richelieu à affirmer l’autorité royale contre toutes les velléités d’opposition. L’édit interdisant les duels, dont la transgression par Montmorency-Bouteville, on 1627, avait provoqué son exécution, procédait de la même logique.

Si le projet de « rabaisser l’orgueil des Grands », consigné par Richelieu dans ses Mémoires, fut à peu près atteint à partir de cette époque, ce furent les affaires étrangères, avec l’internationalisation de la guerre de Trente Ans, qui accaparèrent désormais les affaires du gouvernement. Entre 1630 et 1635, la France, alliée à Gustave II Adolphe par le traité de Bärwalde (1631), lutta de manière indirecte contre les Habsbourgs, en soutenant la Suède protestante et en faisant quelques incursions armées dans les terres d’Empire, en Alsace, en Lorraine et en Italie du Nord ; mais, lorsque la Suède subit d’importants revers, l’affrontement direct contre l’Espagne apparut inévitable et Louis XIII prit personnellement la tête des opérations militaires. La guerre, dont l’issue demeura incertaine jusqu’à la victoire de Condé à Rocroi (1643), imposa de lourds sacrifices au royaume, elle se traduisit par une augmentation du montant de la taille et, en matière administrative, par un renforcement du rôle des intendants. La naissance d’un héritier, le futur Louis XIV (1638), et la conspiration du favori du roi, Cinq-Mars, et de son ami François Auguste de Thou, qui avaient comploté avec Gaston d’Orléans, furent les derniers événements majeurs du règne. À la mort de Richelieu, le 4 décembre 1642, le roi fit entrer Mazarin au Conseil, sur les recommandations de Richelieu. La mort du roi, le 14 mai 1643, ouvrit une période instable, qui devait déboucher sur la Fronde.

Louis XIV le Grand (1638-1715.

Roi de France (1643-1715), l’un des plus illustres souverains de l’histoire nationale et celui qui connut le règne le plus long. Son obsession de la majesté royale mise au service de la grandeur du pays, son souci de garantir les frontières et de protéger la France des agressions extérieures. Sa volonté sans cesse réaffirmée de moderniser l’administration et les structures économiques se traduisirent par un état de guerre presque permanent et par un renforcement de l’absolutisme. Les crises financières et la persistance des inégalités témoignaient des difficultés qu’éprouvait une grande partie de la population. Mais, le règne du « Roi Soleil » par ailleurs marqué par un remarquable épanouissement de la culture française, constitue, au-delà des jugements dont il continue de faire l’objet, l’un des épisodes fondateurs de l’État moderne.

L’enfance et fa jeunesse du roi ou un héritier longtemps attendu.

Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye le S septembre 1638. Louis reçut pour deuxième prénom Dieudonné, tant sa naissance était inespérée, vingt-trois ans après le mariage de ses parents, jusqu’alors, resté infécond. Âgé de quatre ans et demi lors de la mort de son père (1643), il fut placé sous la régence de sa mère, confirmée dans ce rôle par le Parlement de Paris. La reine continua à gouverner avec Mazarin, qui avait eu toute la confiance de Louis XIII et qui, déjà parrain du jeune roi, fut chargé de superviser son éducation.

Le temps de la Fronde.

Son enfance se déroula dans le climat dramatique de la Fronde, marquée par des épisodes comme la fuite de la famille royale et de la cour, qui fut obligée de quitter Paris pour Saint-Germain-en-Laye, en janvier 1648. Mais, aussi par de constants déménagements, des affronts multiples, le spectacle de la trahison des Grands et des princes du sang, que Louis XIV ne devait jamais oublier, et qui modelèrent profondément sa personnalité. Le jeune roi reçut une éducation plus pratique qu’intellectuelle, un peu négligée du fait de la situation politique, dispensée sous l’autorité de son gouverneur, le maréchal de Villeroy, et de son précepteur Hardouin de Péréfïxe, futur archevêque de Paris, qui composa pour lui une Histoire d’Henri IV. Plus lointain, Mazarin n’en exerça pas moins une influence considérable sur son royal pupille, en lui transmettant son goût pour l’art et les collections et en l’initiant très tôt aux questions militaires, diplomatiques et politiques, le ministre fit d’ailleurs entrer le jeune roi au Conseil dés 1650.

Les dernières années de formation.

La majorité officielle du Roi (1651) changea la nature de la Fronde, certains actes commis pouvant s’apparenter à un crime de lèse-majesté. Dès l’année suivante, Louis XIV manifesta son sens de la décision en faisant arrêter le cardinal de Retz, archevêque de Paris, l’un des chefs de la Fronde des princes (décembre 1652). Cependant, même après son sacre (7 juin 1664), il laissa le gouvernement du pays à Mazarin, perfectionnant sa formation militaire sous la direction de Turenne (il participa notamment au siège de Dunkerque, en 1658), alors que la guerre avec l’Espagne s’éternisait jusqu’à la conclusion du traité des Pyrénées (1669). Outre le gain de l’Artois et du Roussillon, le traité prévoyait le mariage de Louis XIV avec sa cousine, l’infante Marie-Thérèse, union qui fut célébrée l’année suivante.

Homme mondain passionné de ballets et de musique, notamment d’opéras, le roi, tout en multipliant les liaisons féminines (les plus notables furent avec Louise de la Vallière et avec Mme de Montespan, qui lui donnèrent toutes deux une descendance légitimée, ainsi qu’avec Mme de Fontanges), eut six enfants de la reine, dont seul survécut Louis, le Grand Dauphin (1661-1711). Bien que sensible aux considérables succès remportés par Mazarin en politique étrangère, le roi, qui connaissait bien son royaume pour l’avoir parcouru à l’occasion de ses campagnes, était conscient des bouleversements provoqués par la Fronde et les années de guerre. Il désapprouvait silencieusement certains aspects de la gestion du cardinal, au point qu’il écrivit avec sévérité, dans ses Mémoires, que, à l’heure de la mort de son fidèle ministre, « Le désordre régnait partout ! ».

Les premières années de règne.

Le lendemain de la mort de Mazarin, dans la nuit du 8 au 9 mars 1661, Louis XIV provoqua un coup de théâtre on déclarant que, désormais, il gouvernerait seul, ne délégant que certaines attributions à ses ministres. La conception du pouvoir ainsi mise on oeuvre, mûrement réfléchie dans l’esprit de ce jeune roi de vingt-trois ans, était, certes absolutiste. Cependant, si elle impliquait un renforcement de l’autorité royale, elle ne pouvait se réduire pour autant à la volonté d’exercer un quelconque despotisme et prétendait s’appuyer sur une double série de justifications. La première tenait à la définition du pouvoir monarchique, qui considérait le roi comme l’héritier des prérogatives du suzerain féodal, l’investissait du droit divin en conséquence de l’onction reçue lors du sacre et lui conférait la mission d’arbitrer, au nom de l’intérêt général, entre les ordres et les privilèges. L’autre série de justifications, plus circonstancielle tenait aux souvenirs qu’avait pu laisser la Fronde, au poids des particularismes ( religieux autant que provinciaux), aux dangers qu’incarnait, pour l’autorité, les parlements et l’aristocratie, toujours enclins à la contestation.

L’appareil administratif de l’État.

L’oeuvre de Louis XIV fut une entreprise de modernisation sans précédent, opérée pourtant dans la continuité de la politique de centralisation menée depuis plusieurs siècles par ses prédécesseurs. Elle s’appuya sur une rationalisation des structures du pouvoir central et sur un profond renouvellement du personnel politique et administratif. Si le roi choisit de gouverner effectivement il ne le fit jamais seul au Conseil d’en haut (l’équivalent du Conseil des ministres) il s’entoura de ses ministres d’État, de l’avis desquels, il ne s’écarta que très rarement tandis que la gestion de certains domaines revenait à d’autres conseils (le Conseil des finances, dominé par Colbert ; le Conseil des parties ou Conseil d’État, présidé parle chancelier ; le Conseil des dépêches, qui centralisait les rapports des intendants et jouait le rôle de tribunal administratif ! ; le Conseil du commerce ; le Conseil de conscience, qui désignait les titulaires des plus hautes charges ecclésiastiques ; enfin, le Conseil de la religion prétendue réformée, qui s’occupa de la question protestante jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes). S’ils ne furent pas une création de Louis XIV, les vingt-trois intendants « de police, de justice et des finances » ainsi que les intendants d’armée devinrent les relais privilégiés de l’autorité royale chargés d’enquêter, de contrôler, de rendre compte et, en définitive, de donner une image fidèle et régulière des réalités du royaume, qu’elles fussent humaines ou d’ordre économique.

Le pouvoir des Parlements fut limité, à la suite de l’interdiction qui leur fut faite en 1673 de présenter des remontrances avant l’enregistrement des édits et des ordonnances. Enfin, outre les intendants dont l’existence réduisait en province le pouvoir des gouverneurs issus de la grande noblesse, le roi s’entourait dans ses conseils non plus de cardinaux et de princes du sang, mais de représentants de la bourgeoisie. Comblés d’honneurs mais maintenus en état de subordination constante, ces derniers étaient instruits par l’exemple de Fouquet, surintendant des Finances, arrêté en septembre 1661, des limites à ne pas dépasser en termes d’indépendance et d’enrichissement personnel. L’appareil administratif fut structuré autour de quelques grandes figures, dont Colbert, secrétaire d’État à la Marine et à la Maison du roi, chargé des finances, Michel Le Teiller et son fils, Louvois à la Guerre, Hugues de Lionne, Pomponne, Colbert de Croissy et enfin Colbert de Torcy à la politique extérieure. Tous hommes de valeur, dévoués au roi, chefs de véritables clans familiaux qui plaçaient leurs membres dans tous les rouages du pouvoir.

L’oeuvre législative et économique.

Cette période fut marquée par une ardeur réformatrice de grande ampleur, seulement troublée par l’épisode de la guerre de Dévolution contre l’Espagne (1667-1868). Sous l’impulsion de Colbert et du roi, édits, ordonnances et lettres patentes, se multiplièrent, qu’il s’agisse, du code Louis (Code civil, 1667), complété on 1670 par le Code criminel, du Code forestier et de l’édit sur les classes de la Marine (1689), de l’ordonnance de commerce (1673). Colbert, conscient de la faiblesse que représentait pour le trésor royal le décalage chronique entre les recettes et les dépenses, tenta de réformer la fiscalité en baissant les impôts directs (la taille) et en augmentant les Impôts indirects (les aides, les traites, la gabelle), réputés d’un meilleur rapport. Il s’efforça également, avec un succès limité, de réduire la part du budget fournie par la vente d’offices et par le lancement de rentes d’État, lourde charge à long terme, préférant parier sur l’augmentation de l’activité et sur les revenus que celle-ci ne manquerait pas d’engendrer. Maître d’oeuvre d’une politique mercantiliste, il s’employa à stimuler la rentrée de devises étrangères ! ; il encouragea l’accroissement de la qualité et de la quantité de l’offre nationale, tant dans le domaine de l’agriculture que dans celui de l’industrie naissante, par l’octroi de privilèges et de monopoles, et parla création de manufactures et de grandes compagnies de commerce, il veilla personnellement à la modernisation de la Marine.

Le château de Versailles.

Louis XIV, soucieux de rendre tangible la puissance et le prestige de la royauté, fit de Versailles, « à l’origine simple rendez-vous de chasse de son père, à quelques kilomètres à l’ouest de Paris », le centre du pouvoir administratif et la vitrine de sa grandeur. Le château, progressivement agrandi à partir de 1661 sous la direction de Louis Le Vau, auquel succéderont François d’Orbay, puis Jules Hardouin-Mansart, fut peu à peu entouré d’un immense parc dessiné par Le Nôtre, aux portes d’une ville créée de toutes pièces, dont la majesté architecturale lui conférait des allures de capitale. Ce gigantesque chantier s’étala sur plus de quarante ans. Versailles, où tous les éléments décoratifs furent pensés comme des symboles de puissance, fit travailler tous les grands artistes du temps (Charles Le Brun, mais aussi Jouvenot, Hyacinthe Rigaud, Pierre Mignard et, pour la sculpture, Antoine Coysevox et les frères Coustou), dont certains avaient commencé, sur le chantier de Vaux-le-Vicomte, à définir ce qui fut caractérisé par la suite comme le style Louis XIV.

De manière épisodique, puis définitive à partir de 1682, la cour s’y installa. Elle adopta une étiquette particulièrement rigoureuse, participant également d’un rôle politique, qui consistait à souligner le rayonnement du monarque et à concentrer l’aristocratie dans un lieu unique. Le souci du paraître, celui d’approcher le roi et de s’en faire remarquer devenaient désormais la préoccupation principale de cet ordre naturellement porté à la turbulence. Jusqu’au début des années 1680, cette cour, d’un luxe inégalé dans tout l’Occident, fut au centre d’un tourbillon continuel de carrousels, de représentations théâtrales (comme la première de Tartuffe, en 1664), d’opéras, de fêtes (les Plaisirs de l’île enchantée, 1664). De réceptions de souverains et d’ambassadeurs étrangers, qui mobilisaient en permanence artificiers, peintres, décorateurs, mais aussi architectes de bâtiments éphémères, poètes préposés à l’écriture des arguments de spectacles et graveurs chargés d’immortaliser ces spectacles.

Le rayonnement culturel.

L’intérêt porté à l’image et au prestige se traduisit aussi par un véritable mécénat culturel, dont l’ambition était bien de supplanter l’Italie comme centre de la civilisation en Europe. L’achat de la manufacture des Gobelins (1662), la création de l’académie des inscriptions et belles-lettres (1663), des Académies de peinture et de sculpture (1664). de l’Académie des sciences (1666), de l’Académie d’architecture (1671), l’édification de l’Observatoire (1687-1672), de la porte Saint-Martin (1672), la construction de la place des Victoires et de la place Vendôme, s’inscrivirent dans cette logique. En partie mené à bien par Colbert, détenteur de la charge stratégique de surintendant des Bâtiments, ce vaste projet visait à faire de la science et de la culture françaises une manière d’arbitre universel, et de Paris, où l’on proposa même au Bernin d’édifier la colonnade du Louvre (1605), une capitale intellectuelle et artistique, célébrant dans son architecture même les triomphes et la grandeur du roi. Ce mécénat s’adressa également aux artistes, dont beaucoup reçurent des pensions ou furent invités à Versailles ou chez les Grands. Certains, comme Racine, Molière et Lully (nommé directeur de l’Académie royale de musique en (1672) entretenaient même des liens privilégiés avec le Roi. La codification de l’idéal classique, à laquelle se livrèrent Bouleau, en littérature, et Le Brun, pour la peinture, peut certes donner l’impression que le classicisme était devenu une sorte de doctrine esthétique officielle, mais ce serait faire oublier que la vie intellectuelle, loin d’être figée, connaissait des affrontements et des controverses, voire des rivalités, comme celle qui opposa Racine et Corneille.

L’apogée du Roi Soleil, les objectifs de la politique extérieure.

Dès le début de son règne, Louis XIV avait arrêté, suivant les conseils de Mazarin, les grandes lignes de ce que devait être la politique extérieure du deuxième pays le plus peuplé d’Europe (après la Moscovie). A l’opposé d’une stratégie agressive, dominée par une soif de conquêtes, cette politique devait viser au renforcement des défense, aux frontières septentrionales et orientales, selon la stratégie du pré carré, qui fut théorisée par Vauban quelques années plus tard. En vue de limiter tout nouvel essor de la puissance des Habsbourgs, qui menaçaient la France sur deux fronts (en dominant l’Espagne et le Saint Empire,) elle devait permettre de s’assurer de la neutralité des princes de Suède et de Savoie, tout en concluant des alliances de revers (avec la Pologne, la Hongrie, voire avec la Turquie)

La modernisation de l’armée.

La satisfaction de ces objectifs devait nécessairement s’appuyer sur une réorganisation de l’armée, confiée à Michel Le Tellier, plus tard assisté et remplacé par son fils Louvois. Tentant de réformer les pratiques de recrutement forcé, qui donnait de mauvais soldats, prompts au pillage et à la désertion, et de réfréner les trafics d’hommes entre officiers, propriétaires de leurs régiments, ils affirmèrent le pouvoir du secrétariat à la Guerre sur les commandants en chefs des armées, unifièrent les soldes et réorganisèrent les approvisionnements pour éviter les opérations douteuses. La création de l’hôtel des Invalides pour les soldats infirmes, l’institution d’un tableau d’avancement pour les officiers (1675) achevèrent cette entreprise de rationalisation, qui fit de l’armée française, forte de 72 000 hommes en temps de paix, susceptible d’en mobiliser 300 000 en temps de guerre, l’une des plus nombreuses et des mieux organisées d’Europe. Les efforts se concentrèrent également sur l’artillerie, dont l’équipement fut considérablement renforcé, et sur les fortifications, notamment sous l’impulsion de Vauban, qui ceintura littéralement le pays de places défensives. Enfin, sous la direction de Colbert, puis de son fils. Seignelay, la France fut dotée d’une véritable marine de guerre. Des arsenaux furent créés, pour accélérer la construction des navires, le système de l’inscription maritime fut institué pour l’enrôlement des marins, les compagnies de gardes maritimes préfigurèrent l’école navale, de sorte que, bientôt, les vaisseaux français purent tenir une place comparable à ceux de la Marine anglaise sur toutes les mers du monde.

En 1667, revendiquant le droit d’héritage de son épouse Marie-Thérèse, Louis XIV envahit les Pays-Bas espagnols, déclenchant ainsi la guerre de Dévolution. Les rapides victoires françaises, notamment la prise de Lille ( août 1667 ), déterminèrent la formation, entre l’Angleterre, la Hollande et la Suède, de la Triple Alliance, destinée à contrer la France. Mais prenant de vitesse une éventuelle reprise des hostilités, Louis XIV conquit la Franche-Comté, dont il se servit adroitement, lors de la conclusion du traité d’Aix-la ­Chapelle (1668), pour se faire reconnaître la possession de Lille, de la Flandre française et d’un certain nombre de forteresses qui marquèrent le début de la réalisation de la stratégie du pré carré.

La guerre de Hollande.

Ayant isolé les Hollandais en négociant la neutralité de l’Angleterre et de la Suède, Louis XIV lança en 1872 ses armées contre les Provinces-Unies calvinistes, dont les positions commerciales, appuyées par une réelle puissance maritime, menaçaient directement la France. Cependant après de brillants débuts, la France se retrouva dans une position délicate. Confrontée à un. résistance acharnée des Hollandais, à la révolution orangiste, et bientôt au ralliement de l’Empire, de l’Espagne et de l’Angleterre à la coalition hostile à la France, l’armée de Louis XIV ne dut sa victoire qu’à une suite presque ininterrompue de succès, sur terre, grâce Condé et Turenne, mais aussi sur mer, où Vivonne et Abraham Duquesne s’illustrèrent contre les Espagnols et les Hollandais commandés par Ruyter. La guerre de Hollande se solda par les traités de Nimègue (1678-1679), qui entérinaient le gain de la Franche-Comté, permettaient de combler les dernières brèches sur la frontière septentrionale et maintenaient le statu que sur la Lorraine, désormais occupée. Cette victoire de Louis XIV marqua sans doute l’apogée de son règne, tant sa puissance paraissait reconnue non seulement en Europe, mais aussi en Asie (d’où le roi de Siam lui envoyait des ambassadeurs), en Amérique (où Cavalier de La Salle baptisait la Louisiane en l’honneur du roi), au Sénégal, où les comptoirs français étaient peu à peu organisés par le biais des grandes compagnies, aux Antilles où l’on commençait à créer les grandes plantations sucrières.

Les affaires religieuses.

Les questions religieuses tinrent une place importante durant le règne de Louis XIV et constituèrent sans doute l’aspect le plus négatif de sa politique. En effet, le combat mené par le Roi contre le jansénisme et le protestantisme, au nom de l’unité de la foi, fut sans doute un facteur d’affaiblissement de la cohésion nationale. La lutte contre le jansénisme, entamée dès 1661 connut une intensification en 1679, avec l’expulsion des pensionnaires et des novices de l’abbaye de Port-Royal, dont les religieuses furent chassées on 1709, peu avant la destruction totale des bâtiments. La lutte contre les protestants commença, pour sa part, en 1685, avec la révocation de l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau. Soucieux de ne pas voir ses sujets Protestants s’ailler aux Provinces-Unies ou à l’Angleterre, poussé par l’Église de France, assuré de renforcer l’unité nationale, le roi annula la charte de leurs libertés, en se fondant sur de. rapports inexacts qui lui assuraient que la « religion prétendue réformée » était devenue une pratique marginale sous l’effet de conversions massives. La révocation de l’édit de Nantes poussa vers l’exil au moins 300 000 personnes, appartenant en majorité à l’élite économique et Intellectuelle du pays, qui allèrent s’installer en Allemagne, en Suisse ou dans les Provinces-Unies, qui bénéficièrent de leur dynamisme et de leur esprit d’entreprise. Cette mesure, que Louis XIV semble, avoir regreffée par la suite, rejeta les protestants dans la clandestinité. Son application fut le prétexte de nombreuses exactions ( les dragonnades) et la cause directe d’une longue guerre de guérilla dans les Cévennes, où s’enlisèrent les troupes royales, après la révolte des Camisards (1702-1709).

La guerre de la ligue d’Augsbourg.

Pour les ennemis de la France, les traités de Nimègue n’avaient constitué qu’un apaisement provisoire. La politique agressive de Louis XIV (notamment la politique des réunions consistant à annexer des places fortes liées par d’anciens droits féodaux aux territoires conquis) et la révocation de l’édit de Nantes compromirent bientôt cet apaisement aux yeux des puissantes Protestantes, mais aussi de l’Empire et l’Angleterre. La guerre de la Ligue d’Augsbourg, qui dura près do dix ans (1688-1697), fut marquée par le ravage du Palatinat, par les victoires de Staffarde, de la Marsaille, de Fleurus et surtout de Neerwinden. Ces victoires permirent certes de contenir la coalition tant en Piémont qu’en Flandre et en Brabant, et d’aboutir à la conclusion des traités de Ryswick (1697), qui donnaient à la France la partie occidentale de Saint-Domingue et lui assuraient la possession définitive de la basse Alsace (dont Strasbourg), mais elles coïncidèrent avec plusieurs saisons catastrophiques qui provoquèrent disettes et famines. La recherche de la gloire militaire avait épuisé le royaume.

La dernière entreprise militaire de Louis XIV, la guerre de Succession d’Espagne (1701­1713), fut déclenchée par l’acceptation par la France du testament de Charles Il, faisant du duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, l’héritier du Trône. La France se résigna à un conflit dans une période de grandes difficultés économiques, parce que les ennemis traditionnels du pays, paraissaient de toute façon, décidés à la guerre.

Celle-ci fut longue, ruineuse et surtout incertaine, les victoires ( Friedlingen, 1702, Eckeren, 1703), succédant à de lourdes défaites (Hôchstlidt, 1704, Ramillies, 1706, Audenarde, 1706). Elle ne prit un tour définitif qu’après la demi victoire de Malplaquet (1709) et le triomphe de Denain (1712), qui contribua à hâter la paix d’Utrecht (1713) et la conclusion du traité de Rastatt (1714). Le bilan de la guerre fut contrasté, mais se solda toutefois par l’accession d’un Bourbon au trône d’Espagne, et par le gain de Landau et Strasbourg, même s’il fallut céder Terre-neuve, Saint Christophe et l’Acadie à la Grande-Bretagne, éternelle et principale rivale au Canada.

Les dernières années du règne furent assombries par les famines, les défaites militaires et les deuils successifs qui accablèrent la famille royale. Depuis le décès de la reine Marie-Thérèse en 1683, Louis XIV s’était secrètement remarié à l’ancienne gouvernante de ses enfants, Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, qui introduisit à la cour une atmosphère dévote et austère, et contribua à ramener le Roi vers une pratique religieuse beaucoup plus sincère. Le décès du Grand Dauphin, en 1711, suivi l’année suivante par celui de son fils, le duc de Bourgogne. Épuisé, miné par la gangrène, le roi s’éteignit à Versailles le 1er septembre 1715. Il eut pour successeur son arrière-petit-fils, Louis XV, alors âgé de cinq ans.

Les fils de Louis XIV, le Grand Dauphin, deux de ses petits fils, le duc de Bourgogne et le duc de Berry, moururent avant lui on 1711, 1712 et 1713.Ce fut donc son arrière petit fils, le duc d’Anjou qui lui succéda sous le nom de Louis XV. Louis XV était le troisième fils de Louis, duc de Bourgogne et de Marie Adélaïde de Savoie.

Louis XV (le Bien Aimé)

Celui qui sera plus tard surnommé Louis le Bien-Aimé par ses sujets apparaît un peu, à la mort de Louis XIV, son arrière-grand-père, comme l’enfant miraculeux qui va sauver la dynastie. Le Grand Dauphin, fils du Roi-Soleil, est mort en 1711 en 1712, c’est le tour de son petit-fils, le duc de Bourgogne, de la femme de celui-ci, Marie-Adélaïde, et de leur fils aîné, le duc de Bretagne, âgé de cinq ans, tous trois enlevés par la rougeole pourprée et par les pratiques des médecins de la cour la purge et la saignée. Le jeune Louis est sauvé de leurs mains par son rang infime dans la succession sa gouvernante, Mme de Ventadour, se borna à le tenir au chaud jusqu’à sa guérison.

Héritier du trône à cinq ans, le jeune Louis commence dès lors à subir les contraintes de la vie publique et d’une étiquette minutieuse voulues par son aïeul mais ce qui convenait à un homme fait pétri d’orgueil et de volonté ne réussit pas à l’enfant émotif et secret. Dans une lettre destinée à Mme de Maintenon, sa gouvernante raconte que « Louis aime jouer à ne plus faire le roi ». À sept ans, il est séparé de sa gouvernante et confié à son gouverneur, le maréchal de Villeroi, un vieux courtisan vaniteux qui adore faire admirer la grâce et les talents de son élève. Celui-ci, au cours d’interminables cérémonies publiques, doit apprendre à dissimuler ses besoins comme ses sentiments, à cacher sa timidité naturelle. Il acquiert alors cet air de froideur et de majesté qu’il montrera toute sa vie en public et le goût des petits appartements, des cercles intimes, d’une vie presque bourgeoise.

De Fleury, son précepteur, il reçoit une excellente instruction, un penchant pour les sciences et les techniques (fortement encouragées sous son règne), et il concevra pour cet homme ambitieux, secret lui aussi mais d’abord aimable, une admiration qui va marquer fortement sa vie. A onze ans, Louis voit arriver sa fiancée, une infante de trois ans qui ne lui inspire que de l’ennui. Déjà des pamphlets circulent contre le roi. En 1722, l’avocat Barbier note dans son journal « Il a un bon et beau visage, bon air, et n’a point la physionomie de ce qu’on dit de lui, morne, indifférente et bête. » L’année suivante voit la proclamation de la majorité royale (et, quelques mois après, la mort du régent Philippe d’Orléans). Louis-Henri de Bourbon-Condé, dit Monsieur le Duc, prend la tête du gouvernement et, très vite, s’inquiète de la santé du Roi ; non par attachement à la dynastie, mais pour empêcher l’accession au pouvoir des Orléans qu’il considère comme ses ennemis. Or le roi est de constitution fragile, et manifeste des troubles qui font craindre pour sa vie. Monsieur le Duc décide de marier le Roi au plus vite, renvoie la trop jeune infante en Espagne et, entre tous les partis d’Europe, choisit une princesse pauvre et vertueuse, mais non sans charme, qui a vingt et un ans, l’âge de procréer. Le 5 septembre 1725 fut célébrée l’union de Louis XV et de Marie Leszczynska, fille du roi détrôné de Pologne.

En 1726, le Roi, qui vient d’atteindre seize ans et à qui le mariage a donné une autorité que chacun remarque à la cour, disgracie Monsieur le Duc devenu très impopulaire et appelle à la direction du ministère son cher Fleury, qui demeurera à ce poste jusqu’à sa mort en 1743. Ce

sera, la période la plus calme et la plus prospère du règne, en dépit de l’agitation parlementaire et janséniste. Il est difficile de déterminer quelle part Louis XV prend aux décisions, mais on sait qu’il soutient constamment son ministre contre les cabales de cour et les intrigues ministérielles. Malheureusement, lorsque la querelle européenne autour de la succession d’Autriche éclate, le vieux Fleury n’a plus assez d’énergie pour s’opposer à la guerre et le roi cède aux pressions du parti anti-autrichien. A la mort de son ancien précepteur, Louis a trente-trois ans il a connu quelques années de bonheur auprès dune épouse qui lui voue presque autant de dévotion qu’à Dieu. Presque chaque année un enfant est né, des filles surtout, niais aussi un dauphin qui donnera le jour à Louis XVI. Mais Marie s’est lassée d’éternelles grossesses, et son époux d’une adoration sans conditions. Pour la première fois en 1734, Marie se plaint à son père des infidélités de Louis. Le roi a découvert l’amour avec Mme de Mailly, puis avec Mme de Châteauroux, la soeur de cette dernière, tandis que la reine se réfugiait dans la religion et les oeuvres charitables.

Ces amours n’ont pas fait oublier au souverain les devoirs de sa charge qu’il remplit scrupuleusement, mais il manque du feu sacré de son aïeul et il a pris l’habitude de se reposer sur Fleury des tâches d’exécution, de s’appuyer sur ses conseils pour les décisions. Pendant les dix-sept ans de ce long ministère, il a formé son jugement, mais n’a pu forger sa volonté. C’est un an après la mort du ministre que se déroule le drame de Metz (1744) qui va laisser des cicatrices profondes dans l’âme du roi et dans la vie politique de la France. Parti aux armées, Louis XV tombe gravement malade à Metz. On le croit alors perdu. Mme de Châteauroux qui avait suivi le Roi doit partir sous les huées tandis que Marie est accourue de Paris. Poussé par le parti dévôt, Mgr de Fitz-James, premier aumônier du roi, exige pour lui donner l’absolution une confession publique de ses fautes dans laquelle il déclare être indigne du nom de Roi Très Chrétien répandue à travers le royaume par les soins du clergé, cette confession stupéfie le peuple.

Le scandale éclabousse la monarchie, réchappé de la mort, le monarque est rejeté vers ses penchants les plus détestables. Rencontrée en 1746, Mme de Pompadour est une maîtresse plus qu’honorable belle, cultivée, intelligente et sincèrement attachée au Roi, elle a pourtant un défaut qui la rend impopulaire aux yeux de la cour et du peuple celui d’être une bourgeoise qui, de plus, se mêle de politique. Mais peu sensuelle et de santé fragile, la maîtresse n’est plus qu’une amie dès 1750 et Louis s’enlise dans les amours éphémères et peu reluisantes qu’il cache dans sa petite maison du Parc aux­ Cerfs, amours que la légende a démesurément grossies et dont l’objet le plus célèbre fut Louise O’Murphy.

Depuis 1743, le roi n’a plus de Premier ministre ; il a lu et relu les instructions de son aïeul « Ecoutez, consultez votre Conseil, mais décidez. » Mais, sans doute plus intelligent et plus cultivé que lui, Louis XV manque de confiance en soi, sa correspondance politique montre sa connaissance des affaires, la justesse de ses vues mais il hésite à trancher, pensant que son interlocuteur peut avoir raison contre lui, et ce n’est que poussé à bout, souvent lorsqu’il est trop tard, qu’il se décide à l’action avec une brutalité qui étonne. Sa disgrâce tombe comme la foudre sur le ministre estimé coupable ainsi en est-il pour Maurepas, pour d’Argenson, pour Choiseul. Seul Machault qui conserve toute son estime sera remercié avec les honneurs. Cet homme si sensible à l’opinion n’ose entreprendre les réformes indispensables par crainte de perdre sa popularité. En décembre 1756, le Roi a obligé le parlement à enregistrer des édits le privant de ses moyens d’action, il est décidé à mettre fin à la rébellion des magistrats, Le coup de couteau de Damiens, le 5janvier suivant, le persuade qu’il fait fausse route puisque son peuple le désavoue. La réforme de Machault ne sera réalisée qu’avec Maupeou en 1771.

La France ne peut financer une politique de colonisation, et se lancer, dans des guerres en Europe. Louis XV, doit faire fasse à la fameuse « guerre de sept ans » dans laquelle nous engageant l’alliance autrichienne (1756-1763) qui se déroula tant sur terre que sur mer (consacra la suprématie britannique) et aboutie à la perte de nos colonies. A ce moment le trône semble tomber dans la boue, et les favorites régner. Louis XV frappe les Jésuites et les Parlements, Choiseul fait place au triumvirat : Maupeou, Terray et d’Aiguillon. C’est ans ces temps troublés que l’on prête à Louis XV ses mots « ça durera bien autant que moi ».

Le garde des sceaux (c’était d’Armenonville) prenant aussitôt la parole, rappela les principales opérations de la régence. Après l’avoir loué d’avoir « réparé le désordre de finances », prévenu les guerres, il la loua d’avoir perfectionné le grand ouvrage de Louis XIV. Reconnaissant que toute la gloire de la France actuelle était due au cardinal Dubois. Les pairs de France en furent réduits à entendre l’apothéose d’un homme dont « aucun de nous n’aurait voulut comme valet ».  

De ses déboires politiques, Louis ne se console pas seulement avec ses maîtresses, il aime tendrement ses enfants qui le lui rendent bien, l’une de ses filles, Louise, prendra le voile en expiation des péchés de son père. La mort du Dauphin, en 1765, le plonge dans une douleur d’autant plus grande qu’il ne reste pour lui succéder, qu’un enfant de onze ans. Peu auparavant, il écrivait à Choiseul « Au moins avec mon fils, je suis sûr d’un successeur fait et ferme. Louis XV était lucide sur l’état dans lequel il laisserait la France, de ses mots « tout cela durera bien autant que moi ».

Sa « révolution royale  », il ne la réalise que trois ans avant sa mort. Depuis 1768, il a auprès de lui une nouvelle favorite, Jeanne du Barry née Bécu, encore plus détestée que la Pompadour. Il sait qu’il n’est plus le Bien-Aimé. La petite vérole l’emporte à l’âge de soixante-quatre ans au milieu de l’indifférence générale. Louis XV demeure l’une des figures les plus attachantes de sa lignée fin, généreux, sensible, il partagera largement les goûts de son temps, il lui manqua sans doute l’essentiel pour un souverain l’esprit de décision, une volonté ferme et constante. Pendant les cinquante-quatre ans que dura son règne, Louis XIV avait habitué la France à obéir, et incarné l’Etat. Sa grande ombre devait éclipser son successeur en proie à trop de faiblesses humaines. Le Siècle de Louis XIV n’a-t-il pas été conçu par Voltaire, pour démontrer celle écrasante supériorité.?

La France va alors négliger ses colonies de l’Inde et du Canada pour se lancer dans les conflits européens. La guerre de sept ans dans laquelle nous engageant l’alliance autrichienne (1756-1763) qui se déroula tant sur terre que sur mer (consacra la suprématie britannique) et aboutie à la perte de nos colonies. A ce moment le trône semble tomber dans la boue, et les favorites régner. Louis XV frappe les Jésuites et les Parlements, Choiseul fait place au triumvirat « Maupeou, Terray et d’Aiguillon. » C’est ans ces temps troublés que l’on prête à Louis XV ses mots « ça durera bien autant que moi ».

Le garde des sceaux (c’était d’Armenonville) prenant aussitôt la parole, rappela les principales opérations de la régence. Après l’avoir loué d’avoir « réparé le désordre de finances », prévenu les guerres, il la loua d’avoir perfectionné le grand ouvrage de Louis XIV. Reconnaissant que toute la gloire de la France actuelle était due au cardinal Dubois. Les pairs de France en furent réduits à entendre l’apothéose d’un homme dont « aucun de nous n’aurait voulu comme valet ».

Lorsque Louis mourut en 1774, la prospérité de la France semblait s’être retrouvée et le rayonnement de notre culture éclairer le monde, mais outrée de la corruption qui se répandait jusqu’aux marches du trône. L’on dit que la révolution Française prit ses racines durant le règne de Louis XV. Durant la Régence, les Parlements avaient cherché à défendre leurs intérêts contre les réformes et passaient défendre les libertés publiques. Ils furent soutenus par le mouvement des philosophes et des encyclopédistes.

Louis XVI, est le petit-fils de Louis XV, devenu dauphin dès 1765, à la suite des décès successifs de son père et d’un frère aîné, il grandit dans une atmosphère familiale difficile, jalonnée de jalousies, qui renforcent les inhibitions dont il souffre. Il a du goût pour l’étude, mais peu pour les représentations sociales inhérentes au « métier de roi » auquel il est mal préparé. Son mariage en 1770 avec l’archiduchesse autrichienne, Marie-Antoinette, alors qu’il a seize ans et elle quinze, met en lumière ses incapacités. Il est aussi gauche et timide qu’elle est pétulante et charmeuse. Louis XV mourant, leur accession au trône, en 1774, suscite la liesse populaire, mais, les espoirs qui se portent sur eux sont sans réels fondements et retombent vite. La vie privée de Louis XVI est à l’image de ce revirement. Souffrant d’une légère malformation, il ne consomme son mariage qu’en 1777, délai qui en fait la risée des cours d’Europe d’abord, de ses sujets ensuite, car l’embarras du Roi devient vite l’objet de multiples écrits graveleux, voire carrément pornographiques. Louis n’aura été « le Désiré » que peu de temps, en 1774.

Père d’une fille en 1778, d’un garçon en 1781, qui meurt en juin 1789, ce qui ne sera pas sans incidences sur la politique royale au moment des États généraux, d’un second en 1785, le futur Louis XVII, et d’une fille en 1786 qui meurt peu après, il vit dans une cour traversée de conflits personnels et politiques. Marquée par la mort, affaiblie enfin par le jeu des coteries. Louis, présenté comme cocu impuissant, est en butte aux attaques venant de tous côtés, de ses frères d’abord, le comte de Provence et le comte d’Artois, jaloux de sa situation, des partisans d’un retour aux traditions aristocratiques tuées par ses prédécesseurs, des réformateurs qui n’obtiennent du roi que des soutiens épisodiques. Ces accusations sont aggravées par la conduite de la reine, qui vit de son côté dans le palais du Trianon, au milieu d’une cour choisie. Elle acquiert une telle réputation de frivolité, que des escrocs pourront faire croire à un prince crédule, abbé de surcroît, le cardinal de Rohan, qu’elle se livre pour un collier (1785). Cette affaire serait ridicule si elle n’attestait du profond discrédit dans lequel le couple royal est tombé à partir de 1785. La ligne de conduite politique du roi n’est guère mieux comprise.

Il commence par faire confiance au comte de Maurepas, qui rétablit les Parlements dans les pouvoirs que Louis XV avait limités, ce qui revient à mettre à mal la poursuite de la centralisation absolutiste. Parallèlement, il suit les recommandations du ministre Turgot, qui veut entreprendre une réforme radicale de l’économie et de la société françaises, en pratiquant des réductions d’impôts, une saine gestion des finances royales et en laissant la liberté de circulation aux produits de l’industrie et de l’agriculture. L’édit qu’il prend en ce sens, en 1774, provoque des troubles, appelés « guerre des farines ». Mais, ils ne sont rien à côté de l’opposition qui naît des édits suivants, supprimant la corvée et les corporations. Les parlementaires y voient l’annonce de la fin de la société d’ordres, si bien que, devant leur résistance, Turgot est sacrifié par Louis XVI, en 1776, celui-ci montrant les limites de son soutien aux réformes et sa dépendance envers les tenants de la France traditionnelle. La démission concomitante de Malesherbes atteste de l’échec de cette tentative de révolution par en haut.

Alors que Beaumarchais triomphe à la cour comme à la ville, avec le Barbier de Séville, en 1775, Louis XVI, qui redoute la liberté d’expression de Figaro, entame une politique incertaine. Il appelle Necker aux Finances pour trouver des solutions miraculeuses aux difficultés du royaume. Le financier genevois développe le système de régie pour la perception des impôts, propose la création d’assemblées provinciales. Il ce heurte à la résistance des parlementaires à nouveau mobilisés contre cette atteinte à leurs pouvoirs, et démissionne en 1781, non sans en avoir appelé à la nation en divulguant les comptes du royaume, qui soulignent de façon exagérée les dépenses de la cour.

Ces tensions entre novations et permanences, pour répondre aux défis de l’époque, se retrouvent de façon exemplaire dans la participation à la guerre d’indépendance des colonies d’Amérique, dans laquelle la France s’engage à partir de 1778. La volonté de contrer l’Angleterre et de faire oublier le traité de Paris de 1763 se combine avec le courant favorable aux Insurgents. Celui-ci se répand parmi nombre de jeunes nobles partisans de libertés ; les uns sont en faveur d’une évolution parlementariste, les autres d’une évolution aristocratique qui supprimerait l’absolutisme royal. Tous cependant s’engagent dans une opération idéologique d’une dimension nouvelle, puisqu’il ne s’agit rien de moins que de délier des sujets de leur obéissance envers un souverain européen au nom de principes universels. En outre, la France participe à la guerre en subventionnant les Américains, ce qui obère lourdement son budget. Lorsque la paix est signée à Versailles en 1783, Louis XVI peut apparaître comme l’un des vainqueurs de ce conflit qu’il a arbitré, mais les gains territoriaux sont faibles, en comparaison des coûts financiers et des mutations intervenues dans les esprits. L’introduction dans le vocabulaire de mots comme « patriote » ou « convention » témoigne assez des changements qui affectent l’opinion publique, dont la puissance est en train de grandir considérablement.

Devant la persistance des difficultés financières, Louis XVI appelle Calonne qui, après avoir dénoncé son prédécesseur Maurepas et relancé une politique libérale, élabore un plan « d’amélioration des finances », dont l’essentiel est l’introduction d’impôts sur les biens fonciers, « la subvention territoriale », fixée selon une répartition effectuée par des propriétaires, élus au sein d’assemblées consultatives sans distinction d’ordres. La protestation des élites traditionnelles contre ce qui apparaît une nouvelle fois comme une contestation de l’ordre établi fait chuter Calonne en 1787, qui n’est pas non plus soutenu par les vrais réformistes, déçus de la volonté de contrôle par l’exécutif. Louis XVI fait alors appel à Loménie de Brienne, mais ce dernier échoue à son tour en convoquant une Assemblée des notables qui se déclare incompétente. Les États généraux s’imposent ainsi dans une succession de tergiversations et d’absence de culture politique.

 Cette situation se révèle particulièrement criante en 1788, lorsque le roi et son entourage (Necker a été rappelé en août 1788) sont incapables de fixer les règles de fonctionnement de l’Assemblée, qui ne s’est pas réunie depuis 1614, et qu’ils laissent s’instaurer une totale liberté de parole, en même temps qu’ils manœuvrent pour ne pas dépendre des « privilégiés ». Le résultat est catastrophique. Le doublement du Tiers imposé par le Roi contre la prééminence des nobles et des grands clercs n’est pas accompagné de mesures réglementaires, si bien que Louis XVI, qui n’a pas tenu compte des demandes exprimées dans les cahiers de doléances remplis dans tout le pays, déconcerte les députés dès la première séance des États généraux (5 mai 1789), ne paraissant faire aucun droit aux revendications réformatrices. Privé du soutien des « privilégiés », déconsidéré aux yeux des « patriotes » (les éléments les plus réformateurs du Tiers), le Roi perd rapidement toute autorité, d’autant que la mort de son fils aîné le distrait des préoccupations politiques. Il ne sait pas faire face aux demandes du Tiers en mai-juin 1789, sauf à agiter la menace de la répression. Dans cet esprit, il renvoie à nouveau Necker le 11 juillet et accepte la concentration de troupes autour de Paris.

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, ruine tous ses efforts, et il se rallie à un compromis que son frère cadet, le comte d’Artois, rejette violemment en quittant le pays. Par la suite, son désir de réformer le royaume sans perdre son pouvoir, ni au profit des révolutionnaires, ni à celui des aristocrates, et encore moins des émigrés, fait qu’il est confronté à la force en octobre 1789, lorsque la foule parisienne l’oblige à accepter les décrets d’août 1789 et à s’installer à Paris avec sa famille. En 1790, il ratifie la Constitution civile du clergé, tout en marquant ses réticences. Il soudoye des agents, comme Mirabeau, pour mener une politique secrète, à l’intérieur comme à l’extérieur, en demeurant en contact direct avec les souverains étrangers. Cette duplicité, aggravée par la politique de la reine, éclate au grand jour lorsque, le 21 juin 1791, toute la famille royale quitte Paris dans l’espoir de passer sous la protection de l’empereur d’Autriche. Reconnu à Varennes, ramené à Paris, où l’Assemblée obtient que la version officielle insiste sur l’enlèvement du roi, celui-ci est véritablement en liberté surveillée.

Il n’a pas perdu toute initiative cependant. Correspondant avec les autres souverains européens, menant une politique étrangère secrète, manipulant les factions révolutionnaires opposées les unes aux autres, il peut, en avril 1792, engager la France dans la guerre contre l’Autriche et la Prusse espérant que la défaite, prévisible, des armées françaises lui permettra de reprendre le pouvoir. Le calcul est déjoué par la force du nationalisme populaire qui défend la Révolution et par la maladresse et la division de ses partisans. La journée d’émeute du 20 juin 1792 montre l’opposition radicale du roi et de son entourage à la Révolution, le roi refusant tout compromis, notamment sur le plan religieux. Le 10 août est l’occasion d’un affrontement armé entre l’aile radicale de la Révolution et les défenseurs du roi, regroupés aux Tuileries, qui préparent un coup de force. Leur défaite, donc celle du roi, marque la fin de la monarchie. Incarcéré au Temple avec sa famille dans un premier temps, le roi est traduit devant la Convention, transformée en tribunal, en décembre 1792. Accusé de trahison, le roi refuse de reconnaître la légitimité de ses juges, dont la partie la plus extrémiste réclame la mort, pour empêcher tout retour en arrière de la Révolution.

Révolution « parlementaire » (1788-1789) : les parle­mentaires ne sont ni contre l’absolutisme, ni contre l’hérédité, mais ils veulent que le Roi partage ses pouvoirs absolus et héréditaires avec une oligarchie parlementaire formant des assemblées souveraines et de droit divin (le royaume devenant aristocratique au lieu de monarchique). Louis XV les avait vaincus en 1771, mais Louis XVI a rétabli leur situation en 1774. En 1788, en lui refusant tout emprunt et en préconisant la grève de l’impôt (Vizille), ils essayent d’obtenir de lui le partage de l’autorité royale. « Insurrection des curés » (1788-1789) 60 000 curés, recteurs, desservants, vicaires, prêtres habilités, etc. se répartissent un revenu très inférieur à celui qui va, aux évêques, abbés, chanoines nobles ; ils réclament une forte augmentation de la « portion congrue » et une réduction importante des hauts revenus ecclésiasti­ques ; ils veulent profiter des élections aux états géné­raux pour faire aboutir cette réforme (211 curés élus contre 48 évêques).

De nombreux curés admettent la théorie du presbytérat (hérité des 72 disciples) égal collectivement à l’épiscopat (hérité des 12 apôtres). Le roi passe pour ultramontain (curés et évêques veulent en majorité l’obliger à s’émanciper de Rome). Les cahiers du clergé recommandent souvent aux élus de se considérer comme « des représentants de la nation plutôt que comme les ministres d’une religion ». Révolution nobiliaire (1789-91) les nobles sont solidaires des parlementaires pour revendiquer un partage des pouvoirs absolus du roi. Endettés, ils réclament de nouvelles sources de revenus : charges, pensions et surtout profits de guerre ; Louis XVI étant peu dynamique, beaucoup envisagent un changement dynastique (un frère du roi, le duc d’Orléans ou le prince de Condé) l’émigration sera la suite de la révolution nobiliaire (appel aux monarchies étrangères, surtout autrichienne, russe, anglaise).

Action de La Fayette : il passe (à tort) pour républicain à cause de sa dévotion à Washington ; son idéal est plutôt de rendre la noblesse populaire en la chargeant de faire triompher le libéra­lisme. Rôle essentiel dans 3 événements :édit de tolé­rance (1787), convocation des états généraux (1789), Déclaration des droits de l’homme (1789, inspirée par le Bill of Rights américain). Révolution bourgeoise (1789-92) : désir du tiers état de participer aux privilèges des parlementaires et de la noblesse, par la création d’assemblées électives. Désir d’acquérir des domaines fonciers, en se parta­geant les terres d’Eglise. Idéologie « patriote » (mot forgé vers 1750), ouverte aux idées de libertés, notam­ment de la presse et professionnelle (destruction des corporations). Partisans du rôle joué. Principaux arguments : le duc d’Orléans, grand responsable des révolutions « par­lementaires » et « nobiliaires » qui ont abouti à la révolution républicaine de 1792, était franc-maçon (Grand Maître) ainsi que La Fayette, son principal lieutenant. Autres francs-maçons célèbres de l’époque : Marat, Grouchy, Talleyrand, Le Chapelier, Condorcet, Laclos, Sieyès, Bailly, Pétion, Guillotin, Brissot, Des­moulins, Danton, Hébert.) Les loges ont été l’ossa­ture des clubs révolutionnaires qui ont forcé la main aux assemblées élues et ont mené la France à la Républi­que, puis à la Terreur. Le Directoire, puis le Consu­lat, qui ont créé l’Empire, sauveur de l’acquis révolution­naire, étaient aux mains de francs-maçons notoires (dont plusieurs Bonaparte). Adversaires. Principaux arguments : le duc d’Or­léans était Grand Maître de la franc-maçonnerie, mais son ambition était personnelle : il voulait monter sur le trône. Les francs-maçons ont bénéficié de la liberté de la presse et de l’expression qui a caractérisé la société française de 1789 à 1792 ; ils ont été ensuite les victimes de la Terreur au même titre que les non ­Maçons. Le Code civil napoléonien contient très peu de références à la Déclaration des droits de l’homme, qui était d’inspiration maçonnique.

Répondre à cet article